VULNERA SAMENTO FERME SES PORTES ▲
Merci à tous pour avoir pris part à cette formidable aventure.

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leyna&madoxx; i'll taste the devil's tears, but i'll never give up you. (pm)
ϟ you belong to the world, and when it screams your name back, don't pretend you don't hear it.
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Message Posté Lun 13 Fév - 18:17.
i'll never give up you.




STATUT DU SUJET : privé
NOM DES PARTICIPANTS : leyna i. oulianov-dikson & madoxx r. lesskov
DATE : perte de la notion du temps. tout ce qu'il sait, c'est que le monde magique est en pleine guerre.
HEURE : la nuit.
METEO : il ne saurait dire; il aurait beau faire un froid glacial au dehors, la bataille lui donne une sensation de chaleur constante.
NUMERO ET TITRE DE L'INTRIGUE GLOBALE EN COURS : 010
NUMERO ET TITRE DE L'INTRIGUE DU FORUM EN COURS : 009
INTERVENTION DE DOMINUS TENEBRAE : non merci!



Dernière édition par Madoxx R. Lesskov le Ven 25 Mai - 23:49, édité 2 fois
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Message Posté Lun 13 Fév - 20:46.

Sa vision commençait à se troubler, ses pas se faisaient moins assurés. Sa respiration était saccadée, lente, éreintée. Chaque inspiration et expiration lui arrachaient un grognement de douleur, brûlaient l'intérieur de son être déjà endommagé. Il se raclait la gorge fréquemment, tentant d'expulser ce surplus de salive pâteuse et de sang qui envahissait sa trachée, crachant au sol ce mélange au goût infâme de fer rouillé et de poussière. Il se trainait désormais, lui, ce grand gaillard d'un mètre quatre vingt dix, à bout de force, blessé de partout, tête, torse, dos, jambes, tout y était passé. Certes. Mais à cet instant, sa propre personne, oh qu'il pouvait s'en contre foutre. C'était limite s'il ressentait tout cela tant son esprit était occupé par tout ce qui se passait en cette funeste période. Tout ce qui l'importait en ce moment même était ce petit être chétif niché au creux de ses bras et qu'il n'aurait lâché pour rien au monde. Ce petit être qui était la principale cause de l'état dans lequel il se trouvait. Leyna. Suite à de vains efforts et d'un peu d'aide, il avait fini par la retrouver non loin du champ de bataille, entre deux poutres et quelques décombres, cachée, presque laissée pour morte, ensanglantée, vidée de toute énergie, vidée de toute son âme, de toute sa conscience. Tout ce qui restait d'elle était son enveloppe charnelle, et son cœur, son cœur qui s'obstinait à continuer de battre, luttant, encore et encore, refusant de quitter son hôte, refusant de la laisser partir. C'était peut-être cela, le pire défaut de l'humain, cette faiblesse ridicule que de s'accrocher à la vie même quand on souhaite la quitter. N'y-a-t-il rien de plus sot que de vouloir porter continuellement un fardeau qu'on veut constamment jeter par terre? D'avoir son être en horreur mais d'y tenir à la fois? De caresser le serpent qui nous dévore, jusqu'à ce qu'il nous ai rongé de toute part? Madoxx, s'il ne désirait pas mettre fin à ses jours, ne dérogeait pas à la deuxième partie de cette théorie. Son meurtre, sa lâcheté de ne pas parvenir à assumer son acte, et de, par conséquent, ne pas réussir à enfin lui passer au dessus. Au final, ne reculait-il pas pour mieux sauter? C'était l'impression que lui soufflait son subconscient sans pour autant arriver à le convaincre d'enfin prendre les devants. Soit, quand il avait découvert Leyna ainsi, à l'article de la mort, le ticket gratuit pour un aller sans retour dans l'autre monde, une ribambelle de sentiments s'était emparée de lui. Du dégoût et de la haine, à l'encontre de ce monstre qui avait tué, molesté un nombre incalculable de personnes, cette Ley, ce vil individu qui ne méritait rien d'autre que de périr. Puis de la compassion, de la tendresse, de la peine, également, envers sa tendre Leyna, qui ne voulait rien d'autre que son bonheur et celui des autres. Dès lors deux options s'étaient livrés bataille dans son esprit. L'une était de la laisser trouver le repos éternel là, parce qu'au fond, c'était peut-être ce qu'elle voulait, cesser de nuire. L'autre était bien sûr de la prendre avec lui, la soigner, et l'aider, comme il l'avait toujours fait. L'argument -sans doute plus un prétexte- qui le convainquit de choisir le deuxième choix avait été que, mourir dans des conditions pareilles était fort peu honorable et que par conséquent, il ne pouvait pas se résoudre à l'abandonner ici comme si elle n'était qu'une pauvre merde, chose qu'elle n'était pas, quelle que soit la folie qui pouvait bien l'habiter.

Voilà comment le Mokop en était venu à porter Leyna dans ses bras telle une princesse endormie, lançant sur elle et sur lui même des sorts de protection avant d'entreprendre la traversée du champ de bataille. Il avait pris les attaques pour elle, avait protégé envers et contre tout ce squelette déjà bien trop mutilé qu'il tenait fermement contre lui, subissant, serrant les dents, les poings pour elle. Tout avait semblé s'être passé au ralenti tandis qu'il s'avançait du mieux qu'il pouvait en direction du château. Les explosions autour de lui, les jets lumineux qu'il voyait défiler sans cesse devant ses yeux ou ceux qui l'atteignaient, et le bruit, aussi, tout vacarme avait disparu. La seule chose qui parvenait à ses tympans était un bourdonnement sourd dont il ignorait la source, ainsi que les battements de son cœur, forts, si forts que les autres auraient pu l'entendre en tendant un peu l'oreille. Il se souvenait avoir pensé, un instant, y rester, mourir tout en étreignant Leyna, quand un membre de l'Organisation avait décidé de le prendre pour cible, avec une détermination ferme de le laisser au tapis. La chance avait cependant tournée de son côté et quelqu'un s'était chargé du triste sort de cet homme à sa place, de fait il avait pu continuer son chemin sans rencontrer trop d'obstacles réellement majeurs par la suite. Mais inutile de vous mentionner le soulagement que Madoxx eût ressenti quand il vit l'immense bâtiment se profiler devant ses yeux. Discrètement, il avait marché jusqu'à la grande entrée, avait péniblement emprunté les escaliers qui menaient jusqu'au dortoir des filles et s'était introduit dans la chambre qu'occupait sa protégée, chambre qu'il avait déjà visité une fois durant la troisième tâche, alors qu'il lui rendait visite. Une fois n'était pas coutume, l'objet de cette dernière avait été une tentative "d'exorcisme", hélas sans grand succès.

Le jeune homme déposa avec douceur le corps de Leyna dans le lit le plus proche et s'assit sur une chaise, à son chevet, comme un père le ferait auprès de sa fille souffrante. Il reprit d'abord son souffle, déglutit, passa une main nerveuse dans ses cheveux en bataille, avant de reporter son regard sur sa poupée de glace. Délicatement, il dégagea son visage des quelques mèches de cheveux qui épousaient ses joues et les creux de son cou, puis il ne put s'empêcher de l'observer longuement. Elle était belle, sa poupée, même tuméfiée ainsi. Elle semblait si inoffensive, allongée de cette façon, calme, reposée, douce, tout le contraire de cette furie qu'il avait vu balancer un Endoloris sur une pauvre femme qui était au mauvais endroit au mauvais moment. En réalité, Leyna l'effrayait comme elle lui inspirait l'innocence, fragile, vulnérable, si facilement cassable. La relation qui le liait à elle était étrange, il l'aimait d'un amour protecteur mais la détestait à la fois, il tenait à Leyna mais haïssait Ley quand bien même il savait qu'à présent, ces deux entités ne faisaient malheureusement plus qu'une. Il regrettait toujours les pulsions meurtrières qui naissaient parfois en lui, il s'en voulait toujours dès qu'il frappait Leyna. Parce que s'il souhaitait blesser Ley, c'était l'anatomie de son amie qu'il rouait de ses coups. Il ne se comprenait pas. Il ne la comprenait pas. Madoxx ne se rappelait que trop bien de leur rencontre chaotique. Il ne se rappelait que trop bien le choc qu'il avait eu quand il avait compris qu'elle était complètement schizophrène. Il était terriblement frustré d'ignorer les causes de sa folie. Il était terriblement frustré de ne pas savoir la sortir de là. S'y prenait-il seulement de la bonne façon? N'empirait-il pas les choses? ... La sensation de sa paume de main qui entrait en contact avec la peau de Leyna eut pour effet de le tirer de ses tourments. Il venait de balader ses doigts sur lla joue de la jeune femme, et machinalement, un sourire attendrit étira ses lèvres. Il dégaina sa baguette et se procura des soins avant de faire de même pour Oulianov. « Vulnera Samento... » Il répéta ce sortilège plusieurs fois, sur les zones les plus touchées, puis entreprit d'aller chercher des bandages et autres attirails de secours à l'infirmerie. « Ça va aller, Leyna, ça va aller. » Il saisit précautionneusement la main droite de l’intéressée à l'aide de son pouce et de son index, tant il avait peur de la briser sous sa poigne, puis lui embrassa la paume avant de descendre lentement ses lèvres sur l'intérieur de son poignet. La jonction on ne peut plus courte entre sa bouche et les entailles dues à l'autodestruction de l'infortunée lui envoya un frisson qui parcourut son échine, ensuite il se redressa, s'avança vers la sortie, lança un dernier regard à Leyna avant de sceller et de quitter la pièce.

Lorsqu'il revint avec tout le matériel nécessaire, Madoxx fut rassuré quand il vit que la demoiselle n'avait pas bougée de sa position initiale. Il reprit son pouls, souffla un coup lorsqu'il constata que ce dernier battait toujours, déroula les longues bandes de soin d'une blancheur immaculée, puis les posa sur le lit, mesurant la quantité dont il allait avoir besoin. Durant sa petite excursion il en avait profité pour faire un saut à la cuisine, avait dérobé des morceaux de sucre et des biscuits ainsi qu'une bouteille d'eau. Le jeune homme écrasa un petit carré blanc jusqu'à ce qu'il se réduise en de petits cristaux, les fit glisser entre les lèvres de l'éclopée et lui fit avaler une gorgée d'eau. « Leyna, je ne sais pas si tu m'entends, mais si c'est le cas, je suis là. En revanche, si c'est à Ley à qui je m'adresse, tu sais très bien de quoi je suis capable pour te virer d'ici. » Ses poings se fermèrent à cette simple pensée. La rage qu'il ressentait envers le double de Leyna défrayait vraiment la chronique, ce deuxième elle malsain lui foutait la gerbe, et à cet instant il ne désirait qu"une seule et unique chose: découvrir quelle fille il aurait l'honneur de rencontrer quand elle reprendrait conscience.


Dernière édition par Madoxx R. Lesskov le Mer 15 Fév - 18:28, édité 1 fois
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Message Posté Mar 14 Fév - 20:44.


    On se demande par où commence le début de la fin. Par où commence la déchéance ? Par où nous saisissons que toute chance de s’en sortir, est vaine ? Que le processus est mis en place, et que rien ne peut l’arrêter ? Oui, comment s’agence les événements ? Nous restons les paupières closes, trop éreintées pour les soulever , ne serait-ce qu’un instant. Nous les laissons ainsi, fermées sur un monde qui nous refuse, qui nous dénigre, qui nous méprise, qui nous fait crever entre deux misérables poutres. Parce que, là, est le véritable fond de notre pensée. Là est le sentiment d’injustice qui nous assaille. Certes, notre rôle sur Terre est infime, à peine visible, d’une futilité affligeante. Nous le concédons, mis à part quelques erreurs créées, quelques infamies produites, nous n’avons pas eu un grand enjeu ici…cependant, nous avons le droit, peut-être illégitimement, d’être entourée par un peu plus de considération, de respect, d’amitié, d’amour…pour terminer cette vie. Nous voudrions juste qu’une fois, ne pas être complètement seule. Tu t’essouffles, indéniablement, face à l’idée que tu exécuteras ton dernier battement de cœur, ici, avec pour seule compagnie, des souvenirs qui te brûlent l’échine au point que des larmes muettes s’écoulent de tes yeux clos. Tu te souviens d’Anastasyia, cette sœur que tu aimes à perdre toute forme de rationalisme. Tu te souviens de ta mère, grande, belle, exemplaire, qui t’apportait un tel réconfort lorsqu’elle fredonnait ta berceuse. Tu te souviens de ton père, absent, mais aimant, qui te ravivait le cœur de par sa présence. Tu te souviens de Bryan, ton demi-frère, de votre amour trop tabou pour être mentionné, de cette journée à Durmstrang où ses bras t’ont enveloppée, où ton cœur s’est emballé. Tu te souviens d’Alexander, ton ami, de votre précieuse amitié. Tu te souviens de Seth, le petit Poudlarien, de votre baisé un peu furtif, un peu ailleurs, mais important à tes yeux. Tu te souviens de Lycaon, de ton cœur qui s’affole en sa présence, de votre folie commune, de vos corps dénudés. Tu te souviens de Madoxx…ce souvenir irradie ta peau décharnée. Ce souvenir me rappelle à la réalité, à ma haine, à ma colère pour lui. Ce souvenir te rappelle sa présence, son aide, sa compassion et peut-être, à ton plus grand espoir…un peu d’amitié ? Tu n’oses avouer le véritable fond de ta pensée. Cette pensée sous-jacente qui te pique le cœur à l’idée de le quitter, lui. Cette pensée qui m’indigne, m’exaspère. Puis tu te souviens de nous. De notre complicité malsaine. De notre amour. De notre amitié. Tu réalises qu’au moins, je serais là pour t’accompagner…

    Attendre. C’est donc si long que cela, la mort ? Inconsciemment, nous avons le pressentiment que quelque chose nous y arrache. Quelque chose de fort, certes, mais de blesser tel un animal sauvage pris au piège dans un filet qui lui déchire les membres, lui brûle la peau. L’attente est trop longue, trop vive, trop pleine de sens. Nous aurions dû nous éteindre depuis longtemps, peut-être écrasées sous des poutres, peut-être brûlées sous le feu. Notre sommeil aurait dû être plus profond. Non pas léthargique nous amenant à des cauchemars teintés de souvenirs heureux. Non, un événement, hypothétiquement providentiel, t’a libérée de la main de la mort, t’amenant vers le chemin de la vie. Tu ne sais plus exactement à quel moment, ta conscience a repris un fonctionnement presque normal. Tu ne sais plus à quel moment, tu as senti ton corps frêle et brisé, être soulevée par des muscles saillants, bandés, masculins. Mais là, tu sais…son cœur qui bat si fortement contre tes tempes. Tes bras repliés sur ta poitrine. Et ta petite main, qui, dans un geste intimement perceptible, cherche à s’accrocher à lui. Tu as compris qui il était. Tu l’as compris et alors, sans doute sous l’effet de la surprise, ton cœur s’est ranimé à vive allure. Il est là…Il est prêt de toi. Il t’aide. Il ne te laissera pas mourir ici. Il va t’accompagner vers la mort. Je te sens heureuse, soulagée, paisible. Pour ma part, j’exhume ma rage intérieurement, profanant ton tombeau, crachant sur ta tombe. Tu n’as pas le droit de l’apprécier. Tu n’as pas le droit de l’aimer. Tu n’as pas ce droit-là ! Je te l’interdis, misérable enfant. Je te détériorerai jusqu’à ce que tu me supplies de t’épargner. Je t’étoufferai sous mon courroux. Cette haine qui monte en moi à sa simple présence, prend des proportions démesurées, même lorsque le trépas est proche. Cette petite main qui cherche à s’accrocher à lui, souhaite aussi enfoncer ses ongles au plus profond de son cœur, le malaxant pour mieux l’étreindre, l’implanter de ta poigne sauvage et féroce. Le tuer. Je veux le tuer, même si cela te rendait apathique à jamais.

    Madoxx. Nous nous souvenons de notre rencontre. Notre provocation infantile, nos yeux rieurs et malicieux, cherchant à réveiller en lui la colère, la haine. Puis ses bras contre les tiens, sa brutalité qui t’a fait perdre pied…Tu as révélé notre secret, sans le vouloir, sans le prévoir, sans le sentir. Je devais l’éliminer. Je le DOIS ! Pour notre survie…Mais toi, tu t’attaches à lui comme un enfant apeuré dans les jupons de sa mère. Tu ne veux pas imaginer un instant, qu’il puisse t’échapper. Ce serait comme assumer l’idée, qu’il puisse te haïr, toi, Leyna. Cela te remplit de désarroi et m’emplit de rage. Notre combat pour nos différents sentiments a commencé dès le début. Et si, ton corps malingre survit à cet événement, il continuera surement. Car ce n’est que Madoxx, qui, aujourd’hui, t’emmène loin de cette guerre qui n’est plus la tienne. C’est lui qui te porte. Qui te soutient. Qui te sauve. A cette pensée réconfortante, lovée dans ses bras, le cœur battant furieusement contre la paroi de ta poitrine, tu te laisses doucement portée vers le pays des rêves, enfin apaisée…

    Tu as perdu la notion du temps. Tu as perdu la notion de ce monde. Tu restes figée dans tes souvenirs et tes rêves. Tu restes figée dans ce petit lit qui t’a accueillie, lors de ton séjour chez les Français. Tes paumes ouvertes vers le ciel, priant ce dieu, cette entité que tu implores de ton pardon. Tu ne peux pas être tenue pour responsable des actes de Ley’. Tu n’y es pour rien. Tu n’as jamais voulu tuer. Ni apporter miséricorde et épouvante. Tu voulais vivre, souffler ton bonheur sur tes joues rougies. Tu voulais sentir le bonheur te fouetter le visage, te brûler la peau. Mais la tempête n’est pas arrivée. Un frisson sur tes joues fiévreuses. Sa main qui te frôle. Tu voudrais ouvrir tes paupières, l’observer. Mais tes muscles sont réduits à l’impuissance. Même ta voix reste bloquée dans ta gorge. Il est vain de lutter. Il est inutile de te forcer. Ses lèvres contre le creux de ton poignet, qui se pose sur tes cicatrices. Tu ne veux pas qu’il les observe, qu’il les sente. Tu as honte de cette mutilation que tu t’infliges. Ou que Ley’ t’inflige plus exactement. Parce qu’elle t’amène à un passé, qu’en ce moment, tu voudrais réduire à néant. Hélas, tu la sens, encore là, bien présente. Tu sens Ley’, qui se repose, qui s’endort Tu souhaiterais tellement profiter de ce moment avec lui…sans elle.

    C’est étrange. Terriblement frustrant. Tu voudrais laisser couler le liquide hors de ta bouche. Mais irrévocablement, ce goût sucré qui se mélange à cette eau, s’écoule dans ton œsophage. Il ne suffit pas de beaucoup plus pour te réveiller. Tu avales machinalement, déglutissant parfois. C’est agréable. Tes lèvres gercées par la déshydratation semblent se revigorer au même rythme que ton corps s’imprègne de cette eau précieuse. Doucement, ta main tremblante se porte à la petite bouteille, frôlant sa main. Tu entrouvres tes lourdes paupières, laissant tes yeux bleus perçants se poser sur lui.

    « Madoxx… » Un faible son qui sort de ta voix déchirée par l’infime couche de suie qui te couvre les poumons. Tu tends ta main vers lui, glissant tes doigts sur les draps chauds de ta présence. Tu cherches à l’effleurer, toucher sa main, la prendre, le sentir près de toi. Hélas, tout se fige. Tout s’éteint. Tes paupières se referment, ta main s’arrête en chemin, tu laisses couler l’eau sur toi, réduite à l’humiliation. Tu t’assoupies, ton corps trop harassé pour tenir longtemps éveillé. C’est étrange d’être là, glacée dans un mouvement inopportun, porté par un instinct sauvage, animal, fugace. Cette petite main qui s’est approché de lui, recherchant un confort inopiné au creux de sa poigne, de son étreinte. Parce qu’il t’apporte quelque chose que tu voudrais palper : le réconfort, l’apaisement. Le sentiment de honte est cependant fort, dans tout ton corps. Je suis outragée de l’affection que tu lui portes. Affection que tu n’arrives pas à définir, et qui est pourtant si simple…tu es réduite à exprimer l’ombre véritable de tes émotions par un faible avancement de ta main vers lui. Tu es réduite au silence pour ce qui est de l’expression de la profondeur de tes émotions. Peut-être aussi, car tu ne connais pas vraiment la profondeur en question.

    «Casses-toi » Notre voix est sèche, sans appel. Notre regard fébrile s’ouvre sur lui, notre rage est si facilement visible. Je le hais. Je vais le briser. Nous l’observons longtemps, essayant de l’inviter à partir, à s’éloigner de nous. Notre main frappe violemment la bouteille postée non loin de nous, l’éclaboussant au passage. Puis nous nous tournons et attrapons un objet difforme posé sur notre table de chevet. C’est le petit rasoir qui nous sert à nos punitions…à tes punitions. Il nous râpe les mains, les ouvrants quelque peu, un liquide rouge s’écoulant sur les draps. Nous essayons de nous relever, un esprit vindicatif sur notre visage encore tuméfié. Cependant l’effort est rude. Nous lâchons l’objet coupant, laissons échapper un sanglot et aussi vite que la fois précédente, nous nous éteignons dans un dernier murmure, notre main fraîchement ouverte à présent.

    Nous sommes comme ça. Faibles. Idiotes. Malades. Notre lutte acharnée se résume par des interruptions rapides face à notre interlocuteur. Puis le vide. Notre corps qui lâche face à notre manque de force évident. Et nous sombrons, dans le tumulte de nos rêves.

    Souvenir :

    « Leyna ! LEYNA ! » Un sourire sur ses lèvres rosâtres, figé depuis plusieurs heures sur ce visage angélique, froid, peu amène à la discussion, à la chaleur. Elle n’a pas cette flamme Anastasyia. Elle ne l’a jamais eu. Depuis les absences trop nombreuses, trop répétitives de notre père, elle ne s’est jamais acceptée à revivre correctement, souriant à s’en décrocher la mâchoire, riant à en perdre le souffle, exhumant ses sentiments à en extrapoler son être et sa vie. Non, Ana’ restait butée dans son mutisme exemplaire, vidant son sac qu’en présence d’un dieu ou d’une entité inconnue, pour nous autres. Elle me fascinait. Je l’idolâtrais, prenant sa rudesse à mon égard, comme la désapprobation de me partager son amour. Parfois, comme aujourd’hui face à ce voyage à Londres qui la rendait si joyeuse et si amène à exploiter l’ampleur de ses émotions, elle me témoignait de l’attention, un peu d’affection. Mais cela n’était que de courte durée. Pour le reste, elle était brute, difficile et insaisissable. Et ce que je prenais pour de la réserve, n’était que l’absence de considération à mon égard. Elle ne m’avait jamais aimée. J’étais tout le contraire d’elle. L’enfant prodige logée sur un trône pourpre, vociférant mon appartenance au parti communiste du haut de mes années fort peu avancées. Je soufflais le chaud et le froid, la colère et la douceur, l’amour et la haine. J’étais trop vivante, trop animée par le désir de vivre pleinement cette vie que l’on m’avait offerte. Alors nos chemins fissurés, ce sont séparés à jamais, au moment où notre amour respectif pour nos demi-frères, s’est révélé. Bryan…son prénom qui résonne dans ma tête, m’arrachant des plaintes, des souffrances psychologiques, des douleurs fantômes. Tout cela t’a détruite, toi, la petite enfant au sourire ravageur, qui levait son point haut pour défendre cette doctrine marxiste qui emplissait ton cœur. Tout cela t’a tout enlevée…Anastasyia…Ta mère…ton père…Bryan…lui figé à jamais dans cette photo moldue que tu transportes indéniablement au moindre de tes voyages, enfouie dans ton sac comme un cadeau méprisable.


    Fin du souvenir.

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Message Posté Ven 17 Fév - 23:14.

Ton inconscience me sidère, Madoxx. Que diable t'arrive t-il? Que diable lui trouves-tu? Quelle est la chose qui te rattache à elle, Madoxx? Quelle est-elle? Toi que la mort effrayait et effraye tant, toi qui la fuyais du mieux que tu pouvais il y a à peine quelques semaines, qu'est-ce qui te pousse à garder cette fille sous ton aile, cette fille qui est la mort, son incarnation vivante? Ce détail, tu ne l'ignores pas, et c'est bien cela le plus affligeant. Tu sais que tu côtoies le diable en étant à ses côtés. Alors qu'elle aurait enfin pu s'endormir à tout jamais, alors qu'elle aurait enfin pu cesser de nuire, alors qu'elle aurait enfin pu trouver le repos éternel, alors qu'elle aurait enfin pu goûter au goût de la vie dans l'au-delà sans être qualifiée de détraquée mentale, toi, tu l'as arrachée à son destin, encore une fois, la contraignant à errer jusqu'à la fin de ses jours sur cette planète mal faite. Qui voudra d'elle, quand tu seras parti de Durmstrang? Qui voudra d'elle quand tu ne seras plus à ses côtés? Qui voudra d'une fille au passé monstrueux, une fille dont les mains sont imbibées de sang frais, incrusté sur ses paumes jusqu'à sa dernière seconde de vie sans qu'elle puisse s'en défaire? Qui voudrait d'une folle, de toute façon? Toi, Madoxx, tu n'es pas fou. Au contraire, tu es tout ce qu'il y a de plus normal. Alors quoi? Est-ce l'hémoglobine qui s'est un jour retrouvée sur tes doigts qui te pousse à la comprendre, qui fait germer en toi ce sentiment de compassion? Est-ce cela? Ouvre les yeux bon sang. Les circonstances sont bien trop différentes et ces différences bien trop flagrantes pour que tu puisses vous comparer, elle et toi. Tu m'entends Madoxx? Tu n'as rien à faire avec cette fille. Tu ignores tout d'elle, mis à part sa schizophrénie, son âge, son rang. Reconnais-le donc, Madoxx. Tu t'es attachée à une inconnue. D'ailleurs, à quoi t'es tu attaché puisque tu ne la connais pas? Son histoire, sa vie avant sa maladie, sa famille, tout ça, qu'en sais-tu? J'ai l'impression que sur ce coup, tu as franchement merdé, mon grand. Comment as tu peux ressentir ne serait-ce qu'une once d'affection pour une personne dont tu n'entendais que du mal, toi qui d'habitude porte une importance si particulière à la réputation? Comment peux-tu porter dans ton cœur une personne qui t'a provoquée sur ce meurtre que tu as commis et qui te ronge à chaque instant de ton existence? Une personne, qui, tu en as parfaitement conscience, souhaite intimement, te voir disparaître? C'est idiot, pathétique, illogique, Madoxx. Crois-moi, tu paieras pour ta bêtise. Crois-moi, c'est cette fille à qui tu portes secours qui t'extorquera ton dernier soupir, tel Oreste et Hermione après la guerre de Troie. Où est passé l'égoïsme qui te caractérisait tant? Ton égoïsme que tu ne sais pas maitriser à bon escient, finalement. Abandonne, Madoxx. Tu n'as pas idée de l'affaire dans laquelle tu t'embarques si tu continues ainsi. Cette fois tu as trop confiance en toi, mon cher. Tu ne réussiras pas à la guérir. Sa folie est bien trop ancrée en elle à présent. Capitule, tu en as déjà trop fait en la ramenant ici. Il te reste une chance de t'en sortir, Madoxx, une, une dernière échappatoire qui ne se représentera pas de sitôt; laisse-là ici et rentre à Durmstrang.

Madoxx saisit sa tête entre ses mains, une sensation étrange naissante au creux de son ventre, ne sachant plus où donner de la tête. Cela aurait été de la cécité pure et simple que de vouloir nier ces évidences que lui criait sa conscience. Mais il finit par la faire taire, laissant échapper, dans un souffle, un « je ne peux pas », bref et concis. Cette voix qui venait de lui parler, qui avait tenté de le raisonner, ce n'était pas sa conscience, ce n'était en fait pas celle qui venait de son cœur. C'était son instinct de survie, rien de plus. Et cet instinct de survie, il ne pouvait pas avoir idée de ce qui le liait à Leyna. Certes, il y avait une part de vrai dans tout ce discours; au final, il ne connaissait pas grand chose de la "vraie" Oulianova, celle qu'il cherchait vainement à faire revenir, certes, il allait et était allé à l'encontre de certains de ses principes en se prenant d'affection pour elle. Mais en réalité, c'était beaucoup plus que cela. C'était quelque chose d'inexplicable. Une relation malsaine pour lui et pour elle, mais magnifique à la fois. Sincèrement, le fait que Leyna eût réussit à faire sortir Madoxx de ses sentiers battus en ce qui concernait sa conception de l'amitié, n'était-ce pas magnifique? N'était-il pas allé au delà des apparences en la rencontrant? N'avait-elle pas réussi à lui faire mettre son égoïsme de côté? Son égoïsme. Lorsqu'il avait commencé à la fréquenter pour les premières fois, ça avait d'abord été dans son propre intérêt, qu'elle n'aille pas raconter à tout ses copains qu'il était LE jeune homme recherché par l'Organisation. Puis le temps passant, il avait fini par remarquer que quelque chose clochait chez cette jeune Mokop, son anorexie, ses plaies singulières dues à l'automutilation... Et puis ces changements d'humeurs si fréquents qui s'étaient finalement révélés dans son esprit, de façon inopinée, comme étant des changements de personnalité. Et au lieu de s'en effrayer, au lieu de se dire "putain mais je côtoie une déglinguée depuis tant de temps", au contraire, il avait développé de la pitié puis de la compassion, compassion qui s'était mutée en un attachement réel. Parce qu'à force, il avait compris que ce deuxième elle n'était pas Leyna, et il exécrait ceux qui l'insultaient dans son dos. Parce qu'au fond, prétention peut-être, il était sans doute un des seuls à connaitre son fort intérieur qui en soi n'était pas mauvais. Alors oui, peut-être qu'il s'était embarqué dans une affaire dont il ne sortirait pas vainqueur. Peut-être qu'il avait fait les mauvais choix. Peut-être que c'était elle qui allait le tuer. Oui, peut-être. Mais il ne ressentait pas de regrets et ce sans doute parce que ce vent d'espérance qui soufflait en lui tel une tempête le faisait tenir debout. Il allait la sauver, quoi que cela lui coûte. Il y a un adage qui dit qu’on fait toujours du mal à ceux qu’on aime mais il oublie de dire qu’on aime ceux qui nous font du mal.

« Madoxx… » Sa voix, ce chuchotement à peine audible tira Madoxx de ses pensées et eut pour effet de le faire vivement se pencher au dessus de sa protégée. Les doigts de cette dernière qui enserraient doucement la bouteille d'eau, le craquellement que ce contact produisit, mais surtout le frôlement de sa peau sur la sienne lui amenèrent un sourire. Un simple bruit, une simple sensation, comme ça, ordinaires, anodins, avaient suffit à le faire sourire parce que cela signifiait qu'elle était revenue à elle même. Et ce son rauque, éteint, mais qui avait évoqué son prénom signifiait qu'il avait sa Leyna sous les yeux, pas l'autre, pas le monstre. Le regard bleu de la jeune fille qui le transperçait, vidé par la fatigue, le réveil provoquant une absence totale d'expression lui pinça un peu le cœur. Ô qu'il aurait aimé voir ses lèvres s'étirer lentement sur son visage, même si ça n'avait été qu'une ébauche, si seulement cela avait indiqué qu'elle allait mieux. « Je suis là... » Hélas, le Mokop n'eut pas le loisir de lui en dire un peu plus, la pression que Leyna exerçait sur la bouteille se relâcha et elle fut aspergée d'eau un instant. Madoxx rattrapa rapidement l'objet pour le poser sur une surface plane, et à la vue de son amie retombée dans les bras de Morphée, il serra cette main fébrile une infime seconde dans la sienne, un frissonnement à peine perceptible le traversant à ce toucher glacé. « Repose toi, va. Je veille sur toi. » Dès lors, monsieur retira son pull, certes un peu abimé mais en meilleur état que les habits de la demoiselle, avant de le lui faire enfiler. Puis il l'observa à nouveau, encore, inlassablement, de haut en bas, de tout son long. Il aurait aimé qu'elle soit ainsi à jamais, que cette expression à la fois apaisée, douce, presque heureuse, se fige à jamais sur son visage. La voir ainsi renforçait sa volonté, sa détermination de la sortir du cercle vicieux dans lequel elle était enlisée. C'était ainsi qu'il l'aimait. Mais ce petit instant de quiétude, de tendresse, fut très vite interrompu par cette vermine.

Madoxx avait repris les bandages entre ses doigts et les déroulait afin de panser les blessures d'Oulianova, quand soudain, ce timbre de voix hargneux lui fit lever les yeux. « Casses-toi. » Le garçon ne réagit pas immédiatement, la surprise accaparant premièrement ses sens. Le petit rouleau de bande qu'il tenait fermement entre ses doigts tomba alors au sol. Ce subit réveil sous les traits de Ley l'avait méchamment déstabilisé. Casses-toi. Ces mots martelèrent violemment ses tempes, se retournèrent une fois, deux fois, trois fois, quinze fois, l'intonation dont ils avaient été prononcés retentissante, comme un écho, dans sa tête. Haine, envie de meurtre, rancœur, rivalité. Ley savait. Dans le cœur de Leyna, c'était elle ou lui. Et pour rien au monde elle ne semblait vouloir lui céder sa place. Tout se passa à une vitesse ahurissante, Mad n'eut pas le temps de réagir à temps, il n'eut pas le temps de prévenir cette punition qu'elle s'infligeait à elle même. D'un geste rapide, elle attrapa un rasoir qui se trouvait sur la table de nuit, puis se taillada les mains dans un cri de souffrance accompagné de larmes douloureuses. « LEY, BORDEL DE MERDE! » Il tenta d'attraper l'objet malfaisant à l'aide de gestes désordonnés, fort heureusement elle le lâcha avant qu'il ne fût forcé d'user la violence pour parvenir à son but. Puis elle sombra, again, un sommeil comateux happant sa conscience, de façon visiblement plus appuyée que la fois précédente. Le sang rouge vif, chaud, qui dégoulinait à présent sur les draps arrachèrent à Madoxx une grimace, cette vision terrible soulevant son cœur dans sa poitrine. « Merde, merde, merde, putain mais merde... » Croyez-moi, Madoxx n'avait pas pour habitude de proférer tant d'infamies dans une seule et même phrase. Mais là, la situation le dépassait légèrement. Que faire? Il hésita un infime instant. Laisse-la crever, Madoxx, laisse là se vider de son sang, laisse la trouver la paix. Effectivement. Sauver Ley n'était pas dans ses plans. Il n'avait aucune envie de sauver Ley. Mais... « RAAAAH! » Un grognement guttural émergea de sa poitrine, furieux, et pourtant, il dressa sa baguette en direction des poignets de madame. « Vulnera Samento. » Puis, toujours la rage au ventre, il se rassit au chevet de son "amie", s'abaissa afin de ramasser les bandes de soin, et se mit enfin au travail, enroulant les bras blessés dans des attelles serrées. La façon dont il nouait les bandages était presque brutale, il se faisait violence pour maitriser sa force, pour ne pas briser ses petits os en tirant malencontreusement trop fort. Son expression faciale était crispée, cette lueur bienveillante s'était éteinte, c'était comme s'il soignait cet être qui se tenait allongé là, devant lui, contre son gré. Leyna avait eu de la chance. S'il avait rencontré Ley avant elle, il n'aurait pas pris toute cette peine. Son courroux aurait dominé toute la suite des événements. C'était vraiment spécial. Ses sentiments changeaient selon la personnalité que Leyna arborait. Comme si... A chaque fois, il oubliait qu'en Leyna il y avait Ley et qu'en Ley il y avait Leyna. Comme si elle était deux personnes bien distinctes. Comme s'il avait Eleonora et Irmina face à lui. Il en protégeait une et crachait sur l'autre sans état d'âme. Leyna c'était un peu ça, avec encore autre chose.

Le jeune homme se reprit lentement, faisant les cents pas dans la pièce, passant ses deux mains dans ses cheveux, nerveusement, soufflant de grosse expirations, sa rescapée toujours dans les vapes. Les doutes l'assaillirent à nouveau, jusqu'à ce qu'un sac attire son attention. C'était celui de Leyna, sans aucun doute. A chaque fois qu'il la voyait, elle se trimballait ça sous le bras. En fait, elle ne semblait pas le lâcher, où qu'elle aille. Madoxx, ne fais pas ça. Le silence emplit à nouveau la chambre, inondant ses tympans des battements de son cœur. Madoxx... Entre méfiance et hésitations, Mad fis quelque pas vers le sac qui reposait, un peu dissimulé, près d'une armoire. Madoxx, sans déconner... Voilà. Il était juste à quelques centimètres du sac. Il lui suffisait juste d'attraper une anse et de le tirer vers lui. Je t'interdis de... Aussitôt dit aussitôt fait, le Mokop s'exécuta. Il lança un furtif coup d'oeil à Leyna afin de s'assurer qu'elle ne se réveille pas à ce moment là et pris le sac entre ses mains, l'inspectant d'abord en surface. Après quelques instants à peser le pour et le contre, sa bonne conscience lui ordonnant de ne pas jouer aux fouines -ce n'était pas comme si sa curiosité ne lui avait jamais joué des tours, donc...-, il déversa le contenu de la chose sur une table dans un festival de bruits saccadés divers et variés. Il y trouva des choses anodines, mais son regard s'arrêta sur un objet particulier. Sur une photo, plus précisément. La photo d'un homme, en fait. Madoxx la fit virevolter entre ses doigts en prenant soin de ne pas l'abîmer plus qu'elle ne l'était déjà, observant attentivement l'inconnu qui s'y trouvait. Il avait beau fouiller dans sa mémoire, ce visage ne lui revenait pas. Intrigué, il fit volte face et s'assit cette fois sur le lit, à côté de Leyna. « C'est qui, ce gars? Un membre de ta famille? » Suite à une réflexion et un décorticage plus murs, les ressemblances n'étant pas frappantes, il ajouta: « Ou bien c'est un gars avec qui tu t'envoies souvent en l'air? » Il ne sut pas exactement si ce petit raccord était destiné à Leyna ou Ley. Il ignorait également si cette pointe de reproche qu'il avait cru entendre sortir de sa propre bouche était... Effective. Il ignorait également si la demoiselle l'avait entendu. Et il ignorait si, finalement, il avait bien fait de lui poser ces questions.
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Message Posté Mar 21 Fév - 15:49.


Tu n’aurais pas dû Madoxx. Dès l’instant, de notre rencontre, tu aurais dû abandonner. Nous laisser là, sans essayer de sauver une parcelle infime d’elle. Tu ne pourras jamais la sauver. Jamais. Elle n’est pas accessible à l’aide que tu essayes de lui apporter. Tu penses, avec une vanité sans pareille, pouvoir la sortir de l’étau qui la serre. Mais foncièrement, tu sais que cela est vain. Réfléchis bien. Analyse les conséquences de tes actes. Dès l’instant, où tu nous as sorti de la mort, tu as dû savoir, que tu faisais une erreur. Une incorrigible erreur qui te mènerait à ta perte. Tu penses véritablement, que je vais disparaître ? Que je vais gentiment recourber mon échine et laisser Leyna seule ? Tu n’imagines pas combien ce monde va la tuer. Tu n’as pas idée des souffrances qu’elle a endurées. Tu crois savoir. Mais tu n’es qu’un misérable ignorant. Là est d’ailleurs ta principale faute. Tu penses la comprendre, la saisir…mais tu as tort. Elle est d’une telle complexité, que personne ne peut dénouer l’étrange façon dont elle fonctionne. Et plus, tu essayeras de défaire, de démêler son esprit, plus tu t’heurteras à ma cruauté, ma violence, mon envie de vengeance. Et cela, non pas par simple envie de te briser la nuque –même si cette idée est alléchante, mais pour protéger la délicate enfant qu’est Leyna. Tu crois pouvoir le faire. Pouvoir être là. Pouvoir la soutenir. Mais que feras-tu les jours, où elle sera si décomposée, qu’elle tentera d’exhumer sa rage, sa haine, sa tristesse en criant, en brûlant sa peau, en la striant de douloureuses plaies ? Que feras-tu quand tu la retrouveras tremblante face à son demi-frère ? Que feras-tu quand tu la retrouveras mortifiée face à Lycaon qui la repoussera sans ménagement ? Que feras-tu quand tu la sentiras si près de cette ligne de folie ? Que feras-tu, mon cher Madoxx ? Tu échoueras, tout simplement. Tu ne connais ni son histoire, ni son passé, ni les choses qui la constituent. Tu ne sais pas qui elle est. Qui elle était.

Nous entendons vaguement sa colère qui s’exprime, à travers les injures qui sortent de sa bouche. Nous devinons parfaitement, la raison de sa rage. Il suffit de réfléchir un instant. De se poser les bonnes questions. Premièrement, pourquoi serait-il si énervé, si nous n’avions pas ouvert notre main ? Deuxième, pourquoi serait-il dans de tels états, si, dans sa tête, ne se jouait pas un ultime combat ? Combat consistant à savoir s’il devait nous abandonner à notre triste sort ou nous sauver. Nous sentons dans notre main, un picotement intenable, puis ensuite, un soulagement utopique. Nous ne pouvons pas nous empêcher de sourire intérieurement. Notre conscience, bien réveillée, se félicite d’avoir compris qu’à ce moment précis, Madoxx a cédé à la candeur de sentiments qu’il n’arrive même pas à définir. Il a réparé notre petite main. Il a jeté un sort, nous empêchant de sombrer vers la mort ou le sommeil profond. Car en effet, depuis notre petite entrevue mouvementée, et notre coma d’une très courte durée, nous avions eu l’occasion de remettre en place notre esprit, notre conscience. De nous défaire du sommeil profond qui nous plongeait dans un état léthargique dénué de toute réalité, de toutes sensations. Nous nous sentions encore affaiblies. Pas assez prête pour relever la lourdeur de nos paupières, pour affronter Madoxx. Pour réfléchir à une façon de l’éliminer. Une façon qui serait la plus cruelle possible, bien entendu. Nous n’allons pas nous attendrir face à cet énergumène. Je te sens vainement lutter face à cette affirmation que je profère. Leyna….je sais bien, que tu aurais tendance à t’émouvoir face à lui. Mais, je me dois de t’empêcher tous sentiments inconsidérés. Souviens-toi de toutes les émotions qui t’ont menée à ta perte. Souviens-toi.

Et hélas, tu te souviens avec une étrange perfection, les infamies profanaient à ton égard. Les furieuses insultes qui ont traversé ton chemin. Les terribles déceptions qui t’ont constituée. Tu te souviens de Bryan, et de son regard assassin sur les bords du Lac Baïkal. Tu te souviens de ses paroles sèches et rudes qu’il t’a jetées sauvagement au visage. Puis, envers et contre toute attente, sa façon désolante de te prendre dans ses bras. Cette façon d’implorer ton pardon et d’exprimer son amour incestueux. Votre amour incestueux. Puis Anastasyia et Killian. Votre honte. Le déshonneur inscrit sur vos lèvres, sur vos visages. Finalement, Ana’ qui te dénigre et ton départ. Puis le vide. Plus jamais depuis tu ne l’as revu. Ni Bryan ni Ana’. Deux membres de ta famille, envolés.
Alexander. Vous aviez dépassé les limites sans doute. Indéniablement. Mais vous aviez aimé cela. C’était l’un de tes meilleurs amis. L’un de ceux que tu appréciais le plus. L’un de ceux qui te satisfaisait le plus. Sauf qu’aujourd’hui, il te traitait de « pute » sans honte, sans une once de remord. Il se sentait presque souillé à l’idée de vos ébats. De votre amitié. De tout. Oui, c’était donc cela le plus terrible. La honte. Il avait honte. Tu étais peut-être véritablement qu’une misérable traînée.
Cela t’amène donc à penser, en dernier lieu, à Lycaon. Lycaon qui allait se marier. Se jeter dans les bras d’une magnifique jeune femme. Magnifique mais visiblement, tout sauf amoureuse de lui. Lycaon qui te briserait le cœur, comme tous les autres. Tu ne peux exprimer l’ampleur de la désolation qui t’habite. Tu n’avais pas compris, ce qui nous rassemblait avec notre tendre Lycaon. Tu étais persuadée que cela correspondait à une once d’amour, une belle affection. Mais tu avais tort. Je prenais Lycaon pour un objet et lui aussi. Nous nous contentions de satisfaire nos désirs. Rien d’autre ne venait entraver cette relation platonique, basée sur les rudiments du corps. Pour ce qui est, de Madoxx, je ne pense pas que tu es besoin d’y penser. De te plonger dans la profondeur des émotions qui t’animent à son égard. Tu ne serais même pas en capacité de mettre des mots sur ce que tu éprouves. Tu n’arrives pas à savoir tes sentiments. Tu n’arrives pas à les comprendre. Alors, les décrire ? Ce serait une délicieuse drôlerie pour mes oreilles. Contentes-toi de le haïr. De le détester. Intègres dans ta chair, la haine que je lui porte. L’horreur qu’il me confère. Le dégoût qui m’astreint les entrailles.

Nous ouvrons nos paupières alourdies par les épreuves, fatiguées par les obstacles. La première chose qui nous apparaît sous nos yeux épuisés est la photo de Bryan. Je te sens te tasser sur toi, essayant de bloquer la douleur stridente qui s’échappe de tes entrailles. Bryan…Ton demi-frère. Ton ancien âme-sœur. Celui que tu aimes comme un frère. Non plus comme avant. Plus comme un amant, un amour, un être idéalisé. Tu as su faire, à présent, la part des choses entre la malédiction et la réalité. Cependant, rien ne peut défaire la souffrance. Rien ne peut enlever la déchirure dans ton corps. Tes organes, si faiblement soignés, qui s’ouvrent face à cette photographie. Je calme, avec peine, la crise d’angoisse, de tristesse, qui t’assaille. Je sens ton souffle se brisait contre les murs de ta conscience. Je te sens qui tombe, tombe….inutile de te retenir. Ta main est restée figée sur ton ventre. Ta peine est si ancrée. Si lourdement présente dans ton âme. Dans 21 misérables grammes…Puis sa voix qui te fissure l’échine. Il te prend définitivement pour une catin, une vieille salope qui se jette sur les hommes, espérant ressortir un peu de plaisir, de bonheur. Mais il ne sait pas. Il ne connaît pas…il ne comprend pas. Il se contente de te blesser. Vois-tu….je t’avais prévenue qu’il te boufferait le reste de dignité qu’il te reste. Je vais le tuer. Pour t’épargner des mots qu’il te crache au visage.

Nous nous relevons, sur nos coudes. Notre main, ou devrais-je dire ta main, cherche sa présence. Elle s'avance, comme pour signifier les paroles suivantes: "Non, voyons Madoxx...ce n'est pas ce que tu crois." Mais ta main s'arrête et se rabat sur ta cuisse. Même après, l’horreur qu’il te laisse tomber au visage, tu lui pardonnes, faiblement. Tu cherches sa personne Tu te soignes indéniablement en te faisant bouffer par cet être ignoble. Puis, notre regard se plonge dans le sien. Nous attrapons la photo, violemment, la contraignant à épouser la forme de notre paume. Nous nous approchons de lui, avec candeur. Nous nous approchons si faibles, si difficilement vers lui. Nous nous approchons, une terrible envie de saisir son visage pour planter nos ongles dans ses joues. Une terrible envie de mordre ses lèvres, de sentir son sang sur notre langue. Une terrible envie de l’entendre gémir sous la souffrance que nous pouvons lui procurer. Mais tu m’arrêtes dans le fantasme obscène, macabre qui me remplit l’esprit. Tu m’arrêtes, me bloquant près de son visage, un sourire presque triste sur nos lèvres rosées. Finalement, nous nous reculons, nous adossant au mur, nos jambes rachitiques rabattues sur notre maigre poitrine. Nous continuons de l’observer, un regard mélangeant notre folie, comme notre profonde détresse. Puis notre voix s’échappe de nos lèvres. Elle est cassée, mais froide. Nous allons lui faire payer tout cela.

« Vois-tu Madoxx…inutile de te mentir. Tu sais qui je suis. Tu sais que ce n’est pas ta tendre « amie » qui te parle. Tu le sais, alors ne perdons pas de temps à nous cacher derrière de fausses apparences. Leyna, avant tout cela…avant toi, avant votre rencontre. Bref avant ta présence inutile…elle a eu une petite vie bien remplie. Par quoi veux-tu commencer ? Son plan cul actuel ou un historique détaillé de son ancienne vie ? Hmm…le plan cul sera pour plus tard. Donc…Oulianov. Avais-tu remarqué l’origine de son nom ou dois-je te l’expliquer ? Vladimir Ilitch Oulianov soit Lénine. Eh oui ! Notre petite Leyna est la descendante de notre grand Lénine. Elle a toujours été plongée dans un bel univers communiste. Une vraie Bolchévique cette petite…étonnant, alors que son deuxième nom de famille est très, très, très américanisé. Deux systèmes différents au cœur d’une même personne. Dès son enfance, malgré sa grande envie d’être la digne descendante de Lénine, elle était aussi partagée par ce père, monsieur Dikson, hors de ce monde communiste. Dikson…hmm….observes bien la photo crétin. Ce mec c’est Bryan Dikson. Mais cela serait simple, si une relation purement fraternelle les avait réunis. Hélas les familles Dikson et Oulianov ont subi une belle malédiction…malédiction consistant à aimer son demi-frère. Anastasyia, la sœur de Leyna, aimait Killian, d’un amour incestueux mais inévitable. Pour Leyna, c’était Bryan…ô Bryan. Cet amour l’a rendu folle. Elle se tuait à petit feu. Elle se complaisait à souffrir. Aimer son demi-frère ? Quelle honte. Quelle horreur. Elle devait être punie. Surtout, qu’elle n’arrivait pas à éprouver de l’amour pour quiconque d’autre que Bryan. Donc…elle a, je crois, un peu perdu les pédales, comme on dit. Elle a passé quelques temps chez les « fous »…dans un institut psychiatrique russe. Mais ça… » Un silence. Un moment à bloquer notre voix. Nous touchons notre cou, furtivement. Les cicatrices sous tes doigts. La douleur dans ton cœur. Tu ne voulais pas de cette vie là. De cette misérable existence. Mais tu as finit par t’y laisser tomber. Nous restons là, un instant figé dans notre mutisme. Notre langue s’était déliée avec facilité. Elle avait claqué contre la paroi de nos lèvres, sans gêne. Nous n’avions plus de secret. Nous avions juste le désir de culpabiliser Madoxx face à l’affront qu’il s’était permis de faire, en vue de la photographie de Bryan. Sauf, que j’avais révélé ton histoire. Te rendant presque vulnérable. Te jetant dans la gueule du loup. J’avais sans doute négligé cet aspect. Je le concède. Mais finalement, quelle importance ? Qu’allait-il faire ? L’avouer au monde entier ? Le cracher au visage du premier venu ? Le crier sans relâche dans la rue ? Non. Il ne le ferait pas. Il n’oserait pas. Il avait une certaine faiblesse. Et s'il le faisait...je le tuerais sans peine. Et, tu en serais presque soulagée. Personne ne connaissait la malédiction, sauf les familles qui étaient touchées. Pour le reste...silence radio. Le fait d'en avoir parlé à Mafoxx, représentait presque un exploit. Un exploit dangereux, mais un exploit tout de même. Cependant, je prenais soin d'oublier cet "exploit". Je n'avais pas tellement envie d'avouer à notre esprit, la faiblesse sous-jacente de Leyna qui s'était incrustée dans mes paroles, me portant à dévoiler plus qu'il n'en fallait. Cela m'amena donc, à éluder le reste de l'histoire.

« Bon, donc tu as ta réponse. Ce n’est pas le mec avec qui, elle s’envoie en l’air. Celui là d’ailleurs…est beaucoup mieux. Il a des mains habiles, je dirais même.» Un sourire taquin sur nos lèvres. Nous observâmes un instant la porte. Nous nous sentions mieux. Beaucoup plus apte à repartir se battre. A nous venger. Nous nous occuperions de Madoxx plus tard. Pas maintenant. D’un geste brusque, nous nous relevâmes, attrapant des affaires potables, les enfilant précipitamment. Les maux physiques n’avaient plus lieu d’être. Quelques gestes nous arrachaient un couinement ou même, une grimace, mais rien d’autre. Ce qui nous importait : Partir. Une fois sur le départ, nous nous retournâmes vers Madoxx, le regard encore brûlant de fièvre, le visage toujours aussi creusé, les idées vaguement déformées par la chaleur de notre corps :

« Tu rangeras le sac. J’y vais. Et tu fermeras ta gueule sur notre petite…discussion d’accord ? Sinon…je t’égorge comme un porc, connard. » Soudain, je te sens faiblir. Tu as presque envie de lui crier quelque chose au visage. Visage que tu ne quittes pas des yeux. Tu es là, figée. Tu es là, trop abrutie par ton esprit mortifié. Tu es là, ta main accrochée au pull de Madoxx. Un geste à peine visible. Mais d’une importance cruciale. S’il savait…Tu finis par détourner ton regard. Tu aurais voulu lui dire…juste te faire pardonner. T’excuser de ton inconscient défaillant. Mais tu n’as rien pu lâcher. La fuite est notre dernière arme. Nous nous retournons, lentement…mais jamais nous n’avons atteint la petite porte…Madoxx es-tu responsable de cela ? J’en ai bien peur.
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Message Posté Jeu 1 Mar - 1:22.

Il n'aurait pas dû lui poser ces questions. S'il avait su, il aurait gardé pour lui la découverte de cette photo si chère aux yeux de Leyna et l'aurait remise dans le sac sans rien dire. S'il avait su que ça ferait aussi mal à sa douce de voir ce visage, non, il n'aurait pas fait le malin, mené par sa curiosité et par, peut-être, une infime partie de jalousie, de contrariété. Il n'était pas dupe, il se rendait bien compte que ses yeux, enfin ouverts, aussi faiblement soit-il, suintaient la douleur, réveillaient en elle une souffrance depuis certainement trop longtemps portée comme un fardeau. Ou bien était-ce simplement les mots assez durs, assez explicites que Madoxx avait proféré qui semblaient la blesser autant? Il en doutait fortement. Il n'avait pas encore ce "pouvoir" sur elle, du moins, il le pensait. Et puis non, contrairement à ce qu'elle ou bien Ley s'imaginait, il ne la prenait pas pour une catin, loin de là. Il savait qu'elle n'était pas comme ça, et que, si elle agissait comme telle, c'était uniquement sous le joug de son double ou simplement pour ressentir une once d'affection, sentiment trop absent dans sa vie depuis, il le déduisait, des années. Et pour ça, il ne peut pas lui en vouloir. Quoi de pire que d'être seul, seul face à la terre entière, seul face à la terre entière qui vous crache dessus ou dans votre dos? Madoxx ne connaissait pas cela, il ne souhaitait pas que ça lui arrive, mais il ne s'imaginait que trop bien ce qu'elle devait ressentir. Ou plutôt, il tentait du mieux qu'il pouvait de comprendre ce qui l'animait, et c'était sans doute ce qu'il saisissait d'elle qui le poussait à s'accrocher à elle. Une bonne personne bouffée par des remords dont il ignorait la nature. Une adorable jeune fille en quête de repères. Et dans l'hypothèse où il en était devenu un, il ne pouvait pas l'abandonner. Pas maintenant. Pas demain. La bataille enragée qui se livrait dans son esprit était terminée. Son instinct de survie vaincu à plat de couture par sa conscience, par son cœur. Le Mokop reprit son calme et voulut lui dire un mot, un seul, la rassurer, lui signifier qu'il était désolé de lui faire subir des réminiscences désagréables, mais rien ne vint, aucun son ne sortit de sa gorge. T'es vraiment un bon à rien, Madoxx...

Doucement, le corps de Leyna se souleva, prenant appui sur ses bras squelettiques qui menaçaient de la lâcher à tout moment. Madoxx dans un élan protecteur avança ses mains vers elle, prêt à la rattraper en cas de chute, prêt à lui dire "rallonge toi va, ne te fatigue pas pour rien", mais il intercepta cette petite main qui s'avançait vers lui et cela le coupa. Leyna. Puis cette même main se rabattit la seconde suivante. Ley. Il souffla discrètement, ferma ses paupières un instant. Il devait s'y faire. Il savait qu'il ne la virerait pas aussi facilement et ce depuis le premier jour, alors il devait se faire à cette présence indésirée quoi qu'il arrive, quelle que soit la violence qu'il serait contraint de s'infliger pour ne pas l'envoyer valser contre un mur. Soudain, alors qu'il rouvrait les yeux, il sentit la photo lui échapper des mains et découvrit le bleu des iris de Leyna plonger dans les siennes, bleues également. Visiblement, elle ne démordait pas, le fixant sans relâche. Encore une fois, il eut envie de parler, lui demander les raisons de ce regard aussi insistant, mais encore une fois, ses mouvements qui avaient pour effet de la rapprocher de lui, diminuant la distance entre leurs corps, avaient le don de le désarmer, de le déconcentrer, ainsi, il se contenta de soutenir ses pupilles, intrigué. La suite? Le visage de la jeune fille s'approchait lentement, presque au ralentit dans un silence parfait, de plus en plus près de celui de Madoxx. Les muscles de ce dernier étaient tendus, prêts à agir en cas de retournement de situation, genre, au hasard, une tentative de meurtre, et son cœur battait à tout rompre, prêt à éclater sa poitrine. Elle aurait sans doute pu l'entendre en tendant un peu l'oreille... Alors que leurs lèvres étaient à deux doigts de se toucher -Madoxx avait été incapable de bouger, pétrifié par on ne sait quel paradoxe-, Leyna cessa alors tout mouvement et un maigre sourire vint s'accrocher à son visage. Le Mokop pouvait sentir sa respiration caresser ses joues, les quelques effluves parfumées qui émanaient encore d'elle effleurer les sens. Dès lors, et étrangement, il eut envie qu'elle s'éloigne un peu de lui. Après tout, il était un homme. Un homme dont les émotions étaient un peu floues, dans une situation où tout était possible. Il aurait très bien pu l'embrasser comme la frapper selon la nécessité, deux choses antithétiques qui l'accommodaient peu, alors oui, il préférait que cette proximité se réduise, par mesure de "sécurité". Et, comme par miracle, Leyna sembla entendre sa supplique puisqu'elle se recula d'un coup, adossée contre la tête du lit, presque en position fœtale. La suite? Finalement, Maddie n'était peut-être pas prêt à l'entendre, mais il l'avait voulu, il allait l'avoir, de quoi se plaignait-il?

« Vois-tu Madoxx…inutile de te mentir. Tu sais qui je suis. Tu sais que ce n’est pas ta tendre « amie » qui te parle. Tu le sais, alors ne perdons pas de temps à nous cacher derrière de fausses apparences. » Pour une fois qu'elle lui parlait sans le menacer de le tuer, presque calmement, sans l'insulter, sans s'agiter vainement afin de le blesser, Madoxx en profita et fit de même, en toute loyauté, il opina silencieusement. Inutile d'envenimer la situation quand le besoin n'y est pas, en tout cas pas avec Ley. « Leyna, avant tout cela…avant toi, avant votre rencontre. Bref avant ta présence inutile…elle a eu une petite vie bien remplie. Par quoi veux-tu commencer ? Son plan cul actuel ou un historique détaillé de son ancienne vie ? Hmm…le plan cul sera pour plus tard. » Le jeune homme eut, à cet instant, envie de la provoquer, mais il se retint, sans pour autant s'empêcher de penser très fort. 1) Cette précision n'était pas nécessaire. 2) Pourquoi me poses-tu la question si tu ne me laisses finalement pas le choix? L'évocation du mot plan cul lui arracha une grimace à peine perceptible. L'idée qu'on puisse abuser de Leyna le rebutait profondément. Ouais, peut-être qu'elle était consentante, mais pas consciente de la manipulation dont elle était sujette, c'était ça, qui le rendait dingue. « Donc…Oulianov. Avais-tu remarqué l’origine de son nom ou dois-je te l’expliquer ? Vladimir Ilitch Oulianov soit Lénine. Eh oui ! Notre petite Leyna est la descendante de notre grand Lénine. Elle a toujours été plongée dans un bel univers communiste. Une vraie Bolchévique cette petite…étonnant, alors que son deuxième nom de famille est très, très, très américanisé. Deux systèmes différents au cœur d’une même personne. Dès son enfance, malgré sa grande envie d’être la digne descendante de Lénine, elle était aussi partagée par ce père, monsieur Dikson, hors de ce monde communiste. » A cette annonce, il écarquilla les yeux. Il avait presque de la peine pour sa personne. Lui, Madoxx Ross Lesskov, ne pas faire le lien entre le Oulianov et Lénine, soit entre Leyna et Lénine, c'était... Trop dégradant. Même si sa famille n'avait pas forcément été fort impliquée -d'après ce qu'il savait- dans le communisme, le Bolchévisme et tout ce qui s'y rapportait, Lénine était tout de même un symbole de leur nation et le fait que le nom de son amie n'ait pas immédiatement fait tilt dans sa tête le couvrait de honte. Bref, jusqu'ici ça allait, mais la suite capta davantage son attention. « Dikson…hmm….observes bien la photo crétin. Ce mec c’est Bryan Dikson. Mais cela serait simple, si une relation purement fraternelle les avait réunis. Hélas les familles Dikson et Oulianov ont subi une belle malédiction…malédiction consistant à aimer son demi-frère. Anastasyia, la sœur de Leyna, aimait Killian, d’un amour incestueux mais inévitable. Pour Leyna, c’était Bryan…ô Bryan. Cet amour l’a rendu folle. Elle se tuait à petit feu. Elle se complaisait à souffrir. Aimer son demi-frère ? Quelle honte. Quelle horreur. Elle devait être punie. Surtout, qu’elle n’arrivait pas à éprouver de l’amour pour quiconque d’autre que Bryan. Donc…elle a, je crois, un peu perdu les pédales, comme on dit. Elle a passé quelques temps chez les « fous »…dans un institut psychiatrique russe. Mais ça… » Ça devait être la première fois que Madoxx buvait autant et aussi attentivement les paroles de Ley. C'était presque inimaginable, mais c'était rééllement ce qui était en train de se passer. Et à ces mots, Madoxx s'étouffa avec sa propre salive. Alors c'était ça. Cet attachement singulier à une simple photo qui en réalité représentait bien plus que ça, cette folie qui l'habitait. Tout ça venait d'une connerie de malédiction. Une malédiction qui avait ruiné la vie de cette pauvre enfant. Lesskov se projeta un instant en train d'aimer Alyona, sa petite soeur, d'un amour inconditionnel mais cette simple idée lui retourna l'esprit et il secoua vigoureusement la tête pour chasser ces images. Puis vint le passage de l'hôpital et c'est là que les liens se nouèrent dans sa tête. C'était là-bas que Ley était née. C'était sur ces cordes qu'il devait jouer.

Ley stoppa son discours en si bon chemin. Ce silence, ce malaise soudain n'échappa pas à Madoxx. Il analysait sans doute sans le vouloir le moindre de ses gestes, la moindre expression faciale qui pourrait lui être utile, mais finalement, il se disait que pour la suite ce n'était peut-être pas si mal. La façon dont elle se touchait le cou, le frémissement de son être à ce contact, il l'imprimait dans sa mémoire, ne laissait rien passer à travers les mailles de son filet. Maintenant qu'il savait tout, chaque détail avait son importance. Doucement, il passa ses mains dans sa chevelure brune, expirant longuement. Tout ça d'un coup, il lui fallait le temps de tout digérer, mais il se devait de dire quelque chose. Il ne pouvait pas rester dans son mutisme pour garder sa fierté. Il avait fait une bourde, une énorme bourde, il culpabilisait, certainement comme elle le voulait, mais que pouvait-il répondre face à tout cela? « Je suis désolé Ley...na, je suis désolé de ce qui est arrivé à Leyna... Si j'avais su, j'aurais fermé ma gueule. » Voilà. Il laissa échapper d'entre ses lèvres et d'une voix confuse ce strict minimum. La tournure qu'avait prise la situation était à ce moment insolite; c'était comme s'il ressentait presque de la sympathie pour Ley. C'est l'histoire de Leyna, Madoxx, pas celle de Ley. Elle, c'est une intruse. Le garçon se reprit, et de toute façon, la seconde d'empathie se serait effondrée comme un soufflé suite à cette autre bribe de mots. « Bon, donc tu as ta réponse. Ce n’est pas le mec avec qui, elle s’envoie en l’air. Celui là d’ailleurs…est beaucoup mieux. Il a des mains habiles, je dirais même.» Avec qui TU t'envoies en l'air, petite garce. Elle n'avait que seize ans, bordel. Si tout à l'heure Madoxx avait été comme effrayé d'un quelconque frôlement entre ses lèvres et celles de Leyna, c'était parce qu'il ne voulait pas faire comme eux, ces autres hommes. Certes, avec lui ça n'aurait pas eu la même signification, mais c'était à croire que dans sa tête, la moindre personne qui puisse avoir un contact avec connotation sexuelle -oui, même un simple baiser- avec Leyna était un enfoiré. En guise de réponse à cette petite réplique narquoise, notre homme se contenta de sourire de façon visiblement niaise et d'ajouter: « Je n'en doute pas... » Bah quoi Madoxx, t'es un peu jaloux?

« Tu rangeras le sac. J’y vais. Et tu fermeras ta gueule sur notre petite…discussion d’accord ? Sinon…je t’égorge comme un porc, connard. » Un rire sonore s'était échappé de sa gorge; alors comme ça, il était le seul à être au courant de tout ça? C'était bon à savoir. Tandis qu'il spéculait un peu, elle s'était brutalement relevée, comme ça, comme si ses blessures n'avaient jamais été présentes, comme si sa "confidence" l'avait totalement remise sur pieds, revigorée d'une force nouvelle. Le plus étrange, c'était que présenté ainsi, elle semblait juste partir pour faire un footing alors qu'en réalité une guerre l'attendait dehors. Le regard de Madoxx fit des allers retours entre le lit rougis par le sang et la silhouette rachitique de Leyna se dirigeant vers la porte. Son cerveau avait beau lui hurler de la retenir de partir, ses muscles refusaient de lui répondre. Il réfléchissait à toute vapeur pour trouver une solution, et c'était cette réflexion intense qui accaparait tous ses neurones. Mais la solution ne vint pas. Alors tu vas t'arrêter ici? Tu vas la laisser repartir se faire déglinguer sur le champ de bataille alors que tu viens de la sauver? Il jeta un furtif coup d'oeil à Oulianova, s'apprêtant à cogiter à nouveau, mais son regard resta en pause sur la demoiselle. Elle s'était arrêtée dans sa course. C'était l'occasion rêvée. Elle ne se présenterait peut-être plus, alors le jeune homme saisit sa chance, suivit son cœur. Lentement, pour ne pas la faire fuir, il s'approcha d'elle, petit à petit, et...

Il la serra dans ses bras, dans son dos. Ses bras saillants se fermèrent délicatement autour des épaules de Leyna, son visage vint se nicher au creux de son cou, là où il avait perçu quelques cicatrices. Puis ses mains descendirent le long des bras de la jeune fille et il lui attrapa les mains, les serrant dans les siennes en prenant soin de ne pas les briser. Ça aurait été si facile, elle était si fragile. « Ley... S'il te plaît, rends-moi Leyna. » SURPRISE! Ce n'était pas seulement Leyna qu'il souhaitait étreindre à cet instant. C'était aussi Ley qu'il tenait contre lui. C'était à Ley qu'il s'adressait particulièrement. Peut-être que c'était suicidaire, complètement débile de faire ça alors que quelques minutes auparavant l'envie de lui tordre son petit cou d'oisillon blessé l'avait traversé. Mais il s'était rappelé de la conversation qui précédait juste. Il s'était rappelé de cette confidence qui ne semblait pas seulement concerner Leyna. En réalité, Ley était sans doute devenue une véritable personne. Mais une véritable personne vouée à disparaitre, néanmoins pas forcément sous la violence. Après tout, Madoxx avait déjà tenté la méthode forte, il avait déjà usé de sa force pour la faire dégager et ça n'avait pas marché, que pouvait-il perdre en changeant son mode opératoire? Et puis, pendant ces confidences, c'était difficile pour lui de le reconnaitre à cause de la haine qu'il lui vouait, mais il avait vraiment eu l'impression qu'ils se parlaient tous les deux comme des amis. Que Ley se déchargeait pour Leyna d'un poids à quelqu'un en qui elle avait confiance. Le sorcier effleura avec sa bouche une ou deux cicatrices puis murmura quelques paroles d'un ton qu'il voulait doux et rassurant. « Maintenant que tu m'as dit tout ça, je crois que je te comprends mieux Ley. J'ai finis par comprendre que tu ne veux pas faire de mal à Leyna. Je crois même que tu veux l'aider. Mais faut que tu la laisses. Si tu restes en elle comme ça, comment veux-tu qu'elle ait ne serait-ce qu'une chance de reprendre une vie normale, de se faire accepter par les autres? Si moi je suis là à ses côtés c'est parce que je connais ton existence. Eux, non. Alors c'est normale qu'ils la pensent folle. » Il marqua une pause, hésitant. « T'as souffert aussi, Ley. L’hôpital psychiatrique, les cicatrices, tout ça, c'est toi. La première fois qu'on s'est rencontrés et que je t'ai frappé à la tête, c'est pas un hasard si t'as laissé ta place à Leyna. T'as renoué une seconde avec le passé à cet instant là. Mais c'est fini maintenant. Toi et Leyna n'êtes plus à l'hôpital mais dans le monde réel. » Allez, tiens le coup Leyna, le discours est bientôt terminé. « Leyna t'aime, Ley. Elle t'est reconnaissante de l'avoir aidée à surmonter toutes ces épreuves. Mais maintenant il faut que tu la laisses refaire sa vie. Tant que tu seras là, son passé la hantera constamment. Alors si tu veux vraiment son bonheur, faut que tu partes. Mais n'aies de craintes pour elle. Il y aura des personnes pour l'entourer. Je serai là pour l'aider... Tu souffres aussi de cette situation, j'en suis persuadé, alors libère là et libère toi... » Non Madoxx, tu n'es pas fou, tu parles juste à un subconscient qui n'existe pas, tu le sais. Et si ce subconscient refuse de céder à tes mots, il te faudra faire revenir Leyna quel que soit le moyen et prendre des mesures. Lui faire comprendre que Ley n'existe pas et qu'elle n'est que le fruit de son imagination. Ou lui poser un ultimatum "sentimental" quitte à y laisser un bout de toi même.
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Message Posté Sam 3 Mar - 19:24.

    Non. Je ne crois pas qu’une fois la vérité trouvée, il se serait plongé dans un mutisme aux murailles impénétrables. L’idée même qu’il aurait pu, ne pas chercher à découvrir notre passé –ou devrais-je dire le tien-, me paraît invraisemblable. L’humain est pourri par sa curiosité. Pourri par son amour du savoir. Pourri par la maladie d’apprendre. Pourri jusqu’à la moelle. Assouvi par ce vice, ce péché presque, Madoxx, tu as accepté inconsciemment de nous faire révéler, le secret que nous portons sur nos frêles épaules. Tu as accepté de la voir se tordre devant la photo de Bryan. Tu as accepté qu’elle s’éteigne, comme une flamme qui s’essouffle, sous le vent de ta colère. Pour ne pas dire de ta jalousie. Car ne soyons pas dupes. Surtout pas. Leyna serait incapable de réaliser l’attachement que tu lui portes. Elle est tellement figée dans l’innocence. Figée dans la crédulité. Figée dans les mots que je lui chuchote. Elle ne croit plus en elle. Elle me croit moi. Et, donc, elle est persuadée, -malgré les fugaces sentiments qui la rattache à toi.-, que tu finiras par la briser comme les autres. Elle est persuadée, cette pauvre enfant, que tu la malmèneras. Que tu l’utiliseras comme d’autres. Que tu la laisseras pleurant dans le creux de son lit, sa douleur lui tiraillant violemment les entrailles. Que tu l’abandonneras. Parce que tu n’es qu’un monstre. Un monstre qui, à mon grand désarroi, lui apporte quelque chose d’indescriptible, la faisant faiblir sur ses certitudes. J’aurai aimé qu’elle ne te connaisse pas Madoxx. Tu représentes ce qui m’effraie. Tu représentes celui qui pourra briser notre violente union. Briser nos deux personnes. Briser Ley comme Leyna. Car nous sommes indissociables l’une de l’autre. Malgré ce que tu peux croire…elle sera à jamais réduite à croire en une chimère. A croire en moi, fantôme impuni, logé dans son corps. Je suis celle qui l’aide, la soutient, la ramène à des besoins plus élémentaires. Lui apprends à vivre. Lui apprends la mort. La réconforte. L’attire, certes sans ménagement, vers le droit chemin. Ou ma notion du droit chemin, d’ailleurs. Je suis celle qu’elle aime. L’affection que je lui donne, ne sera jamais remplacer. Je suis son cerveau, ses jambes, ses bras, son regard, son souffle, ses sens, son amour, son amie, sa vie. Je suis l’être qu’elle ne peut se résoudre à voir, complètement, disparaître. Je la soutiens trop pour cela. Je l’aime trop. Elle m’aime trop. Notre amour est bien ancré. Dans notre chair. Dans notre sang. Dans notre esprit. Car après tout, c’est dans ce lieu, que tout se joue.

    Alors, oui, je t’en prie, abandonnes. Laisses toi tomber dans une chaise. Laisses toi choir sur le sol. Perds ton combat avec le peu de dignité qu’il te reste. Juste ne cherches plus à nous aider. A l’aider, plus exactement. Tout ceci est voué à disparaître. Tout est voué à se détruire. Tout. Sauf nous. Nous, qui nous laisserons tomber dans un cercueil, nos yeux tendus vers ce ciel divin, priant une dernière fois pour notre salut. Priant contre l’enfer. Priant contre le Paradis. Priant pour reposer dans le lieu de nos ancêtres. Pour retrouver un peu de notre âme décharnée par le temps, sans subir le courroux du destin. Et lorsque nous y serons, il n’y aura de place pour une pensée pour toi, Madoxx. Tu seras oublié, à jamais. Elle pensera rapidement à ce passé là. Elle y pensera, sans douleur, sans remord. Juste avec le sentiment, de n’avoir pas été destinée pour cette époque de peur et de sang. Et elle ne pensera pas au garçon qui a cherché à la ramener à la raison. Elle ne pensera pas à lui. Elle se contentera, si le temps s’y prête, de l’oublier humblement, dans le fond d’un tiroir d’ébène. Elle se contentera, de te laisser sur le sol, te consumer. Leyna ne te dira jamais « merci ». Elle ne sera jamais apte à le faire. Car même, si à tout hasard, je viens à disparaître…elle se souviendra à jamais de ma présence. De mon soutien. Quand elle lassera tomber ses paupières sur ses yeux fiévreux, tu ne pourras pas m’empêcher d’envahir son passé et ses souvenirs. Sauf, si, à chaque bruissement, à chaque respiration, à chaque geste, tu lui chuchotes avec douceur, tes bras autour des siens, que je n’ai plus lieu d’être. Et cela…jusqu’à la fin de tes jours. Car, t’unir à elle, comme un ami, comme un amant, comme qui que ce soit, c’est t’unir à des horreurs et des frayeurs que tu ne peux imaginer. T’unir, à jamais…aux cicatrices qui complètement son corps, jusqu’avant laiteux. T’unir à ses cris la nuit, quand elle repense aux lames qu’on lui enfonçait dans le crâne, l’obligeant à serrer jusqu’à s’en casser les doigts, les accoudoirs des grands sièges gris. T’unir à elle…c’est t’unir à ta propre mort.

    Nous sommes, près de la porte, suffisamment avancées pour que notre main frôle le bois qui la constitue. Nous sommes si près d’un futur noir et indescriptible. Nous sommes si près de ce que nous venons de fuir. Nous sommes si près, que même notre conviction, jusqu’alors indécrottable, se repeint des couleurs de l’hésitation. Et finalement, nous n’avons même pas le temps d’abandonner nos évidences de nous-même, qu’il est là…Ses bras qui nous frôlent. Que nous sentons se fermer sur notre corps rachitique. Ses bras puissants. Ses bras trop forts pour que tu t’en échappes. Ses bras à lui…à Madoxx…Mon dieu…Ton cœur affaibli se met à battre furieusement contre ta poitrine. Tu trembles. Sans jeu de mot. Sans image. Tu trembles. Parce que ce geste qui pourrait paraître anodin, effondre tes anciennes espérances. Effondre les paroles de Ley…effondre mes paroles. Tu sens ses mains contre les tiennes. Un peu trop brutes, un peu trop fortes. Un peu trop rassurantes. Puis son visage logé dans ton cou. Un frisson qui te remue l’échine, parcourt ton corps. Tu voudrais que Ley ne soit pas là pour voir ce moment. Qu’elle te laisse avec lui, juste une fois. Profiter de l’intensité de cette union. Profiter de ce fourmillement qui te serre les entrailles. Profiter de cela, juste une fois. Car malgré la peur, la tristesse, la rancœur peut-être aussi, tu te sens si bien, en cet instant. Tu te sens humaine. Vivante. Brûlante. Tu te sens revivre. Et personne –même pas Ley- ne pourrait t’empêcher de ressentir les furieux sentiments qui t’arrachent le cœur et l’esprit. Même si tu aurais voulu que tes émotions n’existent pas. Ces émotions trop réelles et trop dures. Ces émotions qui te liquéfient. Ces émotions que tu hais d’amour.

    « Ley... S'il te plaît, rends-moi Leyna. » Mais je suis là, Madoxx. Je suis là…je suis là, bien présente. Ce n’est pas Ley. C’est moi…C’était toi. J’entends sa voix et je ne peux résister à l’envie fulgurante de m’immiscer dans votre misérable et pathétique complicité écœurante. Cependant, je ne bouge pas. Je nous laisse dans cette position implicite et lourde de significations. Je nous laisse, Leyna et moi, entourées par la douceur de Madoxx. Tu es trop figée pour te mouvoir. Trop profondément effrayée par toi-même pour bouger. Trop heureuse, dans le fond, par sa tendresse, pour te résoudre à t’éloigner de lui. Soudain, un sursaut t’arrache de ce monde presque irréel. Je sens ton corps se briser. Ton corps s’éteindre. Je te sens qui cherche à t’accrocher à un autre univers. Ses lèvres sur tes cicatrices. Tu trembles furieusement. Un viol de ton intimité. Un viol de tes secrets. Ton passé profané sous ses lèvres. Et ton cœur qui se bloque dans un étau.

    « Maintenant que tu m'as dit tout ça, je crois que je te comprends mieux Ley. J'ai finis par comprendre que tu ne veux pas faire de mal à Leyna. Je crois même que tu veux l'aider. Mais faut que tu la laisses. Si tu restes en elle comme ça, comment veux-tu qu'elle ait ne serait-ce qu'une chance de reprendre une vie normale, de se faire accepter par les autres? Si moi je suis là à ses côtés c'est parce que je connais ton existence. Eux, non. Alors c'est normale qu'ils la pensent folle. » Nous l’écoutons sagement. Comme un docile enfant. Mis à part, toi, qui tremble, qui se raccroche à sa voix, à ses bras, à lui. Mis à part moi, qui cherche un moyen de le détruire, de le briser, de le faire taire…Mis à part nous, unies dans la douleur et la joie, nous écoutons sans un geste. Nous écoutons. Folle ? Sommes-nous véritablement folles ? Mais après tout, qu’est-ce la folie ? Est-ce une notion abstraite ? Une notion scientifique ? Ou une notion acceptée de tous ? Dans le fond, qu’importe la réponse. Nous ne sommes pas folles. Ou du moins, pas complètement. Ou…tu n’arrives pas à répondre à la négative. Tu te penses folle. Dès l’instant, où Bryan est rentré dans ta misérable vie, tu t’es sentie folle. Et même aujourd’hui, malgré mes recommandations, malgré mon aide, tu te sens folle. Parce qu’à chaque instant où tu penses, tu sais que tu ne penses pas seule. Ton jardin secret est souillé par ma présence. Et pourtant, tu idolâtres cette présence. Tu m’idolâtres et m’aimes. Parce qu’il faut bien que quelqu’un s’occupe de ton jardin, n’est-ce pas ? Quelqu’un de plus raisonner que toi… ?

    « T'as souffert aussi, Ley. L’hôpital psychiatrique, les cicatrices, tout ça, c'est toi. La première fois qu'on s'est rencontrés et que je t'ai frappé à la tête, c'est pas un hasard si t'as laissé ta place à Leyna. T'as renoué une seconde avec le passé à cet instant là. Mais c'est fini maintenant. Toi et Leyna n'êtes plus à l'hôpital mais dans le monde réel. » Vraiment ? Madoxx pense véritablement que je suis « ces cicatrices » ? Il pense que…Il se trompe. Je ne suis pas ça. Je suis bien plus. Je suis Leyna et Ley est moi. Nous sommes « ces cicatrices », nous sommes « son passé», nous sommes tout. Une hésitation qui traverse ton esprit…Penses-tu donc que nous sommes dissociables ? Vraiment ? Tu penses que tu es le doux agneau et que je suis le terrible loup ? Penses-tu que je suis seule à avoir tuée cette jeune membre de l’Organisation ? Penses-tu que je suis la seule meurtrière ici ? Non Leyna. Tu as du sang ancré sur tes mains. Tu es tueuse au même titre que moi. Nous sommes unies…même dans le crime. Même dans l’horreur. Même dans le malheur. Nous sommes reliées par notre passé, nos souvenirs. Nous sommes entières. Ou du moins….le mieux possible. Comment être entières, après ce que nous avons subis ? Trop détruites. Trop brisées. Trop réduites…trop mortes peut-être. Nous nous posons alors cette ultime question : sommes-nous vivantes ? Malgré notre cœur qui bat ? Malgré la sensation de son souffle contre notre peau ? Malgré cette tension dans le ventre ? Malgré les émotions ? Malgré tout ? Sommes-nous vivantes ? Sommes-nous bien là ? Se mettre à douter de tout. Sauf de notre pensée. Se mettre à tout remettre en cause. Sauf de notre pensée. Se mettre à ignorer le monde. Se mettre à ne plus savoir si tout cela est bien réel. Sauf notre pensée. Elle, elle est trop puissante pour ne pas exister. Nous sommes une pensée, peut-être ?

    « Leyna t'aime, Ley. Elle t'est reconnaissante de l'avoir aidée à surmonter toutes ces épreuves. Mais maintenant il faut que tu la laisses refaire sa vie. Tant que tu seras là, son passé la hantera constamment. Alors si tu veux vraiment son bonheur, faut que tu partes. Mais n'aies de craintes pour elle. Il y aura des personnes pour l'entourer. Je serai là pour l'aider... Tu souffres aussi de cette situation, j'en suis persuadé, alors libère là et libère toi... » Nous nous libérons de son étreinte. Nous nous libérons furieusement de ses paroles. Nous libérons et nous retournons, notre regard déchiré par la fureur. La colère qui fait trembler notre corps fragile. La colère que l’on peut humer dans l’air. La colère qui se transforme en rage. Et finalement ta main qui s’abat violemment contre sa joue.

    Pourquoi ? Cette main que tu as sentie trop violente. Cette main qui sentait l’effluve de la haine se propager dans le sang. Cette main qui s’est brisée, sanglante et vive, sur sa joue. Nous la ramenons vers nous, encore chaude de ce choc. Nous la ramenons près de notre corps affaiblie. Nous la ramenons et ce qui te reste de conscience prend définitivement le dessus, sur mon contrôle, jusqu’alors impénétrable. Tu plonges ton visage dans tes mains, si petites face aux gestes commis. Si petites et si innocentes. Tes larmes coulent contre la paume de tes traitresses mains. Tes larmes coulent et ton souffle s’entrecoupe. L’émotion qui te prend à la gorge. Tu as si honte de ce geste. Tu te sens si minable. Si maltraitée aussi. Paradoxe aux secondes antérieures, tu colles ton visage, baignée de larmes contre son torse. Et faiblement, les petites mains qui cherchaient à le briser, s’accrochent à lui. Tu es figée ton corps contre le sien….

    « Qu’ça s’arrête…je..vveuuux..qu’çaaa….s’arrrête…je..je..su..is un…moonstre…Pardonnes-moi… » Ta voix est tremblante. Tu peines à parler correctement. Parce que dans le fond, avouer ton abominable attitude, est encore pire que de te la taire. Au moins, avant, tu avais à peine conscience de tes actes. Et tu avais à peine conscience de l’influence de ton subconscient…de Ley’. Doucement, tu relèves la tête, ton visage embué de larmes. Ton visage creusé. Emacié. Tu plonges ton regard dans le sien. Tu le plonges, espérant ne jamais en ressortir. Puis ta main droite glisse jusqu’à son visage. Tu lui frôles la joue. Cette joue presque encore brûlante. Tu dessines vaguement un « M » de la pointe de ton doigt. Ton épiderme contre le sien. Comme une enfant. Car dans le fond, c’est ce que tu es redevenue, sans Ley’. Une enfant, névrosée. Incapable de comprendre cette réalité. Incapable d’être rationnelle. Incapable de vivre correctement. Incapable de savoir si cette scène se déroule véritablement ou si c’est le fruit de ton imagination acerbe. Incapable de comprendre pourquoi ton cœur bat si violemment en toi. Incapable de saisir…incapable jeune fille. Ton autre main se porte à son cou. Tu le touches, comme si tu le découvrais pour la première fois. Tu le frôles, comme une caresse. Tu le frôles…et ce geste presque anodin, te ramène à tes souvenirs. Tu as déjà effectué ce geste auparavant. Tu t’en souviens…mais quand ? Où ? Comment ? Tu plaques violemment tes mains contre tes cuisses, te reculant jusqu’à coller la porte. Tu es effrayée. Jeune jument effarouchée. Jeune fille perdue. Tu es égarée sans Ley. Ton regard cherche une réponse, une échappatoire. Tu es terrifiée. Tu as si peur. De toi aussi. De tes souvenirs trop brûlants. Tu te vois toucher la peau de cet homme que tu ne reconnais pas. Tu vois ton corps se cambrait sous ses caresses. Tu te vois devenir une étrange catin, avide d’une chaleur chimérique. Et tu vois dans ton regard…ton regard…un plaisir qui n’a jamais été le tien. C’était donc Ley’…ce n’était pas toi. Tu n’as pas couché avec cet homme. Et pourtant, tu reproduis le même geste délicat contre son cou. Prenant conscience d’un passé encore flou, tu te serres le ventre, enfonçant tes ongles férocement dans tes vêtements, espérant atteindre ta peau. Ta peau que tu voudrais ouvrir. Puis une fulgurante douleur te serre. Tu laisses échapper un couinement. Alors tu disparais…la dernière chose que tu entends, c’est Ley, qui te murmure : « je te l’avais bien dit… ».

    « Pauvre con ! PAUVRE CONNARD ! SALE POURRITURE ! JE VAIS TE TUER ! » Nous nous approchons de lui, furieuses, et pourtant si malingres. Nous nous jetons presque sur ce cou, essayant de le briser, de le serrer. De sentir sous nos doigts les os qui se fracturent. Nous n’avons plus aucune réflexion. Juste notre rage qui s’écume sous nos doigts. Juste notre colère jusqu’alors sous-jacente qui veut tuer ce misérable avorton. Juste la mort que nous voudrions sentir. Mais paradoxalement…paradoxalement, tu cris. Tu cris en nous. Tu me demandes, avec une si grande peine, de le laisser. Ton supplice ne me donne qu’une envie : le tuer. Hélas, pour tuer, il aurait fallu que nous soyons fortes. Or notre corps est définitivement réduit à une pensée, un fantasme morbide. Nous ne savons même pas si nous avons atteint son cou. Nous sommes perdues dans les méandres de notre esprit abyssal. Et pourtant, au lieu de le tuer, tu voudrais te coller à lui, ses bras toujours contre toi. Retrouver ce moment avec lui...qu'il ne te laisse plus seule. Que la nuit, il soit là, pour te rassurer. Pour te dire que personne ne viendra t’étouffer pour la cruauté de ton passé. Mais Ley' est toujours là...et tu as aussi peur de la voir disparaître. Madoxx...s'il-te-plait....continues à m'aider, encore un peu...juste un peu...
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Message Posté Dim 11 Mar - 2:33.

Laisse-les donc, Ley. Tu n'as pas ta place avec eux, j'irai jusqu'à dire que tu n'es pas de taille face au lien qui les unit. Madoxx sait qu'il s'est lancé dans un combat sans merci en te défiant, mais crois-moi, tu es loin d'imaginer les ressources qui sommeillent paisiblement en lui, n’attendant que le moment propice pour se dévoiler. Au fond, s'ils en sont tous les deux là, à se détruire mais à se vouer un attachement si singulier, c'est peut-être de ta faute. Réflexion faite, c'est de ta faute. Tu ne peux t'en prendre qu'à toi même. Est-ce que tu le connais, Ley? Ne serait-ce qu'une infime partie de lui, de sa personnalité, de son passé qui, certes est loin d'être palpitant mais qui a construit ce qu'il est aujourd'hui? Oh, tu n'as sans doute pas envie d'en apprendre plus sur sa vie tant tu, ou plutôt cette partie de Leyna que tu représentes l'exècres. Mais je me dois de t'expliquer que Madoxx n'a jamais été le genre a se préoccuper des autres hormis de ceux qu'il porte tout particulièrement dans son cœur. Dans sa tête ça a toujours été lui avant tout, quoi que cela puisse coûter aux autres, qu'importe l'embarras dans lequel il puisse embourber les personnes concernées, et surtout si ces personnes ont déjà une aussi mauvaise réputation que celle de ton hôte à l'origine. Après tout, c'est humain de tenir à distance ce qui pourrait nous nuire, n'est-ce pas? Mais tu as fait en sorte que ça se passe autrement dans sa tête pour ce qui est de Leyna. Tu as provoqué les sentiments qui l'habitent. Tu n'aurais pas été là, peut-être qu'il n'aurait jamais fait le premier pas. Tu l'as cherché. Tu l'as donc poussé à porter son attention sur toi. Là est ta première erreur. Parce que Madoxx n'oublie pas, trop rancunier peut-être. Puis tu as attisé sa curiosité. Une curiosité qui, comme tu le dis, est sans doute le pire vice de l'humanité et qui hélas est partie intégrante de son caractère. Et il le sait, il est tout à fait conscient que ça ne lui portera pas toujours justice. Il aurait simplement pu, après les doutes qui l'ont assailli à propos de son meilleur ami, laisser ce dernier faire sa vie et s'éloigner de lui, mais non, il a fallu que sa soif de savoir prenne le dessus sur tout. Malgré mes réprimandes il est tout de même allé fouiller dans les affaires dudit ami ce qui provoqua un affrontement mortel. Malgré mes réprimandes il est tout de même allé fouiller dans le sac de Leyna qui lui faisait de l’œil ce qui n'apporta qu'infortune. Et tout ceci, l'égoïsme, la curiosité, la violence, la rancune, je ne le comprends pas et je ne le comprendrai jamais. Parce que je suis sa conscience. Mais que je ne suis pas lui. Et toi, si tu ne comprends pas, au même cas que moi ces indiscrétions que commettent trop souvent les hommes c'est parce que tu es un subconscient -pas une conscience, tu penses l'être, mais tu es bien trop mauvaise pour cela-, une part de son esprit, mais pas elle. Et concrètement, sans doute n'était-ce pas Leyna qui s'exprimait lorsque sa bouche laissait couler les mots, tranchants comme des couteaux, à propos de son passé. C'était toi, Ley, cette entité irréelle qui te confiait, certes, peut-être au nom de ta chère et tendre enveloppe charnelle, mais c'est tout de même de toi que venaient ces paroles. Mais pourtant, Madoxx, tu le détestes, c'est bien cela? Qu'est-ce qui t'as poussé à te dévoiler autant, dans ce cas? C'est elle. Tout simplement. Alors reconnais-le, Ley. Leyna a plus d'emprise sur toi que tu ne le penses. Et ceci est normal puisque nous n'existons pas. Nous sommes justes des petits éléments qui constituent leur être, une voix abstraite qui peut les influencer, mais nous ne sommes pas eux. Mais tu as tellement soufflé de conseils à Leyna qu'elle en est venue à croire le contraire. Et, avide de pouvoir, tu te l'es appropriée. Regarde, je suis la conscience de Madoxx, je ne le contrôle pas complètement, mais je suis bien là. C'en est de même pour toi. Tu peux continuer d'être présente, être présente pour l'aider à oublier les atrocités qu'elle a vécue, mais cesser d'être un monstre. Être bienfaisante, en fait. Tu prétends l'aimer alors que tu veux voir mourir une des seules personnes qui est attachée à elle... Alors, moi qui n'en peux plus de voir Madoxx se tordre les nerfs, moi qui n'en peux plus de subir les tortures que m'infligent mon hôte, les dilemmes qu'il m'impose ainsi qu'à lui même, je te demande, si tu n'es pas décidée à disparaitre, à au moins lui faire l'honneur de te faire petite lorsqu'il est avec elle. Tu n'en seras que gagnante, tu vivras plus longtemps. Toutefois je te le redis. Il finira par t'avoir. Lorsqu'il a une idée en tête rare est l'individu qui parvient à l'en détourner. Laisse les profiter de la quiétude que leur offre la situation tandis que la guerre gronde au dehors, va-t-en, file, comme moi, fais en sorte que la tête de Leyna soit vidée de tous ses doutes, comme toi, je m'en vais, épargnant à Madoxx les interrogations telles que "fais-je le bon choix?" et autres qui le taraudent.

CLAC. Tel un coup de fouet qui heurte l'air, c'est le bruit que provoqua la gifle de Leyna sur le visage de Madoxx, raisonnant dans la vaste chambre à pleine puissance. Vous savez, le genre de gifle qui a pour effet de capter l'attention de toute une assemblée. Pourtant tout s'était déroulé sans encombres, jusqu'ici... Elle n'avait pas bougé, quelques petits frissons et autres tremblotements l'avaient agitée, certes, mais Ley n'avait pas jouée les troubles fêtes et était restée silencieuse, écoutant ses dires sans protester. Il avait presque eu l'impression de tenir entre ses bras, pour la première fois depuis longtemps, son amie, la vraie, il avait presque eu l'impression que Leyna s'était résignée en ce faible instant de complicité. Mais visiblement, il avait fait erreur; cette énorme claque en témoignait. Lorsqu'elle se défit de son emprise et qu'elle l'observa droit dans les yeux, colérique, Madoxx ne sut pas immédiatement à quelle demoiselle il avait affaire, laquelle venait de le frapper. Avait-il dit quelque chose qui n'avait pas plût du tout à Leyna au point qu'elle lève la main sur lui? Ou était-ce simplement Ley qui se lassait de ce discours qu'elle estimait pitoyable et qui le faisait redescendre sur terre à sa façon? Premièrement paralysé par la stupeur, le jeune homme soutint un moment le regard de la demoiselle, les mirettes rondes comme des billes, la bouche entre-ouverte, puis porta sa main vers sa joue et colla sa paume contre cette dernière, rougie, douloureuse, brûlante. Elle n'y était pas allée de main morte. Et d'ordinaire, il aurait répondu à cet acte de violence de façon semblable. Mais il n'en fit rien. Il détourna simplement les yeux, fixant à présent le sol, reculant d'un imperceptible pas, sans prononcer un mot, sans pousser un soupir. Ainsi, comme si de rien n'était, comme s'il s'en était douté, en fait. Comme s'il avait d'emblée su que ses jolis mots n'allaient pas suffire à faire avancer les choses. Où est passée ta détermination? Tu m'as l'air bien abattu... Sur le coup, c'était exactement cela. Ce geste, si anodin puisse-t-il paraître, lui fit baisser les bras un léger instant, intégra dans son esprit l'idée qu'il avait joué sa dernière carte. C'est fini. Et il aurait peut-être fait volte face pour aller se laisser choir sur un lit, la tête entre les mains, donnant raison à cette vermine qu'était Leyna, idée qui théoriquement était son leitmotiv et le rebutait profondément, si un détail n'avait pas changé la donne. Des bruits de sanglots qui redoublaient d'intensité les secondes passant le coupèrent dans son élan. Son regard se posa à nouveau sur son amie, assez superficiellement d'abord, mais la touchante image de cette jeune fille le visage caché par ses petites mains coupables l'empêchèrent de continuer sur sa lancée d'indifférence. Dès lors Madoxx revit sa petite sœur les orbites gonflées par les pleurs, l'accusant d'être la cause de son malheur tout en étant désolée d'être une plaie dans sa vie -comme il l'avait si bien qualifiée à l'époque- alors qu'elle ne voulait que son bonheur. La similitude bouleversa le Mokop qui ne put finalement détacher son regard de l'être fluet qui déversait bientôt un torrent de larmes sous son nez. Toutefois il resta muré dans son mutisme, incapable de réagir face à cela. Il venait quand même de se prendre une claque, ce n'était pas comme s'il en redemandait... Comment avait-il fait pour calmer sa sœur? Il l'avait simplement prise dans ses bras. Mais en ce jour, ce n'était pas sa cadette qui se tenait face à lui. C'était Oulianova. Et avec elle, c'était pile ou face. Soi tu tu gagnes soit tu foires.

Le mirage se brisa lorsque Madoxx sentit le corps de l'adolescente se réfugier tout contre son torse, lorsqu'il sentit les mains de cette dernière s'accrocher à son t-shirt comme à une bouée de sauvetage, lui laissant à peine le temps de se ressaisir. « Qu’ça s’arrête…je..vveuuux..qu’çaaa….s’arrrête…je..je..su..is un…moonstre…Pardonnes-moi… » Ces mots, emprunts d'une tristesse inqualifiable, d'un mal être inimaginable lui firent l'effet d'un coup de poing dans le ventre, lui dérobant un cycle respiratoire. Il avait voulu retrouver Leyna, à ce moment c'était bien elle sans l'ombre d'un doute, à ses côtés. Il attendait ça depuis tellement de temps! Mais voilà, elle pleurait. Elle était malheureuse. Madoxx referma maladroitement ses bras autour de sa petite poupée de porcelaine, déposant son menton au sommet de son crâne. Ils étaient réunis, enfin, mais son minois n'était pas lumineux comme il l'avait espéré. A quoi servait-il, au juste? Apportait-il donc miséricorde à quiconque le côtoyait? Peut-être qu'en fin de compte, il n'avait pas l'étoffe du "sauveur". Peut-être qu'il s'était mépris sur ses "capacités" à lui porter secours. « Ce n'est pas grave, je t'assure, ne dis pas n'importe quoi, Leyna... Tu... Tu... » Tu es quoi? Une fille bien? Elle trouverait quelque chose pour contrecarrer cette affirmation et lui n'avait plus rien en poche qui soit assez bétonné pour la convaincre. Heureusement pour lui, il n'eut pas à terminer sa phrase. Lentement, la jeune fille fit un pas en arrière, séchant ses larmes, et leurs regards azurs se mêlèrent, tels deux vagues se fracassant avec douceur l'une contre l'autre. Mais ce regard avait quelque chose de différent, possédait un petit détail qui foudroya Madoxx d'une irrépressible envie de la reprendre dans ses bras et de lui souffler des mots doux afin de la rassurer. Il n'en eut pas le loisir, l'index de Leyna s'approchant de sa joue dont la douleur s'estompait dominée par la bouffée de chaleur qui parcourait à présent son corps. Le "M" qu'elle dessina vaguement sur sa peau, cette main légère qui effleurait son cou, parcourait son épiderme le secouant d'un frisson... Tout, chaque geste semblait s’exécuter au ralenti, tout autour d'eux semblait s'être envolé, comme s'il n'y avait plus qu'eux sur terre. Le Mokop ne ressentait plus son être. Juste le rouge qui lui montait doucement aux pommettes, juste des petites joutes électriques qui se promenaient le long de son échine, juste son cœur qui tambourinait sa poitrine, presque affolé, manquant de rater un battement toutes les minutes. D'habitude, c'était lui qui mettait la gente féminine dans des états pareils. Pas l'inverse. Ce n'était peut-être pas encore de l'amour -et si ça l'avait été il ne se le serait pas permis-. Pour le moment il voyait plus ça comme de la fraternité améliorée, mais c'était à croire que cette petite créature l'atteignait à un point inenvisageable dont il ignorait l'existence même. L'instant était parfait, le jeune homme était même parvenu à mettre de côté ses frayeurs et ses doutes, inconsciemment, peut-être, mais tout de même. L'instant se rapprochait de l'utopie petit à petit, si seulement il avait pu durer.

Quelque chose qui se fracture, qui s'éclate en elle comme un miroir de verre. Ses tendres traits qui se transforment en une expression apeurée, ce presque-bond de recul qui l'éloigne considérablement de lui. Son regard qui se perd dans le vide, terrifié, sans aucune raison apparente. Venait-elle de voir un spectre ou...? Madoxx ne manqua pas de remarquer ce subit changement -qui ne l'aurait pas remarqué, soit dit en passant- qui avait une énième fois eu lieu. Osant une foulée prudente vers cette âme tremblante, il tendit lentement la main vers elle, et d'une voix qu'il voulait la plus douce possible il articula:
« Hé, Leyna, reprends toi, tout va bien... » Il vit la tête de sa douce basculer vers le bas, il entendit un couinement s'échapper de sa gorge, douloureusement, et... « Pauvre con ! PAUVRE CONNARD ! SALE POURRITURE ! JE VAIS TE TUER ! » La furie refit surface. Mad avait été idiot, candide de croire que Ley avait baissé les armes aussi facilement, lui opposant aussi peu de résistance lorsqu'il avait cru avoir gagné. C'était un combat de titans, pas un vulgaire affrontement de coqs, et la violence dont elle faisait preuve ramena le garçon à cette triste réalité. Mais cette fois, son typique répondant de "frappe-moi et je te le rendrai encore mieux" prit le dessus. Au revoir l'empathie, au revoir la méthode douce. Il n'allait pas passer par quatre chemins. Elle ne lui laissait pas le choix. Tandis qu'elle tentait d'atteindre son visage avec ses griffes, lui lacérant au passage quelques parcelles de peau, semblable à une harpie aveuglée par son courroux, Madoxx n'eut pas grand peine à intercepter ses avant bras et à les empoigner avec force. Peut-être un peu trop d'ailleurs. Rapidement, il l'éloigna de la porte, l'emportant à l'opposé de l'issue, contre un des murs immaculés qui les emprisonnaient. Physiquement, elle ne faisait pas le poids contre lui, cela tombait sous le sens. Si Ley voulait VRAIMENT l'exterminer, il la trouvait bien téméraire de s'y prendre au corps à corps... Puis il les sentit partir, à nouveau. Il les sentait faiblir. Profitant de cette faille, le sorcier, serrant toujours les poignets de la demoiselle entre ses doigts, siffla, venimeux, à l'intention de Ley; « Alors quoi? Pourquoi tu t'énerves? T'es en colère hein? Elle reprend le dessus sur toi et ça te fait peur, c'est bien ça? Elle te désobéit et ça te rend dingue, pas vrai? » Il approcha son visage de celui de sa captive, ses lèvres touchant presque le lobe de cette dernière. C'était de la provocation, pure et dure, dans toute sa splendeur. « Allons, garde ton poison pour quelqu'un d'autre. Je suis là pour ça, tu le sais. Te pousser dans tes derniers retranchements et faire en sorte que tu dégages pour ne plus avoir à me supporter. » Sur ce il la relâcha. Quoi qu'elle fasse de toute façon elle n'était pas en mesure de lui tenir tête, du moins démunie de sa baguette. D'un pas lourd le jeune homme marcha jusqu'à la fenêtre et tira le rideau afin d'observer au dehors. Les jets de lumières qui provenaient du champ de bataille parvinrent à ses rétines et il se rappela alors le pourquoi il était resté en France. Au début, il était là pour se battre, aux côtés des autres. Et ce parasite le déviait de sa route, de ses objectifs. Il avait sauvé Leyna de la mort, il avait fait ce qui lui avait semblé juste, "l'exorcisme" pouvait attendre... Le Mokop poussa un soupir saccadé, balayant la pièce du regard à la recherche sa baguette. Lorsqu'il l'aperçut au sol, sous le lit, un "ah" soulagé glissa hors de sa bouche, puis il ramassa l'objet avant de s'avancer en direction de la porte. « Bon, c'est pas tout, mais Ley, je te laisse ici, je retourne là-bas. Évidemment je scellerai la porte sous magie et vu que tu es désarmée, je doute que tu puisses la rouvrir. Je viendrai te chercher quand la guerre se calmera un peu. Si tu as faim il y a des biscuits sur la table de nuit, et puis, sans rancune, tu peux garder mon pull, il te sera plus utile qu'à moi. » Dos à son interlocutrice, Madoxx se contenta de lever la main et de l'agiter en guise d'au revoir, bien décidé à se tenir à ses dires. Mais plus il approchait de la sortie, plus ses pas perdaient de son assurance. Cette situation avait quelque chose de déjà vu... Et si jamais elle réussissait à s'éclipser? Et si tu mourrais durant cette lutte? Et s'il lui arrivait quelque chose pendant ton absence? Et si Ley en profitait pour détruire Leyna comme tout à l'heure? Te le pardonnerais-tu? Indiscernable pivotement de tête, lourd de sens, qui tendait à le faire regarder derrière lui, à lui adresser une dernière œillade décisive. La balle est dans ton camp, Leyna. Partir ou rester.
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Message Posté Lun 12 Mar - 19:37.


    Notre souffle qui se fracasse contre la paroi de notre cœur. Notre souffle qui s’écrase violemment contre notre esprit, notre conscience, notre inconscience. Notre souffle qui s’accélère, ralentit, s’accélère, ralentit…Notre souffle qui coupe nos muscles, notre force, notre volonté. Notre souffle qui se réduit à peu de choses face à lui. Lui qui attrape avec colère nos avant-bras, les serrant si fort que nous sentons nos os compressés. Il va nous tuer. Il va nous broyer. Il va finir par faire ce qu’il aurait dû commencer depuis le début. En effet, plus tu y penses, plus tu espères, plus tu réalises combien tes illusions étaient intenses. A quel point, elles s’étaient imposées avec toi. Tu as cru, misérable idiote, qu’il avait pour toi une once d’affection. Pire encore, qu’il voulait t’aider ? Qu’importe la teneur véritable de tes émotions, sentiments…tu as cru, comme une enfant, en lui. Maintenant, te voilà face aux réalités. Tu vas intégrer dans ta petite tête, bien passionnée par cet énergumène, qu’il n’est rien pour toi. Tu vas te l’intégrer. Tu vas enfoncer dans tes pensées l’idée qu’il te fera toujours du mal. Tu vois bien comment il te pousse contre un mur. Comment il te maltraite. Comment il te réduit au silence. Comment ses yeux veulent te tuer. Observes-le…Non, non Leyna…il n’est pas là contre moi. Il est là…pour toi. Seulement pour toi. Pour te manipuler. Pour t’apprendre à te courber sous son courroux. Pour te contrôler. Je t’assure Leyna…Tu peux me croire ! Tu le sais…Tu l’as toujours su. Depuis ce moment-là, toi, allongée sur le sol, ton esprit vidé, ton sang coulant sur le carrelage blanc…depuis tes premiers cris…depuis l’instant où tu te laissais faire, sans rechigner, sans un geste, sans un regard…depuis ta première cicatrice bien visible derrière ton cou. Là où tes cheveux sont les plus fins, les plus futiles. Là où chaque frisson est subtil. Alors écoutes-moi. Bois mes paroles. Elles sont dignes de confiance. Je ne t’ai jamais abandonnée…moi. Et tu en as parfaitement conscience. Ne t’étouffe pas par ton « affection » dégoulinante pour lui. Oublies tout…tout…tout. Tu seras plus libre ainsi. Et après tout, toi, tu n’es pas soumis à ce déterminisme environnant. Tu es libre. Libre de pouvoir tout faire. Libre de pouvoir tout penser. Libre…ironie indéniable quand je te souffle ces quelques phrases. Tu ne penses même pas de toi-même. Mais cela, tu ne dois le savoir. Cela ne concerne pas ton esprit. Cela ne doit pas parvenir à ton esprit. Esprit que je sens doucement s’éteindre. Tu es épuisée. Terriblement épuisée. Et la brutalité de Madoxx te crève. Te crève le cœur, surtout. Ce cœur qui battait violemment. Ce cœur qui se soulevait merveilleusement lorsque ses bras t’entouraient. Lorsque, pendant ces quelques secondes, ces quelques minutes, le temps s’est arrêté vous unissant. Comme deux amis. Comme un frère et une sœur…comme…oublies cela Leyna.

    « Alors quoi? Pourquoi tu t'énerves? T'es en colère hein? Elle reprend le dessus sur toi et ça te fait peur, c'est bien ça? Elle te désobéit et ça te rend dingue, pas vrai? » Ses lèvres près de notre oreille. Effleurant presque notre lobe. Ses mains tenant avec violence nos poignets. Et finalement cette fulgurante envie qui nous remue le corps. L’envie, la plus puissante, est celle de l’étriper. De placer un couteau près de sa carotide et de l’enfoncer si profondément qu’une chance de le sauver soit vaine. L’autre envie, non moins puissante, est de lui cracher notre venin au visage. De lui dévoiler notre haine, sans prendre de gants. Juste lui remuer le corps, le cœur, l’esprit. Pour le tuer, plongé dans une grande souffrance, une grande douleur. Seulement, je sens une différente envie que le meurtre, l’abomination. Une petite envie…sous-jacente. A peine visible. Mais que je ne t’entends que trop bien en toi. Cette tension électrique entre lui et toi. A peine palpable. A peine compréhensible. Vous ne la voyez pas, trop aveuglés par votre haine, votre esprit torturé. Vous ne la sentez pas, trop empreints des évènements. Mais elle se sent. Véritablement. Alors, oui, ses lèvres près des nôtres. Près des tiennes…te donnent une envie que tu réfutes. Catégoriquement. Un désir. Presque un besoin. Comme une nécessité. Ton libre-arbitre est une illusion. Tu as envie…de cela. Juste une seconde. Une seconde dans une vie, qu’est-ce donc ? Mais si cette seconde est puissante… ? Si cette seconde est…enivrante ? Si cette seconde aura des conséquences irrémédiables ? Si cette seconde changera le court d’une vie, peut-être ? Envoyer valser les certitudes. Les laisser s’écouler. Ne pas les retenir. Juste les écrabouiller sous la chaussure de l’impulsivité. Juste les éliminer. Ces certitudes auxquelles, tu vouais un culte. Ces certitudes que je t’inculquais. Qui s’éloignent en sa présence…Ma colère jusqu’alors éteinte, reprend le dessus. Je dois t’empêcher de penser. De désirer. De croire que tu peux tout faire. Que tu peux tout penser.

    « Allons, garde ton poison pour quelqu'un d'autre. Je suis là pour ça, tu le sais. Te pousser dans tes derniers retranchements et faire en sorte que tu dégages pour ne plus avoir à me supporter. » Nous sentons nos poignets se relâcher de toute pression. Lentement, notre regard se porte à la douleur qui se diffuse en nous. Ils sont rouges. Presque bleus. Il a serré nos avant-bras avec une force qu’il ne semblait maîtriser. Notre regard se décroche de nos blessures, se plongeant dans celui de Madoxx. Nous l’observons, interdites. Presque choquées de le voir dans cet état. Une fois sa rage atténuée, il s’éloigne de nous. Il nous laisse là, sans rien faire. Sans un mot. Nous l’observons, toujours bloquées contre le mur, silencieuses. Nous nous ne sommes pas assez remises de nos émotions pour répliquer. Nous sommes stoïques. Notre regard le suit. Sans cligner des paupières. Analysant la moindre de ses réactions. Le moindre de ses mouvements. Tout s’accroche à nos yeux. Son pas lourd jusqu’à la fenêtre. Sa façon presque négligée d’ouvrir les rideaux. De nous aveugler de cette lumière non-artificielle. Puis son soupir saccadé. Ce petit souffle brisé par intermittence. Comme s’il se souvenait du passé. De ce passé hors de cette pièce. Comme s’il se souvenait du monde extérieur. De la mort au-dehors. De la guerre. De la vie qui s’éteint, qui s’allume, qui se blesse. Du reste. Finalement, le voilà qui cherche sa baguette. Nous savons parfaitement pourquoi. Du moins, nous en déduisons la raison. Tu te serres douloureusement en nous. Comme si tu étais responsable de cette décision qu’il finira par te lancer au visage. Tu voudrais t’avancer, lui dire que cette baguette ne lui servira pas. Tu sais pertinemment qu’elle ne nous ait pas destinées. Nous n’avons plus la nôtre. Et de toute manière, il suffirait d’un instant pour nous maîtriser. Il n’a pas besoin de sa baguette en notre compagnie…en revanche pour le combat qui éclate dehors…Tu bouges ton corps, d’un imperceptible mouvement. Tu veux le retenir. Tu veux qu’il reste là. Tu as…trop peur. Pire encore, tu es si égoïste que tu es effrayée de le voir s’éloigner. De le perdre. Sa vie n’a d’importance que pour la tienne ? La réponse est complexe. Moins simple et moins platonique que les autres. La réponse résulte d’un cheminement intérieur tortueux. Un cheminement intérieur difficile à suivre. Sauf pour moi. Moi qui te saisis avec exactitude. Moi qui te comprends sans effort. Moi qui sais…sais tout…absolument la moindre parcelle de pensée qui s’installe dans ton cerveau. Dans cette cavité profonde et ce labyrinthe difficile. Tu continues de le contempler, trop inquiète à l’idée de ce qu’il va se dérouler…Tu as peur.

    « Bon, c'est pas tout, mais Ley, je te laisse ici, je retourne là-bas. Évidemment je scellerai la porte sous magie et vu que tu es désarmée, je doute que tu puisses la rouvrir. Je viendrai te chercher quand la guerre se calmera un peu. Si tu as faim il y a des biscuits sur la table de nuit, et puis, sans rancune, tu peux garder mon pull, il te sera plus utile qu'à moi. » Un geste de la main, sans même se retourner. NON…Tu voudrais crier. Le retenir. Te jeter à ses pieds. Le supplier de ne pas te quitter. Pas maintenant. Tu voudrais l’attraper par le bras. L’obliger à se soumettre à tes désirs. A tes envies. Tu voudrais lui crier dessus. Le traiter d’inconscient. De misérable. D’avorton. L’insulter. Tu voudrais pleurer dans ses bras. Tu voudrais te sentir encore près de lui. Tu voudrais retrouver cette minuscule décharge électrique lorsque ses lèvres étaient près des tiennes, près de ton oreille, près de ton visage. Son souffle qui battait contre ta peau, t’obligeant à humer son odeur enivrante. Tu voudrais qu’il s’excuse peut-être aussi. Qu’il s’excuse de t’avoir rendue si…si…si accrochée à sa personne ? J’écoute tes supplications, tes pensées, tes petites interrogations. Je t’écoute et je sais…oui je sais…je sais qu’aujourd’hui, j’ai perdu la bataille. J’ai perdu Leyna. Je t’ai perdu. Tu tiens à lui. Tu tiens à ce crétin. A ce connard. A ce pauvre con. Tu tiens à lui, sans le connaître véritablement. Tu tiens à une ombre et une pensée. A une chimère. Mais allons-y…laissons tomber les armes. Tu verras bien assez tôt l’erreur que tu commets Leyna. Je suis prête à te laisser ce petit moment privilégié avec lui. Je suis prête à ce que tu le rattrapes. Je suis prête à cela. Mais avant…oui avant, laisses-moi lui poser une petite question. Pour qu’ainsi, les choses soient claires.

    « Bien… » Le temps qui s’était écoulé lentement, son regard nous défiant, s’écroule. Nous avons brisé le silence. Nous l’avons exterminé. Nous nous extirpons de contre le mur, délicatement. Nous avançons vers lui, cette lueur dominatrice dans le fond de l’œil. Nos pas finissent par combler la distance. Cette distance qui électrifie l’air à mesure qu’elle se resserre. Bientôt nous voilà près de lui. Notre main se glisse tendrement sur son avant-bras droit. Nous nous arrêtons au poignet. Nous le serrons. Puis nous relâchons cette pression innocente comparais à la sienne. Finalement, nous glissons notre poigne jusqu’à ses doigts. Nous frôlons sa peau, notre regard toujours ancré dans le sien. Un frisson nous parcourt. Surtout toi, qui tremble en nous face à ses gestes si ambiguës. Nos doigts s’arrêtent sur sa baguette. Nous l’attrapons doucement, lui retirons de l’emprise de sa paume et la jetons plus loin. Maintenant, les choses commencent. Maintenant nous pouvons entamer la discussion. Sans avoir l’inquiétude qu’il nous jette un sortilège impardonnable. Qu’il nous soumette à l’Imperium. Qu’il nous réduise au silence, à jamais. Qu’il nous oblige à ne plus penser, à ne plus parler, à ne plus le toucher.
    Notre main se loge délicatement dans la sienne, maintenant libre. Puis nous nous relevons doucement sur la pointe de nos pieds pour atteindre la hauteur de son visage. Notre regard soutient le sien. Je sens ton cœur s’emballer. Je sens ton pouls s’accélérer. Je te sens si perturbée par la tournure que prennent les événements. Je te sens aussi, honteuse. Tu es timidement cachée derrière moi, mes actes. Actes que tu réfutes, que tu n’acceptes pas. Même si tout cela se rapproche d’un sentiment qui ne t’a pas habité depuis Bryan, tu as besoin de le refuser. Tu as besoin de te dire que ce n’est pas le cas. De te dire que tout cela n’est dû qu’au choc. Qu’au traumatisme. Pourtant…malgré la contradiction de tes pensées superficielles imposées à ton esprit et la teneur véritable de tes émotions, tu ne peux nier que cette proximité nouvelle avec lui, te perturbe terriblement.

    « Même si je « disparais » Madoxx…même si je la laisse seule, son esprit torturé par ce qu’elle a commis…que seras-tu pour elle ? Un ami ? Un frère ? Un amant ? Je rigole rien cas cette dernière hypothèse. Tu t’enverras en l’air avec elle comme Vladimir, Abel, Alexander, Lycaon ? Tu feras partie de son petit palmarès et elle finira par se lasser de tout cela ? Tu essayeras de l’aider pour finalement t’heurter à un mur qui n’a pas besoin de ton soutien ? Mais bon…qu’importe ! J’espère simplement que tu y penseras. Que tu réfléchiras à ces questions. Pour ne pas trop te faire souffrir, Madoxx… » Notre visage est près du sien. Nous restons figées dans cette proximité troublante. Et pour accentuer l’atmosphère pleine d’une tension étrange, nous glissons notre index sur ses lèvres. Nous en dessinons le contour. Puis notre main s’étend sa joue. Nous la touchons, presque comme un frôlement. Tout notre corps frissonne. Notre cœur bat à s’en rompre. Et toi, tu voudrais taire ce cri en toi…ce cri qui te ravit comme t’effraie. Enfin nous approchons nos lèvres des siennes. Tu trembles. Tu trembles véritablement. La main logée dans celle de Madoxx est grelottante. Les frissons qui te parcourent, sont bien réels. Tu as peur du contrôle que j’ai sur ton corps. Tu as peur que je commette une erreur irréparable. Et au tréfonds, de ton âme, tu as particulièrement peur qu’il te rejette au sol comme un vulgaire animal blessé. Sentant que tu veux reprendre le contrôle, que tu veux t’éloigner de lui immédiatement, je décide d’exécuter ce dernier geste avant que tu ne puisses me contrer. M’éloignant quelques peu de ses lèvres, je glissais à son oreille, reproduisant le même geste qu’il nous avait soumis. Puis dans un souffle, un murmure, ma voix d’une douceur et paradoxalement d’une terrible froideur, nous lui affichons la vérité, sans prendre de détour :

    « Elle tient à toi…plus que je ne le pensais. Je m’incline. J’espère qu’elle finira par se tuer dans votre misérable…misérable et pathétique… « Univers ». Pour qu’elle apprenne la leçon. » Le vide…cette voix qui s’arrache de toi. Cette omniprésence que tu ne sens plus. Douloureuse de ce vide, tu t’arraches de lui, te retournant précipitamment. Mon dieu…Ley ? Tu es où ? Ley ?! LEY ?! Tu attrapes ton ventre, les larmes coulant violemment sur tes joues. Tu te sens vide. Faible. Tu titubes jusqu’au lit, et sans ménagement tu t’y poses. Tu ne sais pourquoi tu pleures. Tu devrais être heureuse non ? Pourtant ce vide t’effraie. Plus personne ne sera là pour toi. Plus personne ne t’aidera. Plus personne ne te conseillera. Tu es seule. Tout le monde te tourne le dos. Personne ne veut de cette « folle » qui a tuée. Les horreurs qui jusqu’alors te semblaient presque floues, s’accrochent à tes pensées. Tu ne sais pas si tout ce qui te vient, toutes les images que tu découvres sont vraies, mais elles te prennent au ventre. Tu suffoques. Tu pleures. Tu oublies Madoxx non loin de toi. Tu oublies les gestes d’il y a quelques secondes de Ley’. Tu oublies tout…tout sauf le sang accroché à tes mains. Sang qui devient une hallucination face à tes yeux apeurés. Ce sang qui t’arrive aux chevilles. Ce sang qui se trouve sur tes mains. Ce sang entier qui t’entoure. Tu pousses un cri, te relèves violemment et tu t’approches de la poubelle pour y vomir. Tu dégueules ta haine de toi. Tu dégueules ce vide. Tu dégueules l’absence de Ley’ qui te déchire le cœur. Tu dégueules et qu’importe que Madoxx assiste à cela. Agenouillée sur le sol, sans prendre le temps d’avoir retenue tes cheveux, tu te laisses choir au sol, près de cette poubelle qui a accueilli tes horreurs, la tête contre le mur, le corps frissonnant, tremblant. La réalité se réimpose à toi. Tu accroches ton regard sur Madoxx et l’émotion te prend à la gorge, les larmes recommençant à couler.

    « Je suis seule hein ? Plus personne…je suis…seule. Ley…Ley !!! JE SUIS SEULE ! JE SUIS SEULE ! Je vous en prie…je veux que ça s’arrête. J’en peux plus. Je veux crever. Ca fait trop mal…là, ça fait trop mal…je suis seule… » Tu continues de pleurer. Tu sembles si malade. La fièvre doit être présente dans ton corps malingre et rachitique. Tu restes donc, prostrée contre le mur, ta tête collée contre celui-ci, penchée vers le mur, comme si tu implorais Dieu de t’achever. Tu te sens si seule. Ley’ est partie trop vite…


J'espère que ça te convient! Tu me dis si je dois changer. J'ai voulu rendre l'atmosphère plus...plus ...troublante entre eux? Bref voilà (Leyna aura besoin d'une douche xD. Elle doit avoir du vomis dans les cheveux et une haleine de chacal!)
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Message Posté Sam 24 Mar - 2:21.


    Ne rien souiller. Ne rien toucher. Ne plus rien abîmer. Indéniable sentiment de vilenie sur ton corps, sur ton âme, sur la personne que tu es. Tu n’es qu’une misérable, qui ne doit plus rien effleurer de ses mains rougies par le sang, par la haine, par l’horreur. Tu n’es qu’une misérable qui se reloge dans un lieu qu’elle a déjà ô combien maculé. Tu ne dois plus rien affecter. Jute rester allongée sur ce lit qui s’est imprégné de toi, et attendre le moment ultime où Ley’ reviendra. Attendre qu’elle s’impose à ton esprit. Attendre qu’elle te cajole dans ton malheur. Attendre qu’elle te punisse aussi, pour tes rebuffades humiliantes. Attendre enfin, qu’elle te ramène à Durmstrang. Puis attendre l’oubli. Attendre que l’image de Madoxx s’éloigne de ton esprit. Que tout s’efface. Que chacun de ses gestes se désincrustent de sur ta peau, de sur ton esprit. Que tout finisse par tomber dans le néant. Pour ta santé. Pour la sienne. Pour la vôtre. Pour celle des gens qui l’entourent. Pour celle des gens qui ne te parlent plus. Oublier est un don facile chez l’humain. Oublier des dates. Oublier des prénoms. Oublier des noms. Oublier des erreurs. Oublier pour se sentir moins vulnérable, moins animal, moins cruel. Cependant, tout oubli a une conséquence. Et la tienne est simple : tu ne pourras plus redevenir normale, vivante. Tu ne pourras plus profiter de sa présence, tant exhalée. Tu devras te contenter de quelques bribes de souvenirs qui, eux aussi, finiront pas disparaître. Tu pourras les frôler quelques temps. Les cajoler. Les idolâtrer. Les aimer. Mais tu le sais : cela ne durera pas. Tout est éphémère. Surtout les hommes. Eux, ils ne sont là que pour le temps d’une vie. Et une vie est très courte. Même si on peut la pousser dans ses retranchements, la mort nous rattrape. Dès l’instant où la vie nous gagne, la mort nous suit. Elle s’insinue sur notre visage, dans notre corps et finalement dans notre cœur. Accueillir la mort dans sa maison. Accueillir la mort dans son lit. Accueillir la mort dans son bain. L’accueillir en vous comme une vieille amie…et ne jamais s’en détacher. La mort est une terrible compagne d’infortune, mais saura à jamais, vous éloigner des maux du monde…car elle sait, quand l’aiguille doit s’arrêter. Alors que nous, minables humaines, nous essayons de réparer vainement l’horloge, comme pour affronter la destinée, la mort…comme pour affronter ce qui ne s’affronte pas.

    « Si j'avais voulu t'abandonner, crois-moi je l'aurais fait depuis longtemps. Je ne me serais pas autant décarcassé pour toi si, au final, c'est pour te laisser tomber ensuite. Mais bref, j'imagine qu'elle te manque encore trop pour que tu puisses te faire à cette idée. » Chacun de ses mots résonnent en toi avec force. Tu voudrais être en colère par la froideur qui s’insinue dans ses phrases, à mesure qu’elles défilent, mais tu ne peux te résoudre à avoir ce sentiment. La seule chose qui peut rester en toi, est la profonde déception face à son incompréhension. Pourquoi ne comprend-t-il donc pas que l’absence de Ley’ n’a rien à voir avec ton attitude ? Que tu es soulagée de son éloignement, mais effrayée à l’idée de te retrouver seule à jamais ? Que tu as si peu confiance aux personnes pour te résoudre à t’accrocher à eux définitivement ? Pourquoi ne pas comprendre cela ? Parce que, peut-être, cela n’est pas si limpide aux yeux des autres ? Tu ne sais plus quelle attitude adoptée. Cependant, le mutisme et le renfermement sur toi-même te paraissent les mieux adaptés. Mais qu’importe…tu ne veux plus l’entendre, le sentir. Tu veux le voir disparaître. Car sa présence te bouffe. Sa présence te détruit. Sa présence te serre dans un étau qui t’arrache le cœur. Ce petit cœur ô combien fragile…ce petit cœur qui s’échappe d’entre tes doigts comme une pincée de sable. Madoxx est un bourreau, au même titre que Ley’. La seule différence est que lui, est bien vivant. Il a une enveloppe charnelle définie. Et cela est encore plus effrayant que les êtres spirituels qui s’échappent de ton esprit.

    Tu entends ses pas. Tu entends la porte qui se ferme. Et tu entends le couinement qui s’échappe de ta bouche. Tu es seule. Tu serres ton ventre, si douloureusement accaparé par ta solitude retrouvée. Tu essayes de calmer ton souffle qui se saccade. Tu essayes de cajoler ton cœur qui se désole déjà. Paradoxe effréné. Tu voulais ardemment son départ et maintenant qu’il n’est plus là, tu désires profondément le retrouver. Comme si son absence provoquait chez toi un manque. Comme une drogue. Mais lui, n’en est pas une. C’est encore pire. Il est celui qui te ramène au monde et qui, aussi étrange que cela, te fait en échapper. Pourtant, tu es blessée. Pas même un au revoir. Pas même un adieu. Comme si tu n’étais qu’une chose qu’il a sorti de l’enfer, pour pouvoir mieux l’y replonger. Te recroquevillant plus encore sur toi, tu te laisses divaguer vers tes souvenirs. Aussi brûlants soient certains, tu as un besoin irréfutable de devoir les retrouver. Comme s’ils t’apportaient un peu de compagnie. Tu repenses avant tout à Anastasyia. Peut-être car tu l’aimes plus que quiconque en ce monde. Peut-être car chaque matin, depuis que cette guerre a commencé, tu te demandes si elle n’est pas morte. Maintenant des mois que tu n’as plus de nouvelles d’elle. Et tu as peur. Peur qu’un membre de l’OS est pu la tuer. Peur que tu es pu la tuer. Peur...tu veux la revoir. Tu veux revoir ta mère aussi. Celle qui te rassurait contre tes maux. Celle qui te cajolait. Celle que tu aimais d’une façon increvable. Tu n’as pas non plus de nouvelles d’elle. Tu sais qu’elle t’a renié dès l’instant où elle a su que tu aimais Bryan. Tu le sais pertinemment. Tu es morte pour ta famille. Morte pour ton père, ta mère, ta sœur. Et peut-être sont-ils morts. Tu ne peux le savoir. Tout a été brisé. Tu laisses de nouveau échapper un sanglot. Tu n’as plus personne. Et soudain, tout le monde te manque. Tu te relèves sur ton lit, la tête te tournant dû à la chaleur anormale de ton corps. Tes yeux te brûlent, tes lèvres sont gonflées. Tu es malade. Et pourtant, tu as l’intime conviction que tu dois te bouger. Te lever. T’extirper seule de cette vie. Tes bras ballants contre ton corps. Ta démarche tremblante. Tu veux sortir. Tu veux retrouver ta liberté. Tu veux réussir. Mais plus tes pas mènent vers la porte, plus tu sens son esprit en toi. Ley’…tu la sens qui brouille tes idées. Tu la sens plus puissante. Tu la sens de nouveau là…alors, pour ne plus tenter le diable, tu retournes vers ton lit, essayant de te vider la tête pour empêcher qu’elle ne revienne tout de suite. Tu as encore besoin d’être éloignée d’elle, quelques instants…pour retrouver tes anciens souvenirs. Pour les imprimer dans ta chair, avant son retour. Allongée, de nouveau les draps rabattus sur ton visage, tu fermes tes paupières, te délectant doucement des effluves du passé qui te montent à l’esprit. Et tu sens la fièvre toujours présente, qui te berce doucement avant le sommeil. Le sourire d’Ana’. Le rire d’Alexander. La berceuse de maman. La rencontre avec Bryan. Le retour de papa à la maison. Les dimanches chez les communistes. Lénine accroché dans ta chambre. L’attrape-cauchemar tournoyant dans la chambre, diffusant un arc-en-ciel de couleur. Le livre de Marx contre ton cœur. Les journées avec tes amies dans le parc de Durmstrang. Le regard de Vladimir. La douceur des lèvres de Seth. La tendresse maladroite de Butler. La présence de Madoxx contre toi…La vie, simple et platonique. Cette vie qui t’allait parfaitement. Sans cette malédiction, elle était parfaite non ? Mais il y a d’autres événements, que tu préfères éteindre.

    « Leyna… » Tu ne l’as même pas entendu arriver. Sa voix semble te transpercer les tympans, et tu ouvres soudainement les paupières, essayant de te rappeler le contexte, le temps, la scène. Et dès l’instant où tu sens le drap s’éloignait de ton visage, tu te souviens des scènes précédentes, de son départ. Une micro-seconde t’aura suffi à cela. Tu voudrais te relever, l’observer. Tu voudrais sentir sa peau sous tes doigts. Tu voudrais lui dire pardon. T’excuser pour la personne que tu es. Mais tu n’arrives à rien. Tu sembles embourber dans un autre monde, t’en dé-pataugeant difficilement. Tu te laisses donc allonger, là, à la fois soulagée de voir que Ley’ n’est pas revenue, et terriblement heureuse de son retour. Comme terriblement effrayée de sentir ton cœur qui bat furieusement contre ta poitrine. Mais hélas, tu ne peux lutter contre l’alchimie de ton corps. Alors tu te laisses ici, soumise à tes propres sentiments, définitivement sujette à ce garçon. Tu sens ses doigts sur ta joue, fermant au passage tes paupières pour mieux profiter de cet instant. Sa peau semble plus fraiche. Plus nettoyée. Moins brûlante qu’auparavant. Puis, fugacement, une autre sensation sur ta peau. Fraiche, délicieuse. De l’eau sur ton visage. Tu te délectes de cette sensation. On pourrait même apercevoir tes traits qui se détendent, te rendant presque semblable à l’ancienne Leyna, les traits plus fins, et plus délicats. Puis l’humidité se glisse à tes cheveux. Un instant de recul, où tout ton corps frissonne. Tu ne veux pas qu’il aperçoive tes trop nombreuses cicatrices sur le crâne. Tu ne veux pas qu’il sache les horreurs. Un nouveau frisson à l’évocation de celles-ci. Les lames dans ta peau. Le sang qui gicle sur le marbre blanc. Tes cris étouffés. Puis ta main envahie de spasmes. Finalement le vide. Tes traits jusqu’alors détendus, se teignent d’effroi. Tu as encore si peur…tu gardes les yeux clos. Tu sens tes émotions plus vives. Plus puissantes. Et qu’importe si tu es lunatique : la peur te tiraille le ventre et tu ne peux l’effacer.

    « Tu sais... Leyna... Je ne suis pas... Quelqu'un de... Bien. Je sais qu'on pourrait le croire... Mais... Vraiment... Je, je ne suis pas celui que tu idéalises peut-être. Il faudra qu'on rentre en Russie bientôt... Mais va, repose toi un peu, on a encore le temps... » Tu ouvres les yeux, calmant ta peur. Et soudainement, comme un présent ultime, tu vois son petit sourire forcé. Comme s’il était gêné. Tu ne comprends hélas, pas bien l’horizon de ses paroles. Veut-il te mettre en garde ou… ? L’évidence qui te paraît la plus possible, est qu’il a compris. Qu’il a entendu parfaitement ton cœur battant en sa présence. Et qu’il ne veut pas que tu retombes dans une quelconque illusion. Il ne veut pas t’amener à des chimères. Tu refermes tes paupières, à la fois triste, mais passablement sereine. Comme si l’eau sur toi, avait nettoyé la haine, la colère, l’effroi. Comme si tout pouvait s’éloigner à présent. Et tu repenses à ses paroles. L’idéalises-tu ? Non. Certes, il faut avouer que tu n’es pas objective vis-à-vis de sa personne. Mais tout de même…tu sais reconnaître ceux qui te veulent du mal à ceux qui t’aident. Tu sais reconnaître, surtout aujourd’hui, combien les apparences peuvent être…altérées.
    La Russie…dernier partie. Tu sens ton cœur se serrer. Personne ne sera là, là-bas. Tu ne pourras revoir personne. Ta famille n’est plus là. Ou devrais-je dire que tu n’es plus là pour ta famille. Tu bats des cils, essayant de chasser le terrible étau qui s’enroule autour de ton cœur. Qui te ramène à ton passé, à tes erreurs, à Ley. Ce passé que tu aimes et que tu détestes. Ce passé qui ne partira jamais véritablement de ton esprit. Mais lui, Madoxx…il doit avoir une famille n’est-ce pas ? Il a des amis, c’est certain. Peut-être même une fille dans sa vie –mais tu ne veux y penser maintenant-. Et s’il avait une sœur, un frère ? Tu ouvres tes yeux, l’observant d’une nouvelle façon. Non plus comme un simple garçon, mais comme tu voyais Anastasyia. Tu le contemples comme quelqu’un qui entoure les bras de sa sœur. Qui rigole avec son frère. Tu lui inventes une famille, et ton cœur explose pour lui. Ton cœur explose pour son bonheur. Tu voudrais tellement voir sa vie. Egoïstement, pour te rappeler la tienne.

    « T'es bête Leyna. Tu sais très bien que je tiens à toi mais tu ne te l'avoues pas. » Ses lèvres sur ton front. Sa main dans tes cheveux. Tu restes un moment stoïque, refermant précipitamment tes paupières. Dans une autre vie, tu aurais rigolé, souri, puis tu aurais remercié la personne. Mais aujourd’hui, tout ton corps se contracte, te replongeant dans ton univers. Chaque geste a sa signification. Ce baisé te fait battre le cœur. Sa main dans tes cheveux t’effraye. Il ne doit plus toucher ces endroits remplis de striures en relief. Il ne doit plus. Pourtant mis à part les gestes, ce sont les paroles qui t’interpellent. Tenir à toi ? Vraiment ? Tu en douteras toujours. Après tout, pourquoi tiendrait-t-il à une personne qui a voulu le tuer ? Il faudrait véritablement être masochiste. Même toi, tu en as conscience…

    Tu te relèves doucement, t’appuyant contre le mur. Et tu l’observes, ton visage adouci. Tu l’observes, ton regard tranquille, serein, presque joyeux. Et le premier sourire depuis bien longtemps apparait sur tes lèvres. Ta peau semble se déchirer sous cet effort. Tu n’as pas vraiment souri depuis…depuis si longtemps. Mais qu’importe. Tu veux sourire maintenant. Aujourd’hui, tu veux sourire. A t’en éclater les joues, les pommettes, les lèvres. Tu veux sourire, en signe de remerciement. Puis tu t’approches de lui, tendrement. Pour ne plus le brusquer. Juste ainsi…et lui attrapes la main. Un geste qui pourrait paraître anodin, mais qui, pourtant, est lourd de sens pour toi. Ton sourire, faible soit-il, reste sur tes lèvres. Et ta voix jusqu’alors tremblotante, est plus mesurée.

    « Merci Madoxx. Merci…je te remercie tellement…merci…j’ai hâte de retrouver Durmstrang…toi aussi n’est-ce pas ? Tu as des gens qui vont te retrouver là-bas ? Une famille, des amis…une… ? –tu ne peux dire tous les mots, chacun d’eux faisant ternir ton sourire-. Tu sais…elle s’appelle Anastasyia. Elle est blonde, comme moi. Plus clair je crois. Je ne me souviens plus exactement…ça fait tellement de temps que je ne l’ai pas vu. D’ailleurs je n’ai pas vu grand monde depuis…Bryan. Papa ne veut plus de moi. Ma mère non plus. Mais c’est ainsi…n’est-ce pas ? –un regard qui se veut presque joyeux, mais qui respire la douleur s’installe sur ton visage- En tout cas, j’espère que tu as une belle famille Madoxx. Une gentille famille. » Un nouveau sourire sur tes lèvres. Mais plus tremblant. Plus triste. Tu as besoin de lui expliquer…tu as besoin de le remercier. Tu as besoin d’évacuer tes souvenirs. Pour si un jour tu les oublies…il puisse te les faire voir dans une pensine.

    « Tu sais Madoxx….tu es quelqu’un de bien. Un bon…ami » Tu baises les yeux…Ami ? Quelle ironie. Tu as presque honte de le qualifier ainsi. Pourtant, tu n’oses dire ta véritable pensée. Celle qui te pousserait à l’embrasser, à rester près de lui. Cette pensée qui se voudrait moins intense, mais qui s’impose à toi. Comme un poison.

    « Et je n’idéalise pas…je…ne te connais pas. Mais de ce que je vois….de ce que je me souviens….c’est que même si Ley’ a essayé de tuer…tu es resté là. Et rares sont les personnes qui auraient pu. Tu ne penses pas ? » Un dernier tressaillement de tes lèvres, et de nouveau épuisé, tu te rallonges doucement, ta main toujours logée dans la sienne. Ne pars plus…je n’ai dit que des immondices. Je ne veux plus que tu partes…
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Message Posté Dim 22 Avr - 23:15.


    Etourdie, le corps sait la raison de tes souffrances, oublié dans les draps d’un instant dépassé. Tranquillement chevauchée par l’étau incessant de ta folie puissante, la patience s’efforce. Et ton cœur ô combien malmené s’embourbe dans cette vaseuse vie qui ne s’arrache pas de toi. Tu t’essouffles, courbée contre le vent et les tempêtes, tes mains gelées face à la bise qui tape contre ton échine. Tu n’es qu’un rien. Un vide. Tu n’es qu’un corps dont l’esprit se sépare. Dualité de tes sens, plus rien ne s’imprègne en toi, sauf cette réalité terrible. Celle qui te rend tremblante, frissonnante enfant logée près de lui. Celle qui fait suinter les parois de ton âme, tes yeux voilés face à cette mouvante métamorphose qui s’opère en toi. Tu réfutes contre les horreurs qui s’imposent en ton esprit. Non, ce n’est qu’un monstre cruel qui a perpétué cette infamie ? Ce n’est pas toi…et pourtant, réfuter ces informations seraient te contraindre à t’enfermer dans une prison de fer. La liberté effacée au profit de la folie. Ta liberté mise à mal par tes propres cages, que tu dessines autour de toi. Oiseau sous clé, qui ne pourra jamais s’envoler, ses ailes trop abimées, trop détruites, trop décharnées. Tu es peut-être un oiseau Leyna ? Un cardinal, un rouge-gorge…un corbeau ? Après tout, tu es sans aucun doute un oiseau de malheur. Funeste prophétie de tes ailes noires, qui tombent sans ménagement sur leurs vies imparfaites, les réduisant à jamais à des cendres rougies par tes meurtres. Tu as tout détruit. Les flammes qui embrasent les plaines fragiles au-dehors, te brûlent aussi. Tu irradies. Tes plumes s’enflamment. Ton cœur aussi. Et le sourire sur tes lèvres se peint d’une couleur âcre. Le bonheur ne reviendra jamais Leyna. Jamais il ne pourra revenir. Car après tout, que veux-tu faire d’une pareille vie abattue par toi-même ? Comment veux-tu avancer ? Comment veux-tu tenir droite ? Comment veux-tu t’envoler ? Tu es réduite au néant.

    C’est avant tout son sourire qui te permet de tenir. Qui permet de laisser cette ombre de sourire sur tes lèvres. Qui permet à ton cœur de respirer plus calmement. Il est là. Et même si on finira par te l’enlever ou qu’il finira par partir, tu te sens terriblement moins seule, depuis que tu le sens près de toi. Ta solitude se comble, mais paradoxalement ce lien qui vous unit, n’est que trop destructeur. Tu le sens encore, sa chaleur, son odeur. Tu le sens encore, attaché aux événements, peut-être à ta personne. Mais finalement, cela ne durera pas. Tout finira par s’atténuer. Peut-être même la violence de tes battements dans ta poitrine. Cet instant n’existera plus. Son regard disparaîtra. Ses lèvres s’effaceront. Les battements de ton cœur cesseront. Et surtout, cette sensation qui te brûle les entrailles, se liquéfiera. Les souvenirs tomberont dans l’oubli. Ta conscience arrachera tout, plongeant tout ton être dans ta mélancolique mémoire qui, elle-même, deviendra noire…Tout s’éclate.

    « Il n'y a pas de quoi, Leyna... Je fais ça parce que... Parce que t'es ma petite Leyna à moi, quoi. » Tu le contemples, t’imprégnant de son rire, de son sourire, de son regard. Si tu dois de nouveau tomber dans les limbes de ton esprit, tu veux te souvenir. Te souvenir de quelques bribes de son visage, de ses mimiques. Te souvenir de lui, dans son intégralité. Mais pour cela, encore faudrait-il que ton esprit soit un appareil sélectif de qualité. Or, il a parfaitement démontré son incapacité pour cette tâche. Tout en toi, n’est qu’une immense ébauche, un brouillon sans intérêt. Tu n’es qu’une feuille de papier jaunie dont l’écriture noircie ne se couche pas sur toi, laissant simplement des tâches difformes sur l’élégant papier. Tu n’es même pas de l’Art abstrait. Tu n’es rien. Juste un mouchoir en papier, que l’on peut jeter négligemment dans une poubelle. Et dans le fond, cela te parait presque légitime.

    « J'ai hâte qu'on rentre tous les deux à Durmstrang, qu'on retrouve tous les autres. Pour ce qui est de ma famille, mon père est un grand homme, ma mère me déteste mais malgré tout, je tiens à elle, et comme toi, j'ai une sœur, Alyona. Brune. Elle est muette, très chétive aussi, mais elle est adorable, je suis certain que vous vous entendriez. Je te la présenterai un jour, tu verras. » Tu l’écoutes, désolée pour sa mère, touchée par son amour fidèle, fascinée par sa petite sœur. Chétive…délicate. Comme une fleur à peine éclos. Et tu t’imagines…cette belle famille qui rit doucement au coin d’un feu, dans un parc. Cette famille qui crie parfois. Cette famille qui danse. Qui chante. Qui vit. Face à toute l’imagination prenant la couleur de ta propre famille, un sourire nostalgique s’installe sur tes lèvres. Il me la présentera…je verrais sa famille…je verrais son monde….Je le verrai avec eux...Ca te crève le cœur. Depuis le début, ses phrases te déchirent. Depuis le début, tu sens que tout explose…mais qu’importe. Tu laisses ton imagination dirigée la danse. Les souvenirs anciens qui remontent à la surface de tes yeux, rendant ton visage enfantin, angélique, délicat. Les souvenirs qui s’imprègnent dans ton corps, dans ta peau, dans ta peau, dans tes sens. Les souvenirs que tu humes…et l’envie de les retrouver. De retrouver ta vie d’avant. De ne plus jamais la laisser tomber….Cette vie en rouge, rose, haute en couleur, que…finalement, tu chérissais tant.

    Cette sensation qui continue à te faire irrévocablement frissonner. Tu voudrais lui demander d’arrêter le supplice, la tragédie. De ne plus avoir envers toi, cette attitude trop proche, trop intime. De ne plus te contraindre à subir les interminables chuchotements de ton corps. Ne plus jamais entendre ton cœur trop bruyant. Ni de sentir sur toi, ce regard amusé, lourd de signification : il sait. Et d’ailleurs, chacun de ses mots est annonciateur de cette vérité troublante que tu essayes de taire : « Si tu veux savoir, non, je n'ai pas de fiancée. Et parallèlement, je suis certain que ta famille t'aime encore. Ils ne peuvent pas renier leur fille ainsi. Si tu veux, le jour où tu voudras les revoir, je t'accompagnerais.. » Tu relèves le regard, le fusil de tes yeux. Il dit cela avec légèreté. Presque dédain. Ou du moins, c’est l’interprétation par analogie que tu en fais. Cependant, tu ne cherches pas à savoir la vérité. La seule chose qui s’impose à toi, est le sentiment furieux de ne plus pouvoir contenir ce sentiment de haine, similaire à celui de Ley’. Eloignes toi, de moi. Sépares toi de mon être….Ne reviens plus jamais effleurer les sensations qui s’échappent de mon cœur. Abandonnes moi…mais arrêtes cette increvable torture.

    Et pourtant, quelle faiblesse. Quelle indécence. Ta main reste logée dans la sienne. Ta main qui irradie. Ta main qui brûle Ta main qui tremble lorsqu’il se penche sur toi. Ses yeux plongés dans les tiens. Trop effrayés. Trop tendres. Tu as peur. Ton cœur s’abat violemment contre les parois de ta poitrine. Tout ne devient qu’un chuchotement limpide, un risque infranchissable, une ferveur passionnelle. La pièce se baigne d’une aura électrique, pleine d’une tension méconnaissable. Pourquoi ? Pendant qu’il se penche, ses yeux toujours à la rencontre des tiens, unisson d’un moment dépassé, qui s’éteindra sous la froideur de la glace, tu t’interroges, ton esprit trop effrayé à l’idée de cette réalité latente qui s’imposera à toi. Pourquoi ?
    « ..Tu.. Penses.. Qu'elle... Reviendra? » Oui, tu le penses…bien entendu que tu le penses ! Mais maintenant…maintenant…quelle importe ! Je suis là pour le moment Madoxx. Je suis là…j’essaye du moins.
    Ses paupières se ferment. Trop près. Trop proche. Vos lèvres à quelques millimètres. Vos souffles qui se mélangent. Toi, stoïque, tétanisée. Indéniablement incapable de réagir. Donnes moi tout ce que tu veux savoir. Donne-moi tes interrogations. Cries moi dessus. Frappes moi. Brises moi. Détestes moi…mais je t’en prie. Arrête.

    Le vide. Ce vide immense. Cette brèche ouverte, tes yeux qui s’ouvrent une deuxième fois sur la réalité, te prenant violemment une gifle douloureuse sur la joue : une gifle véridique qui te ramène à des songes plus proches de ton univers. Savoir trier les désirs qui peuvent embourber l’âme, de ceux qui peuvent la satisfaire. Madoxx est un mauvais désire, que tu dois réfuter, supprimer. Il n’est plus là…tu dois supprimer tout…tout…ce qui concerne Madoxx. Doucement, tu te relèves, tremblante, frissonnante, honteuse. Prostrée contre le mur, tu l’observes qui s’approche de la fenêtre. Qui te rejette, sans ménagement. Qui te ramène à ta solitude…

    « Il.. Il me faut un peu de temps, comme il t'en faut à toi.. » Bien entendu…une phrase préparée à l’avance, platonique et patente. Inutile de chercher plus loin. Aucune équivoque. Juste l’univoque vérité de son mépris pour ton être. De son désir de jouer, de manipuler, peut-être même. Franchement, comme tu es d’une naïveté terrible Leyna. Comme tu es idiote. Tes yeux le contemplent, une profonde tristesse, une profonde blessure, dans le coin de tes iris. Et ta voix, un peu trop cassée, un peu trop blessée :

    « Ne fais plus jamais ça…plus jamais ça… » Tu baisses de nouveau les yeux. Et tu entends…tu entends les horreurs. Tu les écoutes. Tu les imprimes dans ta chair. Tu les respires. Tu les humes. Tu les vomis. Tu les craches. Tu les détestes. Tu entends la mort qui tape au loin et tu sens l’incorrigible sentiment de vengeance, qui de nouveau, se réveille en toi. C’est si étrange…si étrange de sentir, de subir, de comprendre, les pensées de Ley’. D’avoir dans son être, des effluves de ses émotions, qui t’implique dans son esprit, t’obligeant le temps d’une seconde, à revivre avec ton subconscient. Et le comportement précédent de Madoxx n’aide pas. Tu ne peux tenir s’il continue à faire ça. Tu ne pourras jamais plus tenir, non….

    « Leyna, tu te sens mieux? Je pense qu'il serait à présent plus sage de rentrer à Durmstrang.. » Tu te lèves doucement, ton corps encore bien trop rachitique pour être soutenu. Tu t’accroches à la chaise que Madoxx a utilisé à mainte reprise et doucement, d’une voix tremblotante, tu lui exprimes la confirmation à sa question :

    « Oui bien entendu, je me sens mieux….je veux rentrer chez moi….je veux rentrer….mais….mais….j’ai peur Madoxx…j’ai peur. » Un sourire qui se fige sur tes lèvres, des larmes perlant au coin de tes yeux.



(Oui et on essayera de s'en faire un -plus court- sur DT ?)
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Message Posté Ven 25 Mai - 23:45.