VULNERA SAMENTO FERME SES PORTES ▲
Merci à tous pour avoir pris part à cette formidable aventure.

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Arthur & Lexie △ this is the end of everything that stands
ϟ you belong to the world, and when it screams your name back, don't pretend you don't hear it.
ϟ Aller à la page : 1, 2  Suivant
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Message Posté Ven 27 Déc - 17:41.
no safety or surprise, the end.
I'll never look into your eyes again.


informations particulièrement pas importantes
ϟ dénomination courante des participants ▬ Arthur Duprat & Lexie Holmes
ϟ étiologie du statut subjectif ▬ privé
ϟ datation approximative du moment exact ▬ milieu du mois
ϟ cadran lunaire appréciable ▬ début de soirée
ϟ météorologie sorcièrement acceptable ▬ nuageux
ϟ saison saisissante et palpitante ▬ saison 3
ϟ intrigue globalement intriguante ▬ prélude
ϟ chatiment divin exigible ▬ nein (a)
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Message Posté Ven 27 Déc - 21:11.

I guess that's love, I can't pretend.


Le problème avec les secrets, c'est qu'ils finissent toujours par nous détruire. Ils finissent par sortir de la pénombre, et on ne peut rien faire pour les empêcher de nous arracher le cœur. On s'enferme derrière des promesses que l'on ne tiendra jamais. Derrière des miracles que personne n'est réellement capable d'entendre. Et au fil du temps, on se rappelle de tout ce qui avait compté auparavant. De tout ce qui avait une valeur et de tout ce qui n'en avait plus. Parce qu'on avait laissé toutes nos belles choses pourrir aux quatre vents. Parce qu'on avait abandonné la bataille avant même de réaliser qu'elle n'était pas réellement commencé. On fait des mauvais choix parce qu'on y est déjà prédestinés, et on accuse ce fameux destin parce qu'il est bien plus simple d'agir et de penser de cette manière, plutôt que de continuer à se dire que chaque chose que l'on fait, que chaque erreur nous force à être des personnes responsables. Je voulais croire en la beauté de l'être humain pour ces milliards de raisons qui me rappelaient que tous le monde avait le droit de faire des erreurs. Que tous le monde était capable de se tromper parfois, et qu'il fallait juste accepter la réalité des choses. Il fallait accepter que l'humain n'était pas infaillible. Il fallait montrer à tous ceux qui se trompaient, qu'il y avait une autre solution. Une autre manière de faire marcher les choses. Et c'était là, qu'elle se trouvait, notre faiblesse. C'était là qu'elle se logeait. Entre nos peurs et nos craintes. Entre ces moments que l'on a jamais pu comprendre, entre ces minutes qui nous ont toujours échappé. Je pardonnais trop facilement parce que je savais qu'on avait pas l'éternité devant nous. Qu'on pouvait pas se permettre de regarder autour de nous et de haïr ceux qui se trouvaient là parce que c'était la chose la plus simple à faire. Parce que personne n'osait réellement se battre. On cachait nos secrets honteusement, comme s'il n'y avait pas réellement de solutions possible. Comme si nous n'avions pas le droit de les posséder. Et la vérité, c'était que j'étais terrifiée à l'idée d'avouer toutes mes peurs. J'étais terrifiée à l'idée de prendre les mauvaises décisions. De faire les mauvais choix. Parce que c'était ce que je faisais, encore et encore. Parce que j'avais beau essayer de me défendre contre l'adversité, c'était toujours impossible d'être parfaite. C'était toujours impossible d'oublier la douleur, la souffrance, et toutes ces choses qui me tiraient vers le bas. Je priais pour quelque chose sans réaliser que ça ne servait à rien. Je croyais en ce que je faisais parce que c'était ma vocation. Parce que je voulais sauver les autres de toutes les manières que je connaisse. Même si parfois, on se rend compte presque trop brutalement qu'on ne peut pas sauver tous le monde.

Je suis entrée dans la pièce principale de sa maison, comme si c'était devenu chez moi. Comme si on n'avait plus à avoir peur. Alors que c'était tout ce qu'on vivait. Tout ce qu'on comprenait. La peur. La terreur. Je me suis avancée vers lui, tandis qu'il était assis sur le canapé. J'ai entendu un aboiement, alors j'ai caressé la tête du chien, et je me suis assise à côté d'Arthur. J'avais cette impression que c'était intemporel, ce qu'on avait. Comme si on pouvait jamais se perdre, et comme s'il était impossible de ne pas se retrouver. Comme si on avait l'éternité. Alors qu'on étaient condamnés à vivre dans la peur que le lendemain ne verrait jamais le jour. Mais on continuait à l'ignorer, comme si c'était un sujet dont on n'avait plus droit de parler. Comme si personne ne pouvait oser briser la glace. Il y avait plusieurs sujets comme ça. Dont Adam. Dont sa maladie. Dont l'alcool. C'était comme si on n'osait plus se battre pour ça parce qu'on avait trop peur de ce qui pouvait se passer si on défiait la règle. Si on modifiait les lois. « I got invited at the ball, tonight. » C'était difficile, de sortir d'ici et de prétendre que tout n'était qu'un rêve. Que tout n'était qu'une illusion. C'était difficile de rester là et de prétendre que rien n'était là. Sourire aux paris. Éviter de se regarder. C'était compliqué, et c'était en train de le devenir de plus en plus. Je me suis pincée les lèvres. « Don't worry, we're just friends and we kind of wanted to go out and have fun, with other people. » Je me sentais mal de l'abandonner. Je me sentais mal de partir alors qu'il était malade. Alors qu'il ne pouvait pas m'accompagner à ce genre de soirées. Parce que c'était ce genre de choses dont on ne pouvait pas bénéficier. Comme si on avait peur de la mort, autant que de la vie. « Do you mind if I leave you alone ? » Au fond, j'avais peur de partir, parce que parfois, seulement parfois, je me disais que tout pouvait basculer en quelques secondes. Et que tout pouvait disparaître.
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Message Posté Ven 27 Déc - 22:08.


But I've seen your wide eyes tonight
and I've not done what I could've done, and I have lost where I could've won





Je pensais que tout serait toujours facile. Je pensais que je pourrais continuer à vivre comme si je me foutais de tous ceux qui m'entouraient, comme s'il n'y avait que moi qui comptait. C'était comme ça que j'avais survécu, jusque là. Comme ça que j'avais atteint tous mes buts, toutes mes ambitions. J'avais jamais compris ces gens qui avaient besoin des autres pour respirer. J'avais jamais compris ce qu'on pouvait vouloir de plus que la solitude. Mais c'est l'éternelle complainte de l'égoïste. Le dilemme de celui qui veut tout avoir. On ne peut jamais tout posséder. C'est pour ça que les héros deviennent des lâches. C'est pour ça que les lâches deviennent des héros. Parce qu'au bout du compte, il arrive toujours un moment où il faut choisir, et où il faut se battre. Et moi, je pensais que tout serait toujours facile, parce que tout avait toujours été facile pour moi. Mais peut-être que c'était ça, le piège. On m'avait accordé 30 années de facilité, et le reste du temps qu'on aurait dû m'accorder avait été vendu à cette facilité. Tout avait été gaspillé, et c'était peut-être ça le pire. Je ne pouvais rien faire pour rattraper le temps perdu. Je ne pouvais rien changer pour éviter ce qui arriverait, fatalement. J'avais pourtant tourné le problème dans tous les sens, j'avais envisagé toutes les solutions, sans en trouver aucune qui me permettrait de vivre comme je l'entendais. Peu-t-être que j'avais perdu ce droit quand j'avais choisi d'oublier les autres. Peut-être qu'on m'avait réveillé trop tard. Peut-être qu'il faut perdre tout ce qu'on a pour se rendre compte combien chaque chose est précieuse. J'ai toujours trouvé ça con, de tenir à quelqu'un. J'ai toujours trouvé ça faible et pathétique. Je me sentais invincible quand j'étais seul, parce que j'avais les moyens de savoir que tout se passerait bien. Mais j'étais plus seul à présent, et c'était bien ça le problème. Au fond, je voulais le contrôle. Je voulais des certitudes, des faits. Je voulais la science et ses théorèmes incontournables. Sauf qu'en réalité, rien de tout ça n'existe. En réalité, on n'est jamais sûr de rien. En réalité, tout est si fragile qu'on est sans arrêt terrifiés. On a beau se persuader qu'on est courageux, il y a toujours une personne à qui on ne peut pas mentir. Ce qui nous amène à la peur, toujours la même. A la colère qu'on porte comme un masque pour la cacher. Et à tous ces gestes qu'on tente désespérément d'accomplir pour contrer le temps. Je pensais que tout serait toujours facile, mais c'était le plus beau mensonge que je m'étais raconté. Parce que j'avais fini par y croire. J'avais fini par attendre que l'univers me donne ce qu'il me devait. Puis j'ai compris qu'il n'avait aucune dette envers moi. Que mes jours étaient comptés. Et que tout disparaissait trop vite. Mes yeux, plongés dans le vide, se rabattirent sur la télévision lorsque je l'ai entendue entrer. Le chien a aboyé, j'ai pas bougé. Elle s'est assise à côté de moi, j'ai continué à fixer la télévision. Il y avait toujours une partie de moi qui continuait à fuir. Toujours une partie de moi qui refusait de la regarder, parfois, parce que je voyais tout ce que je laisserai derrière moi. Et ça me révoltait.  « I got invited at the ball, tonight. » J'ai tourné la tête vers elle, puis vers la télévision. Puis, je me suis retourné vers elle. Je l'ai contemplée. Elle était magnifique. Elle était rayonnante. Ca en faisait presque mal. J'étais le genre de personne qui pensait que tout lui était dû. J'étais le genre de personne qui prenait tout pour garanti. Mais quand il s'agissait d'elle, je savais que je ne la méritais pas. Parce que je savais que j'allais la détruire. Et peu importait combien j'essayais de réprimer ce genre de pensées, elles refaisaient toujours surface à un moment où à un autre, avant de retourner dans la liste des choses que je gérerai plus tard.   « Don't worry, we're just friends and we kind of wanted to go out and have fun, with other people. » J'ai arrêté de la regarder. Ca me fatiguait de devoir la regarder vivre sa vie de son côté parce qu'on ne pouvait pas vraiment être vus ensemble. Je détestais ce manque d'emprise que j'avais sur elle. Je détestais le regard que posaient sur elle les autres sans pouvoir agir. Je détestais ce sentiment d'impuissance. Et le truc, c'était que je savais exactement avec qui elle allait à ce putain de bal, et je savais que ça me déplaisait déjà. Je sentais déjà la colère s'installer alors que j'avais pas le droit de l'exprimer. « Do you mind if I leave you alone ? » J'avais pas le droit de lui voler ces moments où elle pouvait s'amuser et oublier toutes les conneries qui lui tombaient dessus. Mais j'étais égoïste et c'était toujours plus fort que moi. J'étais égoïste et avare, je voulais tout avoir sans jamais m'arrêter. Je la voulais elle et la vie qu'on ne pouvait pas avoir. Ma mâchoire s'est crispée, machinalement. J'essayais de concentrer mon regard sur la télévision. Sauf que c'était pas suffisant. J'étais jaloux, envieux, impétueux, j'étais le genre de personne qui ne pensait qu'à ce qu'il pouvait avoir, parce qu'il n'avait plus rien. C'était le même genre de colère que quand j'ai entendu Antoine Duperret parier une tournée à ses copains qu'il se la ferait ce soir et que tout ce que j'ai pu faire, c'est leur adresser un sourire complice alors que j'avais envie de les étriper. Alors j'ai fini par briser le silence, en prenant un ton froid. « Oh no, I don't mind at all... Let me guess, the Duperret guy ? » J'ai tourné la tête vers elle, je l'ai regardée de bas en haut avec un air hautain. Je ne voulais rien détruire, mais je le faisais quand même, parce que c'était la seule chose que je pouvais faire. J'avais pas le droit de l'empêcher de partir. J'avais pas le droit de la retenir alors qu'elle devait vivre sa vie. J'avais pas le droit de l'empêcher d'aller avec Duperret si c'était ce qu'elle voulait faire. Mais j'avais le droit d'être le connard que j'avais toujours été et de la faire fuir aussi loin que possible. Je préférais qu'elle m'en veuille maintenant plutôt qu'elle ne s'en veuille à elle-même des années après en regardant combien elle avait gâché sa vie. « You sure are sending the right signal with a dress that short.  »  
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Message Posté Ven 27 Déc - 22:50.

Our love was made for movie screens.


Toute ma vie, j'ai essayé de me battre pour ce qui était juste. J'ai essayé d'offrir tout ce que je pouvais posséder, parce que j'avais peur de voir quelqu'un tomber parce qu'il n'avait eu personne pour le rattraper. J'ai essayé de m'inventer d'autres vies comme pour remplacer celle que j'avais. Comme pour continuer à créer un mensonge encore plus parfait. Comme pour m'inventer une vie dont je n'avais déjà plus les secrets. Je mentais parce que c'était plus simple. Je continuais à prétendre que tout allait bien, alors que j'étais enceinte. Alors que j'avais peur. Alors que j'aurai voulu trouver une solution quelconque. J'aurai voulu un miracle, et c'était dans ces moments là que je réalisais qu'au fond, il avait raison. Il n'y a pas de miracles. Ni pour lui, ni pour moi. Ni pour personne. Mais je continuais à y croire pour tous ceux qui avaient besoin d'espoir. Pour tous ceux qui avaient encore besoin d'une raison de se battre. Je continuais à y croire parce que j'étais celle qui sauvait la situation. J'étais celle qui écoutait ceux qui étaient déjà à terre, en ignorant les questions. En évitant de trop en avouer. En continuant à se mentir face un miroir. « Oh no, I don't mind at all... Let me guess, the Duperret guy ? » Sa voix était froide. Sèche. Et je m'en voulais déjà. Parce que j'avais fait une erreur. Parce que j'aurai dû rester. « You sure are sending the right signal with a dress that short. »

J'avais tellement peur de le perdre que je continuais à accepter. Que je continuais à avoir peur. Comme avec Adam. Je continuais à dire oui quand j'étais terrifiée à l'idée de tout ce qu'il pouvait détruire rien qu'en prononçant quelques mots. Je m'en voulais de le laisser seul. Je m'en voulais de ne pas pouvoir être accompagnée de lui, parce que c'était la seule chose que je voulais réellement. Parce que ça m'empêchait de respirer. Parce que plus je le regardais, plus je voyais tout ce que je ne pourrais jamais saisir. Tout ce que j'ai refusé de voir jusque là. J'avais peur de voir sa façade devenir de plus en plus grande, jusqu'à ce que je devienne incapable d'accéder à la personne qui se cachait derrière. Je me fichais de son égoïsme. Sauf que parfois, il me détruisait. Sauf que parfois, j'étais trop terrifiée pour y prêter attention. Parce que peu importe ce qu'il pouvait dire, peu importe ce qu'il pouvait avouer. Peu importe les promesses brisées et les mélodies que plus personne n'entendait chanter, il ne restait que des chimères. Des souvenirs. Parfois, il ne restait que ce qu'on était incapable de conserver. Parfois, il ne restait que la douleur et la peine, et ça semblait être trop pour être supportable. Mais je continuais à me dire que c'était ça, aimer. Offrir tout ce qu'on a, sans rien attendre en retour. Donner tout ce qu'on a jamais pu posséder, et accepter que l'on puisse tout nous arracher des mains. Accepter que tout ne soit qu'un souvenir. J'ai entendu des excuses. J'ai offert des supplications. Et j'ai eu peur parce que même si je savais qu'il ne serait jamais comme Adam, les coups étaient parfois plus faciles à supporter que le silence de tous les mots qu'il ne pourra jamais prononcer. La force de toutes les remarques qu'il me jetait en pleine figure pour se protéger. Pour éviter que je m'approche de trop près. Parce que cette fois-ci, j'avais aucune façade. J'avais aucun bouclier. Je recevais tout de plein fouet, parce que ça a toujours été mon problème. J'aimais trop fort. Je me souciais trop. Et je ne pouvais m'empêcher de le faire. C'était ma malédiction. Le destin auquel je ne pouvais pas échapper. La fille qui avait peut-être un peu trop aimé. Et celle qui restait toujours en arrière. Je lui ai souri, en me rappelant qu'au final, cette robe, je l'avais simplement mise parce que je la trouvais jolie. Il n'y avait aucune autre idée derrière. Mais j'acceptais la défaite. Comme toujours. Et je me suis rappelée que j'avais laissé au moins la moitié de mes affaires chez lui. « Wait a second. » Je suis allée dans sa chambre, j'ai expiré. Comme pour retirer le poids de ma poitrine. Et j'ai enfilé une robe qui m'arrivait juste au dessus des genoux. Je me suis regardé devant le miroir. J'ai détaché mes cheveux. J'ai souri. Comme à chaque fois que j'avais mal. Parce que je continuais à mentir. Parce que j'étais incapable de faire autrement. Parce qu'une fois que je serais allée chez le docteur demain, tout irait mieux. Parce que j'arrêterais de réaliser, coup après coup, qu'il ne me faisait pas confiance. Et qu'il ne me ferait jamais confiance. C'était pour ça que je ne devais pas être un poids. C'est pour ça que je devais le sauver au lieu de le tirer vers le bas. Pour ça que je devais affronter mes peurs seule. Pour ça que je devais sacrifier ce qui aurait pu nous détruire. Je suis retournée dans la pièce, et je me suis mise face à lui. « Better ? » Puis je me suis assise à nouveau à côté de lui. « How did you know it was him ? » J'ai laissé quelques secondes passer avant de reprendre. « If you want me to stay, I don't really have to go anyway. »
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Message Posté Ven 27 Déc - 23:52.


only love is all maroon
gluey feathers on the flume




« Wait a second. » Elle partait se cacher derrière un nouveau sourire pendant que je continuais à faire semblant que je ne voyais rien. Je l'ai sentie s'en aller. Quand j'ai regardé vers l'endroit où elle était assise, j'ai croisé le regard désapprobateur du chien. J'ai soupiré. Le truc, c'était qu'avant, je ne regrettais rien. Je pouvais être le plus beau des connards, je marchais la conscience tranquille parce que j'étais persuadé que j'avais droit à tout. Mais avec elle, c'était différent. Avec elle, je ne pouvais pas juste me contenter d'être celui qui détruisait tout et qui marchait sur les ruines en faisant semblant de ne pas les voir. Il y avait trop de données que je ne contrôlais pas. Trop de variables entraient en jeu et je ne maîtrisais plus rien. La colère avait trouvé le moyen de m'atteindre plus rapidement que le reste. La jalousie venait avec, plus sinueuse, elle restait en arrière, comme un arrière goût amer. Je l'enviais, et j'enviais tous les autres, parce qu'ils ne se rendaient pas compte de la chance qu'ils avaient. C'était injuste. Avant, j'étais invincible. A présent, j'étais qu'un homme soumis à la loi du temps. A présent, j'étais celui qui en venait à compter les secondes pour s'assurer qu'il n'en perdait aucune. J'ai laissé mon regard se promener dans la pièce. Un jour, il faudrait que je parte. Il faudrait que je trouve le courage de faire mes valises et de me barrer d'ici avant qu'il ne soit trop tard. Il fallait que je trouve la force de briser mes promesses et d'abandonner tout ce que j'avais gagné. C'était la seule solution pour que ça se termine bien. Il fallait que je disparaisse. Tout finit par disparaître, de toute façon. « Better ? » Elle s'était postée en face de moi. Je l'ai regardée et soudain, toutes les résolutions que je prenais en silence me paraissaient impossible à tenir. Je ne pouvais pas la laisser. Je ne pouvais pas partir. J'en avais pas envie. Et c'était égoïste, parce qu'elle me verrait tomber en ruines. Elle me verrait crever, un peu plus chaque jour, et elle verrait combien la vie était injuste quand il s'agissait d'accorder des souhaits à ceux qui les méritaient vraiment. Sauf que c'était toujours la même chose, avec elle. J'arrivais pas à l'abandonner. J'arrivais pas à me dire que je pouvais vivre sans elle. Ca me semblait impossible, infaisable. La seule chose que j'étais pas capable d'accomplir. Alors j'ai ravalé ma fierté. J'ai baissé les yeux quand elle s'est rassise à côté de moi. J'ai essayé de trouver une solution. J'ai essayé d'additionner les secondes qui nous restaient. Je voulais qu'elle soit heureuse. Je voulais qu'on arrête de faire semblant que les obstacles n'existaient pas. Je voulais nous offrir la vie qu'on méritait. « How did you know it was him ? » J'ai relevé les yeux vers elle. J'avais pas envie de gâcher sa nuit, mais j'avais pas envie de la voir partir avec un autre. J'essayais de me dire que je devais la laisser partir. J'essayais de me dire qu'il fallait que j'assume les conséquences de mes actes, qu'il fallait que je change, parce que c'était ce qu'elle méritait. Mais le truc, c'était que mes intérêts primeraient toujours. J'étais incapable de faire autrement. « If you want me to stay, I don't really have to go anyway. » Je lui ai souri. J'ai essayé de me montrer compréhensif. J'ai essayé de cacher le fait que j'aurais préféré qu'elle reste. Parce que j'avais moins de temps que les autres. Parce que je voulais le passer avec elle. Parce que ça serait jamais aussi simple. Alors j'ai fait ce que je faisais à chaque fois que je mentais. J'ai regardé autour de moi. J'ai soupiré. Puis je l'ai regardé dans les yeux pour lui faire avaler une vérité en laquelle je ne croyais qu'à moitié.  « Yeah you do. Come on Lexie, you're not going to stop living just because I'm here. I get it, you want to have fun with your 'friend', it's alright. Chien and I will be just fine. I'm tired anyway. » C'était l'excuse parfaite, la maladie. Celle qui pardonnait tout. C'était pour ça que je l'utilisais seulement quand j'en avais envie. Seulement quand ça servait mes intérêts. C'était injuste, mais j'étais tout sauf juste. J'étais biaisé, j'étais impulsif, j'agissais sous le coup de la colère. J'étais le reflet de mon ombre, mais elle n'avait pas besoin de le savoir.  « You look very pretty. » Sauf qu'elle était un peu trop jolie, et que je connaissais un peu trop les hommes. Elle était un peu trop jolie et j'étais pas du genre à partager.  « All I'm saying, I guess, is that you should be careful. I overheard him saying that he was going to get you in his bed tonight. And that's the polite way. I just did the maths. »
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Message Posté Sam 28 Déc - 12:04.

For blue, blue skies.


Il y avait des millions de choses dont on essayait de se persuader tous les jours. Et parfois, seulement parfois, ça finissait par marcher. Parfois, on se rappelait que chaque histoire était un nouveau recommencement. On se rappelait qu'on recommençait éternellement les mêmes erreurs, comme si on était incapable de faire autre chose. Comme si chaque histoire, chaque mensonge avait été créé pour nous montrer à quel point les peurs que nous possédions étaient ridicules. Je me disais que ça continuerait à aller bien. Je me disais que je pouvais pardonner la destruction de tout ce qu'il était parce qu'au fond, c'était comme ça qu'il fonctionnait. Il me montrait le pire parce que c'était la seule manière de me faire fuir. Sauf que je partais pas. Je restais et je regardais tout ce qu'on avait construit partir dans le feu le plus ardent. Je regardais tout ce qu'on avait pu sauver disparaître dans les flammes. Et peut-être que c'était assez. Peut-être que c'était la seule chose qu'on méritait. Et c'est comme ça qu'on se décidait à avancer dans le noir, dans la plus profonde obscurité, alors que les démons et les tueurs nous attaquait déjà depuis longtemps. « Yeah you do. Come on Lexie, you're not going to stop living just because I'm here. I get it, you want to have fun with your 'friend', it's alright. Chien and I will be just fine. I'm tired anyway. » J'ai baissé les yeux. Parce que ça me tuait de voir que je devais tout perdre. Parce que ça me tuait de devoir mentir, même si c'était la seule chose à faire. Parce que j'avais pas le droit au bonheur. Pas cette fois. Je devais voir tout disparaître, comme si on me punissait pour avoir trop d'espoir. Pour avoir rêvé trop longtemps à ce quelque chose que je ne parvenais toujours pas à obtenir. Il était là et il voyait tout ce qui me manquait, tout ce qui me torturait depuis déjà trop longtemps. Et c'était ça, le problème. On continuait à se mentir parce qu'on ne parvenait pas à accepter qu'on n'aurait jamais assez de temps. Ça serait toujours trop urgent. Trop rapide. Ça serait toujours trop peu. Et je continuais à sourire parce que je refusais de voler les secondes qu'il se torturait à récupérer. Parce que je refusais de devenir un fardeau. Parce que je méritais le silence. Parce que je méritais la peur et la déception. Parce qu'après tout ce temps, j'ai jamais réussi à apprendre ma leçon. « You look very pretty. » J'ai souri à nouveau. « Thanks. » Puis j'ai compris que quoi qu'il arrive, on finirait toujours par tomber. On finirait toujours par regarder dans le miroir pour y découvrir quelque chose de plus noir qu'on n'aurait pu l'imaginer à la base. « All I'm saying, I guess, is that you should be careful. I overheard him saying that he was going to get you in his bed tonight. And that's the polite way. I just did the maths. »

Le soucis, c'était que je voulais tout lui donner. Le soucis, c'était que je l'avais laissé tout prendre, et j'avais oublié de récupérer ce qui était nécessaire à ma survie. Alors je portais à nouveau un masque, comme si ça pouvait arranger les choses. Comme si ça voulait dire que je pouvais prétendre ne pas avoir peur que tout redevienne comme avant. Qu'il devienne comme lui. Qu'il change le destin qu'on aurait pu mériter. « Obviously you don't trust me enough to know that I wouldn't even care if he or anyone wanted to be more than friends. I would tell him to fuck off and that's it. » J'étais calme. Mais j'étais détruite à l'intérieur par tout ce qu'il n'acceptait pas, par tout ce qu'il m'obligeait à oublier, tout ce qu'il me poussait à renoncer. « And come on Arthur, him and I been friends since I was 17. He's like a brother to me, I know he won't hurt me. He was probably talking about somebody else. » Et j'en étais convaincue. Parce que pour moi, les êtres humains étaient bons naturellement. Pour moi, je ne méritais le regard de personne. Parce que c'était ce que j'avais entendu, pendant des années et des années. Parce que j'avais fini par m'en persuader. « Listen, it's not that I don't wanna spend the evening with you. I just need to go out a bit with friends. It's not going to be only him and me during the whole evening. A lot of girls are coming too. And most of them are my friends. » J'avais peur de perdre. J'avais peur de continuer à perdre. Pourtant, c'était ce qui se passait à chaque fois. L'histoire éternelle de la fille qui faisait bien trop confiance. L'histoire éternelle de la fille qui n'a pas su faire les bons choix. Et qui a finit par se brûler les ailes. Peut-être que ça devait se terminer comme ça, après tout. Peut-être que ça devait se terminer avec moi, à terre, incapable de me relever. « And well, it's not like I really love the idea of going with him instead of someone else, but I don't really have a choice either, do I ? »
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Message Posté Sam 28 Déc - 13:16.


and the walls kept tumbling down
in the city that we loved.




Parfois, les choses sont arrachées à notre contrôle si rapidement qu'on n'a pas réellement le temps de s'en rendre compte. Alors on croit, naïvement, qu'on a encore la pleine maîtrise de nos pouvoirs destructeurs. On croit qu'on peut gagner, on croit qu'on peut réussir notre ambitieuse entreprise, on croit qu'on peut batir des empires et les regarder prospérer jusqu'à la fin des temps. Puis on voir les cordes, les ficelles, et on réalise qu'on est des marionnettes comme les autres, et qu'on perdra tout, comme les autres. On peut se penser invincibles et on peut se penser victorieux. Mais la gloire n'existe pas, pas vraiment. Elle n'est qu'un sentiment éphémère qui s'évapore à la première occasion. Une illusion. Alors on fait ce qu'on peut pour sauver sa peau, parce qu'en fin de compte, c'est ce qu'on a de plus précieux. Parfois, j'aurais voulu être quelqu'un de différent. Quelqu'un qui avait les réponses que je ne posséderai jamais. Quelqu'un qui pourrait s'oublier un peu, parfois. Quelqu'un qui serait capable de se mettre à genoux et d'avaler sa fierté. J'étais tout le contraire. « Obviously you don't trust me enough to know that I wouldn't even care if he or anyone wanted to be more than friends. I would tell him to fuck off and that's it. » J'ai levé les yeux au ciel. Le truc, c'est qu'on peut le pré-sentir, l'empire qui s'effondre. On peut entendre les fêlures devenir des brèches. On peut sentir les crevasses trembler. Certains sont assez naïfs pour penser qu'ils pourront changer quelque chose. Certains sont assez courageux pour le faire. Moi, j'étais trop fier, trop orgueilleux. J'étais trop égoïste pour penser à ce qu'elle pouvait ressentir. Je lui faisais confiance, au fond. C'était ça le problème. Je savais qu'elle était trop fidèle pour partir. Peu importait combien je la détruirai, elle resterait toujours. Et c'était profondément injuste de voir que je ne pouvais pas la sauver de moi-même. Que, peut-être, j'en avais pas envie.   « And come on Arthur, him and I been friends since I was 17. He's like a brother to me, I know he won't hurt me. He was probably talking about somebody else. » J'ai poussé un soupir fatigué. Je savais ce que j'avais entendu, et je savais qu'il parlait d'elle. J'avais la désagréable impression de m'être mis sur leur chemin. Comme si j'étais l'ombre au tableau. Comme si, de toute façon, j'étais pas destiné à durer. Je détestais ça. Je détestais cette putain de maladie qui me faisait remettre en question tout ce que j'aurais dû mériter. Parce que je méritais ça, je méritais une vie normale, je méritais de passer ma vie avec elle. Alors pourquoi est-ce que ça semblait si faux ?  « Listen, it's not that I don't wanna spend the evening with you. I just need to go out a bit with friends. It's not going to be only him and me during the whole evening. A lot of girls are coming too. And most of them are my friends. » J'ai baissé les yeux. Je m'étais pas rendu compte que je l'avais empêché de vivre. J'avais jamais vu les choses sous cet angle et ça changeait tout. Ca changeait trop. C'était pour ça que j'avais voulu ne m'attacher à personne. C'était pour ça que j'avais voulu crever seul. Parce que j'avais pas le luxe de ressentir ce genre de douleur. J'avais pas envie que ça se termine comme ça. « And well, it's not like I really love the idea of going with him instead of someone else, but I don't really have a choice either, do I ? » J'ai relevé le visage vers le sien en haussant les sourcils, estomaqué. Ca me tuait d'entendre ce qu'elle voulait, d'entendre ce que j'étais incapable de lui donner. Ca me tuait de voir tout ce que j'étais incapable de faire, de dire. J'étais en colère contre moi, contre elle. J'en voulais au monde entier à cause de cette putain de maladie. C'était ce genre de jour où l'espoir disparaissait totalement. Ce genre de jour où j'avais qu'une envie, c'était de me foutre une balle dans la tête. Ce genre de jour où j'avais pas envie d'être optimiste parce que tout s'écroulait trop vite. Ce genre de jours où j'essayais de réparer tout ce que j'avais brisé, et où je me rendais compte qu'il n'y avait rien à faire.  « Oh wow, nice.  Now it's going to be my fault. » Je l'ai dévisagée, quelques secondes en essayant de trouver une solution, mais j'en avais pas. Parce que je ne pouvais pas changer, peu importait combien j'essayais de le faire. Je resterai toujours celui qui détruirai tout pour se fabriquer un escalier jusqu'au sommet. Celui qui préférait voir la douleur dans les yeux des autres. Celui qui voulait se sentir fort, et qui refusait d'admettre ses erreurs, même s'il savait qu'il en avais fait. « Are you actually being serious right now ? You knew it wasn't gonna be easy, you knew it from the fucking beginning. You knew I was older, you knew I had a responsability, you knew I was sick,  you knew it couldn't be the way you wanted it to be. I gave you a way out and you didn't take it. Suck it up, Lexie. » Sur le coup, je ne me rendais pas compte de combien ma voix était froide. Je continuais d'empoisonner son air, parce que c'était comme ça que j'avais appris à vivre. Comme ça que j'avais appris à me défendre, même contre ceux qui ne me voulaient rien. J'étais avide. Je voulais plus de temps et j'en perdais sans le savoir.  J'ai regardé les images qui défilaient sur la télévision.  « Now please, go to your damn ball. You don't need my approval, I'm not your father. I don't really care where you spend the night. » Les gens vous présentent les malades comme des héros qui se battent tous les jours dans une nouvelle guerre. Les malades ne sont pas des héros, ce sont des lâches, comme tout le monde. Ils cherchent un moyen de se sauver, et parfois ils se demandent pourquoi est-ce qu'on les a choisi eux et pas les autres. Parfois ils aimeraient mourir immédiatement pour ne pas avoir à se battre encore une fois. Parfois, ils sont si fatigués de réclamer de l'air qu'ils aimeraient abandonner. Parce que parfois, ils ne savent même plus ce qui les raccroche à la vie.  Je me suis tourné vers elle.  « Oh yeah, and it's not you I don't trust, it's the guy you're going with because he seemed pretty sure he was going to get what he wanted. And that would be you.  »
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Message Posté Sam 28 Déc - 17:26.

And it hurts with every heartbeat.


« Are you actually being serious right now ? You knew it wasn't gonna be easy, you knew it from the fucking beginning. You knew I was older, you knew I had a responsability, you knew I was sick, you knew it couldn't be the way you wanted it to be. I gave you a way out and you didn't take it. Suck it up, Lexie. » J'ai baissé les yeux. Depuis le départ, ça a toujours été ça le soucis. J'avais accepté de me retrouver dans cette situation. J'avais accepté la souffrance, la peine, la douleur. J'avais accepté toutes ces choses au fur et à mesure que j'avançais. J'avais perdu depuis bien trop longtemps pour pouvoir m'extirper de tout ce qui me détruisait, et le soucis c'était que j'étais incapable de trouver autre chose que ça. J'étais incapable de le regarder dans les yeux et de lui dire la vérité, parce qu'il ne méritait pas un nouveau fardeau. Parce qu'il ne méritait pas de savoir tout ce qui pouvait le détruire. Parce qu'il avait uniquement besoin de moi pour l'instant. Parce que c'était toujours ce qui arrivait. Il finirait par partir. Même si je le suppliais de rester. Il finirait par disparaître, même si je lui demandais de ne pas m'abandonner. Le temps passait toujours à la même allure. On avait juste l'impression qu'il finissait par nous contrôler, par maîtriser tout ce qui faisait de nous des êtres humains prêts à tomber les uns pour les autres. Le temps n'était qu'une entité faîte pour nous montrer que nous n'étions pas aussi forts que les dieux. Que rien n'était plus forts que le destin qui avait été prévu pour chacun d'entre nous. « Now please, go to your damn ball. You don't need my approval, I'm not your father. I don't really care where you spend the night. » J'ai fermé les yeux. J'aurai voulu ignorer les remarques. J'aurai voulu prétendre que rien ne me faisait souffrir, mais c'était un nouveau mensonge, un nouveau miracle que je n'étais pas prête à attendre. Parce que c'était ce que je faisais, depuis le départ. J'attendais un miracle qui n'était pas réel, un miracle qui ne m'appartenait pas de voler. Je voulais réussir à mériter quelque chose, et quoi qu'il arrive, je continuais à réaliser que ce genre de choses, ça serait jamais pour moi. Ça resterait toujours pour les autre. Et j'aurai jamais assez de temps pour corriger tout ce qui n'allait pas avec moi. « Oh yeah, and it's not you I don't trust, it's the guy you're going with because he seemed pretty sure he was going to get what he wanted. And that would be you. » Je me suis pincée les lèvres, et j'ai souri froidement avant de me lever. « Yeah, right. » J'ai pris mon sac, et je suis allée vers la porte. Avant de sortir, je me suis arrêtée une seconde avant de me retourner vers lui. « I thought you said you didn't care. »

Je suis allée au bal, et pendant un moment je me suis rappelé de ce que c'était d'être à cette place là. Celle de la fille qui ne faisait que prétendre. Celle qui souriait à tous le monde parce qu'elle n'avait pas d'autres choix, parce qu'elle ne savait pas s'en sortir autrement. Parce que les secrets que je gardais étaient trop gros pour que quiconque les comprenne. Mais aussi parce que personne ne méritait de se retrouver face à ça. Parce que dès qu'on apprend un secret, ça devient une responsabilité dont on ne peut se défaire. Quelque chose qu'on doit accepter. Quelque chose qu'on doit supporter à notre tour. J'étais avec un groupe d'amies, parce qu'Antoine semblait trop insistant. Comme il me l'avait dit. Et je refusais d'imaginer sa satisfaction s'il apprenait qu'il avait raison depuis le départ. Au beau milieu de la soirée, il s'est approché de moi en m'invitant à aller discuter dans le couloir, où il y aurait moins de monde. Sauf que comme à chaque fois, ça a tourné mal. Sauf qu'il essayait d'avoir quelque chose que je ne voulais pas lui donner. Parce qu'il voulait contrôler tout ce qui se passait, comme Adam auparavant. Et le soucis, c'était que j'étais terrifiée. J'avais tellement peur de perdre que je me débattais. Je suppliais. Et le pire, c'était qu'il n'y avait rien à faire. Parce que je restais celle qui était incapable de se sauver de sa propre perdition. De sa propre chute. Celle qui affrontait la défaite un peu trop souvent, et qui ne parvenait jamais à s'en défaire. J'étais coincée contre le mur, incapable de bouger. « Please, just leave me alone. I don't wanna be with you. Just go away. » Parfois on se dit qu'on aura tous le temps. On se dit qu'on pourra toujours changer les choses. On se dit qu'on finira par s'en sortir, mais c'est jamais assez. Je refusais de pleurer même si j'étais terrifiée. Même si je savais que je ne m'en sortirais pas, pas cette fois. « This is not your choice to make. » J'ai fermé les yeux. « Please. » J'aurai voulu changer le monde. J'aurai voulu changer les choses, avant de réaliser que c'était impossible. « You're not like that, this isn't you. »
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Message Posté Sam 28 Déc - 20:20.


And I believe that I could tear you apart
But it won't break anything that you are, you are




C'est toujours la même chose. On promet des empires et des victoires, mais lorsqu'il faut remplir sa part du contrat, tout est tout de suite plus difficile. Ce soir-là, j'étais pas d'humeur à m'acquitter de mes dettes. Peut-être que ça avait quelque chose à voir avec le fait qu'elle sortait. Peut-être que c'était simplement un mauvais jour. En fin de compte, c'était toujours la même excuse. J'étais égoïste et je préférais ruiner son bonheur plutôt que de vivre seul dans la misère. Au fond, j'aurais dû m'en foutre. J'aurais dû faire comme si ça ne m'atteignait pas. J'aurais du recommencer à faire comme si elle ne comptait pas. J'aurais dû arrêter de jouer au con avec le temps parce que je savais que je perdrais. Là où j'aurais dû voir des années, je voyais les secondes défiler trop vite. Là où j'aurais dû voir un sourire, je voyais ce qui était déjà un souvenir. Les perspectives changent vite quand on apprend qu'on doit mourir. Et moi, je m'étais dit que je serai plus fort que la mort. Je m'étais dit que je ne la laisserai pas m'atteindre. C'était pour ça que j'étais revenu ici, pour contrôler mon destin jusqu'au bout. J'avais jamais compris combien je me mentais jusqu'à présent. Je contrôlais rien. J'avais peur de tout. J'étais constamment effrayé à l'idée de mourir. Mon courage ressemblait plus à de l'entêtement. A cette obsession d'avoir toujours raison jusqu'au jour où j'aurais tort et où je ne pourrai plus rien changer.  « Yeah, right. » J'ai vu son sourire. Je l'ai vu se lever. Si je m'étais écouté, je l'aurais rattrapée et je serais allé m'excuser. Mais ma fierté me paralysait, et je continuais à fixer le vide comme si c'était mieux que de la regarder, elle. Je me plaignais de ne pas avoir assez de temps, mais je continuais de le gâcher parce que j'étais pas assez fort pour faire tomber les murs. J'étais pas assez fort pour ravaler mon orgueil et pour arrêter de faire comme si je pouvais être aussi froid que ça avec elle. De faire comme si je ne me sentais pas coupable. Sauf que je continuais à me trouver des excuses et à y croire.  « I thought you said you didn't care. » J'ai baissé les yeux en l'entendant claquer la porte. Je savais que j'avais eu tort. D'un revers de bras, j'ai envoyer valser tout ce qui se tenait sur la table avant de me lever. Quand on y pense, il est si facile de perdre ce qu'on a. Il suffit souvent d'une seule seconde pour que tout bascule. Et le pire, c'est que parfois, on ne sait pas encore ce qu'on a perdu. On pense posséder un empire qui est en réalité en train de s'écrouler. Mais moi, je m'étais toujours cru plus fort que les lois stupides de l'univers, plus fort que les dieux et que les étoiles réunis. Moi, je m'étais toujours cru plus puissant que les décrets du destin et que les héros de tragédies. J'avais jamais compris que j'étais qu'un simple mortel qui, comme les autres, voire même un peu plus que les autres, devait se battre pour obtenir ce qu'il désirait.


J'ai passé la soirée à jongler entre regarder l'heure, la télévision et le vide. Je me suis enfermé dans mon orgueil tout en me sentant profondément coupable. J'essayais de trouver une raison d'aller la rejoindre, un prétexte pour me pointer à un bal étudiant. Je voulais juste la voir sourire et lui dire que tout irait bien. Mais je voulais aussi avoir raison, et je voulais être fort. J'ai tenu trois heures. Brusquement, le chien s'est mis à gémir sur le pas de la porte. Puis il s'est mis à aboyer. « Chien ? Tu permets ? J'essaie d'écouter.  » Il a continuer, de plus en plus fort. Il hurlait à la mort. Ce qui était bizarre, c'est qu'il n'avait jamais fait ça auparavant. Il aboyait pour des conneries, pour un con de papillon qu'il n'arrivait pas à attraper par exemple, mais jamais avec autant d'intensité. Je me suis levé pour aller le voir.  Je l'ai caressé, dans l'espoir de le calmer.  « Qu'est-ce que t'as ? Qu'est-ce que tu veux ? Tu veux sortir ? » J'ai ouvert la porte pour le laisser sortir, mais il est resté à l'intérieur, à me regarder. J'ai levé les yeux au ciel. Il y avait quelque chose qui clochait avec ce chien, mais j'avais pas le temps de m'en occuper. J'ai tout simplement pris mon manteau en le remerciant pour l'excuse qu'il venait de me fournir.  « Bon, si tu insistes, j'y vais. Mais c'est bien parce que c'est toi. » Il faisait nuit noire. J'aurais pu transplaner, mais je savais que j'en avais pas la force. Alors j'ai marché jusqu'à l'université. J'étais encore dehors, mais j'entendais déjà la musique et les rires. J'ai hésité avant d'entrer.  Je ne voulais pas gâcher sa soirée. Je voulais la laisser s'amuser, oublier un instant qu'on était  condamnés. Je ne sais pas pourquoi je suis finalement rentré. Je ne sais pas pourquoi j'ai préféré errer dans les couloirs plutôt que d'entrer dans la salle de bal. Je ne sais pas comment j'ai fait pour tomber sur eux, mais quand je l'ai vu, collé à elle, mon sang n'a fait qu'un tour.   J'ai vu qu'elle se débattait et j'ai compris que c'était pas normal. J'ai compris qu'il était en train de la détruire, et j'ai compris que c'était mon rôle d'arrêter ça. Je comprenais pas comment on pouvait vouloir lui faire du mal. Et je me suis rendu compte que je faisais la même chose. Que je me cachais derrière ses sourires tout en sachant ce qu'ils dissimulaient. Elle pensait que je la sauvais, mais je la faisais couler et j'étais bien trop égoïste pour changer. Mon visage s'est crispé et je me suis dirigé vers eux. D'un geste, je l'ai poussé en arrière. J'essayais de cacher combien j'étais furieux, mais je me trahissais déjà.   « The hell do you think you're doing ?  » Je l'ai dévisagé. Je lui en voulais. Je lui en voulais pour avoir osé la toucher, pour avoir cru qu'il la méritait. Je lui en voulais pour avoir pensé qu'il était plus fort que moi. Je lui en voulais pour le temps qu'il me faisait perdre. Je lui en voulais parce qu'elle commençait à peine à se remettre de ce que l'autre lui avait fait subir et qu'on faisait dix pas en arrière. Je lui en voulais parce qu'elle était trop précieuse pour être manipulée et qu'il avait cru qu'il pouvait jouer avec elle. Mais je m'en voulais, certainement plus, parce que si j'avais été là, rien de tout ça ne se serait passé. Si j'avais été là, elle aurait pu avoir la nuit qu'elle méritait, celle qu'elle attendait depuis trop longtemps. C'est là que j'ai compris qu'il était temps que les choses changent. On ne pouvait pas continuer à vivre comme ça. A laisser les autres détruire ce qu'ils ne voyaient pas encore. Je me suis tourné vers Lexie. J'aurais voulu la prendre dans mes bras. La serrer contre moi, pour la rassurer. Mais on faisait perdurer le mensonge, comme on l'avait toujours fait. Sauf qu'aujourd'hui, ça semblait être plus cruel que d'habitude.  «  Are you ok, Miss Holmes ? » J'ai regardé vers Duperret. Je voulais qu'il paye pour ce qu'il avait fait. Mais j'avais pas le droit de rendre ce genre de justice. Pas avec tous les secrets que j'avais. Ca m'a pas empêché de le regarder avec le plus dur des mépris et une fierté que j'avais jamais abandonné. «  You know I'm going to have to report this, don't you? »
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Message Posté Sam 28 Déc - 21:50.

When oblivion is calling out your name, you always take it further than I ever can.


« The hell do you think you're doing ? » Il l'avait poussé. Il l'avait poussé et tout ce que je voyais, c'était que je pouvais respirer à nouveau. Je pouvais voir à quel point il n'y avait plus aucun espoir, aucune chance de s'en sortir. J'étais terrifiée. J'étais détruite par toutes les choses qui se mettaient contre nous. J'essayais sincèrement de m'en sortir. Je me débattais contre la peur, contre la violence. Je me débattais contre les mots que je continuais à attendre. Contre les gestes que je ne pouvais pas empêcher. Contre le feu qui s'étendait toujours de plus en plus. J'aurai voulu changer le monde, j'aurai voulu rêver d'un lendemain qui n'arriverait jamais. Je tremblais parce que j'avais plus la force de tenir. J'avais plus la force de m'en sortir. Le masque tombait, et tout ce que je voyais, c'était la souffrance que je ne pouvais pas oublier. La souffrance qui me torturait. Parce que je survivais tandis que d'autres tombaient chaque jour pour une liberté que je n'osais clamer. Pour une solution que je ne pouvais pas espérer demander. J'aurai voulu m'en sortir. J'aurai voulu oublier que j'étais pas assez forte pour me défendre. J'étais celle qui restait terrifiée au milieu de la pièce. J'étais celle qui se collait contre le mur comme pour oublier que le temps avait disparu. Que les minutes étaient comptés. Je regardais dans ses yeux et je voyais la rage que j'étais incapable de posséder. Je regardais dans les yeux et je voyais la fureur qui ne pouvait pas m'habiter. La souffrance que je ne pourrais jamais totalement comprendre. Et je savais que tout ce qu'on pouvait lire dans mes yeux, c'était la même peur qu'on pouvait déjà lire auparavant. Tout ce qu'on pouvait voir, c'était cette terreur qui remplissait mon âme. Parce que je retournais en enfer. Parce que je revoyais les mêmes scènes se répéter encore et encore. Je ressentais le besoin de tomber sans être capable de le faire. Parce que les gens qui possèdent un masque savent qu'ils n'ont pas le droit de le faire. Pas cette fois. Pas avec autant de perte. Parce que je savais que si je tombais cette fois, je serais incapable de me relever. J'ai resserré mes propres bras autour de mon corps, comme si ça pouvait me protéger. Comme si je pouvais créer un bouclier assez fort pour ne pas lâcher, pour ne pas abandonner la bataille que je menais depuis trop longtemps. Ils parlaient tous de guerre. Et je ne voyais que ma propre peur. Je ne voyais que la sienne. Et c'était la seule pensée égoïste qu'on pouvait me reprocher. Le seul cauchemar qu'on pouvait continuer à me faire vivre. J'aurai voulu qu'il me prenne dans ses bras. J'aurai voulu qu'on oublie le monde entier. Mais on avait pas le choix. Pas encore.

« Are you ok, Miss Holmes ? » J'étais terrifiée à l'idée de répondre. Terrifiée de faire le mauvais pas. Comme à chaque fois. « You know I'm going to have to report this, don't you ? » J'ai trouvé la force de parler. La force de sortir de ma torpeur, comme si c'était tout ce qui comptait. « Yes, thank you, sir. » Ma voix tremblait. Et je commençais à voir tout ce qui ne pourrait jamais plus compter. J'entendais toutes les voix qui se bousculaient trop fort dans mon esprit. J'ai entendu l'horreur et j'aurai voulu l'oublier. J'aurai voulu tout détruire. Comme si c'était aussi simple que ça. Comme si c'était tout ce que j'avais besoin de faire. J'ai laissé les larmes rouler sur mes joues. Parce que c'était la seule chose que je ne pouvais pas empêcher. Parce que je pouvais retenir les secrets. Parce que je pouvais retenir la honte. Parce que je pouvais retenir la crainte. Mais je ne pouvais plus porter le même masque. Je ne pouvais plus reculer. Je n'arrivais plus à respirer parce que mon cœur martelait ma poitrine. Parce qu'il puait l'alcool. Et parce que je savais qu'il se sentait invincible. « You're not supposed to be here, you're a teacher. Not a student. » Il s'est avancé vers Arthur, avec un ton provocateur. Je ne bougeais pas. « And you're not going to report anything. You don't have the guts for that, sir. » J'ai fermé les yeux parce que je priais pour un miracle. Je priais pour qu'il arrête. Pour qu'il rentre chez lui et qu'il disparaisse. Je priais pour ne plus jamais revoir son visage. « Come on, Mr Duprat. Go back to your copies and forget what you saw. » J'ai rouvert les yeux et je voyais tout ce qui se dessinait face à moi. Je voyais que c'était là que tout pouvait dégénérer, et ça me tuait. « You don't really care, you don't know her anyway. So fuck off. » J'ai osé parler, même si j'avais peur. Même si j'aurai voulu me taire et attendre. « Go home Antoine, you're bloody drunk. This is not going to end well for you. »
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Message Posté Sam 28 Déc - 23:25.


I picture you in the sun
and falling down on your knees, asking for sympathy and being caught in between all you wish for and all you see




« Yes, thank you, sir. » Ca me tuait. Ca me tuait de la voir dans cet état et de devoir continuer à la regarder comme si elle était une étrangère. Comme si on ne se connaissait pas. Mais c'était le prix à payer pour l'avoir. Sauf que cette fois, le prix était un peu trop cher. Un peu trop injuste. C'était comme si on était condamnés à affronter ce genre de guerres. Ces étrangers qui chercheraient toujours à la blesser. Et moi, je chercherais toujours à la sauver tout en sachant que c'était impossible. Parce que je savais qui elle était. Je savais qu'elle prenait tout ce qu'on lui jetait et qu'elle gardait toujours au fond d'elle ces blessures irréparables qui s'ouvraient à nouveau dès qu'on la touchait. Ca faisait physiquement mal de la voir sombrer, de la voir suffoquer face au poids de tout ce qu'elle avait cru. C'était pour ça que j'avais envie de le tuer. Si je m'étais écouté, je l'aurais probablement fait. Mais il fallait être plus intelligent. Il fallait le faire partir. Il fallait s'assurer qu'on était sains et saufs et qu'on n'était pas perdus dans ces illusions qu'on avait créé trop vite. Il fallait qu'on se prouve qu'on était encore plus forts qu'un connard qui s'amusait à détruire tout ce qu'il touchait. « You're not supposed to be here, you're a teacher. Not a student. » il s'est avancé vers moi et j'ai souri. Il était tout simplement pathétique. Il avait beau faire le fier, je savais qu'il n'avait rien dans le ventre. Il était le genre de type qui s'achetait sa fierté à la bouteille et qui finissait toujours par regretter la veille. Alors je l'ai laissé faire. Je l'ai laissé parler une première fois, sans rien faire.  « And you're not going to report anything. You don't have the guts for that, sir. » J'ai gardé le même sourire, le même air, hautain. Mais cette fois-ci, je bouillonnais à l'intérieur. Si j'avais été un étudiant, je lui aurais déjà foutu mon poing dans la gueule. Mais ici, j'étais l'adulte, j'étais celui qui savait mieux que les autres, j'étais celui qui était censé savoir gérer ce genre de choses. J'avais aucune idée de comment on gérait un connard bourré. J'avais aucune envie de le faire. Je voulais juste le voir disparaître le plus vite possible avant que je ne perdre patience.  « Come on, Mr Duprat. Go back to your copies and forget what you saw. » J'ai haussé les sourcils. Il pensait vraiment que ça serait aussi facile ? Il pensait vraiment que j'allais le laisser partir aussi facilement ? Il pensait qu'il n'avait rien fait de grave, parce que c'était comme ça qu'il se rassurait. Mais pour moi, il avait commis le pire des crimes et il allait devoir payer, d'une manière ou d'une autre.  « You don't really care, you don't know her anyway. So fuck off. » Cette fois-ci, j'allais répondre. J'allais lui avouer tout ce qu'il ne savait pas. Tout ce que j'avais appris et tout ce qu'elle gardait secret. Cette fois-ci, j'allais lui révéler les secrets, parce que j'en avais marre de son arrogance. J'en avais marre de le voir fier de ce qu'il avait fait alors qu'il avait tort. Alors que c'était qu'une vermine qui ne méritait rien du tout. Mais elle a parlé avant moi. Elle m'a laissé le temps de me calmer, même si ça semblait impossible. « Go home Antoine, you're bloody drunk. This is not going to end well for you. »

Et peut-être que c'était impossible. Peut-être que c'était le poids de tout ce que je ne pouvais pas dire, de toutes les raisons que je ne pourrais jamais lui donner, peut-être que c'était parce qu'on tombait trop facilement et que j'avais pas envie d'attendre pour me relever. Je l'ai poussé en arrière. « What did you just say ?  » Je me suis rapproché de lui, j'ai essayé de lui faire comprendre qu'il ne m'aurait pas aussi facilement. J'ai essayé de lui faire comprendre qu'il n'était pas le plus fort et que s'il continuait, j'hésiterai pas à le frapper. Contrairement à lui, j'étais dans mon bon droit. Et à ce moment-là, les conséquences semblaient dérisoires comparées à ce qu'il avait osé faire.  « So what, if I don't know the girl, it's still ok to abuse her ? She said no, abruti, it's not that complicated of a word. » Je l'ai regardé, avec mépris, pendant plusieurs secondes. J'ai pas cherché à lui trouver des excuses, parce qu'il n'en avait aucune. J'ai pas cherché à m'en trouver non plus. J'aurais voulu que ça se finisse autrement. J'aurais voulu lui foutre mon pied dans le ventre. J'aurais voulu lui lancer tous les sortilèges qui le feraient saigner. Mais c'était pas mon droit, pas ici, pas comme ça. J'avais un rôle plus important. Un rôle que je devais jouer à la perfection. Alors j'ai expiré, lentement, avant de reprendre, d'une voix plus calme. « Look, I'm gonna be the grown-up here, and instead of punching you in the face or killing you, I'm going to ask you to go home because you obviously can't handle the wine.  » Je lui ai adressé un sourire méprisant. A ce moment-là, je le haïssais. Je le haïssais plus que les anglais, plus que les allemands, plus que les monarchistes, plus que tout.  « And she's right, it's not going to end up well for you, because no matter what you think, I have the guts to report you and I will. » Je lui ai indiqué la porte d'un signe de tête avant de croiser les bras.  « You can go, now, thank you.  »
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Message Posté Dim 29 Déc - 0:08.

And love is not a victory march, it's a cold and it's a broken Hallelujah.


Il y avait beaucoup de choses que j'avais sacrifié au fil du temps. Beaucoup de choses que j'ai préféré abandonner quand j'ai réalisé que rien ne serait assez fort, que rien ne serait suffisant. J'ai préféré tout accepter parce que c'était la chose la plus simple à faire. Parce que j'étais cette fille-là, celle qui avait besoin d'être éternellement sauvée, cette fille qui continuait à se retrouvait à la mauvaise place, celle qui avait peur et celle qui récupérait tout ce qu'elle n'avait pas été capable de sauver, comme si on finissait toujours par se venger. J'aurai voulu comprendre quelque chose de différent. J'aurai voulu réaliser tout ce qui n'était pas possible, tout ce qui n'était pas faisable. J'étais terrifiée à l'idée de partir, tout autant que j'étais terrifiée à l'idée de rester. J'inventais de différents rêves, de différents cauchemars. Je continuais à prétendre parce qu'avec le temps, on finit par accepter tout. On finit par se défendre et réaliser que se protéger ne sert à rien. On réalise que le pire des cauchemars est toujours le rêve d'un autre. On réalise que tout est éphémère, même si on aimerait réellement changer les choses. Même si on souhaite voir une autre alternative, une autre solution. Même si après tout ce temps, on finissait par accepter les cauchemars tout autant que l'on acceptait les miracles. Parce qu'on ne peut pas se contenter de la peur. Parce qu'on doit se réconforter dans tout ce qui n'est pas certain, tout ce qu'on a encore trop peur de perdre. Tout ce qui aurait dû s'écrouler comme un château de cartes, mais qui a finit par se reconstruire à la force de notre courage. De nos craintes. Je lisais la colère dans son visage. Je voyais qu'il se contrôlait pour ne pas perdre ce qu'on préservait. Ce qu'on essayait de cacher au grand jour. J'ai vu Arthur le pousser et j'espérais que rien ne dérape. Que tout finisse par s'arranger. « What did you just say ? » Il s'avançait, et je refusais d'imaginer le pire. « So what, if I don't know the girl, it's still ok to abuse her ? She said no, abruti, it's not that complicated of a word. » J'ai baissé les yeux. Je voulais oublier que tout était de ma faute. Sauf que c'était pas quelque chose que je pouvais changer. « Look, I'm gonna be the grown-up here, and instead of punching you in the face or killing you, I'm going to ask you to go home because you obviously can't handle the wine. » J'ai relevé mon regard vers eux. Parce que peut-être que les secondes qu'on venait de perdre pouvait tout changer. Peut-être qu'on pouvait modifier tout ce dont on avait peur. « And she's right, it's not going to end up well for you, because no matter what you think, I have the guts to report you and I will. » Et même si tout s'arranger, je n'arrêtais pas de trembler. « You can go, now, thank you. »

Puis Antoine a commencé à reculer. « With all due respect, sir, no one is never going to believe you anyway. So why even trying ? » Il s'est tourné vers moi. « Oh and Lexie ? Next time there won't be anyone to save you. » J'ai attendu qu'il disparaisse dans le noir. J'ai attendu que quelques secondes de plus passent, juste au cas où. Parce que j'étais terrifiée. Parce que je voulais changer le monde et parce que j'avais égoïstement besoin de savoir que je n'étais plus seule. Même si c'était seulement pour un moment. Même si c'était pour ensuite me rappeler que j'avais pas le droit d'être un fardeau. Quand j'ai réalisé qu'il n'y avait plus personne, j'ai marché rapidement jusqu'à lui pour me réfugier dans ses bras. Parce que quoi qu'il arrive, on finissait toujours par retrouver ce qui nous effrayait le plus. Parce que quoi qu'il arrive, même quand on se détruisait, on finissait par réparer ce qui avait été brisé. Je m'en voulais pour l'avoir mis dans cette position. Je m'en voulais pour être la fille qui avait toujours besoin de lui. La fille qui était pas encore assez forte pour se battre en retour, parce qu'elle avait trop longtemps accepté les coups. Parce que j'avais réalisé que j'avais pas la force d'être autre chose. J'étais trop faible pour ça. « I'm really glad you're here. » Puis j'ai murmuré. Comme si j'avais plus la force de trouver des raisons pour lui de m'abandonner. « I'm sorry. » Je l'ai serré un peu plus fort contre moi. Parce que j'avais peur. Parce que c'était comme si le temps se jouait déjà de nous. « I avoided him all the evening because he kept flirting with me and then he said he wanted to talk and I didn't think that he would... » J'ai laissé quelques secondes passer avant de reprendre. Avant de m'excuser pour la chose la plus cruelle au monde. La seule chose que je ne pouvais pas changer. « I'm so sorry for being a burden. »
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Message Posté Dim 29 Déc - 1:29.


I'd do anything for you
if there's anything you say, if there's anything you do





Je vivais avec elle. Je la regardais s'endormir, le soir. Se réveiller, le matin. Je la voyais sourire. Je la voyais parler. Pourtant, je ne voyais que le quart de ce qu'elle voulait me montrer. Et parfois, ça me tuait d'être aussi aveugle. J'étais peut-être pas le meilleur quand il s'agissait d'écouter les autres. Mais je me souvenais de tout ce qu'elle m'avait dit. De tous les détails qu'elle avait insinué au fil du temps. Ce soir, pourtant, j'aurais aimé ne pas la voir dans cet état. J'aurais aimé ne pas retenir cette image d'elle, si terrifiée qu'elle avait du mal à respirer. Personne ne veut voir ceux qu'on aime se tordre de douleur. Personne ne veut les voir terrifiés. C'est souvent comme ça que les guerres commencent.  Quelqu'un a trop souffert. Et quelqu'un a refusé de supporter ça. Occasionnellement, on se rend compte de tout ce qu'on est capable de faire par amour. Et ça fait peur. Ca fait peur de se dire qu'on pourrait faire n'importe quoi. On pourrait gâcher sa vie, prendre des coups, en donner, saigner un type, hurler, tout foutre en l'air juste pour une personne, parce qu'on ne peut pas supporter l'idée de la perdre. J'avais jamais ressenti ça pour personne d'autre qu'elle. Parce qu'il n'y avait que pour elle que j'étais capable de mettre de côté ma fierté même lorsque ça me semblait trop difficile. Même quand j'avais envie de fuir. C'était pour ça que je me tenais devant lui. Parce que j'étais prêt à tout perdre si ça signifiait qu'elle en sortait indemne.  « With all due respect, sir, no one is never going to believe you anyway. So why even trying ? » Mon regard s'est refroidi, parce que c'était la seule chose que j'avais le droit de faire pour l'instant. Je l'ai vu se tourner vers elle. J'ai suivi son regard. Elle était pétrifiée. J'ai baissé les yeux. J'aurais dû agir plus tôt. J'aurais dû me montrer plus fort. J'aurais dû lui prouver que je serai là, quoi qu'il arrive. « Oh and Lexie ? Next time there won't be anyone to save you. » S'il était pas parti, je l'aurais probablement tué. Parce que j'ai pensé à ce qui se serait passé si j'étais pas arrivé au bon moment, si j'avais préféré écouter ma fierté. Parce que tout était une question de fierté. Et, le truc, c'était qu'il y avait une part de vérité dans ce qu'il disait. Ca me révoltait de savoir qu'un jour, elle se retrouverait toute seule à cause de moi parce que j'étais trop têtu pour admettre que j'avais tort. Pour admettre que j'avais besoin de rester en vie. Pour admettre que j'avais envie de changer de plan et de foutre en l'air tous mes principes. J'ai regardé sa silhouette se fondre dans le noir. Lexie s'était blottie contre moi, et je la serrais dans mes bras pour lui assurer que, cette fois, j'étais là. J'étais arrivé à temps. J'avais pas le courage de lui avouer qu'un jour je l'abandonnerai. « I'm really glad you're here. » J'ai embrassé ses cheveux pour oublier tout le sens qu'avait cette phrase. Pour oublier qu'un jour, je ne serai plus là. Pour oublier combien la colère me détruisait. Combien le courage m'abandonnait. Combien la peur me paralysait. Combien la fierté me commandait de me taire.


Quand elle était dans mes bras, tout semblait avoir plus de sens. Le monde semblait retrouver sa logique. Pendant un instant, on oubliait qu'on avait pas le droit d'être là. On oubliait ce qui adviendrait si quelqu'un nous voyait. On oubliait les conséquences et on croyait aux miracles. Après tout, elle m'avait prouvé qu'ils existaient et je voulais la protéger de tous ceux qui cherchaient à les détruire alors qu'elle se tuait à les attraper. Parce qu'on chasse les miracles comme on chasse un démon, on attend toute une vie et on espère qu'un jour on comprendra qu'ils ne viennent jamais quand on les attend. Ils ne sont jamais distribués à ceux qui les méritent.  « I'm sorry. » J'ai froncé les sourcils sans comprendre pourquoi elle s'excusait, pourquoi elle pensait que c'était de sa faute. Elle m'a serré un peu plus fort contre elle. J'ai compris qu'elle avait besoin de moi, plus que ce que je pensais. J'ai compris qu'il fallait que j'arrête d'être égoïste. Elle méritait plus que ça. « I avoided him all the evening because he kept flirting with me and then he said he wanted to talk and I didn't think that he would... » J'ai baissé les yeux. J'avais pas envie de connaître la suite. J'avais pas envie de l'imaginer en train de souffrir, d'appeler à l'aide, et de se rendre compte que personne ne viendrait. J'avais envie d'être là, à chaque seconde. Et le problème, c'était que j'en avais pas le pouvoir.  


« I'm so sorry for being a burden. » J'ai froncé les sourcils à nouveau. Je ne comprenais pas comment elle pouvait penser être un fardeau, alors qu'elle était la seule personne capable de me sauver de ma propre destruction. Je ne comprenais pas comment elle pouvait s'imaginer ce genre de choses. J'ai passé en revue tout ce que j'aurais pu lui dire, tout ce qui aurait pu l'amener à penser ça, mais j'ai rien trouvé. J'ai ouvert la bouche pour lui dire qu'elle se trompait, mais j'ai entendu des bruits de pas. Je me suis séparé d'elle et je lui ai fait signe de me suivre.   « Wait, we should go to my office. » On a marché en silence, sans oser se toucher alors qu'on en mourrait d'envie. On était comme des fantômes qui se faufilaient dans un monde que personne ne pourrait comprendre. J'ai ouvert la porte de mon bureau pour la laisser passer puis je l'ai fermée à clef. J'ai marché, rapidement, vers elle. J'ai pris son visage entre mes mains et je l'ai embrassée. Peut-être un peu trop longtemps. Peut-être un peu trop brusquement. J'ai laissé mon front appuyé contre le sien. J'ai logé son menton entre mon pouce et mon index. « What the hell are you talking about ? » Ma voix était calme. J'étais, moi-même, étonnamment calme. Du moins, c'était comme ça que je tentais d'apparaître. Parce que j'en voulais toujours à l'autre pour ce qu'il avait fait. Pour ce qu'il voulait faire.  « I love you. Would you mind filling me in on the burden thing ? » J'étais inquiet parce que je ne savais ni pourquoi elle pensait ça, ni depuis combien de temps elle le faisait. J'étais inquiet parce que j'étais peut-être aussi coupable que lui. J'ai éloigné mon visage du sien. Ma main a glissé dans sa nuque.  « Are you sure you're ok ?  »
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Message Posté Dim 29 Déc - 18:27.

If this is to end in fire, then we should all burn together.


Avant, j'aurai pu sourire. J'aurai pu regarder ailleurs, et remettre le masque. Avant, j'aurai pu choisir de faire le mauvais choix, prendre la mauvaise décision, et continuer à mentir, parce que c'était plus simple de faire ça, même avec lui. Parce que c'était plus simple de dissimuler ce qui me terrifiait, même après tout ce temps. J'étais pas du genre à me dévoiler entièrement. Je continuais à inventer des histoires, à dire des mensonges, et à garder des secrets. J'aurai aimé croire que c'était parce que c'était pour changer les choses, pour éviter d'être un monstre. J'aurai aimé croire que c'était parce que j'avais le courage d'affronter la réalité. Mais la vérité, c'est que je préférais tout garder pour moi parce que j'avais peur de sa réaction. Parce que j'avais peur qu'il disparaisse. Et parce que je refusais de lui faire supporter tout ça. Il ne méritait pas de voir à quel point il avait fait le mauvais choix en restant avec moi. Parce que je ne pourrais jamais être réparée. Je ne pourrais jamais redevenir la fille que j'étais auparavant. Je devais continuer à me battre sans réaliser que c'était déjà trop tard, que tout était déjà perdu. Je devais avancer sans savoir si je pourrais réellement m'en sortir. Je m'inventais d'autres réalités, et c'est dans ces moments-là que je redevenais la fille que j'ai toujours été. La fille qui était terrifiée à l'idée de découvrir à quel point le monde pouvait être cruel, même quand il semblait être clément. Même quand il semblait pouvoir m'offrir la chance de m'en sortir. Même quand la mort n'était plus qu'une passade. Un cauchemar dont personne ne pouvait se défaire. J'étais devenu la fille qui cherchait un moyen de s'échapper. J'étais devenu la fille qui courrait trop vite pour être rattrapée. Et parfois j'aurai voulu changer la donne. Parfois j'aurai voulu posséder un autre genre de bouclier que le mensonge. C'est pour ça que j'essayais d'avouer la vérité. Pour ça que je m'excusais pour toutes ces fois où j'ai été incapable de m'en sortir seule. On a tous les deux entendu des bruits de pas, alors on s'est brutalement séparés. Parce que le soucis, c'est qu'on devait toujours partir. On devait toujours prétendre que rien ne comptait. Parce que c'était la promesse qu'on s'était faite. Parce que c'était ça, notre malédiction, celle dont on ne pourrait jamais se séparer, quoi qu'il arrive. « Wait, we should go to my office. » On a marché jusqu'à son bureau, et après avoir fermé la porte, il m'a embrassé. Et pendant un moment, j'aurai voulu croire que c'était possible. J'aurai voulu croire aux promesses et aux mensonges. J'aurai voulu croire à tout ce qu'on avait pas. À tout ce qu'on ne pourrait jamais avoir. Parce que j'étais rien de plus qu'un fardeau. J'étais rien de plus qu'une personne dont il pouvait se débarrasser à tout moment. J'étais rien de plus que la fille qui avait déjà fait trop d'erreurs. « What the hell are you talking about ? I love you. Would you mind filling me in on the burden thing ? » J'ai fermé les yeux. J'ai ignoré la peur. J'ai ignoré la douleur et la fatigue de porter autant de secrets, en me disant qu'un jour je pourrais arrêter de le faire. Même si ça semblait impossible.

« Are you sure you're ok ? » J'ai fini par ouvrir les yeux pour regarder ailleurs. Pour imaginer une échappatoire. Pour imaginer une fuite réaliste. « I... » J'ai fini par le regarder dans les yeux. J'ai fini par admettre ce que j'étais terrifiée d'avouer. J'ai fini par réaliser que de toutes façons, rien ne changerait la fin. J'ai réalisé que c'était peut-être notre destin d'aimer trop fort, au point que l'on finirait par se détruire. « I know you love me, and I love you too. But I also know that you think that it would be easier if you hadn't met me. If I wasn't there, you wouldn't have to save me all the time. You wouldn't have to pretend that you're okay when I'm here cause you're too proud to admit that you really hurt sometimes. » Je souriais en coin. Et peut-être que notre pire condamnation était de réaliser qu'on s'était déjà perdu. Qu'on avait jamais trouvé le chemin qui pouvait nous ramener vers autre chose que la peur et la destruction. « You wouldn't have to go through all of this. And I wished that I could find a way to make it all go, what happened with Adam. That's why I never talk about it. Cause you didn't deserve to go through that as well. » C'était tout ce que c'était. Tout ce qu'il méritait d'avoir, et tout ce qu'il ne méritait pas de vivre. « You came here to live peacefully and I ruined everything. And I'm still ruining everything. » J'avais peur de sa réaction. J'avais peur de tomber à nouveau, parce que c'était toujours ce qui se passait. Parce que c'était quand j'avais peur que je réalisais tout ce à quoi je pouvais tenir. « You deserve happiness. Not all this pain. And for that I'm sorry. »
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Message Posté Lun 30 Déc - 20:02.


we had a promise made
we were in love





Le truc, c'est qu'il n'y a personne pour tenir le monde sur ses épaules, parce qu'il est trop lourd et trop encombrant. Alors tout peut s'effondrer d'un moment à l'autre. Tout repose sur des fondations trop instables, trop illusoires. Je pensais que tout allait pour le mieux, et je pensais que ça pouvait durer comme ça jusqu'à la fin des temps, ou, du moins, du mien. Je pensais qu'on pouvait survivre comme on l'avait fait jusqu'ici, en étant complètement inconscients, oublieux de tout ce qui pouvait nous rattacher à cette terre, à cette vie-là. Je pensais que ça pourrait marcher, mais j'en avais pas la preuve. J'avais plus de plan, plus d'issue de secours, plus rien de sûr. Juste le hasard du moment présent, les soupirs échappés de secondes trop aléatoires. Une seconde tout allait bien. Une seconde, tout tombait en miettes si durement qu'on donnerait tout pour remonter le temps et vivre encore cette seconde d'insouciance ou on pensait que tout pouvait durer. « I know you love me, and I love you too. But I also know that you think that it would be easier if you hadn't met me. If I wasn't there, you wouldn't have to save me all the time. You wouldn't have to pretend that you're okay when I'm here cause you're too proud to admit that you really hurt sometimes. » J'ai baissé les yeux, comme à chaque fois que je voulais m'enfuir. Comme à chaque fois que je présentais comment allaient tourner les choses et que je voulais me mettre à courir avant de voir les citadelles tomber. Sauf que parfois, on ne peut pas courir. Parfois, on doit supporter le poids du monde pour les autres parce qu'on ne peut pas supporter de le voir s'effondrer. Et ce soir, peut-être que c'était ma responsabilité. Peut-être que j'avais le devoir d'abandonner ma fierté. Peut-être que j'avais le devoir de dire tout ce que j'avais refusé de dire jusqu'ici. Peut-être que toutes les chimères, tous les souhaits, tous les regrets qui se cachaient dans le silence allaient nous aider à nous en sortir. Elle avait besoin de m'entendre parler, et je refusais d'ouvrir la bouche. Je refusais d'admettre mes erreurs et je continuais à les répéter, comme si j'avais aucun autre choix. J'avais jamais compris combien ça pouvait l'affecter, parce que c'était pas le genre de choses qui comptaient, d'habitude. D'habitude, je me foutais des autres et de leurs sentiments. Je partais du principe qu'ils n'en avaient pas, parce que c'était beaucoup plus facile. J'avais fait la même chose avec elle. A chaque fois. C'était comme si j'étais incapable d'aimer autrement qu'en faisant du mal.  « You wouldn't have to go through all of this. And I wished that I could find a way to make it all go, what happened with Adam. That's why I never talk about it. Cause you didn't deserve to go through that as well. » J'ai gardé les yeux baissés, mais cette fois-ci, c'était parce que je comprenais pas. Je comprenais pas comment on en était venus à se détruire en essayant de se protéger. Elle avait voulu m'épargner tout ce qu'il lui avait fait subir, et j'avais voulu lui épargner tout ce qui me tuait, jour après jour. Au final, on était plus que des épaves. On avait voulu traverser un océan trop grand et on avait coulé. En croyant pouvoir remonter à la surface, on avait oublié de ramener l'ancre. Ou peut-être qu'on n'avait pas voulu le faire. Avouons-le, on était terrifiés tous les deux, mais pas pour les mêmes raisons. Elle avait peur de rester, j'avais peur de partir.  « You came here to live peacefully and I ruined everything. And I'm still ruining everything. » J'ai secoué la tête et je me suis reculé. Je me tenais dos à tout ce  à quoi j'avais refusé de faire face depuis qu'on s'était rencontrés. Toutes les cicatrices que j'avais ignoré, tous les mots dont j'avais compris le double sens sans jamais lui en demander plus. J'avais cru que je pouvais me contenter de les regarder sans les examiner. J'avais cru que je pouvais simplement m'attacher aux apparences et oublier ce qu'il y avait derrière. J'avais cru que ça pouvait fonctionner comme ça. Je l'avais abandonnée, quelque part, trop loin. On s'était lâchés en cours de route. Et c'était injuste pour elle, la façon dont je me comportais. La façon que j'avais de mourir un peu plus chaque jour et de me foutre du monde alors qu'elle y vivait encore.  « You deserve happiness. Not all this pain. And for that I'm sorry. » La mâchoire serrée, le regard dur, je l'ai regardée. Je l'ai regardée longtemps, sans oser dire quoi que ce soit, parce que je savais pas exactement pourquoi elle me disait ça. Je savais pas comment elle en était venue à penser ça. Je savais pas ce qu'elle attendait de moi, ce qu'elle voulait. Tout ce que je savais, c'était qu'elle avait tort. « So, what are you saying ? We should break it off ?  »


J'ai pas attendu de réponse, parce que je voulais pas l'entendre. Je voulais sauver ce qui nous restait, et si ça signifiait que je devais me mettre à genoux et abandonner tout ce qui me retenait, alors je le ferai, et je le faisais. Elle était trop précieuse pour que je la perde. Et parfois, ça faisait peur. Ca faisait peur de voir combien j'étais rien sans elle. Ca faisait peur de voir que tout ne tenait qu'à elle. « You know what ? You have a lot of nerves. You brought me into this. You showed up at my door and you made me love you. I didn't come here to live peacefully. I came here to die, period. This was the plan. I came here to wait for Death to take me away, because it seemed right. But now that I met you, now that I'm with you, it seems wrong on so many levels that I'm reconsidering everything. And it's a pretty scary process, believe me, to count the time you've left, the time you need, and to realise that they're not remotely the same. The whole thing is scary as hell and the only thing that keeps me going at this point is you. So you don't get to leave like that. You promised me you'd stay until the very end, and that's exactly what you're going to do.   »  J'essayais de me raccrocher à tout ce que je trouvais. J'essayais de réparer tout ce que je pouvais. J'essayais de transformer une situation de merde en un véritable trésor. J'essayais de trouver la logique, les raisons, les moyens de la faire rester. J'aurais jamais cru qu'on aurait pu se perdre comme ça. J'aurais jamais cru qu'on pouvait tomber aussi facilement. Et au fond, on ne le pouvait pas, parce qu'on était plus forts que ça. Je voulais m'en persuader, je voulais l'en persuader, je voulais qu'on se mente, mais qu'on le fasse bien. Alors j'ai conservé le silence. J'ai essayé de ravaler ce qui me serrait la gorge. J'ai essayé de ravaler la fierté, l'orgueil, les regrets, la peur. J'ai fait un pas en avant. Je parlais comme si j'étais en colère, parce que je l'étais. C'était la colère de voir que le monde daignait m'abandonner, que les dieux daignaient faire la sourde oreille à toutes les prières que je lançais. Je valais plus que ça. Je valais plus qu'une maladie. Et pourtant, à ce moment-là, c'était tout ce que j'étais. Un malade qui hurlait à la mort de lui laisser quelques secondes de plus.  «  Because you're not ruining anything. Alright, the plan was to do that alone, and yeah, sometimes I do think that it would be easier if I hadn't met you, but it's not because I'm in pain, it's not because I don't want to go through yours, it's not because I don't want to save you or any other bullshit ideas you might have. It's because I don't want to say goodbye to you.  » Je me suis arrêté net. Ma voix se brisait peu à peu. Et c'était de plus en plus dur de parler. J'avais les larmes aux yeux, parce que je me rendais compte que tout était fragile. Que j'avais besoin d'elle bien plus que ce que je pensais. Que j'aurais beaucoup plus de mal à lui dire adieu que ce que je croyais. Pour la première fois, j'ai ressenti l'injustice de ma situation de plein fouet. Ca ma heurté comme une lame de fond. Ca m'a emporté trop vite et trop loin, et j'ai rien pu faire à part la regarder dans les yeux et constater ma propre impuissance. Je ne pouvais rien changer, et ça me tuait.   « I can't say goodbye to you, Lexie.   » Je pensais pas qu'un jour, mourir deviendrait si compliqué. Je pensais pas qu'un jour, ça me révolterait autant de voir le temps passer. Je pensais pas que j'en viendrais à compter les jours, à avoir peur à chaque fois que je fermais les yeux. Je pensais pas que ça pouvait me déchirer autant de prononcer le mot adieu alors que je l'avais dit des milliers de fois auparavant. Je pensais pas que ça pouvait faire mal, physiquement mal, d'avoir peur et d'en être indigné.  De la regarder et de me dire qu'elle ne m'appartiendrait jamais vraiment. J'ai expiré, lentement. J'ai essayé de calmer les battements de mon cœur qui martelait trop fort contre mon torse.  « And truth be told, I don't really care how damaged you are, because I'd have you either way. I want you to know your pain in order to forget mine. I want to know about Adam, I want to know why sometimes, you smile when you want to cry, I want to know what he told you, what he did to you so that I can fix you. I want to know how many eggs you can juggle with until it's too much to take, I want to know why you learned German, I want to know why you're volonteering at the hospital, I want to know what you hide I want to know every damn thing there is to know about you before I... before I go, because, let's face it, we don't have eternity before us.  And if I have to save you from douchebags like Duperret to do it, then so be it. I don't want anything else, I swear. I just want you. I really, really do.  » J'ai laissé mon regard balayer la pièce, à la recherche de ce qui pourrait nous sauver, ce qui pourrait nous faire gagner du temps. J'ai baissé les yeux. J'ai reconsidéré tout ce qui m'avait mené jusqu'ici. Quand je l'ai regardée à nouveau, j'étais moi, sans artifice, sans fierté, sans rien. J'étais faible, parce que c'était tout ce qui me restait quand on enlevait tous les mensonges que je disais à longueur de journée. Mes eux brillaient un peu trop. Et mon courire était faux, paniqué. Mais c'était moi. « I told you I'd be weak for you. This is me being weak. This is me swallowing my pride because I'm scared. The whole pride thing ? It's an act. It's a con. I'm not brave, I'm not strong, I can't do this by myself, I need you. And yeah, I'm scared of how much I need you sometimes, but I'm even more scared at the idea of dying. And I shouldn't, because I've seen people die a thousand time and it didn't scare me before. I always thought about it as a logical process. You're born, you live, you die, period, right ? But it's a lie and I'm a fraud. I don't want to die, Lexie. I don't want to lose you. I don't want this to end.   »
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Message Posté Lun 30 Déc - 22:20.

There are things that drift away like our endless, numbered days.


J'aurai voulu avoir l'éternité. J'aurai voulu me dire que parfois, quand tout finissait par partir, on aurait encore le temps d'aimer. Je voulais me dire qu'on aurait encore le temps d'aimer, et le temps de pardonner. Le temps de faire des erreurs et le temps de changer tout ce qu'on pensait être impossible. J'aurai voulu me dire que j'avais encore le temps de faire des promesses. Celui de mentir et de dire la vérité. Je voulais me dire que j'avais le temps de dire adieu et le temps de rencontrer de nouveaux espoirs. Le temps de pleurer, d'abandonner, puis le temps de se relever et de retrouver ce qui nous permettait de rester debout sans jamais avoir mal. Le temps d'être seul et puis d'être accompagné. Celui de voir nos cœurs se briser dans un océan de souffrance, et le temps de le reconstruire afin qu'il puisse être encore plus fort. J'aurai voulu me dire que j'avais toute une éternité pour faire tous ces choix, pour prendre toutes ces décisions. Pour apprendre à abandonner. J'aurai voulu me dire que c'était plus simple d'être éternel, mais personne ne pouvait l'être, au final. Alors je vivais dans ces rêves qui ne pourraient jamais se réaliser. Je voyais le temps passer sans pouvoir l'arrêter. Je le voyais souffrir de tout ce dont je ne pouvais pas le soigner. Je le voyais se torturer dans l'idée que rien n'était fait pour durer pour toujours, et je le voyais se montrer aussi faible qu'il n'a jamais osé le faire. Je le voyais souffrir de tout ce qu'il ne pouvait plus avoir, de tout ce qui était déjà loin. Je le voyais avoir mal pour nous deux, parce que c'était quelque chose qu'on ne pouvait pas changer. Parce que quand on se regardait, on voyait toutes les années qu'on aurait pas le temps de vivre. Les sourires qu'on aurait jamais le temps d'échanger. Les joies et les bonheurs qu'on serait incapables de partager parce qu'il serait tout simplement trop tard. Et c'était tout ça qui me tuait. C'était ça qui me rendait faible, bien plus que n'importe quoi. Parce que j'ai toujours été impuissante. J'ai toujours laissé les choses se passer comme elles devaient se passer, sans intervenir. J'ai jamais été révolté contre la vie ou contre le destin, sauf que là, je l'étais. Sauf que là, j'avais plus la force de me dire que c'était assez. J'avais plus la force de dire que tout irait bien, alors qu'on était en train de tout perdre. Je voyais ses yeux briller un peu trop, et j'entendais sa voix se briser sur toutes les choses qu'on avait pas été capable de faire. Toutes celles qu'on a laissé passer. Parce qu'il pensait que je voulais partir, alors que tout ce que j'essayais de lui démontrer, c'était que je ne pourrais jamais être parfaite. Tout ce que je faisais, c'était lui avouer mes peurs, lui montrer mes cicatrices, celles que je préférais dissimuler dans le noir. Parce que je pouvais supporter les cicatrices qui se trouvaient sur mon corps, celles qui existaient réellement. Je pouvais supporter le souvenir de la douleur des bleus et des os brisés. Mais je pouvais pas supporter la douleur morale, celle des mots qui continuaient à se répéter, encore et encore. Et je pouvais toujours pas supporter l'idée de lui dire adieu non plus, parce que c'était pas ça, que je faisais. Parce que je détestais les adieux. Parce que je continuais à prétendre que ça n'arriverait jamais. Je continuais à prétendre qu'on avait encore l'éternité. C'était ça qui était cruel avec l'amour. C'était trop fort, trop difficile à abandonner, à laisser sur le côté. C'était quelque chose dont on avait besoin pour respirer. Quelque chose de peut-être trop puissant.

Je le regardais tomber en miettes, et dès qu'il a terminé de parler, je l'ai pris dans mes bras à nouveau. Je l'ai enlacé peut-être trop fort parce que je voulais qu'il sache que je ne pourrais jamais partir. Que je ne pourrais jamais abandonner. Je voulais qu'il sache que je serais toujours là. Et je l'ai embrassé, peut-être un peu trop longtemps, parce que c'était une promesse de plus. Un contrat que j'étais incapable de ne pas signer. J'étais en train de promettre tout ce que j'avais. J'étais en train de promettre tout ce qu'il avait peur de perdre. Et tout ce qu'il possédait déjà sans le savoir. Je me suis éloignée tout en tenant ses mains dans les miennes. « Five. » J'ai souri à travers les larmes. J'ai souri à travers la peur de tout ce qui semblait être encore trop fragile, parce qu'on ne savait pas se protéger de la mort, on ne savait pas se protéger de la vie. On ne faisait qu'avoir peur. On ne faisait qu'être terrifiés de tout ce qui était déjà trop loin. « I can juggle with five eggs until it's too much to take. » Je commençais à avouer tout ce dont ilk avait besoin. Parce que c'était ça, la beauté du sacrifice. Montrer qu'on a plus peur, et qu'il est temps d'avancer. Prouver que rien ne pourra plus jamais nous effrayer. Que même dans nos pires moments, il reste toujours assez de force en nous pour continuer à dévoiler de trop lourds secrets. « I learned how to speak German because I read Goethe in english, and I wanted to know what it would be like to actually read it in the original language. And I thought it would be good to learn a language that people see as barbaric when it's really not. » J'ai baissé mes yeux avant de regarder dans le vide. C'était tout ce qui nous effrayait. De se livrer l'un à l'autre. De tout donner, par crainte de ne rien recevoir. J'ai toujours préféré ignorer la douleur dans ma poitrine, parce que c'était quelque chose à quoi j'avais fini par m'habituer. Je voyais les visages familiers et je me rappelais que rien n'était pire que la solitude. L'impression que chaque seconde pouvait compter pour des heures. « I volunteer at the hospital because even though it's hard and difficult, even though there are not only broken arms and twisted ankles, I think that everyone should have someone to take care of them when they have no one. Everyone should be able to count on someone when they are down on the ground. And sometimes, when I see an old woman smile at me, I think it's one of the most beautiful act of kindness there is. Cause it's about all the words that you don't need to say. When I see a child who is suffering from a incurable disease, I admire the strength with which he promises to his parents that it's going to be okay. I volunteer at the hospital because I need to make sure that these people know that they aren't alone. That there'll always have kindness in this world. Cause when they actually start to smile back, I know they understand that they aren't alone. » La vérité, c'est que les malades sont tous blessés dans leur cœur. Parce qu'ils réalisent tous que l'éternité ne sera jamais possible. Parce qu'on réalise à quel point la vie est éphémère. Que chaque moment compte et qu'il faut de la façon dont on le préfère. Qu'il faut toujours se battre, parce que le jour où on abandonne, ça veut dire qu'on perd une partie de soi-même, un peu comme si on acceptait de devenir quelqu'un d'autre. Une chimère que l'on est incapable de reconnaître. Un monstre qui se tapi dans l'ombre et qui préfère l'obscurité à la lumière. Qui préfère la mort à la vie, parce qu'au moins, on n'a plus rien à perdre quand on n'a plus la vie. Quand on a plus rien à part les souvenirs de tout ce qui aurait pu exister, de tous les mots qu'on aurait pu dire, de tous les visages qu'on aurait pu rencontrer. De tous les baisers qu'on a jamais pu donner.

« I smile when I want to cry because I think that crying makes it real, the pain. Because I don't want anyone to see me crying as well. I think the saddest thing is to actually see someone crying without ever being able to understand their pain, without being able to do anything but hold them as they break apart. That's why I smile. Cause I can hide the pain away. I can pretend it doesn't exist. I can pretend it wasn't even here. That's why I hide so much as well. Because I think that this pain, no one deserves it. No one deserves to see that. And even if people knew what happened to me, they wouldn't be able to do anything. I'd hate to be in that situation. Knowing that it's too late, that you can't do anything to change the past. And I don't want to be a burden for people. I want to help them. I can help myself, I can deal with it. I don't want them to look at me, and judge me. To think I'm weak. I don't want them to pity me. Because I wouldn't be able to handle it. » C'était ça, mon secret. Celui qui était presque trop terrifiant. Celui que l'on cherchait sans réellement trouver. Celui qui faisait partie de moi et que j'avais eu trop peur de dévoiler pendant longtemps. Celui qui avait fini par montrer toutes les blessures, les écorchures. Celui qui avait fini par révéler les larmes qui continuaient à couler sur mes joues comme si je n'avais plus la force de les arrêter. Comme si livrer mes secrets, signifiait aussi livrer la peine. La douleur, la souffrance. Montrer tout ce que j'avais peur de montrer, d'avouer tout haut. « And last but not the least right ? Adam. We met in Hogwarts. He was... One of these i'm-going-to-save-the-world guy. My parents died when I was 2 years old, and it was my grandma who took care of me. When she died, I felt like my whole world was crumbling down. I was sixteen and I was suddenly one of those special kids without any family. And Adam happened. I needed someone and at first he was kind of what I needed. He was kind, and protective, and he was always there for me. I didn't care that he was jealous because he just got into fights with other guys who looked at me, and it was normal, we were teenagers, and he wanted to proove himself to me. Then we both went out of Hogwarts and we mooved to London. He chose to study business, and I chose to study medecine. We were only seeing each other at home cause our days were so busy. I made a lot of friends really quickly, and it was all perfect. That's when it all went wrong. As you know, they are a lot of guys in medecine. And since he wasn't with me all the time, he went a little paranoid. That's when he started beating me up. » J'avais jamais prononcé les mots, parce que ça semblait toujours moins horrible dans mon esprit. Ça semblait toujours moins cruel, comme si personne ne pouvait réellement comprendre ce que ça faisait, comme si cette solitude, cette douleur, elle n'était que dans mon esprit. Sauf que là, elle prenait tout son sens. Là, elle devenait réelle. Je l'avouais à haute voix et c'était terrifiant, parce que je savais que c'était les millions de larmes que j'avais jamais versé. Et je lui donnais tout à lui, parce que peut-être que c'était le seul moyen d'apprendre à oublier. D'apprendre à vivre avec. Partager sa douleur, comme si ça pouvait la changer. « At first, like every women, I thought it was this once. He apologised and he bought me flowers to make it up to me. But then, he did it again and again and again and it never stopped. I didn't say anything to anyone cause I was too scared. Cause I convinced myself that I still loved him. I smiled and it would make it all okay. And then he screwed up his first year, and I didn't. He was so mad, and I was... I don't think I'll ever be able to forget that night. He kept hitting me, and I was bleeding all over, and there was pain in every part of my body. I really thought I was going to die. I was on the ground and my eyes were closing when he left. I was supposed to go to a party because it was the end of the year, and I obviously didn't make it. I never asked to go to a party again, until today. I was so scared of what would his reaction be that I didn't even dare think about it. Then the year after that, he asked me in marriage and I didn't dare to say no. So I said yes, and in that moment, I knew that I would spend my entire life like this. I knew it would never stop until I died. I knew I was just like another prisonner. »

J'avais réalisé la précarité de ma situation. J'avais réalisé que c'était ça, aimer. Ça voulait dire prendre l'autre avec toutes ses cicatrices, avec tous les souvenirs qu'il avait peur de partager. Toutes les craintes qu'il ne pourrait jamais prononcer face aux autres, mais qu'il donnait quand même à la personne qui comptait le plus. « That's why, when I got pregnant, I asked for abortion without even telling him any of it. Cause I couldn't imagine a child growing up into that mess. I couldn't do that to another human-being. I always wanted to have kids. But I wanted to give it its best chance. I wanted to save it from all of this. I got to the hospital, and when I reached my hand to hold on to someone, I remembered that there was no hand to hold, that there was no one to help me or to do anything for me. I spent the year after that working in London to help the wounded after the tower bridge accident. » J'aurai voulu avoir un moyen de lui épargner tout ça. De lui montrer que c'était faux. Une simple histoire que l'on raconte pour effrayer l'autre. Un simple miracle que l'on invente parce qu'après tout, c'est ce dont on a besoin. Des miracles pour nous sauver de la froideur d'une existence parfois trop cruelle. Une existence parfois trop injuste, qu'on ne parvient jamais à réellement accepter. « Then I arrived in France, this year, and my heart ached everytime Adam came to visit me. Cause he was getting worse. Cause now I couldn't convince myself that it was okay because I loved him. I couldn't do that anymore. I tried to grow distant but he was hitting me all the time and he was forcing me to do things I didn't want to do anymore. And I was too scared that if I left him, no one would want to be there with me. I was so scared of being alone because everytime he was beating me up, he said that I didn't deserve him. He said that I would never deserve anyone. That it was all my fault. He said that no matter how hard I tried, it would never be enough. He said I had to be perfect but I wasn't. And I was still trying to find him reasons for what he was doing to me. » J'acceptais toujours trop. J'acceptais pour les mauvaises raisons, parce qu'après tout, c'était ça, aimer. Du moins, c'est ce que je croyais penser depuis trop longtemps. « Even if it's hard to believe, I forgave him now. Because there is just no point to hold grudges against someone who can't hurt me anymore. If he was dying I would help him, cause I don't wanna end up like him. I don't wanna be cruel and heartless. I want to be the exact opposite. » Je l'ai regardé longuement. Parce que c'était tout. Parce que j'avais presque plus rien à cacher. Parce que c'était l'histoire de la fille qui avait trop attendu pour quelque chose qu'elle a fini par obtenir sans l'imaginer. Parce que c'était l'histoire de comment est-ce que j'étais tombée, et de comment est-ce que j'avais réussi à me relever, grâce à lui. Alors j'ai déposé ma main sur sa joue. « So yeah, I'm never going to break it off with you, Arthur, it wasn't what I meant. It wasn't that at all. Because I can't bring myself to say goodbye to you either. I can't imagine myself loosing you. That's why I want to save you. That's why I want to find a way to slow down the process, and that's why I'll never stop trying. You're the only person I would tell all these things to, just because you asked. I know that you could use all of that against me but I know you won't. Because you are everything I ever wished for. Because I don't mind if you're scared. I know it's normal for you to be scared. I love you so much and I'm never going to leave you. I don't want you to go either. I don't want you to die, cause I wouldn't be able to go on living if you weren't here. You're the only thing who is still holding me back together. You're the only person with who I would be selfish and jealous with. And it's bad, I know, it's not enough. It's not what you deserve but I can't stand the idea of loosing you. So I'm never going to stop fighting, even if fighting death can be pointless. You're sick, you're not dead yet. Which means we can do something about it. You're the best mediwizard in the world right ? So we'll figure out a solution. We always do. »
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Message Posté Mar 31 Déc - 0:45.


in any other world
you could tell the difference





Elle m'a pris dans ses bras, et je l'ai serrée fort contre moi. Je l'ai serrée comme si on essayait déjà de me l'arracher, comme si les secondes la tiraient vers les abysses avant que je ne puisse la rattraper. On était sur des fuseaux horaires différents, et je manquais de temps. Je manquais d'air. Je manquais de tout. Rien de tout ça ne semblait juste. Rien de tout ça ne semblait rassurant, apaisant. Il n'y avait rien, à propos de la mort, de réconfortant. Tout était trop froid, trop révoltant, trop impossible. Pourtant, elle coulait dans mes veines, elle envahissait mon corps. Pourtant, bientôt, elle serait la seule solution possible. On s'est embrassé, parce que parfois, c'est tout ce qu'on peut faire. Parfois, un baiser, c'est si désespéré que ça signifie à redonner le courage dont on a besoin. Ca signifie à rendre plus fort. Parfois, un baiser c'est un affront qu'on fait au temps. On a l'impression de lui voler quelques secondes où il ne pourra pas nous faire tomber. Et on a l'impression que c'est suffisant pour vaincre tout ce qui nous menace depuis trop longtemps. Elle a prit ses mains dans les miennes. Elle pleurait mais elle souriait. Et j'étais pas loin de faire la même chose. « Five. » J'ai froncé les sourcils. Je l'ai dévisagée, sans comprendre pourquoi elle me disait 'cinq'.  « I can juggle with five eggs until it's too much to take. » J'ai laissé un rire s'échapper de ma gorge et j'ai continué à l'écouter répondre à chacune de mes questions. Je l'ai écouté m'avouer ce qu'elle n'avait jamais osé me dire. Je l'ai écouté mettre des mots sur tout ce qui semblait trop dur à verbaliser. Elle m'a raconté son histoire, et j'ai compris qu'elle était passée par beaucoup trop de choses. Beaucoup trop d'obstacles. J'ai compris qu'on l'avait beaucoup trop détruite et qu'elle avait beaucoup trop essayé de le cacher. Tout  a retrouvé sa logique. Les sourires. Les secrets. Mais j'ai aussi compris qu'une seule personne avait pu la détruire plus que toutes les autres. J''ai aussi compris que chaque cicatrice avait une histoire, que caque regard en disait une autre. J'ai compris qu'elle était plus fragile que ce que je pensais, mais plus forte aussi, quelque part. Elle était l'un et l'autre. Elle était la fille complètement brisée qui se cachait derrière un sourire parce qu'elle voulait que personne ne vive ce qu'elle avait pu vivre. Et elle avait vécu l'enfer. J'aurais voulu pouvoir la protéger. J'aurais voulu pouvoir lui faire oublier. Mais je crois que les blessures étaient trop ancrées pour que l'oubli y change quelque chose. J'ai grincé des dents quand je l'ai entendu dire qu'elle pourrait lui pardonner tout ce qu'il avait fait, mais j'ai rien dit, parce que c'était son choix, son histoire sa façon de voir les choses. Parce que je savais que tant que je serai encore vivant, il ne l'approcherait pas, et s'il le faisait, alors ça serait moi qui le frapperait. Parce que je savais que moi, je ne lui pardonnerai jamais ce qu'il avait pu lui faire, et qu'un jour, il allait payer. Mais c'était une autre histoire. Un temps que je n'avais pas à perdre. Et puis elle a parlé d'une bataille à mener. Elle a parlé d'une solution à trouver. Elle a parlé d'espoir et je l'ai écouté. Parce que cette fois, ça semblait possible. Cette fois, ça semblait juste. J'ai acquiescé quand elle m'a appelé 'meilleur médicomage'. J'ai repensé à tout ce qu'on avait traversé. Tout ce qu'il nous restait à faire, ensemble. Et j'aurais aimé qu'on puisse réaliser tout ce qu'on avait à réaliser. J'aurais aimé qu'on ait assez de temps pour accomplir tous nos rêves et toutes nos ambitions. On voulait vivre, mais l'univers nous rappelait qu'on devait mourir. Et c'était ça le plus cruel, cette envie, ce besoin urgent de respirer alors qu'on nous arrachait notre air. Mais pas ce soir. Ce soir, on était vivants.  Ce soir, on disait merde au temps. Ce soir, on retrouvait tout ce qu'on avait perdu et on jouait avec le feu. Ce soir, on osait penser à l'avenir, parce qu'on en avait un, on en était persuadé. Et ce soir, ça suffisait.  « Thank you. »

Je l'ai embrassée jusqu'à ce que je manque d'air. Je l'ai embrassée avec égoïsme et jalousie, parce que j'avais pas envie qu'on me la prenne. J'avais pas envie de laisser le temps agir. Je l'ai embrassée parce que c'était la seule chose que je pouvais faire, la seule chose qui surpassait les mots. Mes mains ont glissé le long de ses bras pour arriver dans sa nuque. J'ai laissé mon front appuyé contre le sien. J'aurais juré que la Terre s'était arrêtée pour nous laisser parler.  « I need to talk to you about miracles, though... » J'ai éloigné mon visage, mais il restait  près du sien. J'étais venu jusqu'ici en étant persuadé que les miracles n'existaient pas. Qu'on avait le droit à rien. Qu'on devait gagner tout ce qu'on voulait avoir. Qu'il n'y avait pas de pouvoir plus puissant que l'ambition. J'étais venu ici avec les mauvaises idées, et elle avait tout changé. Elle méritait trop de choses que je ne pouvais pas lui donner. Trop de souvenirs qu'on ne pourrait jamais partager. Mais il y avait une chose que je pouvais lui promettre, et je voulais qu'elle le sache.   « There's not a lot of things I can promise you, but I can promise you that I'll never be like him. I'll never forgive him for what he did to you, you have to believe that I would never do that. I mean, sure I get angry, selfish and jealous but I will never hit you or force you into anything. I don't even want to force you into this, I mean, if  one day you want out, I... I won't be ok with it, for sure, but I'll let you go. And if I ever get mad, it doesn't mean that you disappoint  me or that I love you less, it just means that I'm being the jerk I've always been and that you have to shut me up. Please, don't get scared of me. Don't get scared when I get pissed. Don't get scared when I get sicker. Don't get scared when I die.  »  Parce que ça allait arriver, pas vrai ? J'allais mourir. On pourrait m'acheter quelques mois, quelques années, tout au pus, mais j'étais trop malade pour vivre plus longtemps. Et c'était ça qu'on n'avait jamais osé se dire. C'était ça, qu'on n'avait jamais osé réaliser. J'allais mourir. Pas aujourd'hui, pas demain, mais plus tard.  J'allais mourir, et on avait toujours cru qu'on était au dessus de ça. Sauf qu'on l'était pas et ça me déchirait d'y penser. Ca me tuait d'imaginer qu'un jour, elle devrait vivre sans moi. Ca me tuait d'imaginer la douleur que je pourrais lui infliger. Je l'ai embrassée, furtivement, comme pour me donner du courage. Ce putain de courage qui disparaît dès qu'on doit affronter quelque chose d'aussi effrayant. Ce putain de courage qui laisse place à la lâcheté parce qu'on ne veut pas y penser, à la mort. On préfère penser à ce qu'il y a à la télé ce soir, à ce qu'on va faire demain, on préfère s'occuper plutôt que de regarder la réalité en face. Sauf que j'avais plus le choix et ça me tuait. J'avais les larmes aux yeux parce que c'était la seule chose à laquelle je ne voulais pas penser. A ce qui adviendrait d'elle après...  « I know it's a lot to ask but I need you to be brave because somedays, I won't be able to be. Somedays, I'll get scared and I'll probably hurt you. I won't mean to, I swear, but I'll try to defend myself this way, like I always do. So you'll have not to take it personnaly, you'll just have to wait for me to apologize, because I always do.  And someday, I won't be able to be here at all. I know, you don't want to think about it, me neither, but it's something we have to talk about. So, when I'm gone, no matther when that is, you'll have to keep fighting, ok ? I don't want you to give anything up. I don't want you to stop living. You deserve the world, and anyone who doesn't know it is a complete idiot.  I want you to find someone that will love you for who you are, and not the first drunk douchebag you find in a bar, ok ? I want you to find someone who won't obviously be as good as I am because well, that's impossible isn't it ? But someone who could, you know, give it a try.   » J'essayais de sourire, mais j'ai fini par me mordre la lèvre, parce que c'était trop dur d'y penser. Pourtant, j'avais essayé d'être froid. De penser à la chose comme à une réaction physique toute simple. Ca avait marché jusqu'à ce que je la rencontre. Depuis, tout était plus compliqué. Tout faisait plus mal. « I don't just love you, Lexie. When we come down to it, you and Chien are pretty much all I have left. All that matters. And you... You're a spontaneous, funny, smart, talented, generous, geniunely kind, beautiful, beautiful woman and I wouldn't change you for anything in the world. And yeah, sure, sometimes I think you talk too much and I hate it when you make me watch the notepad or whatever it is this movie is called, but, to me, you're perfect.You're the most precious thing I have and I will protect you with my life.  And I would never hurt you. But, yeah...I will. Because I'm made that way. I hurt people. So please, don't think you don't deserve me or something like that, because you'd be wrong and it doesn't really matter, after all. What you and I deserve well, it'd be a lifetime of happiness, an infinity of bliss, a long long life in wich I teach you how to juggle with six eggs and you make me less of a prat. We could dream all day long about what we deserve and never get it, because that's how the universe is made up. What's important is what we have. And I'm really glad I have you.  » Je caressais ses joues. J'essayais de m'assurer qu'elle était toujours là. Que c'était toujours réel. Qu'on avait toujours du temps. Je me suis raclé la gorge. Je l'ai regardée.  « So, about those miracles. Remember when I first got here ? I told you I was looking for a miracle. I told you it could be anything. A phone call, a driver's licence, a trip to wherever I wanted to go. But the truth is, I never really believed in miracles. I was just trying to find something to live for. And can we adress how ironic it is that it took me so long to realise that it was you ? You're my own damn miracle, Lexie Holmes.  »
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Message Posté Mar 31 Déc - 14:11.

He tried hard to help me.


Le plus dur dans tout ça, c'était de réaliser qu'il avait raison. De réaliser qu'on continuait à se mentir, on continuait à dissimuler des choses dont on avait peur. On continuait à devenir des fantômes, des souvenirs que l'on ne pouvait pas comprendre. On se dit qu'on s'excuserait, si on avait la force. On se dit qu'on aurait changé pour l'autre. On se disait qu'on avait le temps, mais on avait trop peur. On étaient terrifiés d'accepter la réalité. On étaient terrifiés de changer parce qu'après tout ce temps, c'était déjà trop tard. On avait peur parce que le temps passait trop lentement. On avait peur de se perdre l'un et l'autre dans tous les chemins qu'on avait déjà empruntés, dans toutes les erreurs qu'on avait déjà commises. Le soucis c'est qu'on ne pourrait jamais revenir en arrière. On ne pourrait jamais être différents. On aura toujours trop peu. Parce que le soucis, c'est qu'on avait découvert la cruauté dans chaque instant. On avait découvert que rien n'était possible, que chaque espoir finissait par disparaître, quoi qu'on fasse. Mais peut-être que c'était assez, d'avoir tout ce qu'on avait là. Peut-être que c'était assez de continuer à rêver, de continuer à espérer. De se dire qu'on avait l'éternité, alors qu'on aurait qu'une poignée d'années. Je me disais souvent que je préférais oublier ça, que je préférais prétendre que c'était assez. Je gardais tout dans ma tête, en refusant parfois d'y penser. En refusant de me dire qu'il y avait quelque chose qui allait disparaître. J'aurai voulu lui promettre que je pouvais le sauver. J'aurai voulu lui promettre que tout irait bien. Que je serais capable de me relever. J'aurai voulu faire les bons choix et continuer à sourire. J'aurai voulu oublier les erreurs pour créer de nouveaux souvenirs. Mais c'était impossible. On nous avait écorché vifs et on ne pourrait plus retourner en arrière. « Thank you. » Il m'a embrassé jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien des empires que l'on avait construit. Jusqu'à ce qu'il ne reste que de la poussière, des miracles qui ne pourraient jamais se réaliser. Il m'a embrassé comme si on avait encore la chance de vivre pour l'éternité. Je savais que c'était encore plus dur pour lui parce que c'était celui qui devrait partir. C'était celui qui n'avait pas le choix. Qui devrait se retourner alors qu'il ne le voulait pas. C'était ça, notre malédiction. La seule chose qu'on ne pouvait pas empêcher. Le cauchemar qui se déferlait déjà sur nous. « I need to talk to you about miracles, though... » J'ai souri. Parce que je me rappelais de tout ce que je lui avais dit. Je me rappelais de tout les miracles que j'ai été incapable de lui offrir. Tous les miracles que je ne pourrais jamais lui promettre. « There's not a lot of things I can promise you, but I can promise you that I'll never be like him. » Et au fond, je le savais. Mais ça me rassurait de savoir que c'était impossible. Savoir que tout était fini. Savoir qu'on avait peut-être encore assez.

J'ai écouté tout ce qu'il disait. Quand il m'a demandé de continuer à me battre. Quand il m'a demandé de rester, de devenir quelqu'un d'autre. De continuer à vivre, mais c'était trop dur d'accepter la réalité, trop difficile de me dire qu'un jour, il faudrait oublier, de recommencer depuis le départ. Qu'il faudrait accepter de vivre derrière un fantôme. Sauf que je voulais mériter plus. Je voulais arrêter de tomber, arrêter d'avoir mal. Je voulais recommencer à vivre. « Well, I'm glad to be. » On se murmurait qu'on continuerait à gagner. On se murmurait des histoires que l'on ne pourrait pas se raconter. Des mensonges auxquels on avait arrêté de croire. « But you can't ask me to moove on when you die. You can't ask me to just do that. I can't. And I know I should be able to, but I'm going to tell you the truth, even if it hurts, even if it's cruel, and even if I wish it could be different, because you're not going to like it. You truly saved me. You saved me literaly, but you also saved what was left of me. Cause if you hadn't been there, I don't know if I would have survived much longer. You made me happy. You still do. And when you leave, I'm not going to be the same. I wish I could be, but I won't. And it's fine, because I met you, and I wouldn't go back for anything in the world. You just have to know that I'll change. I can't lie to you and pretend I won't, cause I will. You know me, I care too much. I love you more than anything in the world. I can't let go. You can't ask me this. Imagine yourself in my place. What would you do ? How would you react ? » Je m'étais dit que je pouvais tout accepter. Que je pouvais tout changer, même si ça serait jamais trop. Je me suis dit que je pouvais tout changer, alors que rien n'était possible, alors que tout était déjà trop loin. Je me disais que je pouvais devenir quelqu'un d'autre. Et c'était ce qui arriverait. Je deviendrais une fille qui ne serait plus celle que j'étais. Je deviendrais une fille qu'il ne serait plus capable de reconnaître, et c'était cruel. Je deviendrais quelqu'un qu'il aurait préféré ne jamais connaître. « We still have time, you know. And I'd like to believe that it's enough even if it's not. Even if it never will be. But we have each other, and it's what I always wanted. I'll try not be scared. I'll try because you have to know that I'll always forgive you, no matter what you do. » Je l'ai embrassé, et j'ai attendu un peu trop longtemps. Je l'ai regardé dans les yeux et j'ai prétendu que ça irait. J'ai prétendu que j'avais plus aucun secrets, alors que je continuais d'en cacher trop, alors que je continuais à dissimuler le pire. Alors j'ai baissé les yeux, et je me suis éloignée. « Arthur, I have to tell you something. » Pas parce que j'avais peur. Juste parce que j'avais honte. Parce que je ne savais pas ce qui allait arriver. « And you're going to be really, really mad. »
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Message Posté Mar 31 Déc - 15:00.


I wonder what it is we've done
the only thing I know to do Is turn up the music and pray that she makes it through





Dans la vie, comme au jeu, on prend des risques. On lance les dés sans savoir ce qu'on mise exactement. On peut perdre, mais, plus souvent qu'on le croit, on peut aussi gagner. J'ai passé ma vie à jouer, à lancer des dés, à compter des cartes, à essayer de prévoir quelle face allait tomber, quelle carte allait suivre, à essayer d'analyser les probabilités et à tirer mon épingle du jeu à chaque fois que je le pouvais. J'ai passé ma vie à jouer, et il était peut-être temps que j'arrête. Parce que peut-être que j'avais trop gagné pour risquer ma mise. Le soucis, avec les hommes, c'est qu'ils en veulent toujours trop. On leur donne le feu et ils brûlent les forêts pour avoir la satisfaction de voir la fumée s'élever. On leur construit une tour, et ils la démolissent pour chanter le pouvoir qu'ils pensent avoir sur l'univers. On ne contrôle rien, et c'est bien ça le soucis. Une erreur de calcul, et c'était fini. Une erreur de calcul, et je pouvais tout perdre. Donc, j'ai ravalé mes regrets quand elle m'a dit qu'elle ne serait plus jamais la même quand je serai parti. J'ai essayé de faire comme si c'était pas grave. Comme si ça ne serait un problème que pour plus tard. J'ai essayé d'être égoïste, mais pour la première fois, j'y arrivais pas vraiment. Si j'étais à sa place ? Si j'étais à sa place, si je la perdais, je me laisserai consumer par la colère. Une fois qu'elle serait partie, il ne resterait plus rien de moi. Le vide le plus total, le néant, l'oubli. C'est ça le plus cruel. On s'attache à quelqu'un jusqu'à ce qu'on ne puisse plus supporter l'idée de le laisser partir. Jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien qui compte s'ils ne sont pas là. Dans ces moments de vérité, on révèle aux autres qui on est vraiment. Je valais pas mieux que les autres. J'avais rien compris de plus, rien découvert. J'étais confronté aux mêmes problèmes, à la même impasse. Je cherchais la même porte de sortie et j'étais tout aussi incapable de la trouver. Mais je crois que quand on arrête de se battre, le temps est vraiment de notre côté. Quand on arrête de chercher ce qu'on ne peut pas trouver, quand on arrête d'espérer ce qui ne viendra jamais, alors les secondes ne se volent plus, elles restent, et c'est peut-être ça le secret. Il faut savoir abandonner. Il faut savoir relâcher la colère et la peur, les inspirer et les expirer. Il faut savoir accepter ce qu'on ne peut pas changer. Et c'était peut-être ça qu'il nous restait à faire. Accepter qu'on n'était pas invincibles au lieu de vivre dans des illusions. Accepter qu'on avait le droit d'avoir peur au lieu de faire semblant d'être courageux. Accepter le fait qu'on avait besoin d'aide au lieu de se laisser couler. Accepter le fait qu'on n'avait plus à fuir, qu'on n'avait plus à courir. On pouvait rester là où on était et laisser le monde nous rattraper. On avait pris assez d'avance, du moins je l'espérais. Je la regardais, je souriais. Je la regardais en me demandant comment elle pouvait être réelle. Comment elle pouvait être possible. Elle m'a embrassé. Elle s'est éloignée. J'ai baissé les yeux. J'ai enlevé mon manteau pour le poser sur la chaise de mon bureau. J'ai regardé les copies qui me restait à corriger. Les cours que je devais préparer. Je me suis demandé ce que je faisais, pourquoi je continuais de mener une vie normale alors qu'elle allait se terminer trop vite. « Arthur, I have to tell you something. » J'ai relevé les yeux vers elle. Elle avait l'air inquiète, fuyante. C'est étrange comme tout peut changer d'un moment à l'autre. C'est étrange l'effet qu'a le temps sur les humains. Comme s'ils cherchaient toujours à le rattraper, à le saisir, à lui rendre justice alors qu'il ne méritait rien. « And you're going to be really, really mad. » J'ai osé un demi sourire. Je ne savais pas exactement ce qu'elle avait à me dire. Je ne savais pas si c'était grave, ou si c'était juste une connerie que les filles ont tendances à transformer en évenement mondial.  « Oh, come on, don't tell me you can actually juggle with six eggs !  » Sauf que ça ne l'a pas fait rire. A sa décharge, c'était pas exactement la plus drôle des remarques que j'ai pu lui faire. J'ai conservé le sourire, mais cette fois, c'était pour cacher la peur, l'angoisse. « Well, go ahead. » Je suis retourné me mettre en face d'elle.  « I'll try not to get angry, but you know me, calm isn't really what I do.  »
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Message Posté Mar 31 Déc - 15:56.

I watched it from afar. Yes, I watched as your life just fell apart.


On finit tous par changer, quand on y pense. On devient des personnes différentes, des personnes que l'on ne finit parfois pas par reconnaître. On devient tour à tour des monstres et des héros. On a peur du futur parce qu'on ne sait pas ce qu'on peut faire, on ne sait pas comment est-ce qu'on peut le changer. On a peur de tout ce qu'on devient, parce que c'est ça, le truc. Continuer à évoluer, continuer à devenir des personnes que l'on aurait aimé changer. Devenir des monstres que l'on ne comprend pas totalement. Il faut continuer à se battre, continuer à devenir des personnes qui finissent par trouver les morceaux manquants, les histoires que l'on ne parvient pas à raconter. On vieillit et on découvre l'importance du temps, on découvre l'importance de tout ce qu'on a continué à ignorer pendant trop longtemps. Mais le plus important, c'est qu'on change pour continuer à survivre. Pour continuer à sauver le monde, tout autant qu'on le laisse périr dans les flammes. On se persuade que les monstres ne sont que des souvenirs, et on continue d'espérer que le temps finira par changer pour nous, si on l'implore assez longtemps. Il y avait des tas de moments, des tas d'instants qui finissaient par nous trahir, par nous détruire. Par nous montrer qu'on avait tort, mais on continuait à chercher à prouver qu'on avait raison parce qu'après tout, c'était ça, le but. C'était ça, la logique infaillible qu'on aurait voulu suivre. Je voyais le temps comme une suite de moments que l'on avait pas encore vécu. Comme une suite de moments que l'on était peut-être pas destinés à vivre. Mais j'avançais sans avoir peur parce que je savais que parfois, il fallait juste continuer à marcher. Continuer à respirer, pour prouver que l'on pouvait s'en sortir et devenir des personnes meilleures. On ne croyait pas au destin ni aux prières, mais on continuait à le faire parce qu'il restait cette minuscule once d'espoir que ça marcherait. On est terrifiés par la mort, parce qu'on a nous-même créé une image bien trop violente, bien trop effrayante de ce à quoi elle pourrait ressembler. On vivait les choses trop tôt, ou trop tard, et on apprenait avec force que rien n'était éternel, même pas nos rêves. À chaque fois que l'on finissait par en réaliser un, on en cherche un nouveau. Un nouveau rêve qui se brise parfois. Qui se réalise d'autres fois. Et rien n'est plus beau que cette quête éternelle dont on ne parvient jamais à se satisfaire. Les heures passent et on craint de ne jamais parvenir à y arriver à temps. Les heures passent, et les jours nous torturent. Les jours nous montre que chaque chose doit se terminer. Mais qu'aussi, chaque chose se termine bien plus tôt qu'on aurait pu l'imaginer.

« Oh, come on, don't tell me you can actually juggle with six eggs ! » Il a souri, et j'aurai voulu rire. J'aurai voulu lui dire que c'était une nouvelle ruse, une nouvelle blague. Une nouvelle histoire à raconter. J'aurai voulu lui dire que parfois on peut faire durer les choses si on en a cruellement besoin. Mais c'était impossible de continuer à faire grandir un mensonge. Une vérité qui n'était pas réelle, cachée quelque part dans ma mémoire. Une vérité qu'il ne pouvait peut-être pas accepter. Parce qu'en vérité, on avait peur de se décevoir, peur de tomber trop bas. Peur de modifier le cours du temps, comme s'il était déjà trop fragile. Comme si tout était déjà parti, et que rien ne pouvait rester. « Well, go ahead. » Je regardais ailleurs en me pinçant les lèvres. J'ai jamais cru à la providence, ou à la chance. J'ai jamais cru à toutes ces choses-là parce que je savais à quel point ça faisait mal de subir la déception, de subir le malheur de tout ce qui ne s'est pas réalisé. On regarde depuis notre fenêtre, et on réalise qu'il est déjà trop tard, et qu'on aura jamais le temps de dire tout ce qu'on a à dire. Et c'est ça, la cruauté du temps. Il nous enlève tout, d'un seul coup. Sans un seul dernier au revoir. On repense à toutes les choses qu'on aurait voulu garder, à toutes les choses qu'on a vu commencer, et celles qui se sont éteintes devant nos yeux. Ça me tuait littéralement de réaliser à quel point rien n'était sûr, rien n'était déjà prêt. Rien n'était récupérable. « I'll try not to get angry, but you know me, calm isn't really what I do. » J'ai laissé le silence s'installer pendant de longues secondes. Parce que mon cœur battait trop fort. Parce que j'aurai voulu que le moment soit déjà terminé. Parce que c'était toujours plus difficile d'avouer la vérité que d'inventer un nouveau mensonge. « I'm pregant of you and I... » Je l'ai regardé dans les yeux, et j'étais incapable de trouver l'émotion dominante. Alors j'ai fui, une nouvelle fois. J'ai trouvé une porte de sortie. « Don't worry it'll be fine, I took an appointment to the doctor for an abortion, tomorrow morning, and it will be gone, I just... » J'ai continué à le regarder. « I just thought I had to tell you. »
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Message Posté Mer 1 Jan - 15:21.


You're never safe and sound
til all the doors are closed




Je la regardais, et j'attendais, sans savoir ce qu'elle me dirait, cette fois-ci. J'attendais, en silence, parce que c'était comme ça que ça fonctionnait entre nous. Elle était celle qui parlait, et j'étais celui qui observait, sans rien dire. Je suppose que c'est une de mes caractéristiques. Je regarde, j'observe, je calcule, et j'émets des diagnostics. Je vois ce que les autres ne voient pas. Je vois les détails là où ils voient seulement le tableau. Quand ils regardent un Monet, ils voient les nénuphars et les étangs. Je vois les coups de pinceau, la lumière. C'était pareil avec elle. Depuis le début, je l'avais remarquée. J'avais remarqué tous les détails qui la différenciaient des autres. Sa manie à parler pour combler le silence. Sa fâcheuse tendance à demander 'pourquoi' jusqu'à ce qu'il ne reste plus de réponse à donner. La façon dont ses cheveux tombaient sur ses épaules. La manière dont elle détournait le regard pour se donner du courage. Sa manie de se pincer les lèvres dès qu'elle avait peur de la réaction des autres. Sauf que cette fois-ci, ça ne suffisait pas. Cette fois-ci, je ne pouvais pas deviner ce qu'elle cachait, ce qui la torturait. J'ai froncé les sourcils. Je l'ai interrogée du regard. J'essayais de comprendre ce qui pouvait être si terrible pour qu'elle hésite aussi longtemps.  « I'm pregant of you and I... » J'ai écarquillé les yeux. Et pendant un moment, je n'ai pas exactement su quoi faire. J'ai pas su si je devais la prendre dans mes bras ou reculer. J'ai pas su si je devais continuer à la regarder ou baisser les yeux. J'ai pas su si je devais sourire ou contracter mon visage. J'ai pas su quelle était la réaction appropriée, parce que je ne savais pas comment je devais réagir. J'étais aux confluents, entre le fleuve et la mer. Entre les regrets et l'espoir. Entre la peur et le courage. D'un côté, c'était la suite logique des choses, non ? Les gens se marient, ont des enfants, vivent leur vie. C'était comme ça que ça devait se passer. On veut laisser sa marque sur une terre trop grande, alors on se crée un héritage. Une façon de vivre éternellement à travers la mémoire des autres. A travers la mémoire de sa propre chair. Pour ceux qui ont peur de l'oubli, avoir des enfants est réconfortant. Ca signifie qu'il y aura toujours quelqu'un pour se rappeler de vous, quelque part. Quelqu'un pour visiter votre tombe et pour penser qu'un jour, vous étiez là. Un jour, vous marchiez à la surface de la terre avant de sombrer sous les mers. Sauf que moi, j'aurais pas le temps d'aller jusque là. J'aurais pas le temps de voir mes enfants se rappeler de moi. J'aurais pas le temps de les voir grandir, aller à l'école, avoir leur diplôme, se marier, avoir des enfants, être heureux. J'aurais à peine le temps de les voir naître, si bien qu'ils ne se rappelleraient jamais de moi à part comme d'un père qui les avaient abandonné trop tôt. Personne ne doit grandir sans père. Personne ne doit subir ce genre de douleur. Ou plutôt, j'avais pas le droit de le faire subir à qui que ce soit. J'avais pas le droit de commencer quelque chose, et de m'en aller, juste comme ça. De croire que c'était possible de créer quelque chose mais de ne jamais le terminer. Des regrets ne peuvent jamais former un homme. Alors, j'avais le choix. Soit j'abandonnais, soit je me battais. Et c'était quelque chose que j'avais jamais considéré jusqu'ici. Quelque chose qui changeait tout ce que j'avais prévu. Il fallait que je défie la mort. Il fallait que je trouve une solution pour rester plus longtemps. Il fallait que je me fasse soigner. Il fallait que je passe par tous les processus que j'avais voulu éviter. Il fallait que je sauve ce qui restait à sauver. Parce que c'est le genre de choses qu'on fait pour sa famille, pas vrai ? Bordel, je savais pas comment on faisait ce genre de choses. J'avais jamais vraiment aimé ma famille. Je veux dire, j'aimais mes parents, comme chaque enfant, j'imagine. Mais j'avais jamais été proche d'eux. Je m'étais éloigné le plus possible de ce qu'ils étaient dès le départ pour ne pas avoir à affronter quoi que ce soit. J'avais été lâche avec eux. Peut-être qu'il était temps que je répare ce que j'avais brisé. « Don't worry it'll be fine, I took an appointment to the doctor for an abortion, tomorrow morning, and it will be gone, I just... » Mon visage s'est figé dans l'incompréhension, dans le doute.    Je me répétais ce qu'elle venait de dire. Peut-être que j'avais mal traduit. Peut-être que j'avais mal compris. Mais si j'avais bien entendu, alors elle savait depuis un bon moment déjà, puisque ça lui avait laissé le temps de prendre rendez-vous pour se faire avorter. J'ai essayé de comprendre comment deux personnes qui étaient aussi proches pouvaient être aussi éloignées. Peut-être que c'était de ma faute. Peut-être que j'avais dit quelque chose, fait quelque chose qui l'avait laissé penser que c'était ce que je voulais qu'elle fasse. J'ai soupiré. Aimer Lexie, c'était compliqué. Lire à travers les mots qu'elle prononçait, c'était compliqué. Accepter sa peur, c'était compliqué. Et parfois, ça me fatiguait, parce qu'elle compliquait ce qui aurait pu être simple. Elle trouvait des détours, des chemins sinueux pour ce qui pouvait se régler plus vite qu'elle ne l'aurait cru. J'essayais de ne pas me mettre en colère, mais ça me révoltait qu'elle puisse penser que je valais pas mieux que l'autre. Ca me révoltait qu'elle me laisse sur la route pendant qu'elle continuait d'avancer de son côté. « I just thought I had to tell you. » J'ai levé les yeux au ciel en soupirant. J'ai passé mes mains sur mon visage, puis dans mes cheveux. Ca faisait beaucoup de choses à accepter en une nuit.  « Nom de Dieu... »

J'ai baissé les yeux. J'ai essayé de comprendre, vraiment. J'ai essayé de comprendre comment on pouvait cacher une chose pareille. Comment elle pouvait me regarder dans les yeux, en sachant, parce qu'elle savait, et continuer à me mentir. Et c'était hypocrite, parce que je faisais exactement la même chose avec la douleur, avec la maladie, avec tout le reste. C'était hypocrite, mais ça n'en était pas moins rageant, parce que c'était pas comme ça que c'était censé se passer. Elle était censée me faire confiance, et j'étais censé résoudre ses problèmes. Je comprenais pas qui avait commis la première erreur, je comprenais pas comment on en revenait toujours au même point, à cette confiance qu'on refusait de s'accorder. Un demi sourire sur mon visage, pour essayer de masquer la colère.« Well, yes, Lexie, that would be good to tell me, you know, given that I'm the father, I guess I have, at the very least, the right to fucking know.  » J'ai relevé les yeux vers les siens. A ce moment-là, c'était trop dur d'essayer de comprendre. C'était trop dur d'essayer de faire les liens avec son passé. Peut-être parce que j'étais en colère. Peut-être parce que j'avais peur. Peut-être parce que j'avais envie d'oublier tout ce qui nous avait mené jusque là. Mais o ne peut pas prendre une personne sans son passé. On ne peut pas lui ôter ce qui l'a construite. « You were not going to tell me, were you ? » J'ai regardé autour de nous. La situation dans laquelle on était. Je voyais ça comme une solution. Elle voyait ça comme un problème. Et elle était terrifiée. Je l'ai prise dans mes bras, pour la rassurer. J'ai posé ma tête au sommet de son crâne. « I'm not mad. I'm just... Surprised. I didn't really expect that, you know. » De toutes les choses que je pouvais lui infliger, c'était peut-être la pire. De toutes les choses que je pouvais faire, c'était peut-être celle qui la blesserait le plus. La laisser avec un souvenir constant de ce qu'on aurait pu avoir. J'ai déposé un baiser sur son front avant de la regarder dans les yeux.  « Why do you want to get rid of it ?  »
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Message Posté Mer 1 Jan - 18:25.

And my heart did sing, and my eyes did shut, while my mind got tangled up.


Il y avait trop de problèmes sans solutions. Il y avait trop de cruauté sans logique. Il n'y avait que des souvenirs perdus dans l'océan. Des miracles que personne ne pouvait prévoir. Le soucis, c'était que j'étais terrifiée à l'idée de devenir quelqu'un d'autre, j'étais terrifiée à l'idée de continuer à avancer dans cette direction, sans pouvoir arrêter le temps. Parce qu'il serait toujours à cette place là, celle de celui qui doit apprendre à avoir mal. Celle qui devait accepter les responsabilités, même si ça voulait dire accepter de le perdre après. Il était allé trop loin. Il avait déjà trop avancé. Il était déjà en train de perdre, et tout ce que je voulais, c'était le voir gagner. Tout ce que je voulais, c'était accepter tout ce que je n'aurai jamais. Tout ce que je voulais, c'était lui offrir quelque chose qu'il ne pouvait pas avoir. Parfois, je rêvais d'échanger nos places, comme si ça pouvait arranger les choses. Comme si devenir quelqu'un d'autre, comme si prendre sa douleur, c'était ce qui pouvait tout changer. Comme si être malade, c'était le seul problème. Et au fond, ça l'était. Parce que s'il n'était pas malade, on aurait pu continuer à vieillir côte à côte. S'il n'était pas malade, on aurait pu continuer à voir le monde tourner, on aurait pu continuer à faire des erreurs à deux. Partir, puis revenir, et s'enfuir à nouveau. On aurait pu continuer à se mentir pour avouer la vérité. On aurait pu éviter d'avoir mal, comme si chaque mot était une nouvelle marche vers le malheur, vers l'enfer qui nous attendait. La vérité, c'est qu'on se demandait de plus en plus si on pouvait s'en sortir. On se demandait de plus en plus si on pouvait continuer à se battre alors que rien n'était prévu. On se dit que chaque fin est signe d'un nouveau commencement. On se dit qu'on a peur, et on se dit qu'on veut courir. On veut retrouver la vérité derrière quelque chose qui est déjà perdu. On se laisse couler, tout aussi bien que l'on se laisse tomber. Et on a mal. Parce que rien n'est suffisant. Parce que rien ne sera jamais assez. « Nom de Dieu... » Je pensais ne pas avoir peur. Je pensais avoir simplement avoir honte. Sauf que j'étais terrifiée. Je continuais à me mentir à moi-même parce que c'était la solution de facilité. On crie à l'aide, et on attend les secours sans qu'ils ne puissent jamais arriver assez tôt. On crie à l'aide et on voit que tout est déjà perdu. On voit qu'il faut parfois s'en sortir tout seul. Qu'il faut parfois abandonner la bataille. « Well, yes, Lexie, that would be good to tell me, you know, given that I'm the father, I guess I have, at the very least, the right to fucking know. » J'ai reculé. Parce que c'était un nouveau cauchemar. Un nouveau purgatoire. « You were not going to tell me, were you ? » Puis il s'est approché pour me prendre dans ses bras. Il a posé sa tête au dessus de la mienne. J'aurai voulu lui promettre l'éternité. Mais j'étais pas capable de lui promettre tout ça. « I'm not mad. I'm just... Surprised. I didn't really expect that, you know. » J'ai senti un baiser sur mon front. « Why do you want to get rid of it ? »

La vérité, c'est que j'avais moi-même pas de réponses. J'avais moi-même pas de solution. J'avançais sans savoir quoi faire. J'étais une simple erreur. Une simple avancée sans logique. J'étais une simple personne qui ignorait quoi faire. J'ignorais si j'avais des réponses à donner. J'ignorais si j'avais des promesses à faire. Mais je savais que la seule chose que je pouvais encore donner, c'était la vérité, pure et simple, en espérant qu'elle soit suffisante. « I thought you didn't want it. You always said you hated kids, and I... I thought it would only make you even more angry. » J'avais peur de sa réaction, parce que je savais que c'était pas assez. J'avais peur de sa réaction parce que j'ignorais ce qu'il voulait réellement. J'ignorais ce qu'il voulait, parce que c'était trop peu. Parce que le temps nous avait obligé à nous connaître l'un et l'autre un peu trop vite. « I learned about it three weeks ago. I was about one month pregnant back then. I didn't know what to do, so I... I wanted to tell you, but then it got out of control and I planned on telling you tonight, then we had this fight, and I was scared that... I didn't manage to tell you until now. » Je l'ai serré dans mes bras. J'ai attendu une réponse que je ne pouvais pas avoir. J'ai attendu un miracle que personne ne pourrait découvrir. Et le temps passait trop vite. Les malheurs arrivaient trop lentement. Les cauchemars n'étaient que des souvenirs. Et l'enfer, c'était tout ce qu'on n'avait pas, tout ce qu'on ne pourrait jamais avoir. Le soucis, c'est que rien ni personne ne pouvait soulager les rêves brisés que l'on transportait chaque jour. « You don't want it, do you ? »
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Message Posté Sam 4 Jan - 22:12.


How can you say to me I am a king ? - - Richard II, 3.2


On est des humains, après tout. La chose qu'on sait le mieux faire, c'est de nous transformer en tragédies. Il y a toujours un moment d'insouciance où on croit qu'on peut faire ses propres choix et qu'on pourra en assumer les conséquences. On pense qu'on est condamnés à être libres. On pense qu'on peut tout réaliser, parce que c'est comme ça qu'on nous a appris à vivre. On nous a raconté des histoires dont les héros finissaient toujours par gagner. On nous a fait avaler des triomphes et des gloires et on y a cru. Pendant un moment, on a cru qu'on pouvait devenir le rêve. On a cru qu'on pouvait devenir le mensonge. Puis on a laissé le destin nous rattraper. On a laissé ses décrets nous infliger les peines et les injustices. On a laissé les constellations nous détruire. Le monde devenir trop lourd pour n'être fait que de rêves. C'est terrible, cette impuissance. C'est terrible de se rendre compte qu'on ne courra jamais assez vite pour fuir le destin. On a beau hurler, on a beau fuir, il a toujours un coup d'avance sur nous. Je crois que c'est pour ça qu'on fait la guerre et la révolution. On tente de changer ce qui a l'air d'être établi. Mais on ne réalise jamais que le prix à payer est beaucoup trop cher. Mais on est des humains, après tout. Et s'il y a bien un domaine dans lequel on excelle, c'est dans celui de faire des erreurs. En tout cas, c'était mon domaine de prédilection. Mon terrain de jeu. Celui qui me permettait de m'enfoncer un peu plus chaque jour. « I thought you didn't want it. You always said you hated kids, and I... I thought it would only make you even more angry. » J'ai froncé les sourcils. Je me suis longtemps demandé pourquoi il y avait autant de distance entre les gens. Je me suis longtemps demandé pourquoi on s'amusait à créer des fossés, des gouffres qu'on s'interdisant de franchir. Puis j'ai compris qu'au départ, on était pas comme ça. Au départ, on était ceux qui accordaient leur confiance trop vite, ceux qui essayaient de trouver le bonheur chez les autres. Au départ, tout était plus simple. Puis les amis sont devenus des ennemis. La complicité a laissé place aux trahisons. Et des trahisons sont nés les gouffres. Le seul moyen qu'on avait de se protéger. Mais je comprenais pas pourquoi elle se tenait toujours au bord du précipice, pourquoi elle s'interdisait de le franchir. Sans elle, j'étais juste un espace entre un endroit et un autre. Et le truc qui me tuait, c'était de penser qu'Adam avait peut-être brisé quelque chose que je ne pourrai jamais réparé.  « I learned about it three weeks ago. I was about one month pregnant back then. I didn't know what to do, so I... I wanted to tell you, but then it got out of control and I planned on telling you tonight, then we had this fight, and I was scared that... I didn't manage to tell you until now. » J'ai expiré, lentement, pendant qu'elle me serrait dans ses bras. J'essayais de ne pas céder à la colère, parce que j'avais promis. Mais c'était compliqué. C'était compliqué de l'écouter me raconter ses mensonges et sa peur qui n'avaient aucun sens. C'était compliqué d'imaginer qu'elle préférait se taire plutôt que de prendre le risque que je devienne comme lui. J'avais envie de comprendre, mais j'avais de plus en plus de mal à le faire. Jusqu'ici, j'avais été quelqu'un de courageux. Quelqu'un qui avait su prendre les bonnes décisions au bon moment, même s'il avait peur. Mais depuis que j'étais arrivé ici, il était de plus en plus dur d'être logique. Mes choix n'avaient aucun sens. Et il a fallut qu'elle me regarde six fois pour que je trouve le courage de faire les mauvais choix. Ceux qui nous perdraient tous les deux. J'ai senti la fulgurance de la douleur dans ma jambe droite. Je me suis mordu la lèvre en espérant que ça passerait.  « You don't want it, do you ? » J'ai réfléchi pendant quelques secondes. Au fond, le courage, c'est comme tout le reste. Ca se détériore avec le temps. Si on ne l'entretient pas, on finit par le voir couler dans les abysses jusqu'à ce qu'on ne puisse plus le rattraper. Et le truc, c'était que pour la première fois depuis longtemps, j'avais un futur. J'avais la possibilité d'un avenir un peu plus glorieux que le présent. Sauf qu'il ne me restait plus assez de temps pour le vivre, pas vrai ? Quand on a un enfant, la vie se compte en décennies, pas en mois. Pourtant, ce qui m'a surpris, c'était que, quelque part, j'en avais envie. J'avais envie de cette existence qu'elle m'offrait. De cet avenir qui semblait à portée de main. J'avais envie d'une famille, de racines. Et c'était peut-être la chose la plus terrifiante en face de laquelle je m'étais retrouvé. « I honestly don't know.  » La douleur était toujours dans ma jambe, et elle avançait dangereusement vers mon dos. Lexie était toujours dans mes bras, parce qu'elle était trop fragile pour être ailleurs. Parce que si je ne lui servais pas de bouclier, le monde serait capable de l'avaler. Et moi, j'étais toujours dans les siens parce que j'avais enfin trouvé ma place, mon rôle. Et peut-être même que j'avais trouvé mon miracle. Le truc, avec les miracles, c'est qu'il faut les interpréter correctement. Il ne faut pas se tromper. On n'a pas droit à l'erreur en matière de miracles parce que, comme les comètes, ils sont trop rares pour se répéter. Et ça fait peur, parfois, de voir la facilité avec laquelle ils peuvent nous échapper si on ne fait pas attention. Je m'étais jamais imaginé père. Je m'étais jamais imaginé dans une famille, parce que j'avais toujours fui la mienne. Mais peut-être qu'il était temps que j'arrête de fuir. « You should have told me instead of lying to me all this time. We could have thought this through.  Because now, I kind of do want it.   » Ma voix n'était pas froide, elle était juste. Je me suis séparé d'elle, parce que j'avais peur d'affronter son regard. Parce qu'à présent, j'avais trop mal pour rester debout avec elle.  Je me suis retourné pour aller m'asseoir sur le canapé. J'ai continué à parler en marchant, pour qu'elle ne s'inquiète pas. J'avais appris à cacher ma douleur et elle avait appris à faire comme si elle ne la voyait pas.  « You know, maybe it's time for you to stop being scared. I mean it. Maybe it's time for you to look me in the eyes, tell me I'm a dick, and walk tall. You've loved, you've fought, and you've won. Walk tall, Holmes.  »

Je me suis assis sur le canapé. J'ai posé mes coudes sur mes cuisses, mon menton sur mes mains.  J'ai essayé d'extirper la logique d'une situation qui n'en avait aucune. Elle était enceinte. J'étais père. On avait le pouvoir de changer ça. Mais est-ce que je le voulais vraiment ? Est-ce que j'avais le droit de vouloir quelque chose ? C'était ça, le problème. En choisissant de mourir, j'avais abandonné tous mes droits. J'avais abandonné toutes mes volontés, tous mes rêves. Et j'avais accepté ça, vraiment, jusqu'à ce qu'elle arrive. A présent, je revenais sur tous mes choix, un à un.  Même sur celui de mourir. Et c'était ce qui me faisait le plus peur, l'espoir. L'espoir de vivre alors que le sort n'était pas en ma faveur. Alors que tout montrait que j'allais pas survivre. La douleur qui persistait, bien trop forte, alors qu'elle était censée se calmer. Le rythme cardiaque qui s'accélérait. La fièvre qui montait à nouveau. J'ai relevé mes yeux vers elle.  « Never thought I'd want a kid.  » J'étais pas le genre d'homme qui prévoyait sa vie des milliers d'années à l'avance. Les seuls objectifs que j'avais étaient liés à ma carrière et ils avaient été atteints. Avoir une famille, trouver une femme, se marier, c'était pas sur ma liste. Jusqu'à ce que je la rencontre. J'ai souri. « Ah, but I'm dying and I can't do that to a kid. I can't just disappear.  » J'ai continué à sourire. Ce genre de sourire qui jure avec le désespoir qu'on peut lire dans le regard.  « Funny how unfair the stars can be, right ? » Je l'ai contemplée, pendant quelques secondes, avant de continuer. « Tell me, Lexie Holmes, if you weren't scared and I weren't dying, what would you want to do about it ?  »
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Message Posté Jeu 9 Jan - 0:09.

The fault is in our stars.


Il y avait toujours un moment, une minuscule seconde où on préférait blâmer le destin. On voulait changer les choses, inventer des miracles. On voulait prétendre que ça irait, alors qu'il ne restait déjà plus rien. On voulait changer d'autres instants de nos vies, comme si ça ne comptait pas réellement, comme si après tout, on avait compris qu'on devrait toujours abandonner, encore et encore. On avait appris à laisser les larmes peut-être un peu trop loin, de peur que tout ne revienne à la surface. J'avais continué à fuir la peine et la douleur parce que j'avais appris que tout éloigner était ce qu'il fallait continuer à faire pour réellement se protéger du mal. Pour se venger de tout ce qui nous a détruit auparavant. Souffrir faisait partie du lot. C'était un peu comme une nouvelle pénitence, un peu comme un espoir qui s'agrandit de jour en jour, avant de disparaître brusquement sous nos pieds, aussi rapidement qu'il est apparu. On attend pour une nouvelle chanson, pour quelque chose qui nous permettra d'arrêter de tomber à genoux, aussi lourdement qu'on aurait pu l'imaginer. Avoir mal, ça faisait partie du lot. Avoir mal, ça faisait partie de la torture dont on ne pouvait se dépêtrer. Mais au final, peut-être qu'il y avait une autre solution. Peut-être qu'arrêter d'avoir peur, c'était aussi une solution. « I honestly don't know. » On souffrait en silence. On se regardait disparaître dans un océan de mensonges, sans que personne ne puisse jamais nous protéger, sans que personne ne puisse jamais nous sauver de la douleur. Sans que l'on ne parvienne à changer les choses, et jusqu'à ce qu'on finisse par être réduit en miettes, avec la force de tout ce qui nous poussait vers le bas, avec la force de tout ce qui nous repoussait vers le sol. Il y avait quelque chose de cruel dans le destin. Quelque chose d'inévitable. Et je préférais toujours croire qu'on pouvait le contourner, qu'on pouvait le changer. On pouvait modifier le temps, aussi bien que l'on écrivait de nouvelles histoires.

« You should have told me instead of lying to me all this time. We could have thought this through. Because now, I kind of do want it. » Ça faisait physiquement mal de réaliser que tout avait une fin. Qu'un jour ou l'autre, on devait accepter de changer. On devait accepter de détruire tout ce qui semblait déjà réussi, tout ce qui semblait déjà être plus certain que tout le reste. « You know, maybe it's time for you to stop being scared. I mean it. Maybe it's time for you to look me in the eyes, tell me I'm a dick, and walk tall. You've loved, you've fought, and you've won. Walk tall, Holmes. » Il commençait à marcher vers le canapé, et je savais ce que ça voulait dire. Je savais que la douleur était revenue. J'aurai voulu empêcher tout ça d'arriver. J'aurai voulu le protéger de tout ce qui était en train de le détruire, mais c'était pas ma place, pas cette fois. Il s'est assis sur le canapé et j'ai attendu là. En réalisant tout ce qu'on aurait pas. En réalisant tout ce qu'on ne pouvait plus attendre. « Never thought I'd want a kid. » Je regardais droit devant moi, en cherchant une solution. En cherchant une promesse perdue. « Ah, but I'm dying and I can't do that to a kid. I can't just disappear. » J'ai fermé les yeux, parce que c'était ça. C'était l'acte final. Et j'avais pas le droit de revoir la pièce. J'avais pas le droit de revenir en arrière. Je devais juste attendre, et ça, c'était trop dur à faire. « Funny how unfair the stars can be, right ? » J'aurai voulu qu'elles soient justes, pourtant. Juste cette fois. Juste pour nous. « Tell me, Lexie Holmes, if you weren't scared and I weren't dying, what would you want to do about it ? » Je me suis avancée vers lui, parce qu'au fond, il n'y avait pas d'autre chose à faire. Parce que je continuais à avoir peur. Et pourtant quelque chose de plus grand était en moi, comme si j'étais incapable de m'en séparer. La colère de tout ce qu'il refusait de garder, la colère de voir qu'il continuait à fuir. « If it was you, me and a lifetime of happiness, I would have told you right away. I... » Puis j'ai réfléchi, pendant une seconde. Je l'ai regardé, et j'ai pensé à toutes les choses que j'osais pas dire. À tous les mensonges dont je n'osais pas avouer la vérité. J'ai pensé à toutes ces choses qui partaient un peu trop loin, et qu'on finissait toujours par oublier dans un coin. Et j'ai parlé. « You know what, you're right. » Mon ton s'élevait un peu plus. Et j'essayais de comprendre pourquoi maintenant. J'essayais de comprendre comment est-ce que je pouvais l'accuser d'une simple erreur du destin. Mais je le faisais quand même, peu importe les conséquences. « You're a dick. You're the best fucking mediwizard in Europe and you're not even trying to save yourself, you're not even helping me to save yourself. If you're not even trying to do something, I might as well call you a bloody nurse, not a mediwizard. And now you are going to man up a bit, and fucking do something. » Je voulais qu'il s'en sorte. C'était ça, mon secret. Je rêvais encore d'un miracle qui n'était pas réalisable. Je rêvais encore de quelque chose qui ne pourrait peut-être jamais arriver. « You don't want to say goodbye to me ? Fine, neither do I. Now that we agree, let's do something about it. And then maybe we won't have months but years. Maybe we can set this right. The stars don't have to be unfair if we don't want them to. Screw the fucking stars. I don't care about what they planned for us. I care about what we are going to plan, I care about what you want us to do in the future, and I care about you. » Je le regardais, sans abandonner la colère. La rage de se battre. « I won't lie to you, I'm scared of having a child and raising him because I don't know how to do it. Because I didn't get a mom, or a dad. And because I don't want to let go of my studies and I don't know if I could, or if I should and... I can't just take the whole responsability. You have to help me here. You have to choose between fighting and letting go. There is no other way. » Se battre, c'était peut-être pas fait pour nous, même si on en rêvait. Se battre, c'était peut-être un nouveau cauchemar, une nouvelle promesse que l'on ne parviendrait pas encore à tenir. « And if you choose fighting then I'll try to stop being scared. And from that, we can start to build something. So please, choose to fight. Choose me. Pick me. » Je voulais qu'il fasse le choix que je voulais le voir faire. Et de tout ce que j'ai pu vouloir, c'était ça le plus égoïste. Alors je me suis calmée, et je me suis assise à côté de lui. « You know I'm never going to leave. I'm always going to be there. No matter what happens, no matter how bad it gets. I just want you to promise me that you won't let it go. » Je me suis pincée les lèvres. « Sorry I didn't mean to yell at you. » Je l'ai regardé, et j'ai repensé à toutes ces choses qui étaient déjà trop loin. À tout ces miracles auxquels on aurait jamais droit. « You look like you're hurting. Can I do something ? »
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Message Posté Dim 12 Jan - 17:17.


Amen, omen will I see your face again
what started as a whisper slowly turned into a scream  




Rummaging in our soul, we often dig up something that ougth to have lain there unnoticed. - - Tolstoï, Anna Karenina


Il y a une tragédie dans tous les êtres humains. Il y a un destin qui se cache dans tous les regards, dans tous les sourires. Certains essaient de le lire dans les lignes de la main sans comprendre qu'il ne pourra jamais être connu. La tragédie, c'est qu'on ne connaît son destin que trop tard. On comprend tout ce qu'on veut nous faire entendre bien après le délai recommandé. On s'entête, parce qu'on croit qu'on est libre. On croit qu'on a toute la vie devant nous, on croit qu'on peut contrôler ce qui nous arrive. Et parfois, c'est rassurant. Parfois c'est rassurant d'échouer, mais de savoir qu'on ne doit notre échec qu'à nous même, et pas à des décret venus d'un peu trop haut. Mais tôt ou tard, on se laisse rattraper par toutes ces choses qu'on fuit, parce qu'il arrive toujours un moment où on est fatigués de courir. Ma vie est un marathon, et la ligne d'arrivée est trop proche. J'ai passé toute mon existence à courir en espérant échapper à tout ce qui engloutissait les autres. J'ai passé toute mon existence à me dire que j'étais différent pour en arriver au même point que les autres. J'avais peur et je faisais tout pour le cacher, parce que je valais mieux que ça après tout. Je valais mieux que la peur et l'angoisse. J'étais la détermination, j'étais la fierté et l'orgueil. J'étais tout ce que rien ne pouvait atteindre. Sauf qu'il avait suffit d'une fissure, et tout le reste s'était ébranlé, juste comme ça. Parfois, la vie n'est rien d'autre qu'un château de cartes. On souffle et ça s'écroule. La vraie injustice, c'est pas qu'on ne peut rien rattraper. C'est qu'on nous a prévenu toute notre vie que ça allait arriver, et qu'il est trop tard pour remonter le temps et écouter. « If it was you, me and a lifetime of happiness, I would have told you right away. I... » Donc je la regardais, et je me demandais quelle tragédie nous avait frappé. Je la regardais et j'avais l'impression de trop lui en demander. J'ai froncé les sourcils quand elle s'est arrêtée de parler, brusquement, comme si elle réalisait ce qui n'allait pas. Comme si elle réalisait ce que j'étais.  « You know what, you're right. » J'ai arqué un sourcil, surpris. Voilà qui ressemblait plus à ce que je méritais. De la colère. Bien sûr, elle était subtile, sa colère. Mais c'était ça quand même. Parce que parfois, la colère ne brûle pas, elle éteint les flammes et elle balaye les cendres. Parfois, la colère, c'est ce dont on a besoin pour voir qu'on est tombé trop bas et qu'il faut qu'on remonte, vite.  « You're a dick. » J'ai souri en haussant les sourcils. J'ai baissé les yeux. J'ai acquiescé à chacune de ses phrases. J'étais un lâche, et, au fond, je le savais. Au fond, je savais que je fuyais. Je fuyais la vie, je fuyais la mort, j'essayais de trouver un refuge, et j'avais trouvé Lexie. Mais je pouvais pas continuer à me servir d'elle comme ça. A tout lui prendre sans rien lui donner. Autrefois, j'aurais continué à le faire sans aucun remord. Mais cette fois, j'étais plus seul, et ça changeait tout. Parfois, je me disais que ça aurait été plus facile si elle arrêtait de se battre pour moi, de me trouver des excuses ou de les refuser. Parfois, j'avais envie qu'elle me convainque que je faisais le bon choix, que mourir était la bonne solution. Mais plus je l'écoutais, plus je comprenais que je me trompais. Que les secondes que je continuais à perdre, c'était par ma faute que je les perdais. C'était pas la maladie qui me les soutirait, c'était pas le temps qui avait remporté sa mise, c'était pas la mort qui les aspirait, c'était moi qui les refusait. Peut-être que j'y avais droit, à cette vie dont elle me parlait. Peut-être qu'il fallait que j'arrête d'avoir peur, moi aussi. J'ai levé les yeux au ciel trois fois. Une fois quand elle m'a traité d'infirmière, ce qui, admettons-le, est quelque chose que personne ne veut entendre dans sa vie. Une fois quand elle m'a demandé de devenir un homme. J'étais déjà un homme, et, à en juger par son état, elle le savait très bien. Et une dernière fois quand elle a dit qu'elle se souciait de moi, juste pour le plaisir d'être hautain.  « And if you choose fighting then I'll try to stop being scared. And from that, we can start to build something. So please, choose to fight. Choose me. Pick me. » Elle s'est assise à côté de moi et, même si je continuais de regarder ailleurs, j'ai posé une main sur sa cuisse, comme pour lui dire que mon choix était fait. Mais c'était plus compliqué que ça. Je faisais semblant de choisir depuis qu'on se connaissait. Je faisais un pas en avant et trois en arrière. Cette fois-ci, j'avais pas droit à l'erreur, et c'était compliqué. C'était compliqué de se dire que tout devenait définitif, réel. Que c'était sur mes épaules que reposait le reste. D'accepter toutes les responsabilités qui allaient avec. Et puis il y avait le gamin. Et le futur. Et tout ce qui me terrifiait d'habitude semblait réconfortant. Comment est-ce qu'elle avait réussi à changer autant de choses en si peu de temps ?  «  You know I'm never going to leave. I'm always going to be there. No matter what happens, no matter how bad it gets. I just want you to promise me that you won't let it go. » J'ai expiré, lentement, parce qu'on avait assez attendu et que c'était là, à ce moment là, que les choix se faisaient. C'était là que tout ce qui était silencieux disparaissait. C'était là que les cris remplaçaient le vide, que les mots brûlaient un peu trop parce qu'on avait envie de les prononcer mais qu'on savait aussi ce qu'ils signifiaient.  « Sorry I didn't mean to yell at you. » J'ai souri. Je lui en voulais pas. En vérité, sa colère, c'était exactement ce dont j'avais besoin. «  You look like you're hurting. Can I do something ? » Je me suis retourné vers elle et je l'ai embrassée. J'ai pas réfléchi, j'ai pas hésité, je l'ai juste fait. Et ça semblait si juste, ça semblait si évident que j'ai compris que je ne pouvais pas l'abandonner comme ça. Qu'il fallait que je me batte, même si l'espoir était vain et que le sort était pas en ma faveur, même si la mort était trop près et la vie trop loin. J'avais rien à perdre, après tout. Il était temps d'être courageux. Puis j'ai baissé les yeux, avec un demi sourire. « Is it weird that it turned me on a little bit ? » J'aimais Lexie. Mais je l'aimais surtout quand elle me prouvait que j'avais tort. Admettons-le, j'étais plutôt du genre entêté, à vouloir avoir raison même quand j'avais si tort que c'en était évident. Il n'y avait qu'avec elle que je pouvais abandonner aussi facilement. Que je pouvais laisser ma fierté de côté pendant quelques instants, parce que je savais qu'elle y voyait toujours plus clair que moi. Sauf en matière de médecine, bien entendu, personne ne pouvais réellement m'arriver à la cheville dans ce domaine là. J'ai relevé les yeux vers elle. « You realise what you're asking of me ?  » Le problème, c'était qu'elle me demandait d'espérer. Elle me demandait de croire que les miracles pouvaient exister. Non, elle me demandait de fabriquer un miracle. Ca me faisait peur. Ca me terrifiait, même. Mais peut-être que c'était ça le truc, avec la peur. Ca voulait dire que j'avais encore quelque chose à perdre, quelque chose qui m'obligeait à être courageux, fort, et à combattre tout ce qui me tirait un peu trop vers les bas fonds.

« You're asking me to not die.  » Je la regardais avec un air sérieux. Elle me demandait de ne pas mourir. Ou plutôt, de mourir plus tard. Elle me demandait de lui laisser des années. Elle me demandait de défier le temps. Et même si c'était fou, même s'il y avait de grandes chances pour que ça rate, j'étais prêt à le faire pour elle. C'était mon choix définitif, celui sur lequel je ne pourrais plus revenir. « Ok, ok. I will. I pick you. I,  hm, I won't let it go.   » J'ai détourné le regard, parce que c'était des promesses que j'essayerai de tenir sans savoir si je pourrais y parvenir, cette fois-ci. Et parce que c'était quand même assez humiliant d'admettre que je pouvais changer pour une femme. « And no, I'm fine, don't worry. Just tired.  » Je me suis redressé, j'ai passé un bras derrière sa nuque pour la rapprocher de moi.  « Did you just call me a nurse, though ? Don't do that ever again. »
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