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Amadeus Debussy
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Message Posté Mer 15 Fév - 15:02.
nouveau chapitre




STATUT DU SUJET : privé
NOM DES PARTICIPANTS : artémis & amadeus
DATE : début juin, après la grande bataille
HEURE : 11hoo
METEO : Ciel dégagé, grand soleil
NUMERO ET TITRE DE L'INTRIGUE GLOBALE EN COURS : 1o
NUMERO ET TITRE DE L'INTRIGUE DU FORUM EN COURS : o9
INTERVENTION DE DOMINUS TENEBRAE : non

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Amadeus Debussy
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Message Posté Mer 15 Fév - 15:27.
Juste quelques mots glissés à la pointe d'une plume impatiente sur un morceau de papier, et j'avais fixé un rendez-vous à Artémis en fin de matinée dans notre quartier général gracieusement épargné par les combats. Aucune explication, comme toujours. Aucune formule de politesse non plus, comme toujours... Mon aura mystérieuse n'avait d'égal que la froideur que je dégageais ; je me drapais, princier et arrogant, dans mon orgueil serein et arborais à la boutonnière la médaille du jeune homme le moins apprécié de l'académie. Je n'étais pas un martyr non, j'étais un serviteur du mépris et du je m'en foutisme, en gage de protestation contre la connerie humaine. Mon meilleur ami était un violon, ma meilleure alliée ma lucidité, ma plus grande faiblesse ma Delilah. Pas besoin donc, d'engager dans cette lettre quelques fioritures inutiles telles que « bonjour, merci, à bientôt ». Il viendrait de toute évidence, et peu importait la relation glaciale – voire inexistante – que nous entretenions : en toute probabilité je n'avais jamais eu Artémis dans ma ligne de mire. Je n'avais fait que railler son prénom comme le gamin que j'étais, et depuis lors nous n'avions jamais eu de véritable rapprochement amical ou purement cordial. Certes, je ne niais pas être intrigué par le garçon, cependant ma fierté me rendait muet autant que notre altercation encore fraîche rendait les choses plus compliquées encore. Mais soit, ce n'était pas parce que dans un accès de colère je l'avais traité de bègue qu'il me fallait revenir sur ma décision : j'y avais au contraire mûrement réfléchi.

Debout derrière l'immense étagère atteignant sans peine de ses planches de bois chargées, le plafond de la bibliothèque, je feuilletais nonchalamment un livre dont le titre avait attiré toute mon attention : « Analogies de la magie noire et de l'âme humaine. » Une thèse qui me fit sourire alors que je me souvenais le nombre de fois où l'on avait braqué des paires d'yeux à la fois craintifs et médisants sur ma personne, quand les langues de mégère s'y mêlaient discrètement : on m'avait longuement soupçonné d'avoir appartenu à l'Organisation. Mon manque flagrant de sympathie et cette chaleur inexistante se dégageant de moi, mêlés à la dureté assassine de mon regard, avaient toujours joué en la faveur de mon aura sombre et grandissante. Ainsi je me demandais si, conformément à ce que pensaient mes chers comparses stupides et intolérants, parce que je n'attirais la sympathie de personne je devais forcément être doué en magie noire ou attiré par les forces sombres. La réponse était un grand oui, sans autre forme de procès... Néanmoins je doutais fortement que le manichéisme avait sa part à jouer là-dedans. « Te voilà. » Le velours sombre de ma voix retentit gravement sous la marche d'Artémis dont j'écoutais l'avancée. Sans même lever le nez de mon livre poussiéreux, je me contentai d'en tourner une dernière page avant de le refermer sèchement. Montrant ainsi la reliure de cuir au jeune hypnos sur laquelle était gravé l'intrigant titre, je plantais mon regard fauve dans le sien, plus tempéré, avant de susurrer d'une voix un peu trop autoritaire : « Ton avis ? » Un sourire en coin apparut sur mes lèvres, à la fois narquois et intéressé. J'aimais tester les esprits de synthèse, la vivacité et les capacités d'analyse : trois mots résumant cinq cent pages – volume un – voilà qui attisait mon intérêt.
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Artémis de Sainte-Croix
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Message Posté Sam 18 Fév - 2:43.
    « Te voilà. » Egale constatation, presque désintéressée alors que son approche ne lui arrachait pas la moindre réaction consécutive à ces quelques mots penchés sur un morceau de parchemin qui lui était adressé. Les mains glissées dans les poches de son pantalon d’uniforme, Artémis pencha la tête, dévisageant, la méfiance ourlée dans son regard clair et l’intrigue dans l’éclat de ses pupilles, le profil d’aigle du garçon qui, d’une autorité impériale, lui avait enjoint de le rejoindre entre les étagères lourdes de cette bibliothèque qu’ils fréquentaient en qualité spéciale ; maigre lien soit-il qu’ils entretenaient de cette distance volontaire et tacite, courtois et civilisés de ne s’adresser ni mot déplacé, ni formule d’usage, murés dans cette convention latente qu’ils avaient conclus à la fois pour le bien égoïste de l’un et le pansage de la blessure de l’autre. L’injonction dépourvue d’enjolivures de l’Hadès adressée à l’Hypnos n’en faisait qu’un écho véridique ; si ce n’était qu’il avait intimé le plus jeune à le rejoindre, seul, pour une raison qui lui était parfaitement inconnue, situation étrange quand la dernière parole qui lui avait été adressée était coulante d’un fiel sournois.

    Artémis n’appréhendait pas, mais museler son malaise n’était pas chose aisée quand face à lui se dressait cette personnalité au tranchant ascendant sur la sienne depuis cette première et dernière rencontre dans leurs jeunes années ; des paroles railleuses d’un enfant à l’égoïsme dans l’âme, si non surprenantes à cet âge, aussi blessantes qu’elles pouvaient se révéler, gardant l’animal blessé qu’elles avaient fait du jeune Hypnos à l’écart de l’Hadès aussi cruel qu’il en était fascinant. De nombreux dessins, une dimension d’âme qu’il ne parvenait pas à effleurer, à toucher, au travers de son regard d’artiste, intégré dans ses dessins comme dans le tableau du monde qu’il dépeignait tel qu’il le voyait ; une fascination troublante et frustrante quand le personnage laissait traîner dans son sillage les glaces de son mépris venimeux. L’Hypnos, s’il ne le détestait pas, adoptait la défensive dans sa frêle stature lorsqu’il s’agissait de se confronter à lui, de surcroît depuis cet épisode dans la Salle des banquets qui gardait dans son esprit une clarté indécente ; à tout le moins, il désirait autant savoir ce qui avait amené Amadeus à lui demander une entrevue autant qu’il appelait à l’expédition de celle-ci. Il était venu ; pas par curiosité ni par intrigue, davantage en considération de cette relation distendue qui ne pouvait inclure que l’urgence ou l’importance dans la raison de ce morceau de parchemin raturé.

    Une légère nervosité alors que le silence s’égrenait, ses mains s’enfonçant plus profondément dans ses poches dans un geste instinctif. Silencieux, il attendait ; prendre le risque de brusquer l’animal n’était pas dans ses intentions, et encore moins celle de piper le moindre mot sur l’intitulé de l’ouvrage dont le claquement sec et soudain le fit légèrement frémir. Glissant sur les lettres gravées, son regard déchiffra la matière enseignée et le thème abordé, et loin de lui l’envie de faire part d’une quelconque opinion quant à ce que l’Hadès s’intéresse à pareille lecture, si ce n’était que cela ne l’étonnait qu’à moitié : voilà une, parmi tant d’autres, des rumeurs qui couraient dans l’Académie. Loin s’en fallait : de réputation plus sombre que les autres écuries, les Hadès étaient mal considérés si ce n’était en apprentis mages noirs, à l’instar des élèves de la maison Serpentard. Prêter foi aux jugements ou faire les siens, Artémis n’était pas partisan d’une solution plutôt que l’autre, préférant laisser les choses se faire, écouter puis apprendre le cas échéant à connaître si cela arrivait. « Ton avis ? » Semblait-il que ce moment concernant Amadeus Debussy était arrivé.

    L’intonation inflexible ne laissait aucun doute sur les intentions de l’Hadès : c’était le véritable fond de la pensée d’Artémis qu’il lui demandait sans autre forme de procès. Sans doute la première véritable conversation, même tenant en trois répliques, qu’ils allaient échanger dans les minutes à venir ; mais était-ce là la véritable raison de sa venue ? Artémis arqua un sourcil dubitatif et foncièrement méfiant, son regard remonta dans les orbes foncés de l’Hadès patient ; se moquait-il ou avait-il d’autres projets ? D’accord, Artémis entendait les rumeurs et les racontars sur le compte d’Amadeus mais de là à se laisser illusionner et à les prendre pour argent comptant ; non, l’Hypnos tenait l’Hadès pour quelqu’un qui n’avait pas la moquerie pour passe-temps. Enfin, le pensait-il. L’espérait-il. De nouveau, alors que son silence se prolongeait, ses pupilles retournèrent à l’intitulé, le gravant dans sa mémoire alors que le rapprochement des termes « magie noire » et « âme humaine » lui rappelait ces nombreux sermons et autres débats qui avaient agité des soirées mondaines sans que, trop jeune, il ne parvienne à comprendre les tenants et les aboutissants. A la fois sujet tabou comme glauque fascination de la vieille noblesse qui ne savait quand, comment et pourquoi l’utiliser, mais qu’elle trouvait attrayante pour le danger excitant qu’elle présentait et la sanction qui l’honorait, à la juste hauteur de la valeur que les nobles et autres aristocrates se rengorgeaient d’avoir. La magie noire, digne d’eux.

    Une minute de silence, sans doute, après laquelle il tenta d’obtenir de ses cordes vocales une voix acceptable, qui sonna rauque et trébuchante ; elle n’avait pas récupéré de la dernière bataille. Il râla contre Merlin de lui avoir foulé le poignet droit, le rendant incapable d’écrire plutôt que de parler pour communiquer. « L’analogie n’est qu’…un p…rétex…te p…our diaboliser la magie noire et p…unir ses p…ratiqu…ants sans jugement. Juste p…our ça. » Un prétexte pour définir quelqu’un et le cataloguer sans en apprendre davantage. Un prétexte pour se protéger de toute objection, un prétexte soi-disant légitime. Le prétexte de son sang-mêlé pour le déraciner d’une famille et le catapulter dans un monde qu’il ne connaissait pas, le prétexte d’une maladresse maladive et d’une malformation des muscles de la parole pour ériger ses résultats scolaires pratiques comme preuve de son absence de maturité, le prétexte d’une simple philosophie de vie pour l’accuser d’irresponsabilité. L’Hypnos n’était peut-être pas reconnu pour son talent de sorcier et sa réputation d’enfant ne le prêtait pas à un quelconque prestige scolaire, et pourtant, c’était encore grâce à sa réflexion que l'on prétendait simple et jeune qu’il avait si souvent évité le redoublement malgré ses notes pratiques catastrophiques, loin de cette réputation qui lui collait à la peau. Son regard clair contre les iris sombres de l’Hadès, Artémis laissa en suspens sa phrase, n’ayant pas l’intention d’aller plus loin : c’était son avis qu’il lui avait demandé, son avis qu’il lui avait donné, et désormais le verdict qu’il attendait.

    Il avait bien conscience que le choix d’Amadeus sur la question était conscient : il ne devait pas ignorer les rumeurs lui prêtant un amour pour les arts occultes renforcées par ses voyages à Durmstrang – plus encore alors qu’il y était resté enfermé un mois durant, contre son gré. Question piège peut-être pour savoir quel avis pouvait avoir l’Hypnos sur la question et de la magie noire, et de l’Hadès – quoiqu’il doutait que ce dernier s’intéresse à l’avis qu’Artémis pouvait avoir, étant donné qu’il n’était, à ses yeux, qu’un bègue sans aucune importance. Prétexte, prétexte ; voilà qui forge une réputation à confronter aux autres.

    Comme il n’aimait pas ces secondes de silence après sa réponse ! Artémis sentait le malaise grimper dans sa gorge, de moins en moins répressible, tandis que ses doigts, dans ses poches, se croisaient nerveusement. Il secoua doucement la tête et observa une reliure parmi celles présentées par l’étagère, distrait, avant de revenir vers Amadeus ; il prit l’initiative de relancer le mouvement. « Qu’…est-ce qu’…il y a ? » Il ne pouvait pas empêcher l'intimidation, mais bandait sa volonté, souvent inflexible, pour faire face au garçon, si ce n'est avec fierté mal placée, au moins sur un pied d'égalité.
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Amadeus Debussy
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Message Posté Mar 21 Fév - 21:34.
L'inquisition sifflait à ses oreilles en une symphonie de réprimandes si muettes qu'elles en devenaient fourbes : j'épinglais de mon regard joueur la silhouette droite de Artémis. Il ne flanchait pas, et par ailleurs ce n'était pas cela que je lui demandais : je ne lui insufflais aucun ordre, ni de courber l'échine ni moins encore d'approuver tous mes dires. J'attendais, glacé et glaçant, son avis sur la question dans une autorité presque impériale. Car malgré tout, mes yeux reflétaient dans leur alcôve ambrée cette menace d'un couperet affûté ; il ne manquait plus qu'il ne réponde quelque chose que j'aurais jugé stupide pour lui rire à la figure. Il lui suffisait d'un seul mot piquant ma curiosité pour que j'acquiesce avec respect. Bon prince, terrible bourreau... J'endossais les deux rôles sans pourtant régner sur un quelconque royaume. Ou du moins en possédais-je un, mais il y avait bien longtemps qu'il avait été déserté, ses landes stériles et grises n'attirant plus aucune âme qui vive. Le royaume éternel de ma propre solitude me satisfaisait amplement, et j'y amenais dans un caprice princier tous ceux que je désirais mettre à mort : qu'il s'agisse d'une mort sociale ou de l'empoisonnement de l'estime, peu m'importait. Je faisais mon office de bourreau avec délectation, épargnant cependant ceux que je jugeais digne d'intérêt. Le jeune Hypnos faisait partie de ces derniers, et ce malgré tous les regards méprisants que j'avais pu avoir pour lui : ainsi lui demandais-je son avis, parce qu'il m'importait réellement. Je me fichais bien s'il argumentait sur mon âme noire contrastant avec la sienne, d'apparence bien plus pure. Je ne cherchais ni ses regards, ni sa considération et encore moins un semblant d'amitié. Je ne souhaitais que recueillir son opinion parce que le jeune Hypnos m'apparaissait étrangement comme un puits de tempérance et de clarté : la même qui manquait à mes yeux assassins, trop caverneux pour y déceler une lueur salvatrice. Artémis De Sainte-Croix était de ces personnes que je trouvais suffisamment intrigantes pour les écouter en secret, mais trop humaines pour que je puisse le porter en triomphe. Chaque parcelle d'humanité me donnait de toute évidence la nausée, et je raillais déjà le jour miraculeux où j'aurais un tant soit peu de considération pour un individu n'habitant pas déjà mon coeur. Et diable que mon palpitant était étroit et qu'il y faisait mal vivre.

« L’analogie n’est qu’…un p…rétex…te p…our diaboliser la magie noire et p…unir ses p…ratiqu…ants sans jugement. Juste p…our ça. » Je ne cillais guère, plantant mes rétines incandescentes dans l'immensité pudique de son regard. Le Bourreau faisait son office en torturant l'ingénu d'un supplice peu commun mais néanmoins terrible : le silence. Et le Prince, lui, assistait pensif à ce supplice, jugeant bon de lui accorder une chance. Déjà parce que sa réponse concordait avec mes propres opinions, ensuite parce que j'avais beau l'épingler du regard à le crucifier sur ma croix, ce qui était dans le Cercle, restait dans le Cercle. Un membre de la confrérie avait bien plus d'estime à mes yeux que n'importe quel autre camarade, néanmoins une fois le brassard dénoué, Artémis redevenait cet Hypnos trop proche de Debraie. Pour autant je le jaugeais d'une rare véracité, la froideur de mes rétines s'éclipsant au profit d'une lueur respectueuse et profonde, mes traits carnassiers fondirent sous le voile hautain que je levais alors. Mais perdu dans mes pensées, j'en avais oublié de répondre et avais prolongé la torture du silence bien malgré moi. Malgré nous. « Qu’…est-ce qu’…il y a ? » Sortant de ma léthargie profonde, je secouais brièvement la tête comme pour chasser ces fantômes prônant un absentéisme angoissé de ma tête. Ainsi je braquais mes yeux fauves sur Artémis, prit une grande inspiration, et d'un soupir qui n'était plus tant ni glacé ni joueur, je susurrais au contraire d'une voix posée et étrangement sereine. L'assurance drapait toujours autant mes mots s'échappant de mes lèvres blêmes : « On va s'entendre, pour une fois. » Léger sourire en coin, quelques paroles soufflées pour lui affirmer que nous partagions la même opinion, mais à quelques nuances près. « L'Homme se trouve des excuses dans toutes les fautes qu'il commet, ce qui le rend lâche et hypocrite. Tu pratiques la magie noire parce que tu as un mauvais fond. Tu as un mauvais fond parce que tu pratiques la magie noire. Balivernes. » sifflais-je entre mes dents avant de tourner les talons non sans amener le livre épais sous mon bras. Déambulant dans la bibliothèque désertée, j'entraînais dans mon sillage le jeune Hypnos qui me suivait consciencieusement. « Je rêve toutes les nuits que j'assassine ma belle-mère, ça ne fait pas de moi un meurtrier. Pourtant crois-moi, j'ai une imagination débordante concernant sa mise à mort. » Un soupir d'exaspération passa la barrière de mes lèvres alors qu'enfin nous arrivâmes à une table de bois lustré, une parmi tant d'autres, mais à laquelle j'avais décidé de prendre place. Faisant signe poliment à Artémis de s'asseoir face à moi, j'eus tôt fait d'accrocher ses pupilles aux miennes, dans un acte de prise en otage pur et simple. « C'est cela que j'apprécie chez toi Artémis, ta retenue. Ta façon de voir le monde avec justesse, sans jamais le haïr. » Mais comment fais-tu ? scandaient alors mes yeux intrigués, tandis qu'un rictus princier se dessinait sur mes lèvres. Ne jamais paraître désarçonné, ne jamais montrer à son interlocuteur qu'on lui voue un peu trop d'estime, non plus. « Cette façon que tu as d'être si facilement aimé et apprécié, aussi. » Froncement de sourcils. C'était une qualité que je me fichais bien d'avoir, mais néanmoins indispensable pour la gestion du Cercle. « Je ne vais pas y aller par quatre chemins. Je veux que tu deviennes le sous-chef... J'ai besoin d'une personne comme toi, qui me complète sans faire acte de conflit. Je ne pensais pas que Marie-Lise nous quitterait si vite, paix à son âme. » J'évoquais dès lors la dernière sous-chef en date avec la pointe de respect pour les morts que je me devais d'avoir, mais d'une moue si impassible et froide qu'on comprenait aisément pourquoi le qualificatif de 'sans-coeur' me seyait si bien.
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Artémis de Sainte-Croix
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Message Posté Jeu 19 Avr - 2:22.
    Il n’aimait pas son regard d’aigle, ses prunelles sombres qui le dévisageaient, son sourire relevé qu’il ne pouvait s’empêcher d’interpréter par la mesquinerie. Il déversait dans ses veines cette glace pilée qui le torturait depuis tant d’années à éviter ses contacts quand il avait assis son ascendant sur le frêle enfant qu’il était alors ; fascination, intrigue n’étaient pas de taille pour affronter des années de souvenirs ancrés dans sa chair, son âme, peu important qu’ils aient chacun évolué, à leurs façons. Lui avait appris à se connaître, s’était construit et s’était respecté ; Amadeus… avait pris le pli d’une vision d’un monde médiocre, sombre et pernicieux. Il ne pouvait nier que de ses paroles, Artémis y voyait un fond de vérité dont il partageait l’opinion, mais à son contraire, il n’estimait pas le monde pourri jusqu’à la moelle. Foutu optimisme qui montait au front face au pessimisme persiflant ; l’Hypnos conserva le silence, glissant lentement ses mains dans ses poches en veillant à ne pas froisser son poignet foulé, laissant l’Hadès mener leur entrevue comme il l’entendait. Artémis avait appris à faire profil bas lorsqu’il savait ne pas pouvoir faire face ; le silence avait pour vertu la douce hypocrisie salutaire. Ironie, quand de la lâcheté humaine il est question…

    Artémis n'attendait rien d'Amadeus mais appréhendait tout de lui. Il veut me voir… Juste pour ça ? La question ne cessait de le tarauder tandis que d’une phrase à l’autre, Amadeus philosophait et avouait souhaiter la mort de sa belle-mère, sans que pour autant Artémis ne s’en choque ou n’en tique ; qui n’a jamais souhaité la mort de quelqu’un qu’il ne portait pas dans son cœur ? Lui, peut-être. Sans doute. Cygnus pouvait être l’être le plus horripilant que le sol de Beauxbâtons n’ait jamais porté, ou Hélène de Sainte-Croix la femme la plus austère, aigrie et cruelle que la France ait pu bénir qu’il n’en avait jamais souhaité le décès, même dans ses rêveries les plus insolites – et ce n’était pas faute de pouvoir mener son esprit vers des limbes éloignées où la rêverie ne cessera jamais d’être ce qu’elle est, une chimère. Trop gentil. Trop doux. Trop enfantin. Trop… faible. Un agneau, diraient certains, une réputation qui le ralliait chaque jour davantage. Y avait-il du mal de ne pas pouvoir en souhaiter aux autres en termes définitifs ? Artémis y songeait, suivant mécaniquement l’Hadès dans les méandres de leur QG, petit soldat obéissant, ne s’étonnant même plus de sa capacité à entendre pareils aveux mortels de la bouche de camarades.

    La saveur pugnace et acide des dernières atrocités de la bataille de la Troisième tâche laissait aux abois son optimisme défait de son utopie chérie ; s’il n’avait pas douté des capacités de l’humain d’apporter aux siens le malheur, la preuve mortelle de sa véracité anesthésiait cette innocence qu’on lui prêtait par volonté mesquine.

    Son regard, de nouveau, coupa court aux réflexions de l’Hypnos, oscillant entre rêverie éveillée et méfiance dont la somnolence compassée se réveillait sous l’assaut des rétines sombres contre ses iris d’azur. Ses doigts s’enroulant mécaniquement autour de son poignet bandé, il attendit ; et ce qu’il entendit glisser des lèvres de l’Hadès eut cet effet ironique, drôle d’effet, de le surprendre, de le choquer. Aligner dans la même phrase son prénom et le verbe « apprécier » qu’il lui accordait avait quelque chose de… perturbant. L’animal renâclait sous les mots de son dresseur, ne comprenant pas les ordres qu’il recevait, flous et indistincts dans ses injonctions ; pourquoi, Seigneur, pourquoi l’avait-il fait venir ici ? Artémis n’attendait rien d’Amadeus mais appréhendait tout, et de cette appréhension relevait l’incongruité de ce compliment lancé du bout des lèvres, comme lâché pour mieux apaiser sa méfiance. Bien mal était de juger l’animal qui demeurait encore sauvage de ses dernières expériences.

    Le reste de son discours s’enchaîna de sorte à répondre à son interrogation latente, justifiant cet accès étrange pour l’Hadès : il ne faisait que constater sans pensée aucune pour une quelconque estime à l’endroit de l’Hypnos. Optimiste, naïf mais non utopique ; des années à ne pouvoir avoir foi en l’autre ne s’effaçaient pas d’une seule appréciation sur des caractères qu’il ne lui avait jamais accordé, même arrachés à la gorge. J’ai besoin d’une personne comme toi, qui me complète. Comme lui. Pour le choisir lui. En lieu et place de cette jeune fille tombée au combat ; parlerait-il avec ce même ton désaffecté, suffisamment poli pour demeurer respectueux, d’Auguste si, à son tour, il avait été… tué ? La pensée le fit frissonner dans cet étrange maelström qui empoisonnait son esprit, entre ces paroles qu’il n’avait même pas pu concevoir venant d’un personnage d’Amadeus, car c’était lui céder des qualités, et cette façon d’agir, cette façon d’être de l’Hadès qui ne cessait de le mettre mal à l’aise. Il n’attendait rien d’Amadeus mais appréhendait tout de lui.

    D’extérieur, il se contentait de soutenir le regard de l’Hadès, bien que de l’animal farouche il avait eu, et conservait, le regard étincelant de sa méfiance latente.

    « Elle vient de m…ourir. » La veille, seulement. Et de cette phrase légèrement cavalière, Artémis savait qu’elle n’était pas recommandée face à l’Hadès qui lui offrait ce poste que d’autres enviaient. Le privilège… Il s’ébroua, massa l’une de ses tempes en décrochant son regard de celui d’Amadeus. Elle vient de mourir. Et cette entrevue n’était jamais que l’illustration de l’expression « la vie continue ». Elle venait de mourir, mais le Cercle continuait de vivre. Ils étaient vivants. On ne pouvait pas le leur reprocher. Elle n’est même pas enterrée. « Elle… » Il hésita. « Tu ne p…enses p…as que c’est p…rématuré ? » Sa voix était éraillée, blessée de ses exercices devenus trop fréquents. « Je veux d…ire… »

    Passant une main dans ses cheveux, Artémis planta, cette fois de son initiative, son regard dans celui d’Amadeus. De lui l’Hadès avait bien dit qu’il avait une vision juste du monde ; il était temps pour lui de prendre ces armes qu’il avait dénigrées pour son propre confort, lâche. « C’est en c…ondamn…ant le monde qu’…on le dresse c…ontre lui-m…ême, et que la haine l’emp…orte sur l’est…ime. Ne vaut-…elle pas la p…eine d’att…endre son inhumation ? » Il ne le jugeait pas. Il cherchait à comprendre. Pour la première fois.
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