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You swim my secret oceans [PM]
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Amadeus Debussy
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Message Posté Dim 11 Déc - 14:33.
Of coral blue and red




STATUT DU SUJET : privé
NOM DES PARTICIPANTS : Hayleen & Amadeus
DATE : Début mai, après le bal clandestin
HEURE : aux alentours de 6h du matin
METEO : Nuit fraîche et claire
NUMERO ET TITRE DE L'INTRIGUE GLOBALE EN COURS : oo9
NUMERO ET TITRE DE L'INTRIGUE DU FORUM EN COURS : oo8
INTERVENTION DE DOMINUS TENEBRAE : non

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Amadeus Debussy
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Message Posté Dim 11 Déc - 15:13.



Un dernier baiser pour un regard plombé d'une tendresse alanguie, et je posais mes yeux fauves sur la silhouette divine et frêle de Delilah qui se relevait alors. Ses yeux clairs dans les miens m'arrachèrent un frisson d'extase, décuplé par la force de son sourire éthéré qui sublimait son visage angélique. Ma main caressant la sienne vint bientôt lâcher prise tandis qu'elle se rhabillait, frissonnante sous les crocs d'une brise matinale, avant de finalement tourner les talons et de s'enfuir. Je pus observer de longues minutes encore, l'ombre de mon amante se dirigeant vers l'école, ses longs cheveux d'or portés tel un manteau de soie se soulevant au rythme de ses pas pressés. Il n'y avait qu'ainsi que nous pouvions partager l'intimité légitime de deux amants épris ; nous endormant l'un contre l'autre quelque part dans les jardins aux herbes hautes, colorés de mille pigments floraux, et attendant que le soleil notre ennemi ne pointe ses premiers rayons pour nous enfuir. Ainsi je l'avais laissée partir en ce petit matin encore brumeux, car nous préférions tout de même mettre un point d'honneur à la sûreté : certes nous n'avions que peu de chance de croiser une tierce personne en cette heure si matinale, néanmoins nous avions opté pour la précaution. Protéger notre idylle passait aussi et surtout par la discrétion dont nous pouvions faire preuve, bien que je me doutais que la réalité nous rattraperait bien assez tôt. D'un soupir las, je finis par me redresser également après de longues minutes passées à rêvasser, sonates et Delilah en tête, sentant la fraîcheur d'une herbe humidifiée par la rosée sous mon dos nu et mes doigts conquérants. Frémissant sous la morsure fraîche d'un vent narguant ma peau nue, je me levai d'un bond d'un seul, ramassant d'un geste vif chemise et veste sommeillant sur la verdure humide. Ce fut donc tout en me rhabillant avec rapidité que je pris à mon tour le chemin de l'école, pestant contre les boutons de ma chemise que je peinais à mettre en place, passant de temps à autre une main nerveuse dans mes cheveux en bataille. Je n'avais clairement pas l'air d'un jeune homme ayant passé une nuit sage dans les dortoirs, mais bien pourvu d'un aspect débauché tant je paraissais débraillé. Ce n'était pas faute, pourtant, de me rhabiller correctement non sans maugréer contre ma veste indomptable, veste que je parvins enfin à endosser lorsque j'entendis derrière moi un raclement de gorge significatif.

Mon coeur loupa un battement sous ce bruit intrusif ; stoppant mes pas alertes je me raidis alors, avant de me retourner vers une silhouette de prime abord inconnue. Quelle ne fut pas mon agréable surprise et mon délicieux soulagement, lorsque j'aperçus Hayleen se diriger vers moi, sourire aux lèvres et regard taquin posé sur ma chemise déboutonnée. Reprenant mes esprits, je me hâtais de refermer les pans de mon vêtement avant de tenter vainement de recoiffer mes cheveux épars. « Qu'est-ce que tu fais debout à cette heure-ci ? » Une question qui n'était guère altruiste, mais qui relevait plus de ma crainte : nous avait-elle vus ? J'en doutais fortement... Néanmoins mes appréhensions avaient vite fait de surmener ma pauvre raison. Voyant que le regard malicieux de ma tendre amie se faisait intense et particulièrement appuyé, j'eus un soupir agacé avant de tourner les talons, fronçant les sourcils d'exaspération. « Ca va, oui j'ai dormi dehors et alors. Ca ne t'est jamais arrivé toi ? » Cette fois, je ne pus nier que ma question demeurait des plus étranges, comme s'il était tout à fait normal et quelconque que de passer une nuit à la belle étoile, alors que le soleil ne réchauffait pas encore pleinement les coeurs. Je souhaitais surtout faire passer mon apparition étonnante pour un fait surtout étonnamment banal, quand bien même je doutais que ma douce Hayleen ne se laisse facilement impressionner par ma mauvaise foi légendaire. Me retournant de nouveau vers cette dernière, j'aperçus surtout le châle très fin qu'elle portait sur ses épaules frêles, à peine capable de la réchauffer. Ôtant ma veste endossée avec tant de mal, je la posais sur la carrure frêle de la jeune fille avant de planter mes yeux fauves dans les siens, à présent quelque peu calmé. « Garde ça pour toi. » soufflais-je d'un timbre suave et dont la tonalité tirait bien plus sur la sollicitation au nom de notre amitié, qu'une quelconque menace qui serait alors bien malvenue.
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Hayleen R. Blackburn
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Message Posté Dim 11 Déc - 23:12.

Je ne suis pas du genre matinale. Non, loin de là. Se lever tôt, pour moi, est une vraie torture. Il vaut mieux d'ailleurs ne pas me croiser tant que je ne suis pas pleinement réveillée. On va dire que je suis plutôt de mauvaise humeur le matin. Certainement parce que j'aurais préféré dormir plutôt que de vous voir... Ainsi, me lever tôt n'est pas dans mes habitudes. Alors pourquoi étais-je dans les jardins de si bon matin?

En fait, j'avais passé une nuit épouvantable. Non pas à cause de mes camarades de chambre, Lila et ses amies ne sont pas une gène de ce côté là, au contraire elles ont été admirablement accueillante avec moi. Je suis simplement passée de cauchemars à insomnie, puis d'insomnie aux cauchemars, et ainsi de suite. 5:30. Marre de ne plus savoir quoi faire pour passer une nuit correcte, j'ai préféré m'aérer l'esprit. C'est ainsi que je me suis retrouvée dans le jardin volant à une heure pareille. Mais finalement, cela était loin d'être désagréable. La fraicheur du matin, frappant ma peau, me réveillait petit à petit. La rosée venait caresser mes pieds nus dans mes ballerines. Et mes yeux eurent le plaisir d'admirer le levé du soleil et ses couleurs chatoyantes.

Me retrouver seule dans un climat comme celui-ci m'aidait à réfléchir sur le choix que j'avais à faire. Et j'avais réellement besoin de moment pareil, car ce n'était pas une décision à prendre à la légère. Tout comme ce n'est normalement pas une décision à prendre seule et pourtant là je n'avais pas le choix... Même si Seth et Amadeus me soutiendrait peu importe mon choix, ils ne pouvaient décider pour moi. Rehaussant mon châle qui avait décidé de se faire la malle en glissant de mon épaule, j'aperçus une silhouette aux cheveux d'or se diriger vers l'entrée du château. Apparemment, je n'étais pas la seule à souffrir d'insomnie. Ce qui pouvait se comprendre avec le climat qui régnait à Beauxbatons depuis un mois... Je ne fis pas plus attention à l'inconnue et repris ma promenade à travers l'herbe fraîche. Seulement, après quelques minutes, c'est un jeune homme que je pus apercevoir un peu plus loin, sortir du même endroit que la blonde précédemment. Pas si insomniaque que ça en fait... Quelque part je les enviais un peu de pouvoir vivre une telle idylle, surtout par ses temps sombres. Pouvoir compter pour et sur quelqu'un avec l'Organisation qui rôde, ça ne pouvait que nous aider à tenir le coup.

En m'avançant, je finis par reconnaître qui se cachait derrière les traits du garçon. Amadeus? Mon Amadeus? Je ne me serais jamais doutée un seul instant qu'il s'agirait de lui. Surprise dans un premier temps, je décidai tout de même de l'accoster. Quitte à le mettre mal à l'aise, mais je voulais en savoir plus. Arrivée à hauteur du français, qui peinait à boutonner sa chemise et sa veste, je lui fis comprendre ma présence par le biais d'un légère raclement de gorge. Quelques secondes d'arrêt, avant que le jeune homme ne finisse pas se retourner. Instinctivement, mon regard vint se poser sur la parcelle de peau dénudé que laissait apercevoir la chemise déboutonné du charmant garçon et un sourire empli de malice vint esquisser mon visage fraîchement réveillé.

    « Qu'est-ce que tu fais debout à cette heure-ci ?
    - Bonjour, moi aussi je suis contente de te voir...
    »

Le jeune homme avait l'air aussi matinal que moi. Ou bien c'était simplement son envie de cacher son idylle nocturne. Bizarrement, je pencherais plutôt pour la deuxième option, même si je ne serais pas surprise d'apprendre qu'Amadeus était d'humeur massacrante au réveil. Le français fut quelque peu agacé par mon regard insistant et malicieux, car il tourna les talons en maugréant quelques mots.

    « Ca va, oui j'ai dormi dehors et alors. Ça ne t'est jamais arrivé toi ? »

Je ne pus retenir un rire en entendant mon bel Amadeus se justifier comme il pouvait. Malheureusement pour lui, j'avais aperçu sa compagne de nuit quelques minutes auparavant, je me doutais donc qu'il ne l'avait pas passé tout seul. Néanmoins, je m'arrêtai de rire lorsqu'il se tourna à nouveau vers moi, ne voulant le vexer davantage. Seulement, il eu l'air quelque peu calmé car il s'empressa de couvrir mes épaules avec sa veste lorsqu'il remarqua que je ne portais qu'un léger par dessus. Puis, posant son regard ambré dans le mien, il me murmura d'une voix tendre :

    « Garde ça pour toi. »

Comme si j'allais m'empresser de le dire à toute l'école. Bon, d'accord, je n'étais peut-être pas la reine de fidélité en ce qui concerne les ragots. Mais j'étais une amie loyale! Je savais extrêmement bien garder un secret! D'ailleurs, même ce que j'apprenais sur des gens que je n'appréciais pas, je le gardais pour moi. Bon, d'accord, juste le temps de savoir comment m'en servir! Mais il n'empêche que je n'étais pas ce genre de fille qui s'empresse d'aller raconter à tout le monde la première grande nouvelle à laquelle elle vient d'assister. Et puis je tenais trop à l'amitié d'Amadeus pour tout foutre en l'air de cette manière. C'est donc avec un sourire sincère que je lui fis comprendre qu'il pouvait compter sur moi pour que je ne révèle pas son idylle. De toute façon, je n'avais même pas idée de qui était cette fille.

    « Bien, mais alors il va falloir me donner un peu plus de détail. Comment elle s'appelle, ça dure depuis combien de temps, etc. Je veux tout savoir! Ce sera ma condition à ce que je garde ton secret. Petit sourire en coin, avant d'ajouter. Bon d'accord, je ne dirai rien même si tu ne veux rien me raconter, mais ce ne serait quand même pas très drôle! »

Je pris une petite moue boudeuse, histoire de bien lui faire comprendre que j'avais envie qu'il se confie à moi. Je lui avais avoué mon plus gros secret, alors je voulais qu'il comprenne qu'il pouvait en faire autant. Je voulais qu'il puisse compter sur moi, autant que je pouvais compter sur lui.
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Amadeus Debussy
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Message Posté Mer 14 Déc - 15:24.
« Bien, mais alors il va falloir me donner un peu plus de détails. » Je ne pus m'empêcher de froncer les sourcils sous la curiosité de Hayleen ; étant un jeune homme peu bavard, j'avais tendance à oublier que le monde entier ne me ressemblait pas fatalement. Il existait toujours ici et là quelques commères à la recherche d'informations croustillantes, ou encore quelques intéressés glanant des informations pour le plaisir personnel. C'était donc là la première requête de ma douce amie, mais une fois l'étonnement agacé passé, je ne pus que souffler un soupir résigné. Après tout, Hayleen demeurait une demoiselle : qu'elles soient extraverties ou réservées, toutes aimaient les potins même s'ils se devaient de rester secrets. Je ne pouvais donc pas en vouloir à la Serpentarde de se montrer aussi curieuse, bien que j'aurais mille fois préféré qu'elle se contente d'acquiescer docilement. Mais encore une fois, mes camarades ne pouvaient être tous à mon effigie (fort heureusement par ailleurs...), et je pouvais concevoir qu'elle trouve mon silence tout à fait insupportable. « Comment elle s'appelle, ça dure depuis combien de temps, etc. Je veux tout savoir! Ce sera ma condition à ce que je garde ton secret. » J'eus alors un bref sourire, figé entre l'amusement malsain et l'exaspération non dissimulée, tandis que je détournais mon regard rieur. Je n'étais pas amusé par son ingérence, je l'étais parce que je retrouvais là ma petite langue de vipère. Etrangement, cela me faisait beaucoup de bien... Par ailleurs aucune méfiance ne se lisait dans le fond de mes yeux fauves, même si garder ce fabuleux secret m'apparaissait comme vital. J'avais confiance en Hayleen, je crois... Cette dernière était devenue l'une de mes plus proches amies, néanmoins je n'avais jamais eu foi en la rigueur humaine. Certains secrets s'envolent des lèvres les plus closes, sur une simple inattention. Je ne voulais pas de ça. « Bon d'accord, je ne dirai rien même si tu ne veux rien me raconter, mais ce ne serait quand même pas très drôle ! » A ses dernières paroles malicieuses, je me fis pensif. Plongeant l'ambre de mon regard dans le sien non sans être quelque peu dissipé, j'humectais mes lèvres d'un rapide coup de langue, comme s'il m'était plus facile de laisser s'échapper mes aveux. Mais voulais-je seulement mon confier à ma douce amie, moi qui ne me confiais jamais à quiconque ? Pas même à ma tendre marraine, ou alors si peu... Je ne devais pas non plus oublier qu'Hayleen s'était bien confiée à moi concernant son bébé, et je ne pouvais que lui être reconnaissant d'accorder à ma personne autant de confiance absolue.

Tiraillé de l'intérieur, je ne savais plus que dire. Envieux de lui prouver ma réelle amitié, mais totalement inapte à me confier totalement, je vins vite trancher maladroitement. « C'était une fille d'une nuit, voilà tout. » Je haussai les épaules d'un geste qui se voulait léger, quand soudain j'entendis ma raison me rire au nez : Hayleen ne croirait pas ce mensonge, car elle n'ignorait pas que j'avais en horreur les filles faciles. Finalement, sous le regard à la fois accusateur et rieur de la Serpentarde qui me toisait comme on toise un enfant qui tente de cacher ses bêtises, je lâchai un soupir d'exaspération. « Je suis avec Delilah. » Un rapide coup d'oeil aux alentours pour une voix qui soudain se fait basse au même titre que mon regard se fait sérieux et implorant son silence, et voilà que je continue sur ma lancée par des aveux concis. « Mais personne ne doit savoir. Je suis censé être le fiancé d'Anastasie, et pas vivre une amourette dans son dos. Si mon père l'apprend, je suis bon pour comparaître devant le magenmagot pour atteinte à l'honneur. » Mes dernières paroles furent susurrées non sans un bref sourire en coin, car certes hyperboliques mais qui reflétaient bien les sentiments qui agiteraient mon paternel si cela venait à l'apprendre. Il crierait au scandale, me pousserait à m'excuser auprès des Debraie avant de déplorer ô combien j'avais terni le blason des Debussy par ce qu'il appelait une rupture de promesse. « On tient toujours parole, chez les Debussy : on la respecte quitte à sacrifier sa vie. » Et cette admirable noblesse devenait mes plus lourdes chaînes... « Je peux tenir une promesse, mais pas une promesse qu'on m'inflige. » ajoutais-je alors non sans froncer les sourcils avec gravité, parlant de mes fiançailles comme une sorte de damnation éternelle.
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Hayleen R. Blackburn
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Message Posté Dim 18 Déc - 0:36.
    « C'était une fille d'une nuit, voilà tout. »

Le garçon en face de moi aurait été quelqu'un d'autre qu'Amadeus, je me serais dit pourquoi pas. Ayant souvent fait de même, cela n'avait rien de choquant pour moi. Mais sachant l'aversion du français pour les filles faciles, je restais dubitative... Pouvait-il à la fois haïr une chose et en profiter ? J'observais alors le jeune homme avec insistance, alors qui tentait vainement de me faire croire que cette fille n'était pas importante pour lui. J'étais presque vexée qu'Amadeus ne veuille se confier à moi et préfère me mentir. Finalement, dans un soupir, le jeune homme lâcha le morceau.

    « Je suis avec Delilah. »

Je suis ? Ce n'était donc bien pas qu'une histoire d'une nuit ! Je souris alors au jeune homme, contente qu'il ait fini par m'avouer la vérité.
Étrangement, je sentis une pointe de jalousie naître au fond de ma poitrine. Comme une envie de n'avoir l'attention du garçon que tournée vers moi. Possessivité maladive ? Égoïsme pure ? Certainement les deux. J'avais toujours eu cette difficulté à partager ceux à qui je tenais. Ayant vécu dans un contexte familial assez particulier, c'est-à-dire que toute mon enfance je l'aie passée exclusivement avec les Blackburn, petite, j'étais enfermée dans une bulle. Alors lorsque arriva le moment où nous avons dû nous intégrer au reste de la société, j'eus quelques difficultés à laisser des inconnus tisser des liens avec mes cousins. Je ne les voulais que pour moi, les autres n'avaient pas le droit de les approcher. Et je trouvais ça normal, puisqu'ils étaient MA famille, ils m'appartenaient à mes yeux, alors que ces inconnus n'avaient aucun lien avec eux, donc aucun droit de devenir proche d'eux. Voilà pourquoi encore aujourd'hui j'ai du mal à laisser quelqu'un être plus proche que moi d'une personne que j'affectionne.

    « Mais personne ne doit savoir. Ses murmures finirent par me sortir de mes pensées. Alors je reportai mon attention sur le jeune homme. Je suis censé être le fiancé d'Anastasie, et pas vivre une amourette dans son dos. Si mon père l'apprend, je suis bon pour comparaître devant le magenmagot pour atteinte à l'honneur. »

Il est vrai que le français avait été fiancé par sa famille à la fille Debraie. J'en avais eu vent dans les couloirs, notamment après l'histoire entre Auguste et Amadeus au réfectoire. Je comprenais mieux pourquoi il voulait que son histoire reste secrète. Beaucoup de personne dans son cas, fille comme garçon, ne s'en serait certainement pas soucié. Ils auraient vécu leur idylle au grand jour, quitte à ruiner la vie sociale de la pauvre fiancée, ou du pauvre fiancé. Je trouvais la façon de réagir d'Amadeus plutôt noble. Bon peut-être qu'en réalité, il faisait cela simplement pour ne pas avoir sa famille à dos, mais bien vite le jeune homme chassa cette idée de ma tête.

    « On tient toujours parole, chez les Debussy : on la respecte quitte à sacrifier sa vie. »

Amadeus avait eu une réaction tellement différente de la mienne lorsque mes parents m'avaient choisi un fiancé. Moi, j'avais préféré tenir tête à mes parents, quitte à ne plus leur parler, mais je ne pouvais me résigner à épouser quelqu'un pour qui mon cœur ne battait pas. De toute façon, ils m'avaient tellement déçu par leur comportement que je n'aurais jamais pu l'accepter, même si j'avais aimé la personne qu'ils m'auraient choisi. Je n'aurais jamais imaginé qu'ils pouvaient un jour me faire une chose pareille. Je ne voulais plus jamais les voir. Durant des mois, je ne leur avais plus donner de nouvelle.
A l'inverse, Amadeus prend sur lui. Il accepte ces fiançailles pour ne pas décevoir sa famille. Enfin il accepte... contraint et forcé. Il prend même en compte la réputation de celle à qui il est promise. Personnellement, j'en voulais autant à l'homme que j'étais censée épouser qu'à mes parents. Pourtant, je connaissais Cesare depuis mon enfance, c'était un ami. Mais à cause de cette histoire, je ne voulais même pas lui en parler. Chose idiote, mais j'ai préféré me renfermer vis-à-vis de lui, alors que j'osais clamer haut et fort à mes parents que je détestais ce qu'ils avaient osé me faire.

    « Je peux tenir une promesse, mais pas une promesse qu'on m'inflige. »

Subir des fiançailles forcés n'était pas une chose facile. Mais les assumer était encore pire. J'aurais voulu aider Amadeus, mais j'en étais incapable. Je comprenais finalement ce qu'avait du ressentir mon ami lorsque je lui avait parlé de ma grossesse. Ce n'était pas simple de réussir à dire ce qu'il fallait pour aider ses proches. Je sentais que ces fiançailles lui pesaient. Je lui aurais bien dit de faire comme moi, mais quelque chose me disait que si Amadeus avait pu le faire, il l'aurait déjà fait. En tout cas, je ne comprends toujours pas comment des parents peuvent faire ça à leurs enfants...

    « Je ne dirai rien.. »

Cette fois-ci plus une once de rire ou de sourire ne s'affichait sur mon visage. Mon expression était devenue beaucoup plus sérieuse. Le sujet n'avait rien de drôle. Je voulais faire comprendre à mon Amadeus qu'il pouvait me faire confiance et que même dans mes plans les plus diaboliques je n'utiliserais cette information.

    « Au moins, tu as quelqu'un pour t'aider à supporter la situation.. »

Je savais à quel point il était important d'avoir quelqu'un pour nous épauler dans une situation difficile. Avoir quelqu'un de vraiment proche sur qui on pouvait se reposer, même ne serait-ce qu'un court instant, était presque vital. Alors j'étais contente que Delilah soit là pour l'aider à traverser tout ça !
Un silence finit par s'installer. Constatant que l'atmosphère n'était pas des plus joyeuses, je cherchai quelque chose qui puisse la détendre. Essayer de faire de l'humour ? Ça n'avait jamais été vraiment mon point fort. Mais pourquoi ne pas tenter ? Mais encore fallait-il savoir sur quel sujet basé cet humour. Sur quelque chose qui m'arrivait ? A part ma grossesse, il ne m'arrivait pas grand chose de palpitant, et encore heureux parce que c'était quand même un phénomène assez imposant. Mon regard finit par se poser sur la courbe de mon ventre qui se dessinait parfaitement sous mon débardeur.

    « Ca y est... Je deviens grosse. Je ne ferais envie à plus personne.. »

Après un peu plus d'un mois de grossesse, c'était peut-être exagéré, mais mon ventre avait quand même légèrement enflé. En attendant, l’auto-dérision était un moyen d'accepter la situation. Oui, j'avais finit par accepter le fait que je sois enceinte et que cela changerait ma vie. Que cela avait même déjà changé ma vie. Petit à petit, cet être finissait par prendre de l'importance pour moi et l'idée de le garder devenait plus présente.
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Amadeus Debussy
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Message Posté Dim 18 Déc - 1:23.
A la mimique sérieuse de mon Hayleen qui effaça son sourire mutin pour mieux dessiner un froncement de sourcils délicat, je ne pus nier que je me sentais soulagé. Soulagé d'avoir pu partager un secret si lourd à porter, si lourd et pourtant si beau, que je trouvais bien injuste de en pouvoir en parler à personne. Je ne pouvais en souffler mot à quiconque, louer la beauté de ma Delilah, vanter la grâce de sa silhouette, avouer oh combien j'étais amoureux de ses rires et des ses monceaux de sourires creusant deux fossettes dans ses joues rosées. J'accueillais donc ma belle Hayleen comme confidente ; ce qui en vérité la hissait au rang de statut très privilégié puisque même mon meilleur ami Hugo n'était ni au courant de mon idylle secrète, ni ne pouvait se vanter de me servir de confident. Et certes, je ne polluerais pas l'esprit de la jeune Serpentarde en lui infligeant mes mots d'amant transi, mais je pouvais toujours lui glisser parfois ici et là que j'avais vu ma Delilah la semaine dernière, que nous avions refait le monde, et que je me sentais important pour quelqu'un. Oh bien sûr je n'étais pas aveugle et stupide au point de me sentir transparent et inutile aux yeux de Hayleen, bien au contraire j'avais conscience de ce lien fort qui nous unissait. Celui qui faisait que je prenais soin d'elle et que je portais un regard attendri et protecteur sur l'enfant qu'elle couvait. Un peu comme un père de substitution en quelque sorte, mais sans l'amour physique qu'un couple devait se porter. Néanmoins donc, je faisais la part des choses entre amourette et amitié puissante : j'étais important pour Delilah, dans le sens où j'habitais sans cesse son coeur et son esprit. Du moins je l'espérais... J'étais important pour mon Hayleen dans une autre et moindre mesure ; nous reposions nos liens sur une affection tendre mais qui n'avait rien à voir avec le domaine des nobles sentiments. Là donc résidait toute la différence.

J'étais soulagé, également, de voir combien mon amie m'inspirait confiance. Car à la vue de ses yeux satinés se peignant de compréhension, je compris qu'elle ne me trahirait pas. Aussi je ne pus que lui offrir un bref sourire charmeur lorsqu'elle approuva ma requête de quelques mots qui allégèrent mon coeur un peu trop méfiant. Et à sa réaction compréhensive, elle ajouta alors quelques mots chaleureux auxquels je ne m'attendais pas. « Au moins, tu as quelqu'un pour t'aider à supporter la situation.. » En guise de réponse, je plongeai mes yeux fauves dans les siens, presque inquiets, avant de susurrer avec conviction quelques paroles sincères. « Et je t'ai toi. » C'était suffisant, largement. Je n'avais pas besoin de ces adultes dans lesquels je n'avais pas confiance, ma marraine exceptée. J'avais besoin d'eux : mes peu nombreux mais réels amis. A cette pensée, j'eus un pincement au coeur lorsque je me remémorais que Hayleen était de Poudlard : tôt ou tard elle quitterait Beauxbâtons pour rejoindre les siens. Et même si je l'espérais sincèrement pour elle, cette vision d'une école sans Hayleen m'apparaissait comme étrange. Finalement, je posai un baiser sur son front blanc comme pour sceller la tendresse et la confiance mutuelles qui nous unissaient, avant de laisser un silence douloureux s'installer.

Je supposais dans les yeux de Hayleen, qu'elle aussi connaissait les affres des fiançailles, la lourdeur des chaînes, la pénibilité d'un poids que l'on traîne et qui se nomme « injonction familiale ». Préférant ne pas aborder le sujet de nouveau, je restais taciturne sans vraiment savoir quoi lui dire. Lui parler de Delilah ? Certes non, sinon la belle Serpentarde m'aurait posé mille questions. Aborder le sujet du bébé ? Délicat, peut-être... Résigné et agacé contre moi-même, j'osais un soupir bref avant de tourner la tête, songeur. Vraiment, il me fallait travailler ma sociabilisation, quitte à sortir des discussions banales et inintéressantes... « Ca y est... Je deviens grosse. Je ne ferais envie à plus personne.. » J'arquai un sourcil d'étonnement avant de poser mes yeux incandescents sur la jeune fille, comprenant après de longues secondes qu'elle aussi, tentait de désamorcer la délicate situation. Un bref rire s'échappa de mes lèvres, lorsqu'enfin je portais mes rétines pénétrantes sur le ventre de la demoiselle : il était vrai qu'il avait quelques formes, néanmoins elles m'apparaissaient comme fertiles et délicieuses. « Ne dis pas de bêtises. Les femmes enceintes sont toujours magnifiques. » Et sans la prévenir de mon geste incongru, je posai ma main attendrie sur son ventre tendu et légèrement courbé. « Et même si tu ne faisais plus envie à personne, ce ne serait pas plus mal. » Une remarque quelque peu pointue pour lui faire comprendre de nouveau que je n'aimais pas vraiment ces attitudes puériles d'aller papillonner un peu trop souvent, goûtant aux lits de multiples garçons pas forcément recommandables. Car en vérité, j'ignorais totalement si Hayleen continuait sa vie de débauche ou non : sa vie sexuelle ne me regardait pas, néanmoins je m'en préoccupais un peu plus depuis que je lui avais promis de l'accompagner dans sa grossesse. « Tu as pensé à un prénom au fait ? » soufflais-je avant d'ôter ma main.
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Hayleen R. Blackburn
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Message Posté Dim 18 Déc - 11:24.
    « Et je t'ai toi. »

Ces quelques mots me firent chaud au cœur. Savoir que j'avais une place si importante pour mon Amadeus, ne pouvait que me combler. Nous avions fini par tisser un lien très fort, au même rang que celui que j'entretenais avec Seth, et ce n'était pas rien. Même si les deux étaient différents. Avec Seth c'était extrêmement fusionnel, comme si nous étions les deux moitiés d'une même personne, je le percevais plus comme mon jumeau que comme mon cousin. Avec Amadeus c'était différent. Nous nous portions une confiance mutuelle, nous nous ressemblions sur certains aspects, ce qui nous avait rapproché au début, nous étions le confident de l'autre, nous voulions tout faire pour que l'autre aille mieux. Il était à la fois mon confident, mon ami avec qui je pouvais discuter de pratiquement tout et qui me ferait oublier l'horreur de la situation, et en même temps une sorte de père pour mon enfant, au vu de sa façon de me protéger, de le protéger, de prendre des nouvelles, etc. Réellement, Amadeus était quelqu'un de vraiment très important à mes yeux.
Finalement, le jeune homme vint déposer un baiser sur mon front, comme pour me remercier d'être là pour lui, de pouvoir reposer sa confiance sur moi. Cela me fit très plaisir. Pour seule réponse, je ne trouvais rien de mieux que de lui sourire. Je savais mon ami peu porté sur les contacts physiques et il en faisait déjà beaucoup à cet instant, alors il valait mieux ne pas trop le perturber en continuant sur cette lancée.

Puis, un silence s'installa. La discussion n'était pas des plus plaisantes, alors forcément nous finîmes par ne plus savoir quoi dire pour ne pas gêner l'autre. Je m'essayai donc à l'auto-dérision, en tournant ma grossesse en dérision. Loin de moi l'idée de réellement vouloir plaire à quelqu'un dans l'état où j'étais. Accueillant cette grossesse comme un coup de massue, je m'étais résolue à ne plus batifoler d'homme en homme. Cependant, ma « blague » eu l'effet escompté puisque le jeune homme laissa un rire s'échapper de ses lèvres. Quelle douce mélodie. Je ne pus qu'en sourire avec joie.

    « Ne dis pas de bêtises. Les femmes enceintes sont toujours magnifiques. »

Alors que je l'écoutais attentivement, Amadeus vint poser sa main avec tendresse sur mon ventre légèrement courbé. Surprise par ce geste, puisqu'étant le premier à le faire, je le laissai tout de même placer sa main. Je sentais la chaleur de sa paume pénétrer ma peau. Si j'avais été plus avancée dans ma grossesse, j'aurais été certaine que l'être qui dormait dans mon ventre l'aurait senti.

    « Et même si tu ne faisais plus envie à personne, ce ne serait pas plus mal.
    - Hé bien sachez, Monsieur le remonteur de bretelle, que tout ça c'est terminé pour moi !
    »

Je levai la tête dans un léger soupir, pour montrer que j'étais bien au dessus de tout cela. Plus sérieusement, je comptais réellement arrêter toutes ces bêtises. Quitte à perdre mon pari ? Cela faisait belle lurette que je ne faisais plus cela pour le pari. J'y avais prit goût et je ne pensais même plus à lui lorsque j'essayais de faire tomber un homme dans mes filets. Je m'étais entraînée toute seule jusqu'en enfer. Je n'étais tombée enceinte que par ma faute. A présent, je voulais essayer de me reprendre en main.

    « Tu as pensé à un prénom au fait ? »

Sa question me frappa de plein fouet. Je n'y avais jamais pensé. De toute façon, ne penser ne serait-ce qu'à lui donner un nom, cela revenait à assumer ma grossesse, à faire d'elle quelque chose de réel. Chose que je n'avais pas encore accepter il y a quelques semaines. Mais à présent qu'il me posait la question, j'avais déjà la sensation d'avoir mon bébé en main, comme si cette question concrétisait ma grossesse. Un frisson vint parcourir mon corps. Je ne m'attendais pas à avoir une telle réaction pour une simple question.

    « En fait... non. Est-ce que c'est une bonne idée de mettre un nom sur une chose qu'on n'est pas sûr de préserver ? Pourtant l'idée de le garder me hante l'esprit depuis quelques jours, mais si finalement je décidais l'inverse, ce serait encore plus déchirant si je lui avais donné un nom... tu ne crois pas ? »

En fait, cette question me bouleversait quelque peu. Pourtant, elle n'avait rien de malsain. Après tout, un nom n'est qu'un nom. Mais ça rendrait cet être si réel, que cela me perturbait. Je n'étais pas encore tout à fait prête pour l'assumer. Je pensais l'avoir fait, mais en réalité je me trompais. Ou bien n'était-ce que la peur qui m'envahissait ? J'étais perdue dans mes émotions. Je n'arrivais pas à distinguer ce que je ressentais réellement. Et c'était plutôt perturbant.

    « Je crois que j'ai simplement peur de lui donner un prénom, parce que ce serait l'accepter et accepter de le garder. »
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Message Posté Mar 20 Déc - 17:03.
Cette première nouvelle m'arracha un haussement de sourcils à la fois surpris et taquin, car je peinais à croire qu'Hayleen laissait tomber la joie de la chair et devienne aussi sérieuse. Pris au dépourvu, je ne pus que lui offrir un bref sourire suivi d'un hochement de tête ; dans le fond j'appréciais ouvertement son changement d'attitude. Ne fut-il que pour neuf mois, le temps que peut-être, elle garde son enfant, au moins elle pouvait goûter à une vie plus saine. Je ne prônais pas non plus les longues idylles dont la passion s'évaporait avec le temps, moi-même avais-je déjà connu de courtes histoires... Cependant jamais je n'avais pris d'amantes pour une nuit, à une exception prêt. Il était donc vrai que si j'appréciais énormément Hayleen, une part de moi-même avait toujours méprisé cette manie qu'elle avait de papillonner de lit en lit. Vraiment, je ne voulais pas être moralisateur mais... « Tu fais bien. » soufflais-je d'un souffle suave dans un regard sérieux. Dire que je me permettais de juger certains pans de vie des autres alors que je n'étais loin d'être moi-même un modèle... Dire que je me fichais totalement du retour ironique que cela procurait, aussi. Pourtant, ce n'était pas faute d'entendre dire de la part de mes plus proches amis qu'il me fallait parfois me radoucir, voire même essayer de m'ouvrir d'avantage aux autres et de les écouter exister. Fait qui n'était pour moi pas si évident, tant je me savais particulier sur ce point : mon égocentrisme allié à ma passion musicale et une façon de pensée marginale, m'empêchaient de voir le monde à leur manière. Les autres m'importaient peu, et j'avais parfois énormément de mal à accepter l'idée qu'ils faisaient partie de mon univers tant je les voyais comme des spectres souvent indésirables. Preuve en était que même pour ma douce Hayleen, je n'avais pas encore complètement en tête son problème du moment : garder l'enfant ou non ? Car étrangement, je m'étais mis dans l'idée que je l'aiderais dans sa grossesse, et l'idée qu'elle n'avorte ne m'avait pas même effleuré l'esprit. Ce dilemme était pourtant la préoccupation première de ma tendre amie, et c'était dans ces instants précis, quand inapte à recueillir l'entier malheur des autres, je m'insupportais. Un peu. Pas beaucoup, pour être honnête. Je me rendis compte de l'ampleur de mon erreur lorsque je pus lire le chagrin dans les yeux de Hayleen, car je parlais comme si cette dernière avait déjà fait son choix. « En fait... non. Est-ce que c'est une bonne idée de mettre un nom sur une chose qu'on n'est pas sûr de préserver ? Pourtant l'idée de le garder me hante l'esprit depuis quelques jours, mais si finalement je décidais l'inverse, ce serait encore plus déchirant si je lui avais donné un nom... tu ne crois pas ? » « Si... » Légèrement troublé par ses mots fébriles, je déglutis difficilement avant de reprendre non sans hocher la tête. « Si, bien sûr. » Bien sûr qu'elle avait raison, et moi l'imbécile apathique n'avait pas encore compris oh combien cette décision lui pesait. « Je crois que j'ai simplement peur de lui donner un prénom, parce que ce serait l'accepter et accepter de le garder. » « Je pensais que tu avais déjà fait ton choix, je ne voulais pas te blesser. » Je me tus un instant, tentant de trouver une solution pour ma tendre Hayleen qui semblait encore si confuse. Il lui fallait une réponse radicale, spontanée, de celles qui lui ferait prendre une décision rapide... Aussi, j'inspirais un bon coup et plongeai mes yeux fauves et pénétrants dans les siens, quand solennel et sérieux j'entrepris quelques terribles projets. « Je peux t'obtenir une potion qui t'aidera à te débarrasser de l'enfant. C'est rapide et sans douleur... Et je peux te l'obtenir maintenant. Après, ça sera trop tard car elle doit être prise durant la nouvelle lune. » Douce Hayleen, quel est ton choix ?
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Message Posté Dim 8 Jan - 1:33.


J'étais troublée. Je savais pertinemment que plus les jours passaient, plus l'être qui grandissait en moi devenait de plus en plus réel. Pourtant, il m'effrayait encore. J'avais peur de ce qui m'attendrait une fois ce nourrisson venu au monde, comment ma vie allait changer. Mais, j'étais idiote. Ma vie avait déjà changé. Depuis le jour où, attendant durant des minutes qui me parurent les plus longues de ma vie, je finis par lire le résultat positif sur ce bâton bleu et blanc. Depuis ce jour, tout avait changé. Ma vie avait changé et j'avais moi-même changé. Peu importe ma décision finale, ma vie avait changé pour toujours. Je ne redeviendrai jamais cette Hayleen frivole et immature que j'avais pu être auparavant. Cette grossesse m'avait fait grandir. Peut-être était-ce une bonne chose au final.

    « Je pensais que tu avais déjà fait ton choix, je ne voulais pas te blesser. »

Les mots d'Amadeus me sortirent de mes pensées. Je l'avais mis mal à l'aise, et ce n'était pas mon intention. Je m'en voulais quelque peu de l'avoir mis dans cette position. Voilà pourquoi je préférais garder mon mal être pour moi, je n'aimais pas voir mes proches se sentir mal pour moi et s'inquiéter. Je sais, la plupart du temps, je suis égoïste, je n'en aie rien à faire des sentiments d'autrui. Seulement, avec mes proches c'est différent. Une double personnalité? Non. Une double facette? Oui, plus ou moins. Je dirai plutôt qu'il est normal que je n'accorde aucune importance à ceux qui me sont indifférents ou qui ne me connaisse que superficiellement. Pourquoi m'inquiéter pour eux, alors qu'ils ne le feraient pas pour moi? Je n'ai aucune gène là dessus. Cependant, voir mon ami aussi soudainement sérieux me gênait. Je ne voulais pas qu'il s'inquiète. Mais il était trop tard. Son regard plongea avec sérieux dans le mien, puis d'une voix grave me dit...

    « Je peux t'obtenir une potion qui t'aidera à te débarrasser de l'enfant. C'est rapide et sans douleur... Et je peux te l'obtenir maintenant. Après, ça sera trop tard car elle doit être prise durant la nouvelle lune. »

Mon ventre se serra. Je ne m'attendais à me retrouver ainsi devant le fait accompli. Il y a encore une semaine, j'aurais accepté sa proposition. Mais aujourd'hui j'hésitais. Pourquoi? Moi qui ne voulait tellement pas de cet enfant, pourquoi avais-je cette sensation étrange à l'évocation de m'en débarrasser. Mes yeux cherchèrent dans ceux d'Amadeus une quelconque réponse à sa proposition. J'aurais voulu qu'il réponde à ma place, qu'il choisisse à ma place ce que je devais faire. Malheureusement, ce n'était pas à lui de le faire. Par la barbe de Merlin, que choisir?

Je compris alors que j'étais vraiment seule dans cette épreuve. Même si Amadeus voulait m'aider du mieux qu'il pouvait, même si Seth me soutenait, aucun d'eux ne pouvait m'aider dans mes choix. J'étais seule. Seule jusqu'au bout. Je serais seule face à l'accouchement qui m'attendrait. Je serais seule pour élever au quotidien cet enfant. J'aurais beau avoir tout le soutien du monde, cet enfant n'aurait pas de père pour m'assister tous les jours et toutes les heures. J'étais seule et pourtant au fond de moi, l'idée d'être deux commençait à germer. J'étais seule, mais en réalité nous étions deux. Et si la force que j'avais besoin pour l'élever, n'était justement pas le fait qu'elle/il soit là. Et si sa seule présence m'aiderait à me battre pour m'en occuper. C'était une responsabilité énorme, mais cet enfant serait mon but. Pour la première fois de ma vie, je ne penserais plus par "je", mais par "nous".
Mes yeux n'avaient toujours pas quitté le regard pénétrant de mon Amadeus. Il fallait que je fasse un choix, il fallait que je lui donne une réponse. Oui, il était temps de choisir. Je ne pouvais plus continuer à me torturer l'esprit de la sorte, il fallait que je choisisse une bonne fois pour toute. Lentement, une perle d'eau vint ruisseler sur ma joue. Ma décision était capitale pour mon avenir. J'étais effrayée à l'idée de faire le mauvais choix, mais il fallait que j'en fasse un. Une autre larme coula.

    « Je... ne peux pas... Je ne peux pas le tuer. Je vais... le garder. »

Ça y est, je l'avais dit. J'avais fait mon choix. Pourtant, les larmes continuaient à couler sur mes joues. Cette décision était tellement importante que je ne pouvais intérioriser tout ce que je ressentais. Instinctivement, mes mains étaient venues se blottir contre mon ventre. Geste inutile, puisque je ne pouvais aucunement ressentir l'embryon à ce stade de la grossesse. Mais inconsciemment, j'en avais besoin.
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Message Posté Dim 15 Jan - 14:33.
Ses yeux plantés dans les miens brillèrent de mille éclats funestes dans un dernier appel à l'aide. Mais je ne pouvais, hélas, lui être d'aucun secours : elle était seule face à cette douloureuse décision, seule à pouvoir choisir entre garder une vie ou la perdre, seule face à l'immensité béante de cette éprouvante épreuve. Je demeurais ainsi taciturne malgré l'intensité de mes yeux fauves qui ne la lâchèrent pas, car même dans ce moment fatidique où je la mettais devant le fait accompli, je désirais qu'elle sache que je serais là pour elle. Même dans ses instants de solitude, il voguerait toujours autour d'elle mon ombre, floue ou indistincte qu'importe, tant que je lui promettais d'être toujours présent. Mais il y a bien malheureusement des choix qu'on ne peut faire que seul, et je m'évertuais à la faire réagir pour qu'enfin Hayleen ne sorte de sa torpeur. Je peinais à imaginer cette angoisse qu'elle logeait au creux de son ventre, trop apathique et suffisamment froid pour ne pas m'accommoder de la souffrance des autres, je ne pouvais que supposer la douleur qui la traversait en l'instant. Et j'attendais calme et posé qu'elle ne fasse enfin son choix, mes prunelles vives cherchant à lui arracher ne serait-ce qu'un ersatz de réponse, une décision avortée, une appréhension murmurée sur le bout de ses lèvres blêmes. Mais le silence se fit tenace tandis que la belle Hayleen se noyait dans ses propres ténèbres, l'esprit filandreux et le coeur aux abois ; quand soudain quelques paroles s'élevèrent comme un clairon résigné : « Je... ne peux pas... Je ne peux pas le tuer. Je vais... le garder. » J'eus pour toute réponse, une main galante qui plongea dans la poche de mon costume impeccable avant d'en ressortir un mouchoir brodé dans un fin tissu blanc, le tendant alors à la jolie brune au regard humide. « Tu as fait ton choix. » Et je l'observais à la pointe de mon regard que tant de personnes trouvaient glacial et glaçant, pourtant il y brillait cet éclat admiratif envers la jeune anglaise ; cette dernière allait être mère, allait élever son enfant sans un père à ses côtés, et devait continuer l'éprouvant combat quotidien que nous imposait l'Organisation. « Hayleen... » Ses yeux humides se posèrent sur moi dans un dernier cri muet de détresse, et mes paroles restèrent bloqués dans l'étau féroce de ma gorge, refusant d'en sortir. J'avais pourtant cette envie presque déplacée de l'intimer de rester en dehors de cette histoire de combats, qu'elle ne s'en mêle pas et qu'elle se mette à l'abri, elle et l'enfant. Les temps qui couraient n'étaient pas faits pour une mère célibataire, trop dangereux pour ne pas menacer la vie du petit être qu'elle portait... Mais je ne parvenais pas à lui susurrer de tels propos : trop combatif et engagé, je pouvais concevoir qu'Hayleen souhaitait elle aussi se battre jusqu'au bout, enfant ou pas. Arborant finalement un sombre rictus, je finis par la taquiner : « Si tu ne dis rien pour Delilah et moi, je ne dirais à personne que même la grande Hayleen Blackburn a des sentiments. » Et mon amusement de se faire sentir lorsque je lui adressai ce regard fier ; je me souvenais de notre première rencontre, lorsque la demoiselle se disait être la petite reine de Serpentard. Mais laisse-t-on couler ses larmes, lorsqu'on se sait souveraine ? Je me demandais alors, si la belle Hayleen ne s'enfermait pas parfois dans des rôles de diva lui prêtant une certaine froideur, alors qu'elle ne demandait qu'un peu plus de chaleur humaine. Je frissonnais alors, presque de dégoût, tant toutes ces histoires sentimentales n'étaient pas pour moi. Vraiment pas.
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Message Posté Lun 16 Jan - 22:11.
Sous le choc de la réponse que je venais de donner à mon ami, je ne trouvais rien de mieux à faire que de laisser, une fois de plus devant lui, couler mes larmes. Plongeant sa main à l'intérieur de sa veste, Amadeus finit par me tendre un mouchoir en tissu brodé. D'un signe de tête je le remerciai, avant de prendre en main le tissu et venir essuyer les larmes qui coulaient sous mes yeux. Deux fois que je pleurais devant Amadeus. Quel chanceux! oupas Allait-il être obligé de supporter mes larmes à chaque fois? J'espérais que non. Loin de moi l'envie qu'il me voit comme une pleurnicheuse. Même s'il devait se douter que dans cette situation, c'était légitime.

    « Hayleen... »

Mes yeux, à moitié caché par le mouchoir, se posèrent sur le visage admiratif du jeune homme. Il avait l'air de vouloir me dire quelque chose, pourtant ses lèvres restèrent muettes. S'il s'était résolu à ne pas en dire plus, je n'allais pas le forcer à m'en dire davantage. Alors je le laissai me regarder sans un mot. Quelle belle égoïste je faisais tout de même. Nous parlions de sa relation avec Delilah Setton et j'avais quand même réussi à ramener la conversation à moi. C'est quelque peu étrange de se dire que c'est ancré jusqu'à mon inconscient. Pourtant, quelque chose me disait que j'allais finir par changer. Rien que mon choix tendait à prouver je réfléchissais pour quelqu'un d'autre que ma propre personne. De toute façon, bientôt je n'aurais plus le choix. D'ici huit mois se tiendrait dans mes bras mon enfant. Je ne pourrais plus alors penser qu'à moi.
Finalement, un sourire malicieux vint dessiner le visage du bel Amadeus. Sombre présage en perspective? Au moins, je savais que le jeune homme s'apprêtait à dire quelque chose de bien moins sérieux qu'auparavant.

    « Si tu ne dis rien pour Delilah et moi, je ne dirais à personne que même la grande Hayleen Blackburn a des sentiments. »

Lui assénant un léger coup de coude dans les côtes, un sourire s'esquissa sur mon visage, tout juste remit de ses émotions. Je préférais tellement plus rire avec lui, que de le voir supporter mes pleurs. Mais il avait raison, j'avais des sentiments, bien que cacher pour la plupart, de peur de souffrir à nouveau. Il est vrai qu'Hayleen Blabkburn n'était pas réputée pour faire dans le sentimental. Au contraire, j'étais plutôt réputée pour me jouer d'eux et les manipuler à ma guise.

    « Me voilà bien cernée. Je ne crois pas avoir d'autres choix que de me plier à ta volonté! »

Amusée, je tendis mes deux mains serrées l'une contre l'autre vers mon camarade, caricaturant des mains menottées, et symbolisant ainsi ma défaite avec ironie. Ce que j'aimais avec Ama', c'est qu'il avait le don de faire disparaître ma détresse et me redonner le sourire en deux secondes. Son côté solitaire et peu enclin à recevoir ou donner toute formes de sentiments devaient certainement jouer là dessus, puisqu'il ne devait pas apprécier autant d'élan émotionnel et préférait sûrement les voir disparaître au plus vite. Mais cela ne me dérangeait pas, car, malgré tout, il savait m'écouter et, bien que franc, il arrivait à me dire ce que j'avais besoin d'entendre, en bien comme en mal.
Je finis par sortir ma baguette de ma poche et la pointer sur le mouchoir en tissu d'Amadeus que je tenais en main. D'un murmure, je lançai un sortilège de récurvite pour nettoyer le mouchoir de mon ami. Je m'approchai alors pour le lui rendre, avant de déposer un baiser sur sa joue. Je voulais le remercier pour tout ce qu'il avait fait pour moi jusqu'à maintenant. Peut-être trouverait-il que ce n'était pas nécessaire en comparaison de la maigreur de ses actions. Mais ses mots et ses gestes avaient énormément agis sur mon moral et mes choix.

    « J'ai entendu des voix... J'suis sûr que ces morveux sont encore en train de manigancer quelque chose!!
    - T'excites pas trop... Ça s'trouve, c'est que ton imagination!
    »

L'Organisation?! Je les aurais presque oubliés ceux-là... Zut! Il ne fallait pas qu'il nous trouve. J'avais tout sauf envie de me retrouver nez à nez avec eux. La dernière fois que c'était le cas, ce fut lors de leur interrogatoire pour dénicher les résistants qui avaient libéré les prisonniers. Et je n'en gardais pas un agréable souvenir. Bien que l'idée de leur botter le derrière me démanger grandement. Mais ce n'était absolument pas le moment. Je pris alors Amadeus par la main pour l'emmener le plus vite possible au milieu d'un tas de buisson. Quelques branches vinrent érafler ma peau, mais je préférais de loin endurer cela plutôt que les sortilèges de l'Organisation. Notre position n'était pas des plus confortables, puisque nous étions à présent accroupis au milieu des buissons, mais c'était mieux que rien. Je chuchotai alors à mon ami.

    « Je ne sais pas toi, mais je préfèrerais quand même éviter de les croiser! »
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Message Posté Mer 25 Jan - 0:22.
« Me voilà bien cernée. Je ne crois pas avoir d'autres choix que de me plier à ta volonté! » « Voilà tout à fait le genre de choses qu'on évite de me dire, généralement. » D'un sourire vil, je saluais la spontanéité de ma partenaire non sans une réplique mettant en exergue mon côté dominateur, sans doute. Car je n'oubliais jamais une dette, surtout celles qui m'étaient attribuées. Aussi m'entendre dire de mots si tentateurs, sifflés en faveur de mon arrogance légendaire, nourrissaient dangereusement mon égo. J'apaisais donc cette envolée lyrique par une touche d'humour grinçante malgré la brise froide de cette nuit qui s'achevait. Je ne pouvais nier, cependant, que j'angoissais quelque peu quant à mes aveux envers Hayleen : peut-être aurais-je du me taire, concernant ma Delilah. Non pas que je ne faisais pas confiance à la belle anglaise mais... Quoique si, en fait. Je n'oubliais tout de même pas qu'elle demeurait une petite reine de Poudlard, manipulatrice de génie et sournoise à ses heures. Quand bien même je la percevais comme une amie proche, je la savais semblable à ma personnalité sur quelques points, notamment l'opportunisme : il était possible, je crois, que Hayleen ne vende mon secret pour telle ou telle raison. Du moins, ma méfiance légendaire avait infiltré un certain doute en moi, qui m'obligeait à rester sur mes gardes et surveiller la jolie brune de près. Bien sûr que j'appréciais énormément Hayleen et que je m'obstinerais à veiller sur son bien-être et celui de son enfant. Cela ne m'empêchait pas de me barricader derrière une forteresse inébranlable qui ne me ferait pas faillir : je veillais sur notre amitié, tout en jaugeant sa bonne tenue du coin de l'oeil. A vrai dire, les personnes envers qui j'accordais toute ma confiance étaient rares, voire complètement inexistantes. Je dardais donc la jeune fille de mon regard pénétrant, comme tentant de sonder son âme, lorsque j'entendis des voix inconnues percer le ventre de la nuit. Fronçant les sourcils sous l'aplomb de mes sens soudain accrus, je me retournais afin de voir d'où pouvaient venir ces sifflements de mauvais augure. Peine perdue cependant, car l'absence de lumière m'empêchait de voir distinctement ce qui se cachait derrière ces ombres diffuses ; par ailleurs je me voyais bien mal brandir ma baguette, quand nous savions tous deux de qui il pourrait bien s'agir.

Hayleen ne perdit guère de temps et m'attrapa soudain la main pour mieux nous guider vers les buissons épars. Râlant intérieurement contre les branchages me lacérant la peau, je me fis monstre de retenue pour garder le silence, tandis que s'élevaient d'avantage les voix coulantes de nos geôliers. S'ils nous trouvaient ici, hors du couvre-feu, le châtiment pourrait être exemplaire... Et je craignais d'avantage pour la santé de Hayleen et de son enfant que pour ma propre personne. M'accroupissant auprès de cette dernière, je plantai mes yeux fauves sur le sol humide, concentré sur les bruits de pas des intrus. S'ils passaient près de nous sans même s'apercevoir de notre présence, nous pourrions espérer le calme après une relative tempête... De ce fait, je toisais les alentours afin d'appréhender une éventuelle fuite : les buissons étaient nombreux quoique très distanciés, et cette manie propre, nette et symétrique de tailler les jardins à la française, les rendaient moins broussailleux que droits et stricts. Les possibilités d'une fuite étaient donc limitées, quoique pas improbables si l'on comptait sur les légères ténèbres nous encerclant. « Je ne sais pas toi, mais je préfèrerais quand même éviter de les croiser! » D'instinct, je posais une main sur les lèvres de Hayleen, la toisant droit dans les yeux comme pour la retenir de surenchérir par un gémissement, voire un souffle brusque. « Shht. Ne bouge pas. » Et mon souffle, à mon tour, de diminuer considérablement à l'approche des pas intrus, tandis que je me demandais s'il valait mieux que je me montre à leur vue ou non : c'était après tout quitte ou double. Soit ils m'embarquaient sans préavis vers le château sans même se poser de question, soit ils inspectaient les environs à la recherche d'une éventuelle complice, à savoir la frêle Hayleen. Cette dernière dut sans doute lire mes pensées dans mes yeux sombres, car elle secoua doucement la tête dans l'espoir de me dissuader. Déglutissant lentement avant de me taillader les lèvres par la force de mes incisives mutilatrices, j'attendais le souffle court que les bruits de pas ne s'éloignent. Je sentais pourtant les deux énergumènes passer non loin de nous à pas lent, trop lent, pour ne pas comprendre qu'une certain suspicion avait pu germer dans l'esprit de l'un deux... qui s'approcha vers notre repaire de fortune. Lorsque soudain, une nuée d'oiseaux couards s'envolant depuis les bois, attirèrent leur attention. « Viens. » siffla l'un d'entre eux à son acolyte, l'emmenant loin de nous, loin de nos souffles courts, loin de nos tremblements refoulés.

Soupirant de soulagement lorsque j'entendis leurs pas s'éloigner, je m'asseyais au sol avant de passer une main dans mes cheveux. « Laissons-les s'éloigner encore. Ensuite on n'aura plus qu'à rentrer, en surveillant nos arrières. » soufflais-je d'un timbre suave et las, mes yeux incandescents toujours fixés au sol.
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