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Amadeus Debussy
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Message Posté Jeu 17 Nov - 15:10.
a time for us




STATUT DU SUJET : privé
NOM DES PARTICIPANTS : Hayleen & Amadeus
DATE : Début mai
HEURE : Aux alentours de 14hoo
METEO : Ciel bleu et dégagé, temps ensoleillé, brise fraîche
NUMERO ET TITRE DE L'INTRIGUE GLOBALE EN COURS : oo9 ; résistance
NUMERO ET TITRE DE L'INTRIGUE DU FORUM EN COURS : oo8 ; la libération
INTERVENTION DE DOMINUS TENEBRAE : Non.

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Amadeus Debussy
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Message Posté Jeu 17 Nov - 16:10.





Un soupir résigné glissa entre mes lèvres blêmes comme j'attrapais mon violon endormi dans son écrin ; je l'entendais se languir sur son taffetas satiné, étouffant de longs sanglots muets au pincement de ses cordes vibrant de solitude... Ou bien était-ce moi qui n'en pouvait plus d'attendre en silence, quand mes entrailles implosaient de ce besoin vital dont la course tumultueuse remontait jusqu'à mon palpitant habituellement inerte ; ce dernier s'agitait nerveusement sous l'envie soudaine de jouer quelques notes. Ah, et quel temps magnifique, quel environnement sordide qui se prêtaient là et me poussaient à faire crier un Ave Maria le long des cordes... N'y tenant plus, je me faufilai hors de ma chambre, violon et archet fermement tenus par une main possessive, et arpentai les couloirs bondés à la recherche d'une issue. Loin de tout et de tout le monde, loin de la masse humaine, loin de cette odeur nauséabonde de mort et de vengeance ; la Faucheuse hantait nos couloirs dans des apparats invisibles, mais nous savions tous qu'elle était présente. Car nous avions tous peur pour nos champions, pour nous, pour la suite. Tant de rancoeur et de haine en mon myocarde endormi, tant de plaintes et de gémissements souffreteux, tant de rébellion qui s'étouffait dans la flamme de la soumission. Ou presque.

Le pied mis dehors, j'inspirais une bouffée d'air qui me parut salvatrice ; elle portait presque les effluves de la liberté. Presque. Je frissonnais de dégoût lorsque mon esprit trop lucide me rappela à l'ordre : nous étions encore captifs, bien que j'étais revenu parmi les miens depuis la veille seulement. Ce fut d'un pas résigné et pour calmer mes ardeurs que je traversai le parc, lorsqu'un bruissement d'ailes, léger comme une brise et nerveux comme les torpeurs de nos murs, rompit mon instant de solitude. Les serres minuscules enserrant mon épaules eurent tôt fait d'attirer mon attention vers l'oiseau à la robe bleue et au regard stupide qui semblait m'avoir élu compagnon du jour. D'un geste de la main sec, je chassai la bestiole non sans un sifflement agacé. « Tsss... Va-t-en. » L'oiseau vint battre des ailes, feinta de s'envoler un court instant puis vint élire de nouveau mon épaule comme lieu de repos favori ; preuve qu'il était encore plus stupide qu'il ne le paraissait. « Comme tu veux. » … On trouvera bien un faucon dans les environs qui se presserait de se charger de son sort. Continuant mon chemin non sans une moue agacée car énervé par ce nouveau compagnon à plumes, j'espérais tout de même que ma marche rapide et mon antipathie à son égard le ferait suivre. Que nenni ; le piaf n'en démordait pas. Plus encore il n'émettait pas un seul son, au grand dam du mélomane que j'étais : à y regarder de plus près, l'oiseau était un jobarbille visiblement en froid avec ses congénères pour choisir un humain comme compagnon, irascible qui plus est. Etrange comme cette bestiole m'en rappelait une autre sur ce dernier point, à savoir moi-même. « T'as une gueule à t'appeler Johnny. » Rien de moins élégant et singulier que ce prénom qui seyait si bien à cette boule de plume au regard vivace mais idiot.

Je pus enfin gagner le carrousel du jardin ensoleillé, accompagné par ma bestiole de fortune et prêt à jouer de mon violon non sans un tremblement jouissif à l'extrémité de mes doigts fins. Plaquant l'instrument sous mon menton, je sentis ma respiration s'apaiser enfin quand paradoxalement mon coeur battait le rythme soutenu d'une excitation enivrante, de celles qui vous broient et vous consument, vous nourrissent et vous maintiennent en vie, de celles qui font trembler vos organes dans un grondement inexpliqué et inexplicable. J'étais la musique, je la sentais sur le bout de mes doigts, sur le bout du palpitant, dans mes tripes et otage des cordes inertes d'un violon qui n'y tenait plus... Enfin les premières notes s'échappèrent de l'instrument : nobles et libératrices elles accusèrent sur mes lèvres blêmes un léger sourire témoin d'un soulagement de bien-être, et se firent aussi douces qu'alanguies. Transporté par mon Ave Maria, j'abaissai mon archet lorsqu'enfin la dernière note fila espiègle, sous l'impulsion d'un souffle glissé sur mes lèvres comme une délivrance. Et lorsque j'ouvris les yeux, une silhouette familière s'offrit à moi : Hayleen, la jeune Poudlarienne rencontrée lors d'une soirée en Ecosse et avec laquelle j'avais tissé des liens que beaucoup auraient qualifié de futiles. Nous nous étions érigés en tant que duo insupportable : elle la peste, moi l'exécuteur du malheur des autres. De ces autres dont elle voulait la peau... Bien que dans un tel contexte, ces activités jouissives étaient complètement superflues : aujourd'hui il nous fallait penser à notre propre survie. Point.

Je n'eus le temps de prononcer un mot que déjà la demoiselle se précipita sur le carrousel, un voile brumeux et humide ternissant ses si beaux yeux, avant de me sauter au cou. Ses doigts fins s'accrochant avec ferveur dans la chair de ma nuque laissait présager comme une détresse poignante ; néanmoins pris au dépourvu – et parce que les étreintes chaleureuses n'étaient pas mon fort – je n'enserrais pas la belle Hayleen en retour, me contentant de garder avec hésitation les bras tendus qui peu à peu se refermaient sur la jeune fille. « Je t'ai cherchée toute la matinée. » Des aveux dont je me serais bien passé mais qui se précipitèrent à mes lèvres ne pouvant demeurer closes plus longtemps. M'échappant de l'étreinte de la jeune fille, je fronçais légèrement les sourcils d'inquiétude lorsque j'aperçus ses yeux fatigués cernés par une pâleur extrême.
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Hayleen R. Blackburn
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Message Posté Ven 18 Nov - 20:45.



On dit souvent qu'on apprend de nos erreurs et que c'est ce qui nous permet de nous faire avancer dans la vie. Je pense plutôt que certaines erreurs viennent totalement ébranler cette vie. Elles n'ont rien d'un apprentissage. Elles sont simplement là pour nous nuire, nous décontenancer, nous mettre dans l'embarras. Ce sont des choses qui arrivent au moment où on s'y attend le moins et que l'on regrette ensuite toute notre vie. Le genre d'erreurs qui nous trouble complètement et nous met dans un désarroi total. Où l'on ne sait plus quoi choisir, quoi faire pour essayer de rattraper cette maladresse et retrouver une vie normale. Pourquoi je vous parle de tout cela? Car c'est le genre de bêtise que j'ai commise et dont je n'arrive pas à m'en remettre, ou plutôt dont je ne puisse m'en remettre.

Un blanc livide, inintéressant, cachant dans un coin une toile finement tissée. Voilà le "paysage" qui s'offrait à moi en cette après-midi ensoleillée. Allongée sur le lit de l'infirmerie, j'attendais patiemment que l'hôte des lieux ne revienne. Voilà maintenant une semaine que j'avais appris la nouvelle et donc que je venais pratiquement tous les jours pour discuter avec l'infirmière, seule personne du château avec qui je pouvais discuter de ma grossesse sans problème. Oui, car j'étais tombée enceinte. Tout était encore chamboulé dans ma tête, même après une semaine. Je n'arrivais absolument pas à me faire à cette idée. Je ne voulais pas de cette grossesse. Je ne pouvais pas assumer le fait d'être mère. Surtout pas à mon âge et surtout pas seule. J'étais plus que désespérée, j'étais totalement perdue. Et même si je parlais énormément avec l'infirmière, j'étais quand même effrayée à l'idée d'avoir un enfant.

    « Et finalement... tu as pris une décision? »

En fait... je ne savais absolument pas quoi faire. Fallait-il que je garde cet enfant? Ou que je m'en débarrasse? Désolée pour le terme, mais pour moi le retirer de mon abdomen, c'est exactement la même chose. Bref, une question à laquelle il était extrêmement difficile d'y répondre. D'un côté, je n'avais même pas à y réfléchir je n'étais pas prête pour être mère. D'un autre côté, c'était un être vivant qui grandissait en moi. J'étais incapable de tuer quelqu'un. Même si à l'heure actuelle il ressemble plus à une cellule qu'à un être humain à proprement parler, mais quand même!

    « Toujours pas... J'aimerais en discuter avec mes proches avant de me décider, seulement avec tout ce qui se passe actuellement, il m'était impossible de leur parler jusqu'à maintenant!
    - Je comprend... Mais sache qu'à un moment il faudra quand même que tu te décides.
    - Oui...
     »

Je finis par me relever et descendis du lit. Je saluai l'infirmière et sortis. Une boule dans la poitrine, j'étais toujours en pleine confusion. Que faire? J'avais tellement besoin du soutien de ma famille à ce moment précis. Tellement besoin de voir Seth, le seul au courant pour le moment, de voir Lily pour me remonter le moral. Mais ce qui me hantait le plus était la réaction de mes parents. Comment leur dire? Qu'est-ce qu'ils allaient en penser? J'avais si honte de moi que cela ne m'étonnerait pas qu'ils le soient également. Et les autres? Mes amis, mes camarades, les élèves des autres écoles... Les rumeurs feraient bon train. Je n'étais vraiment pas prête à tout cela.

Voulant me changer les esprits, et espérant mettre la main sur un visage connu et surtout pas vu depuis un bon mois – car oui Beauxbatons avait rouvert ses portes pour la Troisième tâche et les deux autres écoles étaient obligés de nous rejoindre, j'espérais donc vraiment croiser un Poudlarien ou mes amis les russes, d'ailleurs toujours vivant à mon grand soulagement – je décidai de profiter de cette belle journée pour aller faire un tour dans les jardins. A présent, je connaissais Beauxbatons comme m'a poche et n'avais même plus besoin de demander mon chemin à quelqu'un pour me retrouver. C'est donc en quelques minutes que je mis les pieds dans le jardin ensoleillé. A journée ensoleillée, jardin ensoleillée. Dicton idiot certes, mais je trouvais ça sympa!
Marchant tranquillement à travers les fleurs, mes oreilles finirent par être appelées par une mélodie lointaine. D'où pouvait bien provenir cette musique? Intriguée par cet air si doux, je me laissai guider par le son, pour enfin atteindre le carrousel trônant dans un coin du jardin. Je m'en rapprochai et vis alors un jeune homme y jouer du violon. Cette musique me faisait un bien fou. Elle m'apaisait tellement. Moi qui était venue ici pour me détendre, je n'aurais pu trouver mieux. Bercée par la mélodie, il me fallut quelques secondes avant de reconnaître Amadeus : jeune français que j'avais rencontré à Pré-au-Lard et avec lequel je m'étais bien entendu. En effet, nous avions mit en péril la réputation d'une poudlarienne et ce avec un malin plaisir. Depuis, nous avions gardé ce lien de « comparses en manipulation ». J'avais d'ailleurs espéré le revoir en venant à Beauxbatons, jusqu'au jour où j'appris son voyage à Durmstrang, lieu qui avait disparu de la surface planétaire. J'étais donc heureuse de le revoir en pleine santé. De plus, il était la première personne extérieure à l'école que je voyais depuis un mois, alors j'étais plus que ravie de cette rencontre! Je ne pus d'ailleurs m'empêcher de courir jusqu'à lui lorsqu'il termina son morceau. Certainement à cause de mes hormones en ébullition, je finis par l'enlacer. Bon et certainement dû à une accumulation de plein de choses également : le savoir en vie, être la première personne que je vois après un mois, ma grossesse, cette question de savoir quoi faire de l'enfant et bien entendu les hormones. En revanche, le jeune homme, certainement gêné par cette étreinte, ne m'enlaça pas en retour. Pourtant, il me fit un aveux des plus chaleureux à un moment où j'en avais réellement besoin.

    « Je t'ai cherchée toute la matinée. »

Touchée, et encore une fois travaillée par les hormones, je sentis les larmes me monter aux yeux. Enfin, je le compris surtout lorsque je lus l'inquiétude d'Amadeus sur son visage. Le mieux à faire était de feindre la vérité en lui en parlant d'une autre. Ainsi, je n'avais pas à lui étaler mes problèmes et ma détresse, qu'il n'avait certainement pas envie de subir. Surtout que cela faisait un moment que nous ne nous étions pas vu, alors je n'avais pas envie de gâcher cela avec mes soucis, qui me gâchaient déjà assez la vie.

    « Je suis si contente de te voir! J'avais cru que tous les élèves résidant à Durmstrang avaient disparu et que tu ne reviendrais jamais... »

J'essayai alors de lui sourire le plus naturellement possible et cherchai déjà un autre sujet de conversation pour éviter qu'il ne me pose une question sur mon état. De quoi pouvait-on bien parler? Après un mois, on aurait certainement plein de chose à se dire. Par exemple son séjour en Russie, comment c'était la vie là-bas avec l'Organisation, combien de temps cela faisait-il qu'il jouait du violon, car oui je ne savais pas qu'il en jouait. Bref, y avait de quoi faire en fait!

    « Alors c'était comment en Russie? J'espère que c'était pas comme ici... J'ai vu défilé des tas de prisonniers dans des états plus que désastreux. Chaque jour, j'avais peur de voir quelqu'un que je connaissais. »

Mes pensées divaguaient vers des images horrifiantes que j'avais vu durant tout ce mois passé à l'Académie. Mon visage devait sans doute refléter l'effroi que j'avais ressenti à chaque fois que j'avais vu un nouvel arrivant. Puis des images de notre excursion me vinrent en tête. La Résistance délivrant ses prisonniers. Je ne pouvais laisser l'Organisation continuer plus longtemps, alors j'avais aidé et puis j'avais dis à Ariel qu'on finirait par retrouver sa sœur, alors j'espérais la trouver parmi ces prisonniers. Puis vint le moment des représailles. Chaque élève de l'école avait été interrogé dans des conditions plutôt barbare. Moi-même j'avais subi cet interrogatoire et ces tortures, mais je n'avais pas flanché. Personne d'ailleurs. Quand j'y repense, ce n'était certainement pas la meilleure chose pour cet être qui grandissait en moi. Me voilà à me préoccuper de son bien être... Je croyais ne pas en vouloir? Je suis vraiment perdue.
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Message Posté Ven 18 Nov - 22:32.
« Je suis si contente de te voir! J'avais cru que tous les élèves résidant à Durmstrang avaient disparu et que tu ne reviendrais jamais... » Je l'ai cru aussi. Si ardemment, si souvent que cela étreignait mon coeur d'une force obscure, laissant les serres invisibles d'un oiseau de proie le faire saigner pour d'innombrables rêves et espoirs que j'avais pensé perdus. Combien avions-nous été à nous demander s'il nous était possible de fuguer loin d'ici, si le monde ne nous avait pas oublié, si nous même n'avions pas relégué l'extérieur au rang d'un simple rien, d'un néant, d'un chaos. Je m'abstins néanmoins de répondre, laissant un vide dans mon regard soudain terne mais appuyant mon retour à la réalité par un bref sourire peu convaincu... Si toutefois mes sourires l'avaient jamais été un jour, car je n'étais pas de ceux qui habillaient constamment leur visage d'un voile de gaieté. Johnny s'agita un instant sur mon épaule à la vue de l'intruse, battant ses ailes et gonflant son buste remplumé dans un mimétisme raté de sérénade pour charmer sa belle. D'un claquement de langue discret mais agacé, je tentais de le dégager de mon épaule lui servant de perchoir, mais sans succès : en toute probabilité, j'attirais la sympathie de la bestiole m'ayant élu nouveau maître. Je ne mis cependant guère de temps à me concentrer sur Haleen de nouveau, et observais avec torpeur la perte de ses couleurs habituellement si rayonnantes : le rouge de ses lèvres avait terni, portant la robe rubicond d'un carmin dépouillé. Ses yeux tristes noyés sous un voile humide ne laissaient plus aucune lueur mutine percer ses rétines, ses pommettes saillantes et espiègles se perdaient dans un creux morbide au contrepoint de ses joues. « Alors c'était comment en Russie? J'espère que c'était pas comme ici... J'ai vu défilé des tas de prisonniers dans des états plus que désastreux. Chaque jour, j'avais peur de voir quelqu'un que je connaissais. » Le silence s'abattit sur nous, lorsque taciturne et ébranlé je reconsidérais ses propos. Quel étrange sentiment que de se savoir encore captif, encore en proie à des mains malhabiles réclamant vengeance, encore sous le joug de l'Organisation, et de demeurer totalement impuissant. Diable que je détestais qu'une situation ne m'échappe, cela m'était insupportable. Détournant lentement mon regard, je me fis pensif et absent un long moment, mes rétines scrutant alors un point invisible à l'horizon : les planches de bois blanc du carrousel me paraissaient à présent terriblement captivantes. J'entrouvris alors les lèvres sous l'impulsion de mes pensées me laissant comme absent, entrepris de parler mais sans succès : restant muet quelques secondes, il me fallut un certain temps avant de pouvoir piper mot. Il m'était tellement plus facile de communiquer par la musique, que les paroles m'apparaissaient comme superflues, factices, dérisoires. « C'était... paranoïaque. J'ai cru longtemps qu'on allait tous... juste sombrer dans l'oubli. C'était terrifiant. » Et mon regard qui se perd et qui cherche, mon cerveau se remémore ces instants de panique, le froid de ces murs, le venin de ces doutes. Je me souviens d'avoir eu peur qu'on ne m'oublie, peur de ne pas avoir assez vécu, peur de ne pas avoir assez aimé. Revenant à moi après de longues secondes, j'arquai les sourcils comme pour marquer mon retour à mes esprits, et dardais de nouveau la jolie Leen qui m'observait avec inquiétude. « J'ai entendu, pour les tortures à Beauxbâtons. » Voilà que je scrute son visage et que je pars à la recherche de la moindre mimique qui pourrait la trahir ; un trait qui s'affaisse, une bouche qui se fige, une larme qui roule. N'importe quoi, qui puisse m'avouer les tortures qu'elle avait peut-être subies. Mais rien ne se produit, et c'est un immense soulagement qui empoigne mon palpitant et délivre mes poumons pouvant enfin respirer plus librement.

C'est alors que je l'invite d'un geste galant à prendre place sur l'un des bancs, au rythme de mon jobarbille Johnny qui se balance allègrement sur mon épaule. Et lorsque la demoiselle prends place, je m'assied à ses côtés non sans poser précieusement le violon et l'archet sur mes genoux. « Parle-moi. » Je plante un regard attendri dans le sien, ma voix suave se fait basse et posée, et j'attends seulement que la belle ne daigne ouvrir la bouche. Je ne suis pas un psychologue, je ne suis ni son meilleur ami et encore moins son frère, ni son amant, ni son confident, ni son tout. Mais je prétends au moins à son amitié, aussi disparate et floue fusse-t-elle en raison de la distance, je sais pertinemment que dans ces funestes instants, seule la parole et le réconfort vous libèrent. A défaut de pouvoir la combler en terme de chaleur humaine, je tente de la faire parler ; et j'accueillerais ses confessions autant que ses larmes, pourvu qu'elle extirpe toutes les douleurs de son âme. Je ne détournerais pas le regard, tant qu'elle ne m'aura pas parlé de ses doutes, de ses cauchemars, de ses angoisses. Malheureusement pour elle, je suis quelqu'un de déterminé.
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Hayleen R. Blackburn
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Message Posté Dim 20 Nov - 20:28.


    « C'était... paranoïaque. J'ai cru longtemps qu'on allait tous... juste sombrer dans l'oubli. C'était terrifiant. »

J'observais Amadeus perdu dans ses pensées. Je ne pouvais comprendre réellement ce qu'il avait du ressentir durant ce mois, n'ayant pas vécu la même situation. Mais je pouvais lire sur son visage la peur qui l'avait habité à ce moment. Que ce devait être effrayant que de se sentir oublier, effacer. Nous avions tous vécu des situations différentes, et pourtant nous avions tous ressentis les mêmes choses, plus ou moins. Ces sentiments d'impuissance et d'inquiétude constants face à tous ces événements. Encore aujourd'hui je les ressentais. J'avais beau être heureuse de pouvoir enfin retrouver les miens, je me sentais toujours enchaîner par l'Organisation. Je les sentais tirer les ficelles. Des ficelles invisibles. C'était certainement ce qui était le plus angoissant. Mais voilà que le français reprit ses esprits, avant d'ajouter...

    « J'ai entendu, pour les tortures à Beauxbâtons. »

Je le vis alors poser son regard inquiet sur moi. Il valait mieux qu'il ne sache rien de ce qui nous avait été infligé. Son regard en disait déjà assez long, je ne voulais l'alarmer encore plus. J'essayai donc de ne rien changer à mon comportement, ne pas jeter de coup d’œil à mon épaule meurtrie, ne pas me pincer les lèvres, ne pas remettre ma chemise en place pour être certaine qu'elle cache correctement mon dos malmené, etc. Le cœur haletant, mais d'une assurance qui eut l'air plutôt convaincante, je lui répondis pour le rassurer.

    « C'était plutôt un interrogatoire très fort en voix! »

J'avais une boule au ventre. Habituellement, je n'avais aucun soucis à mentir à qui que ce soit. Manipuler était ma seconde nature. Je n'avais aucune difficulté pour faire croire ce que je voulais aux gens. Mais j'avais accumulé tellement de chose depuis un mois, et surtout depuis une semaine, qu'un rien pouvait vite me faire craquer. Mais il ne fallait pas, je ne devais pas inquiéter Amadeus. Je ne voulais pas. Il avait certainement déjà assez de soucis, il n'avait pas besoin d'entendre en plus les miens.
Finalement, il m'invita à m’asseoir sur un banc [cinq minutes avec toi] du carrousel, ce que je fis avec joie. Une fois tous deux assis, il posa son regard dans le mien et me dit d'une douce voix.

    « Parle-moi. »

La boule que j'avais alors au ventre se fit plus intense. J'avais tellement de chose à dire, tellement de chose qui me pesait. Mais avais-je le droit de tout lui déballer? Avais-je le droit de l’embarrasser de tous mes soucis? Si encore ces problèmes n'avaient été que minime... Mais là je parlais de réel soucis. J'avais commis la plus grosse erreur de toute ma vie et elle n'était absolument pas réparable. Honteuse, je détournai mon regard pour le poser sur l'horizon. Je me sentais salie. Comment pourrais-je lui avouer une chose pareille, alors que je ne l'assumais pas moi-même? Il serait si déçu. Je ne pouvais lui en parler. Et plus j'y pensais, plus cette boule grandissait, prêt à exploser à tout moment. J'avais si peur de ce qui allait m'arriver. Je n'en voulais pas. Je n'étais absolument pas prête. Plus les jours passaient et plus je sentais mon monde s'écroulait sous mes pieds. On dit que la venue d'un nouveau né est une source de bonheur. J'ai plus l'impression qu'il est source de malheur dans ma vie. Je ne pouvais absolument pas m'occuper d'un nourrisson seule. Je n'étais pas prête pour ça. Je ne voulais pas. C'était trop dur! Mais que pouvais-je faire d'autre? J'étais perdue, effrayée et honteuse. Et j'avais tant de questions qui se chamboulaient dans ma tête.

Finalement, cette boule explosa et tout ce qui me pesait depuis une semaine lâcha. Un voile brumeux vint troubler ma vue, et je compris alors que des larmes coulaient sur mes joues. Moi qui ne voulait pas alarmer le français, c'était pas gagner. Je tournai alors mon visage vers le sien, afin de lui donner une explication. Il avait l'air si inquiet de me voir dans cet état et ce que je m'apprêtais à lui dire n'allait en rien arranger la chose.

    « Je... je suis enceinte. Mes larmes coulèrent de plus belle. J'avais beau les essuyer, d'autres revenaient au galop. J'avais si honte. J'ai tellement peur... et tellement honte. Tu dois être si déçu... Mais je ne suis pas prête. Je ne peux pas assumer ça toute seule. Je suis perdue... »
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Message Posté Mar 22 Nov - 20:01.
Le silence alentour n'était plus rien si ce n'était qu'accalmie, et je maudissais d'avantage Johnny ce maudit jobarbille de ne savoir siffloter ne serait-ce qu'un fa pour mieux briser la tension du moment. Car j'observais Hayleen déglutir difficilement, ravalant avec dignité ses larmes douloureuses qui néanmoins se firent plus fortes ; car bientôt un flot de perles humides roulèrent sur ses joues blêmes dans une démente chevauchée. Gêné, je détournais un instant mon regard comme pour trouver au loin une éventuelle solution : la prendre dans mes bras, lui susurrer des mots sonnant creux qui lui offraient soit-disant tout mon soutien ? Je n'étais pas de ceux qui possédaient l'empathie pour compagne, quand bien même pour cette fois, je me sentis atrocement touché par la souffrance de mon amie. Je ne savais simplement pas comment m'y prendre, jeune homme exempt de chaleur humaine gratuite que j'étais... Non je n'avais pas un coeur de pierre, pas plus que j'avais la pudeur des sentiments, seulement je n'avais jamais été réellement entouré – une volonté plutôt qu'une fatalité, car je vivais sur le crédo véritable de ce fameux Sartre, écrivain moldu : « l'enfer, c'est les autres » – aussi il m'était difficile d'avoir le geste de réconfort naturellement. Enfin, je me décidai à reposer l'ambre de mon regard sur la jolie jeune fille, une main galante se posant sur la sienne dans une étreinte vraie et compatissante, quoique furtive. Retirant presque aussitôt ma main chaleureuse dans une dernière caresse sincère, je soutins son regard comme je la soutenais dans cette épreuve : ainsi si elle ne trouvait pas les mots, elle pouvait toujours trouver du réconfort dans le fond de mes grands yeux noisette. « Je... je suis enceinte. » Et j'eus le souffle coupé par la nouvelle, lèvres entrouvertes et regard qui se perd dans le gouffre de ses prunelles, j'aspirais seulement à absorber le choc. Le temps que ses confidences n'arrivent jusqu'à mon esprit. Après de longues secondes paraissant interminables, j'eus pour moi un geste humainement désespérant et désespérément humain ; je jetai un rapide coup d'oeil au ventre encore plat de Hayleen. Celle-ci par ailleurs, reprit entre deux sanglots étouffés : « J'ai tellement peur... et tellement honte. Tu dois être si déçu...  » « Déçu, de quoi... ? » Mon regard était perdu, captif d'une léthargie soudaine due à l'engourdissement de mes sens tout entier. La nouvelle de Hayleen était tant inattendue qu'elle sembla me projeter dans un état de semi inertie. J'entendais, j'écoutais, j'assimilais... mais je peinais à réfléchir et à comprendre. Ma voix basse se faisait murmure, presque inaudible, tandis que le timbre de ma camarade se secouait de mille sanglots. Qui était le père, par ailleurs ? Reprenant mes esprits sitôt cette question légitime me foudroyant alors, je relevais mon regard ravivé par l'inquiétude sur les traits humides de la belle Hayleen. J'allais pour lui soumettre ma demande, lorsque la demoiselle reprit de plus belle, ramenant la raison à moi : « Mais je ne suis pas prête. Je ne peux pas assumer ça toute seule. Je suis perdue... » Ainsi là était la réponse : si elle évoquait la solitude avec tant d'angoisse, c'est qu'elle avouait à demi-mots ne pas savoir où était le père. Peut-être s'était-il enfui en apprenant la nouvelle. Peut-être n'avait-il pas attendu... Hayleen n'était pas connue pour sa fidélité mais bien pour ses moeurs de fille facile, aussi je dus admettre que le fait qu'elle ne connaisse pas l'identité du père me traversa l'esprit. A tort peut-être, je n'en savais rien. Mais désireux de rester gentleman je ne lui posai pas la question, me contentant de la toiser comme si je cherchais à sonder son âme.

« Tu n'es pas seule. » Et dire que c'était bel et bien moi qui murmurais ces mots que j'avais toujours trouvé passablement exaspérant dans la bouche des autres. Je le pensais cependant, aussi je réitérais mes dires alors que Hayleen planta son regard voilé de larmes dans le mien. « Tes cousins, tes amis... tes parents peut-être. » Et la demoiselle de repartir dans un élan chagriné : mauvaise pioche. Car la jeune fille se secoua d'avantage de sanglots, si prenants qu'ils lui en volaient le peu d'oxygène qu'elle parvenait encore à happer. C'est alors que je la pris dans mes bras – prenant soin, bien sûr, de poser mon violon à mes côtés au préalable – afin de lui donner une accolade de réconfort.... Enfin. « Je suis là aussi. » Quelques hochements de têtes, mais une peine si troublante que, sans savoir pourquoi, je murmurais des mots que jamais, je me serais cru capable de prononcer. Même en ne les pensant pas. « Je vais t'aider. Je serais là aussi quand l'enfant naîtra. Je serais une sorte de... je ne sais pas, d'oncle ? Tout le monde a un vieil oncle aigri dans sa famille. » Sourire délicat et boutade quelconque pour alléger sa peine, et je dégageai une mèche de ses cheveux bruns d'un geste amical et rassurant.
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Message Posté Mer 23 Nov - 22:07.


    « Tu n'es pas seule. »

A ses mots, ma tête se releva. Alors que je n'osais plus regarder le jeune homme décontenancé par cette nouvelle inattendue, mon regard se posa sur le sien. Il ne savait pas comment s'y prendre pour me réconforter, je le voyais bien. Je savais que je n'aurais pas du lui parler de mon problème, cela ne faisait que le gêner. Le bel Amadeus n'était pas du genre à étaler ses sentiments, alors aider les autres dans leur combat émotionnel devait être un vrai périple pour lui.

Être seule. J'avais tellement ce ressenti. Pourtant après un mois passé ici, j'avais fini par créé des affinités, mais pas assez pour discuter de ce genre d'affaire. Alors oui je me sentais seule. Pour cette raison. Mais également par l'absence de présence masculine pour m'épauler dans cette situation. Toute personne ne devrait pas à devoir gérer cette crise seule. Si pour procréer il faut deux personnes, c'est bien pour une raison! Et pas seulement pour une raison scientifique, ou physique - peu importe comment cela s'appelle – mais bien pour pouvoir se soutenir durant cette épreuve. Car oui, une grossesse était une véritable épreuve, physique et morale, aussi épuisante qu'une tâche du Tournoi des Trois Sorciers!

    « Tes cousins, tes amis... tes parents peut-être. »

Mes parents... De nouvelles larmes vinrent se joindre aux autres. Je ne leur en avait pas encore parlé. Je n'en étais pas capable. Pas encore. Ils allaient être si déçu. Je n'avais pas spécialement peur de la réaction de mes parents. Depuis qu'ils avaient pris conscience de leur mauvais choix en me cherchant un fiancé, ils faisaient tout pour se racheter. Et puis, ils n'étaient pas du genre à s'énerver pour ce genre de bêtise, mais bien plus du genre à m'épauler. Mais j'avais plutôt peur de les décevoir. Jamais ils ne me l'avoueraient. Cependant, je savais très bien que c'est ce qu'ils ressentiraient au fond d'eux. Et ça, je ne le voulais pas. J'avais déjà cette horrible sensation d'avoir déçu mon cousin, Seth, ou Amadeus en leur apprenant la nouvelle, et je savais qu'elle serait encore pire une fois que mes parents seraient au courant.

A force de pleurer, j'en venais à pouvoir difficilement respirer. Allais-je m'arrêter un jour? Je ne pensais pas pouvoir libérer autant de quantité d'eau de mon corps. C'est alors que, pris d'une compassion certaine, le jeune homme me prit dans ses bras. Étonnée au premier abord, je finis par m'y sentir bien. La chaleur de son corps et ses mots : « Je suis là aussi. », m'apaisèrent. Pour autant, cela n'enlevait rien à ma détresse. Du moins, jusqu'à ce qu'il enchaîne...

    « Je vais t'aider. Je serais là aussi quand l'enfant naîtra. Je serais une sorte de... je ne sais pas, d'oncle ? Tout le monde a un vieil oncle aigri dans sa famille. »

J'étais tellement touchée par ses mots, que je ne sus quoi lui répondre. Je découvrais un tout autre aspect de la personnalité d'Amadeus. Cependant, il ne changeait pas ses habitudes de toujours m'étonner. Petit à petit, mes sanglots se calmèrent et ma respiration se fit moins saccadée. J'avais besoin d'entendre ses mots de vive voix, besoin de cette chaleur humaine, besoin de savoir que je pouvais compter sur quelqu'un. Je me détachai alors de son étreinte, non pas sans une certaine tristesse de ne plus pouvoir y retourner.

    « Tu serais un parfait oncle aigri! »

Un léger sourire finit par se dessiner sur mon visage. Je capte alors l'oiseau ayant élu domicile sur l'épaule d'Amadeus. Il a l'air mécontent. Aurais-je trop monopolisé le jeune homme, selon lui? Étonnante créature. Je reporte mon attention sur Amadeus. Il n'était pas obligé de m'écouter, pourtant il l'avait fait. Il n'était pas obligé de me réconforter, pourtant il l'avait fait. Il n'était pas obligé de me dire tout ça, pourtant il l'avait fait. Je savais à présent qu'Amadeus était un véritable ami sur qui je pouvais compter. Beaucoup de personne me considérant comme amie n'auraient jamais fait cela. Ils auraient certainement écouté, auraient dit quelques phrases de ci de là, feintant une quelconque compassion, mais ce seraient bien vite débarrassé du déchet que j'étais.

    « Merci. »

Je plongeai mon regard dans ses yeux ambrés. Je n'avais rien besoin de lui dire d'autre. Ce simple mot signifiait toute l'ampleur de mes sentiments. De toute façon je n'aurais su quoi dire d'autre. Il y a des fois où même les mots ne peuvent retranscrire correctement ce que l'on ressent. Alors à part en le remerciant, je ne saurais comment lui faire comprendre que ses mots et sa présence m'avait fait du bien.
Mes doigts vinrent se glisser sous mes paupières pour y retirer les dernières perles d'eau restante. L'avouer à Amadeus m'avait certes apaisée, mais il n'en restait pas moins que j'étais effrayée par cette grossesse et tout ce qu'elle impliquait. Avoir un enfant à charge était quelque chose d'extrêmement compliqué. Alors à mon âge... Rien que l'idée d'accouchement me faisait peur. Avec tout ce que j'avais entendu sur cette étape : combien elle était douloureuse, etc, je n'avais aucune envie de la vivre! Mes mains se joignirent sur mes genoux et, sous le stress certainement, mes doigts ne cessaient de se frotter entre eux.

    « J'ai quand même peur... peur de tout ce que cette grossesse implique. Il serait certainement plus judicieux de ne pas le garder. »

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Message Posté Ven 25 Nov - 21:39.
La voir sourire à ma boutade m'arracha un rire léger. Etrange atmosphère que voilà... Les temps s'assombrissaient de plus en plus avec les délires funestes de l'Organisation, nous ne savions plus rien et attendions fébrilement la suites des événements. J'avais traversé les méandres terrifiants de l'oubli quand elle avait du combattre la tyrannie et la violence, nos blessures psychiques et physiques si ancrées dans nos chairs mais demeurant silencieuses à nos lèvres perdues. Et pourtant, elle portait en son ventre encore plat, une parcelle de vie, un éclat d'espoir, un être minuscule qui viendrait à naître dans ce monde de chaos et de désespoir, où s'enchevêtraient encore cadavres et mutilés. Certes Hayleen n'était pas future mère par envie sinon par dépit éphémère, mais la voir porter en elle l'espoir d'une vie dans ce monde ténébreux me rappelait le combat d'une rose survivant parmi les cendres. Et autour de cet halo d'obscurité, nous étions plantés là, admirant la beauté du paysage depuis un carrousel témoin d'une musique mélancolique, entre deux éclats de rires furtifs cernés de larmes. L'espoir n'était pas encore mort, il survivait en soubresauts sous le joug des lèvres de la jeune fille s'étirant en un rire timide mais cristallin. Finalement mon amie me remercia non sans m'accorder une oeillade de gratitude, accueillant en retour un bref hochement de tête de ma part, presque pudique. Confus, était le terme exact. Les remerciements du genre n'étaient pas de ceux que j'avais l'habitude d'entendre : peu porté sur les profusions sentimentales et sensiblement malhabile et inexpérimenté dans le domaine du réconfort, j'avais proportionnellement reçu peu de remerciements en récompense de mes gestes amicaux. J'ignorais si cette sensation était désagréable ou non, si je souhaitais me réfugier d'avantage dans mon individualisme ou ma solitude pour éviter d'éprouver à nouveau ce genre de gêne, ou bien la dompter et faire preuve d'un peu plus de chaleur humaine. Je ne me posai guère la question plus longtemps, car un frisson me parcourant l'échine parla pour moi : j'étais bien mieux tout seul. Enfin, presque. « J'ai quand même peur... peur de tout ce que cette grossesse implique. Il serait certainement plus judicieux de ne pas le garder. » J'acquiesçai alors d'un signe de tête sans la quitter du regard. En réalité, j'ignorais totalement quoi lui dire. Quels étaient les mots appropriés, quels étaient les regards attendus, fallait-il que je serve de ternes et plats « je suis désolé » que tout le monde offre aux plus démunis pour mieux se déculpabiliser tout en feintant s'intéresser au malheur des autres... Pour ma part, touché par la détresse de Hayleen, je me voyais mal lui servir de longues répliques de politesse simplement pour la forme. Aussi décidais-je d'être franc et direct. « Je n'en sais rien Hayleen, ce n'est pas à moi d'apporter la réponse. Il n'y a que toi qui peut le savoir. Peut-être pas maintenant, peut-être pas demain, mais quand tu seras prête à accueillir ta vérité, tu le sentiras. » Des paroles évasives peut-être, mais je n'étais réellement pas en position de lui répondre clairement. Je n'étais ni un frère, ni un père, ni un petit ami. En somme je n'étais pas de ces hommes faisant partie intégrante de sa vie, en tant qu'ils auraient leur réelle réponse à apporter sur le sujet. Mais plus encore, je venais de lui prouver qu'elle pouvait compter sur moi, qu'elle garde l'enfant ou non.

Détournant mon regard au loin d'une mine pensive, j'eus un léger soupir comme je pensais aux événements récents qui nous broyaient l'âme et le cerveau. En toute probabilité, il aurait fallu quelque chose pour changer les idées de ma douce amie, malheureusement l'accès à Vaux-les-pins était impossible. A défaut de lui proposer un tête à tête autour d'un dîner, je décidai quelque chose de plus... original. « J'ai entendu dire qu'un grand mariage se préparait à Beauxbâtons. Je suis certain que ça te changerait les idées, si tu acceptais de m'accompagner. » soufflais-je d'une voix suave accompagnée d'un sourire charmeur.
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Message Posté Ven 2 Déc - 22:18.


Ma position était compliquée. Un dilemme n'est jamais chose facile. Cependant, j'avais l'impression qu'il était encore plus déchirant dans ma situation. Une semaine déjà que je me torturais l'esprit à savoir quoi faire, quoi choisir. Il m'avait déjà fallu le temps d'encaisser, puis d'accepter. A présent je devais choisir. Une décision difficile. J'écoutai alors les paroles sincères de mon ami. Il avait raison. Seule moi pouvait connaître la meilleure solution à mon problème. A force d'y penser, je finirais obligatoirement par trouver une réponse.
J'étais quand même ennuyée de l'avoir embêté avec mes problèmes. Je n'étais pourtant pas du genre à m'inquiéter de ce que je pouvais faire endurer aux autres. Égocentrique de mon état, cela n'était pas dans mes habitudes de porter de l'attention aux autres. Sauf à ma famille et mes amis proches. Et Amadeus avait fini par devenir l'un d'eux.

Un silence avait fini par s'installer. Le climat actuel n'arrangeait en rien notre moral et il fallait en plus que j'ai ce genre de problème. J'étais pourtant rassurée de nous savoir tous réunis à Beauxbatons. Paradoxalement, je me sentais plus en sécurité avec mes proches, pourtant l'Organisation avait toujours le pouvoir et ce qu'ils comptaient faire durant la Troisième tâche était certainement empli de cruauté. Mais je préférais cela au quotidien que nous avions du vivre durant ce dernier mois. Je croyais vraiment ne plus jamais revoir Amadeus. J'étais persuadée que mes camarades finiraient prisonniers dans les « cachots » de Beauxbatons. J'étais horrifiée à l'idée que mes parents ne décèdent à cause d'une folie de venir nous sauver Elias et moi. Heureusement, pour moi, cela n'était pas arrivée. Quelle égoïste je faisais. Des centaines de sorciers avaient été torturés à Beauxbatons, mais moi j'étais soulagée qu'il ne s'agisse pas de mes proches. C'est pourtant humain comme réaction, non ? Après tout, nous sommes tous égoïstes. Ne nous voilons pas la face ! L'humanité est d'une cruauté affligeante. Bref, je ne vais pas commencer une quelconque réflexion philosophique ou autre, je n'aie vraiment pas la tête à ça !

    « J'ai entendu dire qu'un grand mariage se préparait à Beauxbâtons. Je suis certain que ça te changerait les idées, si tu acceptais de m'accompagner. »

Un mariage ? Étrange, je n'en avais pas entendu parler. Cela ne devait pas venir de Beauxbatoniens, autrement j'en aurais eu vent. Mais encore une fois, le jeune homme avait raison, ce genre d’événement me changerait certainement les idées, et à lui aussi d'ailleurs. En effet, nous n'avions parler que de moi pratiquement, mais le français avait certainement ses propres problèmes. Il avait aussi du vivre avec cette peur constante durant un mois. Mais en plus, il avait du vivre avec cette sensation d'être oublier, de ne plus exister aux yeux des autres. Et c'était vrai, puisque moi-même j'avais cru en la disparition de tous ceux qui se trouvaient à Durmstrang. Nous avions tous deux subit une pression morale intense. Nous avions besoin de souffler et penser, au moins pour un temps, à autre chose. Je répondis donc à son sourire charmeur, puis à sa demande d'une voix tendre.

    « Je serais très honorée de t'y accompagner, j'accepte donc volontiers ! Et puis ça te changera également les idées. Nous en avons bien besoin ! »

Aller à un mariage en compagnie du beau et séduisant Amadeus, je ne pouvais qu'être comblée. Il est vrai qu'à notre première rencontre, je ne m'étais pas gênée pour le séduire, et il y avait de quoi. Ce garçon était plus que charmant et un si fin manipulateur que je ne pouvais que tomber sous son charme. Il avait cette capacité à toujours m'étonner, à dévoiler un autre aspect de sa personnalité que je n'aurais soupçonné. Curieuse de nature, c'était certainement cet aspect qui m'avait séduite chez lui. A présent, j'avais la chance de me rapprocher de lui. Cela n'irait sûrement pas plus loin que de l'amitié, le jeune homme ayant assurément déjà d'autre conquête en vue, mais pour le moment je n'en demandais pas plus. Je n'étais de toute façon pas prête à me relancer dans la chasse aux hommes pour le moment. Ma bêtise m'avait fait prendre conscience que batifoler n'était en rien bénéfique. Et mon histoire avec Maël m'avait dégoûté d'une relation amoureuse. Je resterai donc en compagnie de mon ombre durant un moment.

    « Mais au fait... Qui se marie ? »

Après tout, aller à un mariage sans même savoir qui sont les mariés était quelque peu déplacé.
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Message Posté Mer 7 Déc - 23:05.
La voix tendre et cristalline de la douce, fit écho au silence apaisant de l'instant. Même l'oiseau perché sur mon épaule semblait s'être endormi, enfonçant sa tête dans son corps rond et remplumé, bercé par la sérénité ambiante. J'observais ainsi les traits de la douce Hayleen se détendre, reprenant quelque peu de confiance ainsi qu'un regain de lumière balayant la pâleur fatiguée de son visage. En vérité je n'avais jamais fait face à une telle situation : ne m'adonnant pas aux joies lubriques et faciles qui consistaient à papillonner de partenaires en partenaires, j'avais toujours eu des idylles plus ou moins stables, plus ou moins durables également, mais jamais aussi décousues qu'avaient pu l'être celles de la belle Serpentard. Ainsi je ne connaissais pas vraiment les terreurs provoquées par une potentielle paternité ; tout simplement parce que mes partenaires avaient toujours été elles-mêmes sérieuses. Ayant en horreur les filles faciles, j'avais au moins su m'épargner ces épreuves éprouvantes. Je concevais néanmoins que pour la belle Hayleen, cette situation devait être particulièrement douloureuse puisqu'elle ne semblait pas même vouloir (ou pouvoir, qu'en savais-je) mettre un nom sur l'identité du père. Un père qui de toute évidence résidait ici, à Beauxbâtons, mais estimant que cela ne relevait pas de mes affaires, je ne cherchais guère à en savoir davantage. Et malgré moi, mes rétines fauves se posèrent sur le ventre de la demoiselle. Encore plat et sans grande fertilité apparente, et portant pourtant en son sein une vie qui déjà peinait quelques personnes. Je n'imaginais pas encore tous les chamboulements que cela pouvait entraîner, trop dans mon monde sans doute, trop jeune peut-être, pas assez au fait de ce genre de choses très certainement. Aussi j'ignorais ce qu'il adviendraient de Hayleen et de son enfant : comment elle l'élèverait, si elle parviendrait à continuer ses études, l'avenir qu'elle se réservait... Et pourtant, diable que j'avais aussi cette envie de lui souffler d'un timbre sec mais reflétant ma véritable amitié, que c'était tout ce qu'elle pouvait mériter de son comportement superficiel, de ces coucheries multiples, de ces histoires sans lendemain. Je n'étais ni prude ni rabat-joie, j'avais simplement cette appréhension de la voir malheureuse, et il me fallait bien décharger la faute sur quelque chose à défaut de quelqu'un. « Mais au fait... Qui se marie ? » La voix de ma camarade m'arracha de mes pensées telle une brise rafraichissante. Relevant mes yeux fauves sur son visage opalin, j'arquais les sourcils d'une moue assurée et princière, avant de hausser les épaules non sans un sourire. « Aucune idée. » J'avais très certainement entendu les noms des heureux mariés parmi les bruits de couloir, mais mon incapacité totale à retenir les patronymes m'empêchait d'y voir clair. « Je sais seulement que tout le monde en parle. Ca a l'air d'être un grand mariage. » Avisant la mine surprise de Hayleen, j'attrapais sa main avec galanterie avant d'y déposer un tendre baiser. « On avisera. » soufflais-je alors en conclusion de mes pensées, tenant entre mes lèvres une traduction on ne peut plus claire : on s'incrustera, tout simplement.

Me levant alors sous le regard vitreux de ma jobarbille Johnny soudain réveillée, je me tournais une dernière fois vers Hayleen dans un sourire succinct. « J'ai cours. » soufflais-je alors d'un timbre suave pour excuser mon départ précipité. « Prends soin de toi. Ne reste pas seule. » Curieux conseil de la part d'un jeune homme qui appréciait grandement la solitude, néanmoins je n'ignorais pas qu'au vu des épreuves qu'elle traversait, il valait mieux pour elle être accompagnée. Saluant ma camarade d'un signe de tête, je tournai les talons non sans empoigner mon violon au préalable.
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