VULNERA SAMENTO FERME SES PORTES ▲
Merci à tous pour avoir pris part à cette formidable aventure.

en savoir plus

arthur&lexie ♦ l'écume des jours (flashback & pm)
ϟ you belong to the world, and when it screams your name back, don't pretend you don't hear it.
avatar
Invité
this is the wizzarding world of
Invité
informations



Message Posté Lun 26 Aoû - 10:44.



That's how you get deathless, volchitsa.
Walk the same tale over and over, until you wear a groove in the world, until even if you vanished, the tale would keep turning, keep playing, like a phonograph, and you'd have to get up again, even with a bullet through your eye, to play your part and say your lines.


★ noms des participants: Arthur Duprat & Lexie Holmes
★ statut du sujet: privé
★ date: Fin décembre 2056
★ heure: en fin d'après midi.
★ météo: Il fait froid mais il fait beau. Il y a un peu de vent.
★ saison: saison 2.
★ numéro et titre de l'intrigue globale en cours: intrigue 5
★ numéro et titre de l'intrigue en cours:   intrigue 5
★ intervention de dominus:   non tahvu.
★ récompenses:    nein nein  




avatar
Invité
this is the wizzarding world of
Invité
informations



Message Posté Mar 27 Aoû - 0:10.


and i build a cathedral
Full of the profoundest grief, Melusina declared to Raymond that she must now depart from him, and, in obedience to a decree of destiny, fleet about the earth in pain and suffering, as a specter, until the day of doom.




Tout ira mieux. Ca va s'arranger. Demain sera un autre jour. Les gens aiment dire ce genre de phrases odieuses lorsqu'ils ne savent pas quoi répondre à l'annonce d'une mauvaise nouvelle. Ca les rassure de savoir qu'il y a des mots pour tout. Ca les rassure de penser qu'il restera toujours l'espoir du salut. Mais la vérité, c'est qu'il n'y en a pas. Il n'y a pas d'espoir. Il n'y a pas de justice. Il n'y a pas de logique. Tout n'est que le fruit du plus pur des hasard. Il n'y a pas de raison à tout. Il n'y a pas de signification mystique dans un cœur qui bat. Il n'y a que du sang, pompé et re-pompé jusqu'à ce que le muscle soit trop fatigué pour continuer.  La vérité est dure. C'est un monstre qui vous bouffera vivant. La vérité n'entend pas les cris, elle les provoque. La vérité n'éprouve aucune pitié. Elle ne témoignera aucun remord. Elle vous prendra tout pour vous laisser face contre terre. On ne peut pas en vouloir aux gens de préférer les mensonges. Au fond, c'est peut-être le plus humain de tous nos réflexes, mentir. Sauf que moi, j'avais pas pu. J'avais même pas eu le courage d'essayer. Je savais exactement l'étendue des dégâts. Je connaissais les diagnostics, les prescriptions et les statistiques. J'avais pas besoin d'aide, moi. Non. J'avais besoin d'un miracle. Mais les miracles n'existent pas, pas vrai ? C'est bien pour ça qu'on y croit.

Je pense qu'au fond, j'étais trop fier pour affronter la possibilité d'un échec. J'avais trop d'honneur pour lire tous les jours la pitié dans le regard de ces collègues qui, autrefois, m'enviaient. J'ai pas réfléchi bien longtemps, parce que je savais que j'aurais sans doute changé d'avis. J'ai tout fait d'un coup, d'un seul, parce que j'avais pas le luxe de regretter mes choix. Et, au fond, je savais bien que tout se terminerait là où tout avait commencé. Dans ce putain de manoir. On dit qu'on ne peut pas fuir indéfiniment sa destinée. Mais qu'est-ce qu'un cadavre a à craindre ? Le destin n'existe pas. Encore une légende pour endormir les peuples affamés. Dur de croire que ceux qui sont allés sur la Lune et qui ont vaincu celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom ont peur d'une providence qui ne vit que dans leur imagination. Du jour au lendemain, j'ai tout quitté. Ma copine, mon travail, mes projets, mes rêves, mes espoirs. Je faisais partie de ces personnes qui étaient promises à quelque chose de grand. De là où je me tenais, tout était fait d'or et d'argent. J'aurais peut-être dû mieux regarder. On dit qu'il existe une terre réservée aux rêves abandonnés. A tous ces songes que personne n'a jamais pu réaliser. Il existe des paradis perdus et des épaves égarées dans les enfers. Il existe un royaume où sont entassés tous les espoirs qu'on a jeté par dessus bord. On se dit que si on avait plus de temps, on vivrait sans regrets.  L'humanité est parfois plus lucide qu'on le pense.

Ca faisait deux jours que j'étais rentré, et j'avais pas fait grand chose. Certainement parce que j'avais pas encore réussi à savoir pourquoi j'étais revenu ici. J'avais retrouvé la maison comme je l'avais quittée, avec sa décoration démodée et son odeur de renfermé. La seule chose qui avait changé : les lumières étaient éteintes. J'ai erré dans la demeure sans savoir par où commencer. Par quel bout est-ce qu'un mourant doit-il prendre sa mort ? J'ai fini par aller fouiller dans le garage, à la recherche de trésors oubliés, ou d'une grande révélation sur la signification de la vie. A la recherche d'un miracle qui ne viendrait pas. Tout ce que j'ai trouvé, c'est mon vieux vélo. Alors je l'ai enjambé et j'ai commencé à pédaler. Le manoir était précédé d'une route privative à laquelle avaient accès ceux qui résidaient aux alentours. J'ai tourné en rond sur cette route pendant des heures, sans jamais aller plus loin que le panneau d'entrée. J'ai espéré que je trouverai les réponses à mes questions. J'ai espéré que ça m'éclairerait la voie. Mais ça n'a rien éclairé du tout. A vrai dire, ça a tout obscurci. Alors, j'ai continué le lendemain. Et le jour d'après. Toujours la même route. Sans jamais dépasser la ligne d'arrivée. Toujours le même paysage, en boucle. Toujours les mêmes questions, dans ma tête. Toujours la même mélodie dans mes oreilles. Toujours les mêmes souhaits, criés à plein poumons dans un silence de plomb.  Toujours les mêmes espoirs, cachés, enfouis si profondément que personne ne pourrait jamais les retrouver. Jusqu'à ce que je distingue une silhouette, devant mon portail. J'ai poussé un soupir en fronçant les sourcils. Je pédalais, assez lentement, comme pour retarder le moment où je devrais adresser la parole à l'intrus. Comme pour préparer ma tactique. Comme pour observer l'ennemi, et trouver ses failles.  Une jeune femme, rousse, semblait m'attendre, les bras croisés. Le sourire aux lèvres, les yeux pétillants. Ca ne sentait pas bon. Ca sentait la gamine pleine de rêves qui croit encore aux contes de fée. J'ai poussé un soupir.  Pourquoi moi ? J'étais censé être seul au monde. J'étais censé acheter un flingue et commencer une guerre. J'étais censé vivre et crever, là, sans l'aide de personne. Etant dans l'incapacité de fuir, je me suis arrêté et j'ai rangé le vélo près du portail qu'elle bloquait. Je me suis tourné vers elle, avec un sourire désobligeant. Pourvu qu'elle s'en aille.

«  Vous désirez ?  » 
avatar
Invité
this is the wizzarding world of
Invité
informations



Message Posté Dim 1 Sep - 13:48.



« But with you, I feel again, yeah, with you : I can feel again. »

Le bonheur est factice. On espère le garder pour toujours. On espère conserver chaque minute. On espère se protéger du mal. On se noie à l'intérieur parce qu'il semble tellement parfait, et parce qu'on imagine jamais pouvoir disparaître. On imagine jamais que la mort puisse nous toucher de si près. Mais on s'y habitue. Parce qu'on sait qu'on doit vivre. On a pas le droit de laisser tomber. On a pas le droit de mourir un peu plus chaque jour. On a pas le droit de souffrir. On doit continuer à se battre. Parce que chaque seconde est une épreuve. Parce que chaque jour apporte son lot de difficulté. Et on a pas le choix, on doit les ignorer pour se battre un peu plus fort. On doit les ignorer pour connaître tout ce qu'on pourrait manquer. Je savais qu'on devait apprendre à laisser tomber. On devait apprendre à souffrir. Même si c'était injuste, et même si c'était douloureux. Même si c'était quelque chose qu'on aurait préféré éviter. J'étais ce genre de fille qui acceptait d'avoir mal. J'étais ce genre de fille qui comprenait le sens du sacrifice. Ce genre de fille qui savait que le courage était une nécessité. Mais qui n'arrivait pas à le posséder. Cette fille qui voulait sauver la terre entière, sans en avoir le pouvoir. C'était cruel d'être à cette place là. Cruel de découvrir que tout pouvait avoir l'aspect du néant, mais qu'on devait l'accepter. C'était une fatalité. J'étais toute seule. Je ne savais pas quoi faire. Mais je vivais. Je vivais parce que parfois, c'est la seule et unique chose que l'on peut faire. On doit souffrir pour vivre pleinement. On doit aimer, parce que parfois, il n'y a personne pour rattraper ceux qui tombent trop bas. On doit sauver ceux qui sont condamnés à avoir mal. Même si c'est insuffisant. Même si on ne peut pas sauver tous le monde. Je suis sortie de chez moi, parce que j'avais vu que j'avais un nouveau voisin. Intriguée, j'ai décidé d'attendre son retour, campée devant son portail. J'avais toujours un sourire aux lèvres. Parce que je savais ce que ça faisait, d'avoir mal. Je savais ce que ça faisait d'être piégé dans la colère. Alors je devais sourire. Je devais rire comme si ça comptait encore. Je devais me rappeler de tout ce que je défendais. Je devais sourire même si j'avais peur de savoir quand il allait rentrer. Même si j'avais peur du prochain bleu. Du prochain coup. Même si j'avais peur de perdre la lumière qui m'aidait à avancer encore tous les jours.

On se plaint de tout ce qu'on a pas. On se plaint parce qu'on ne sait pas quoi faire d'autre. Parce qu'on imaginait des châteaux et des palais. Parce qu'on imaginait des joyaux, et des pierres précieuses. Parce qu'on espérait rencontrer le prince charmant. Parce qu'on rêvait de tout ce qu'on avait pas le droit d'obtenir. Et on s'est retrouvé avec rien. On s'est retrouvé dans le néant. On a eu mal. Et on a dû accepter de continuer à vivre. Continuer à se rappeler. Continuer à mélanger réalité et imagination. Continuer à perdre tout ce qu'on pouvait encore contrôler. Je l'ai vu approcher. Et j'ai entendu qu'il parlait français. Je maîtrisais à peu près bien la langue, mais je préférais parler anglais. D'autant plus que beaucoup la parlait déjà, ici. « Vous désirez ? » Je me suis approchée, et j'ai tendu ma main, attendant qu'il me la serre. « Hi ! You speak english, don't you ? » Je n'ai pas attendu sa réponse. J'ai continué à parler, comme à chaque fois. « I'm your neighbour, I always wondered who lived in this house. It's ugly but well, it's amazing. It's lovely. If you need me for anything, I'm a very useful person. I can juggle ! And euhm, I speak German. I'm also a ginger, so I can prove to you that we are not evil. I can wash my own clothes. I can cook. I love to read. Reading is amazing. Lovely. And I'm a glorious kisser. But after that... » Je souriais toujours. C'était fou, de voir ce qu'un sourire pouvait cacher. C'était fou de découvrir qu'avec le temps, on pouvait trouver une forme de courage totalement différente. On pouvait comprendre ce qui n'allait pas aller. On pouvait comprendre comment se battre pour devenir plus forts. On pouvait comprendre comment abandonner. On pouvait comprendre tout ce dont on avait besoin. Je ne voulais pas perdre. Je ne voulais pas devenir cette personne qu'ils avaient tous choisi d'être. Je voulais me sauver de ça. Je voulais me battre là où ils continuaient à abandonner. C'était facile, pourtant. Il suffisait de garder le mensonge comme allié. Il suffisait de rester fidèle à tout ce qu'on a toujours été. Et le tour était joué. Ça avait marché jusque là. Parce que personne ne cherche jamais à découvrir ce qui ne va pas. Personne ne cherche à découvrir ce qui est faux. Ce qui n'est pas logique. Les gens préfèrent ignorer ce qui est face à eux. C'est plus simple. « What's your name ? » C'est plus humain.
avatar
Invité
this is the wizzarding world of
Invité
informations



Message Posté Lun 2 Sep - 22:27.


Dawn breaks like a bull through the hall
Full of the profoundest grief, Melusina declared to Raymond that she must now depart from him, and, in obedience to a decree of destiny, fleet about the earth in pain and suffering, as a specter, until the day of doom.




« Hi ! You speak english, don't you ? »

Une anglaise. J'aurais dû m'en douter. Les cheveux roux auraient dû me mettre sur la voie, tout comme l'accoutrement ridicule. On était bien loin de la classe à la française.  J'allais lui répondre que oui, je parlais anglais, moi, médicomage émérite venu tout droit de Sainte Mangouste, mais elle m'a coupé la parole avant même que je ne puisse commencer à argumenter. De toute façon, je n'étais plus médicomage. J'avais quitté mon boulot avec tout le reste. J'étais plus qu'un cadavre qui attendait la mort. Un squelette avec des poumons. Un condamné à mort qui récitait ses dernières volontés sans savoir en quoi elles consistaient exactement. J'aurais aimé avoir un plan. J'aurais aimé savoir ce que j'attendais avec tant d'insistance et d'assurance. J'aurais aimé passer le plus clair de mon temps à autre chose qu'à l'obscurcir.

« I'm your neighbour, I always wondered who lived in this house. It's ugly but well, it's amazing. It's lovely. If you need me for anything, I'm a very useful person. I can juggle ! And euhm, I speak German. I'm also a ginger, so I can prove to you that we are not evil. I can wash my own clothes. I can cook. I love to read. Reading is amazing. Lovely. And I'm a glorious kisser. But after that... »

Si j'avais cru au kharma et à toutes ces conneries pour faire vendre, j'aurais certainement expliqué cette situation particulièrement désagréable par la somme de toutes les mauvaises actions que j'avais commises au cours des trente-cinq dernières années. Malheureusement, j'étais une homme de sciences. Un homme qui n'expliquait pas le moindre phénomène par la volonté de forces suprêmes, mais par des théorèmes et des calculs. Par la raison, en somme. Et ma raison me disait de me débarrasser de cette fille le plus vite possible, parce qu'elle ne semblait pas être disposée à s'en aller. J'ai eu beau pousser les soupirs les plus dédaigneux du monde, lui lancer les regards les plus hautains, elle restait plantée là, juste devant mon portail. Et le problème, c'était que je n'avais aucune patience. Certainement parce que je n'avais plus de temps à perdre. Ou peut-être que j'en avais trop. Que la fin que j'étais venue chercher mettait trop longtemps à arriver. J'avais eu l'audace de penser que tout s'éclairerait en arrivant ici. Qu'il me suffirait de franchir le pas de ma porte pour trouver les réponses à mes questions. Sauf que tout ce que j'avais trouvé ici, c'était plus de questions. Et une voisine envahissante.

« What's your name ? »

J'ai conservé un visage impassible, stoïque. Je l'ai dévisagée quelques instants, à la recherche d'indices. De ces failles que je savais trouver chez tous les autres. Je ne savais pas si son sourire était profondément naïf ou profondément mensonger. Je ne savais pas si c'était de l'honnêteté ou de l'hypocrisie qui trônait dans ses yeux. Soit elle s'ennuyait et elle avait décidé de venir emmerder tout le voisinage, soit elle fuyait quelque chose. Quelque chose qui devenait trop lourd à porter. Quelque chose qu'elle allait certainement me raconter vu l'aisance qu'elle avait eu à me faire l'inventaire de ses nombreuses, et pourtant ô combien inutiles, qualités. J'ai cherché une histoire dans les traits de son visage. Sur les contours de con corps. J'ai cherché des légendes au coin de ses yeux pour mieux savoir comment la détruire. Puis, j'ai brisé le silence en parlant comme si je réfléchissais à voix haute.

« You talk a lot. »

Non seulement sa présence était indésirable, mais elle parlait trop. Elle brisait le silence que j'étais venu chercher. Celui que j'attendais avec impatience. Elle détruisait tout ce que j'avais construit, et elle devait partir. C'était un voyage que je devais faire seul, j'avais pas besoin de compagnie. J'avais pas besoin d'elle. J'aurais pu me montrer courtois. J'aurais pu lui adresser le plus beau de mes sourires et lui donner mon nom. J'aurais pu la charmer jusqu'à ce qu'elle s'en aille. Mais je ne pouvais pas prendre le risque de la voir revenir. Je ne pouvais pas prendre le risque de faire des dommages collatéraux. M'attacher n'était pas une option. Ca ne faisait pas partie du plan. Alors j'ai préféré l'ironie. Le sarcasme. Toutes ces armes qu'on utilise pour faire fuir le monde. Un sourire, en coin. Un sourire qui voulait dire vas t'en.

« That's funny, though, I don't remember asking you anything and yet you're standing on my propriété, calling my house ugly and saying all those things that no one cares about. »

On s'attend souvent à ce que les malades en phase terminale soient des héros. Des modèles de courage et de brillance. Mais bien souvent, c'est tout le contraire. Ils sont irrités par tout et n'importe quoi, ne supportent plus rien et sombrent dans un état qui ne leur a jamais ressemblé auparavant. Moi, j'avais simplement abandonné les mensonges. J'avais décidé d'arrêter de me cacher derrière un sourire et des yeux bleus. J'avais décidé de ne plus m'encombrer de toutes ces politesses hypocrites et e déverser la vérité sur le monde. Non, il n'y aurait pas de fin heureuse. Non, il n'y aurait pas d'acte héroïque. Non, il n'y aurait pas de bataille ou de guerre. Il n'y aurait pas de sourire et de grande révélation. Il n'y avait qu'un homme qui avait renoncé. C'était tout ce qu'il y avait.  J'ai regardé autour de nous, le monde recouvert de neige. J'ai regardé les traces de pas qui menaient à une maison, à quelques mètres du chemin. Puis j'ai recommencé à la regarder dans les yeux, comme pour l'obliger à fuir.

« You dont need to know my name, neighbour. I don't plan on staying that long nor on seeing you again. »
avatar
Invité
this is the wizzarding world of
Invité
informations



Message Posté Mar 3 Sep - 2:40.



« Maybe I'm in the black, maybe I'm on my knees, but my heart is beating and my pulses start. »

On se cache tous derrière quelque chose. Une ombre dont on ne peut pas se séparer. Des secrets qui nous ronge mais qu'on garde parce qu'on refuse de voir les conséquences que ça aurait s'ils étaient révélés au grand jour. On se cache derrière des personnes qui semblent plus forte, on se cache derrière des mots parce qu'ils nous protègent de tout ce qu'on aura jamais plus. On entend les insultes et les regrets, et on est capables de prétendre que tout va bien. On est capables de prétendre que tout n'est qu'une illusion. On essaye de comprendre ce qui nous pousse à agir de cette façon, mais c'est tout simplement humain. On offre un sourire au monde entier, parce que c'est ce qu'il mérité. On vit dans l'optimisme parce qu'on a pas d'autres choix. Parce qu'on essaye toujours de s'en sortir, on essaye toujours de dépasser nos limites, mais parfois, c'est jamais assez. On se retrouve dans des situations qu'on ne comprend pas, on se retrouve à regrette un temps douloureux parce qu'au moins on sait qu'on peut conserver cette douleur et l'utiliser pour la transformer en quelque chose de bien. On grandit sans réellement maîtriser le monde dans lequel on vit parce qu'il est totalement incompréhensible. Parce qu'on a beau essayer, on ne pourra jamais tout contrôler. J'acceptais les insultes et les dagues en plein cœur, et je les pardonnais. Parce que c'était tout ce que j'ai toujours fait. Parce que je n'arrivais pas à haïr quelqu'un de toutes mes force. Parce que je m'étais habituée à cette souffrance là. Parce que je m'étais habituée à perdre en quelques sortes. Et c'était peut-être devenu assez. C'était peut-être devenu suffisant. Mais c'était toujours un sursis. Un moment de répit dont je ne profitais même plus. Parce que j'étais celle qui avait tout gâché. Parce que j'étais la fille qui rentrait chez elle avec la boule au ventre, à chaque fois qu'elle savait que son fiancé était là. Parce que je savais que le même schéma se répéterait encore et encore. Parce que je sentais toujours le sang couler. La douleur des bleus et des cicatrices. L'importance des mots qui me poussaient à me considérer comme une moins que rien. Et c'était grâce à ça que je ne pouvais plus rien craindre. C'était grâce à ça que j'ai appris à oublier les insultes. La haine. Grâce à ça que j'arrivais encore à sourire comme si c'était vrai.

« You talk a lot. » J'allais répondre, mais il a reprit. Je souriais toujours. Un mensonge de plus que je parvenais même parfois à oublier. Comme s'il faisait partie de moi. Comme si je respirais et vivais avec lui. Et au fond, c'était la vérité. C'était ce mensonge qui me définissait. « That's funny, though, I don't remember asking you anything and yet you're standing on my propriété, calling my house ugly and saying all those things that no one cares about. » J'ai froncé les sourcils. C'était définitivement quelqu'un de peu sympathique. Mais je ferais avec. « You don't need to know my name, neighbour. I don't plan on staying that long nor on seeing you again. » J'ai haussé les sourcils avant d'éclater de rire. C'était ma solution. La seule qui semblait logique. Le bonheur. La joie. Même si ce n'était qu'un jeu. Je voyais les choses simplement comme elles l'étaient. Je voyais les choses de façon logique, scientifique. Je voyais les choses sans artifices. Sans décorations. La vérité nue, sans rien d'autre à ajouter. « I do talk a lot, it's true. But I think most people don't like to talk to other people while, you know, it's a human thing to do. It's sad to know that we prefer to ignore each other now but anyway, I still didn't catch your name. » Je parlais pour éviter d'avoir peur. Parce que je savais que si je laissais tomber ma garde une seconde, je pouvais tomber. Mais ça n'arrivait pas. Ça n'arrivait plus. Peut-être que j'avais enfin compris le sens du devoir. Des responsabilités. Assumer les choix que l'on fait. Même si on se sent piégé. Même si on a l'impression qu'on ne pourra jamais s'en sortir. J'ai regardé derrière moi, en observant sa maison quelques secondes. Elle était vraiment moche. « You know that technically, we're going to see each other a lot, since we're neighbour. Hell, maybe I'll even bring you cookies in a few months, since you're even good looking and all. » Un sourire en coin. Une ruse que j'utilisais comme si je jouais un rôle. Comme si j'essayais de devenir quelqu'un que je n'étais pas. Quelqu'un que je n'ai probablement jamais été. « But well, why did you come here ? It's always nice to get to know new people. »
avatar
Invité
this is the wizzarding world of
Invité
informations



Message Posté Mar 3 Sep - 23:47.


Time to sink way into the blue, dear
Full of the profoundest grief, Melusina declared to Raymond that she must now depart from him, and, in obedience to a decree of destiny, fleet about the earth in pain and suffering, as a specter, until the day of doom.




« I do talk a lot, it's true. But I think most people don't like to talk to other people while, you know, it's a human thing to do. It's sad to know that we prefer to ignore each other now but anyway, I still didn't catch your name. »

La naïveté. C'est ça qui m'a frappé en premier. La naïveté dans le sourire, dans le regard. L'espoir innocent d'une fille qui n'avait pas encore compris combien les hommes étaient horribles. Nombreux sont ceux qui pensent que l'être humain est grand. On ne compte plus les textes et les mythes qui contemplent la beauté de l'humanité. Mais l'homme nu, sans ses artifices, sans son hypocrisie naturelle, peu le connaissent. Rares sont ceux qui ont le courage de se regarder dans le miroir, vraiment. De voir que les héros ne sont que les fruits d'une imagination avide et injuste. De voir que derrière chaque acte 'humain' se cache une intention qui l'est beaucoup moins. Il n'y a pas d'altruisme ou de grand prêcheur. Il n'y a que des calculs et des manipulations. Personne n'agit contre son intérêt. Personne ne se sacrifie pour la bonne cause. Il y a toujours un but beaucoup moins noble. C'est certainement pour ça qu'il n'est mentionné dans aucun livre. Mais elle, elle ne semblait pas avoir de mobile particulier. Elle était encore trop jeune pour comprendre comment le monde tournait. Lorsqu'elle regardait le ciel, elle voyait les étoiles. Moi je voyais le vide. Le vide le plus complet.

« You know that technically, we're going to see each other a lot, since we're neighbour. Hell, maybe I'll even bring you cookies in a few months, since you're even good looking and all. »

Ma langue a claqué contre mon palais avant de libérer un soupir agacé. Le plan était simple. Tout quitter. Rentrer à la maison. Et crever en silence. Rencontrer un moulin à paroles roux n'était mentionné nulle part pour une raison bien précise : j'avais pas que ça à faire. J'avais plus rien à dire. J'avais épuisé mon quota de mots, de paroles et d'éloquence. Mon histoire s'était arrêtée le jour de mon diagnostic. Chacune de mes respirations témoignait d'un sursis injuste. Un décret de l'univers que j'avais du mal à respecter.

« But well, why did you come here ? It's always nice to get to know new people. »

C'est là que j'aurais pu lui confier la réelle raison de ma venue jusqu'ici. C'est là que j'aurais pu lui clouer le bec une bonne fois pour toutes et me débarrasser de cette voisine bien trop curieuse. J'aurais pu lui avouer de but en blanc que j'étais venu ici pour mourir, avec la nonchalance qui m'avait toujours caractérisé. J'aurais pu lui raconter cette maladie dont elle ignorait jusqu'au nom en lui expliquant comment mon corps allait se révolter contre moi et m'emprisonner dans une lente et douloureuse agonie. J'aurais pu lui dire combien ma jambe droite me faisait souffrir et que c'était pour ça que je m'appuyais contre le mur de briques. J'aurais pu lui dire que je faisais tout pour cacher ma douleur derrière un visage stoïque. Mais lorsque j'ai ouvert la bouche, les mots étaient différents.

« To ride my bike. Wasn't it obvious enough ?  »

Un coup d'oeil vers mon vélo. J'avais jamais rien fui de toute ma vie. J'avais toujours affronté les épreuves avec courage et arrogance. J'avais passé tous les tests, gagné tous les combats. Et j'avais cru être invincible jusqu'au jour où je ne l'étais plus. Même si j'avais accepté la situation, c'était encore difficile de dire les choses à voix haute. De leur accorder une existence en les prononçant. J'ai préféré mentir. J'ai préféré m'éloigner le plus possible de cette fille dont je ne connaissais même pas le nom. Il fallait qu'elle reste une inconnue. Il fallait que je fasse ça tout seul. C'était la seule façon de mourir. C'était celle que j'avais choisi. J'ai conservé un sourire ancré sur mon visage tout en essayant de la contourner, mais elle bloquait l'accès, et ma jambe me faisait un peu trop mal pour que je persévère. Je connaissais cette douleur, celle qui brillait par sa fulgurance. Ca finirait par passer, il fallait juste patienter, et sauver les apparences.

« And no, technically, we are not going to see each other a lot because now that I know you exist, I'll just avoid you as much as I can. Like I said, I don't plan on staying around that long. »

On dit que la douleur rend amer. On dit que l'homme qui souffre est naturellement porté à la méchanceté. Mais n'importe quel homme est naturellement agressif et mauvais. Si on enlevait les lois et les conventions, alors les civilisations tomberaient en quelques heures. Plus rien ne nous empêcherait d'accomplir ce dont on a réellement envie. Les crimes, les châtiments, les guerres, toutes nos pulsions seraient révélées au grand jour au lieu d'être tapies derrière des miroirs. Je faisais partie de ceux qui en avaient marre de faire semblant. Ceux qui n'avaient plus peur de rien. Parce qu'ils n'avaient plus rien à perdre.

« My name is Arthur. And I'm not pleased to meet you. Now could you, you know... Dégager ?   »
avatar
Invité
this is the wizzarding world of
Invité
informations



Message Posté Mer 4 Sep - 0:52.



« Hello darkness, my old friend, I've come to talk with you again. »

Parfois on sait qu'on fait le mauvais choix. Parfois on se rappelle de chaque instant qu'on a raté. Les choses qu'on a laissé faire. Les mots qu'on a entendu sans essayer d'empêcher le cauchemar. Les mots qu'on a laissé fondre dans notre bouche parce qu'ils ne valaient pas la peine d'être dit. Les visages qu'on préférait décevoir. On racontait des mensonges, on racontait des histoires. On faisait des promesses qu'on n'arrivait pas à tenir parce qu'on avait déjà tout perdu. Parce qu'on essayait de s'en sortir mais c'était jamais assez. Parce qu'on essayait de devenir ceux qu'on attendait de nous, et parce qu'on voulait tout gagner. Parce qu'on entendait le silence marteler nos têtes. Et aussi parce qu'on essayait de devenir des héros. On voulait garder tout ce qu'on pouvait perdre. On voulait garder tout ce qui allait nous tuer. Tout ce qui allait nous détruire. On se laissait torturer par les échos qui nous montrait qu'on ne serait jamais assez fort. On crée des dieux et des religions pour se rassurer. Pour s'offrir un point de chute. Pour empêcher les pensées noires de se déployer dans nos esprits. On se cache derrière des péchés inventés. On se cache derrière des excuses qui semblent logique. Qui semblent acceptables, alors qu'elles ne le sont pas. On a souvent essayer d'expliquer pourquoi l'homme agissait de cette façon, mais c'était un mystère qu'on ne pourrait jamais résoudre. Une solution qu'on ne pourrait jamais trouver. On torturait des innocents et on créait des maladies. On se réjouissait des cœurs brisés tant que le nôtre n'était pas atteint. Et c'était cette image là que je ne comprenais pas. J'ai toujours vu le monde de façon optimiste. J'ai toujours vu les gens comme des personnes qui s'étaient égarées sur un trop long chemin. Et le soucis, c'est que jamais personne ne prenait le temps de les guider à nouveau. C'était naïf. C'était quelque chose de profondément innocent. Mais c'était la seule vérité que je pouvais comprendre. Parce que je savais que c'était ce qui m'arrivait. Et c'était la seule excuse valable. Quand je sentais les coups pleuvoir, et quand je sentais le sang couler sur mon visage, je me disais qu'il y avait une raison. Je me disais que j'avais fait une erreur. Je me disais que j'étais celle qui aurait dû tout réparer. Celle qui aurait dû oublier que tout irait mal un jour. J'étais celle qui se cachait derrière trop de secrets et trop de mensonges. J'étais celle qui avait mal en silence parce que je trouvais ça trop égoïste de venir m'en plaindre. Alors je baissais mes manches. Je cachais les bleus. Je dissimulais les cicatrices. J'oubliais les souvenirs noirs où j'ai dû accepter le destin tel qu'il l'était. Parce que je n'avais plus la force de hurler. Parce que je n'avais plus la force de me débattre. Mais aussi parce que j'étais piégée dans une boucle dont je ne saurais pas me défaire.

« To ride my bike. Wasn't it obvious enough ? » J'ai rigolé. Parce que c'était ce qu'on faisait. Parce que c'était ce genre d'automatisme qu'on finissait par développer au fil du temps. Ce genre de choses qu'on avait appris à faire par habitude. Par choix. « And no, technically, we are not going to see each other a lot because now that I know you exist, I'll just avoid you as much as I can. Like I said, I don't plan on staying around that long. » On croise ce genre de personnes souvent. Ceux qui semblent avoir tout abandonné. Parce qu'un jour, l'être humain ne supporte plus la douleur. Il ne supporte plus la haine. Il veut oublier l'existence même, parce que c'est le choix le plus facile. Je me suis pincée les lèvres. Je n'en voulais à personne de faire ce choix-là. Parce que c'était le plus logique. Parce que je me battais encore pour quelque chose que je ne pourrais jamais obtenir totalement : la liberté. Celle qui me torturait et qui me détruisait alors que j'avais tout donné pour l'avoir depuis le départ. Alors que c'était tout ce dont j'ai toujours eu besoin. « My name is Arthur. And I'm not pleased to meet you. Now could you, you know... Dégager ? » J'ai souri à pleine dents. Parce que les choses pouvaient toujours changer. Parce qu'après tout, j'avais rien à perdre. J'étais heureuse de voir qu'on pouvait toujours trouver la force de se battre pour quelque chose. « Oh Arthur, like king Arthur ! That's lovely. Really lovely. » Je souriais à nouveau, je m'étais approchée de lui, par automatisme. « It's sad that you're not staying for long, but it's lovely that you're staying here at all. We don't meet a lot of new people these days, here. » J'ai regardé le quartier autour de nous. C'était la vie qu'on avait choisi pour nous. Celle que le destin avait tracé depuis des années. C'était amusant de voir que je l'agaçais déjà. Mais je savais que ça ne durerait pas longtemps. Du moins, c'était ce que j'imaginais. « And by the way, why are you so rude to me ? You could invite me to grab a drink at least, you peasant. »
avatar
Invité
this is the wizzarding world of
Invité
informations



Message Posté Mer 4 Sep - 15:39.


so wake me up when it's all over
Full of the profoundest grief, Melusina declared to Raymond that she must now depart from him, and, in obedience to a decree of destiny, fleet about the earth in pain and suffering, as a specter, until the day of doom.




« Oh Arthur, like king Arthur ! That's lovely. Really lovely. »

J'ai laissé échapper un sourire, parce que j'aurais aimé être un roi. Faire partie d'une légende. J'aurais aimé que les livres d'histoire n'oublient pas mon nom. Au fond, c'était de ça dont j'avais peur. De l'oubli. J'avais vu trop de gens mourir pour penser que l'immortalité pouvait exister. J'avais vu trop de gens sombrer dans le néant le plus total. Les patients ne sont que des dossiers. Des numéros sur un bout de papier. Des corps désarticulés dans des lits. En une seconde, on vous prend votre vie, on vous efface de la mémoire des autres. Vous n'êtes plus qu'une tombe de plus dans un cimetière infini. Un nom sur du marbre. On dit que lorsqu'on meurt, on voit toute sa vie défiler devant ses yeux. On voit notre incapacité à avoir marqué le monde. On voit toutes les erreurs qui nous ont conduit jusqu'à ce moment précis. J'avais hâte de voir les miennes. Mais pour l'instant, tout ce que je voyais, c'était cette rousse hystérique qui avait du mal à cacher le bonheur qu'elle éprouvait à être tombée sur moi. Je ne pouvais pas lui en vouloir. Pour être honnête, j'étais quelqu'un d'assez exceptionnel. J'étais plutôt beau garçon. J'étais intelligent et perspicace. Observateur, aussi. Je faisais partie de ces gens qui manipulaient le monde pour le faire tourner dans leur sens. En général, il me suffisait d'un sourire pour obtenir ce que je voulais. Mais avec elle, ça n'avait pas l'air de marcher, et j'étais à cours d'options.

« It's sad that you're not staying for long, but it's lovely that you're staying here at all. We don't meet a lot of new people these days, here. »

Triste, oui, surtout pour elle, parce que moi, j'étais venu ici pour une raison précise. Un ultime but dont ni elle ni personne ne me détournerait. Je l'ai vue s'approcher de moi, et j'aurais aimé pouvoir reculer. Mais la douleur qui lançait dans ma jambe était toujours aussi présente. Comme si on aiguisait mes nerfs à coup de couteau. Je me demandais comment elle trouvait la force de sourire autant. J'étais loin d'avoir été sympathique avec elle. J'avais même été odieux, à plusieurs reprises. Et je continuerai de l'être jusqu'à ce qu'elle s'en aille. La plupart des gens auraient déguerpi depuis longtemps. Le reste aurait déjà abandonné.  Mais le problème, c'était qu'aucune de mes stratégies ne semblaient fonctionner sur elle. Comme si elle était hermétique à tout ça. A moi. Comme si elle voyait autre chose que le connard que j'étais. Elle était différente, et je ne savais pas si je détestais ça.

« And by the way, why are you so rude to me ? You could invite me to grab a drink at least, you peasant. »

J'ai arboré un visage surpris en détournant le regard. De toutes les choses qu'elle aurait pu dire ou faire, je ne m'attendais pas à ça. Depuis le début, elle me prenait par surprise et même si ça m'agaçait fortement, ça m'intriguait aussi beaucoup. J'ai reposé mes yeux sur elle, j'essayais de comprendre qui elle était. J'essayais de découvrir qui se cachait derrière ce sourire trop large. J'essayais de savoir ce que fuyait une gamine plantée dans la neige. J'essayais de prédire ses réactions pour adapter les miennes. Mais cette fois-ci, j'avais aucun coup d'avance. J'avais rien. Alors j'ai gagné du temps.

« Oh, now you're insulting me. Great, great. I guess that's another reason why I won't invite you in. You really don't lack culot, mademoiselle.  »

J'ai attendu quelques instants avant de savoir ce que j'allais faire. Puis j'ai compris que la seule façon de savoir qui elle était, c'était de lui dire la vérité. Voir sa réaction. La regarder partir, ou rester. Et juste comme ça, je ne savais plus exactement ce que je voulais. Juste comme ça, j'avais envie de la voir rester tout en continuant à la chasser. J'avais pas le luxe de m'attacher à qui que ce soit. C'était un risque que je ne pouvais pas prendre. Ca n'avait jamais été un problème auparavant, de bloquer tous mes sentiments. Alors pourquoi est-ce que je me sentais menacé par cette fille ? J'ai ouvert la bouche, puis j'ai hésité. Pourquoi est-ce que j'hésitais ? C'était pas moi. C'était pas mon genre. J'étais confiant, arrogant, odieux. J'étais pas celui qui prenait des pincettes avec les autres. J'étais celui qui disait la vérité, et qu'on détestait pour ça. J'ai détourné le regard quelques instants, comme pour chercher du courage ailleurs. Puis je l'ai regardée dans les yeux, et j'ai dicté la sentence.

«  I'm dying. Being rude is one of my privileges. That's why I came here. That's why I don't want to get to know you. That's why you're going to get away from my gate and never come back again.    »
avatar
Invité
this is the wizzarding world of
Invité
informations



Message Posté Mer 4 Sep - 21:55.



« This one's for the lonely, the ones that seek and find, only to be let down time after time. »

Il y a des choses qu'on fini par oublier. Des choses qu'on préfère passer sous silence. On reste dans l'ignorance. On cache des secrets parce qu'on ne sait pas comment arranger les choses. C'est toujours la même chose. Toujours le même cauchemar qui se répète encore et encore, sans fin. Les mêmes visages qui se révèlent. Et les mêmes situations qui nous pose problème. Je préférais vivre dans ce monde là. Un monde où j'avais le contrôle. Où je savais que je pouvais gagner. Parce que j'étais celle qui avait fait les bons choix. J'étais celle qui avait choisi de souffrir. Qui avait choisi d'abandonner toutes les batailles parce qu'elles n'en valaient plus la peine. Je laissais les cicatrices s'accumuler parce que je jugeais qu'il avait une excuse. Parce que je pensais que j'aurai moins mal. Que c'était de cette manière que je pouvais contrôler la peur, après tout, c'était la seule que je connaissais. Parce que je n'ai jamais été capable de tout contenir. Parce que je n'ai jamais été capable de saisir la différence entre le sacrifice et la soumission. J'avais peur de tout ce que je ne connaissais pas. J'avais peur de tout ce qu'il pouvait faire pour me détruire. Parce qu'il avait tout essayé, et j'avais l'impression que tout était perdu. J'avais l'impression qu'il n'y avait pas d'espoir. C'était une véritable torture. Au final, je m'étais perdue dans quelque chose qui n'était pas compréhensible. Et c'était peut-être la destiné de l'être humain. Essayer de se sauver. Essayer de s'en sortir. Parce que chaque jour était une nouvelle épreuve. Parce qu'on se détruisait un peu plus chaque jour à essayer de comprendre comment est-ce qu'on pouvait se sauver de tout ce qu'on essayait de nous prendre. On voulait se libérer de la douleur, on voulait trouver une solution alors qu'il n'y en a jamais eu. Je pensais que c'était suffisant. Je pensais que c'était la cruauté de tous les hommes pouvait être guéries. Je pensais qu'on aurait encore une chance. Qu'on aurait la possibilité de se racheter pour tout ce qu'on aurait plus jamais. Et c'était comme tout laisser tomber. C'était comme essayer de battre quelque chose qui était déjà écrit. Quelque chose qui était déjà installé. Des mots qu'on avait écrit comme pour nous tuer. Pour nous écraser. C'était cruel. C'était le destin. C'était tout ce que l'humain ne pourrait jamais rattraper.

« Oh, now you're insulting me. Great, great. I guess that's another reason why I won't invite you in. You really don't lack culot, mademoiselle. » J'ai souri. C'était comme si on essayait de se rassurer. Essayer de réaliser que chaque chose avait une fin. Que chaque histoire se terminait à chaque fin de journée. On voulait changer le monde. On voulait détruire les étoiles qui nous montrait quel chemin suivre. Sauf qu'à chaque fois, on doit obéir à ce qu'on a décidé pour nous. On a beau faire tous les choix, on a beau changer chaque décision, c'est toujours la même chose. Toujours les mêmes miracles qu'on ne parvient pas à sauver. Ceux qui s'engloutissent au fond des abysses. On a espéré vivre mieux. On croyait avoir tout vu. Avoir tout préparé. On pensait que c'était fait. On pensait que c'était suffisant. Mais ça ne le serait jamais. « I'm dying. Being rude is one of my privileges. That's why I came here. That's why I don't want to get to know you. That's why you're going to get away from my gate and never come back again. » C'était triste de voir qu'il n'avait plus d'espoir. Mon sourire s'est effacé. J'ai essayé de savoir ce qui n'allait pas. J'ai essayé de comprendre pourquoi est-ce que tout était si fragile. Pourquoi est-ce tout ce qu'on obtenait finissait par disparaître. On nous offrait des rêves, on nous donnait tout ce qu'on aurait pu avoir, et c'était tout ce qu'on aurait. Des rêves. Des mensonges. Des promesses. Des personnes qu'on ne pourrait jamais comprendre. Des personnes qui n'avaient absolument plus rien à donner. On pensait qu'on avait tout fini. On pensait que c'était tout ce qu'on aurait jamais plus. On aurait aimé vivre éternellement pour se rassurer. On aurait voulu sauver tout ce qu'on ne pouvait plus avoir. On aurait voulu comprendre. On aurait voulu soulager la douleur qu'on ressentait à l'intérieur de notre cœur. On voulait comprendre tout ce qui n'avait plus aucun sens, et c'était là, qu'elle se cachait, notre erreur. J'ai relevé la tête vers lui, en me pinçant les lèvres. « You're dying ? » J'ai regardé ailleurs, parce que c'était comme si je n'étais pas là. Parce que je disais la vérité sans même comprendre pourquoi. « Me too. »
avatar
Invité
this is the wizzarding world of
Invité
informations



Message Posté Mer 4 Sep - 22:46.


above it all, the suns shines so much brighter when i'm with you
Full of the profoundest grief, Melusina declared to Raymond that she must now depart from him, and, in obedience to a decree of destiny, fleet about the earth in pain and suffering, as a specter, until the day of doom.




Lorsqu'il fallait se montrer froid, j'étais un expert. J'avais appris très tôt que les émotions n'étaient que des ralentisseurs. Des chaînes qui nous retiennent trop bas et qui nous emportent trop loin. Alors au fil du temps, j'ai appris à les contrôler, à les analyser. Et comme on ne peut pas analyser ce dont on fait partie, j'ai fini par oublier comment on faisait. Quand on est médicomage, on voit des patients mourir tous les jours. On voit les salles d'attente se remplir et se vider. On couvre les visages sous des draps et on ferme des yeux. On prend le pouls des morts pour s'assurer qu'ils nous ont quitté, et on invente des excuses et des histoires pour réconforter les familles. La mort devient une routine presque supportable si on oublie combien elle est injuste et aléatoire. Mais la question, c'est de savoir si la vie vaut mieux ? La vie est un voleur qui vous attend au coin de la rue. On parle de miracle, mais on ne sait pas combien il coûte cher, ce miracle. La vie n'a aucun scrupule, elle vous donne pour mieux vous reprendre. Elle vous vend des rêves pour mieux les briser. La mort, au moins, a  la décence de prévenir.  Un homme m'a dit un jour qu'il ne fallait pas se laisser affecter par la mort, parce qu'elle faisait partie de la nature. Tout naît avec une date de péremption. Les fruits. Les arbres. Vous. Moi. Il y a une horloge qui flotte au dessus de nos têtes et qui tourne à l'envers. On ne pourra rien y changer. C'est comme ça.  Pourtant, lorsque j'ai vu son sourire s'éteindre, je me suis demandé si je n'étais pas allé trop loin. J'ai attendu qu'elle parle, comme si le silence me gênait déjà. Comme si je m'en voulais d'avoir brisé quelque chose qui, pourtant, n'existait pas encore.  

« You're dying ? »

J'ai acquiescé, comme si c'était une évidence. Comme si c'était écrit dans chaque chose que je faisais. Comme si c'était sous entendu dans chacune de mes paroles. Je ne me suis pas senti soulagé. Je me suis senti coupable. Et c'était étrange, parce que j'étais la victime, dans l'histoire. Sauf que pour la première fois, elle fuyait mon regard. Elle avait donc quelque chose à cacher. Quelque chose de trop lourd pour que je puisse le comprendre. J'ai même pas essayé de le faire, je me suis contenté de la regarder. Je ne sais pas ce qui m'a retenu là, en face d'elle, à attendre sa réponse. J'aurais très bien pu partir, profiter de l'occasion pour enfourcher mon vélo et me barrer. J'aurais pu sortir ma baguette et ouvrir ce fichu portail. La vérité ? J'en avais pas envie.

«  Me too.  »

J'ai froncé les sourcils. Dire que j'étais perdu était un putain d'euphémisme qui ne commençait même pas à décrire la situation. Je l'ai regardée, comme si j'allais trouver la réponse sur son visage. Est-ce qu'elle était malade, elle aussi ? Rien ne l'indiquait. Elle avait bonne mine. Elle ne semblait pas souffrir de quoi que ce soit. Mais je savais qu'en médecine, les apparences étaient trompeuses. Mon cerveau était assailli par les explications possibles. Par toutes ces raisons qui auraient pu la pousser à dire ce qu'elle venait de dire. Aucune d'elle n'avait de sens. Elle n'avait aucun sens. Cette fille était une énigme. Un problème sans solution. Un casse-tête que je ne résoudrai pas. Mais c'était justement pour ça qu'elle m'intéressait. Alors j'ai arrêté de jouer au con pour jouer le jeu. J'ai laissé la douleur s'évaporer avec le vent. J'ai lâché prise sur toutes ces défenses que j'avais construites. Elles ne seraient d'aucune utilité avec elle. Le coin de mes lèvres s'est courbé pour former un demi sourire, une nouvelle énigme.

« Really ? From what ?   »  
avatar
Invité
this is the wizzarding world of
Invité
informations



Message Posté Jeu 5 Sep - 0:44.



« All I can do is keep breathing. »

On se pose des millions de questions. On se dit des millions de choses, jusqu'à ce qu'on découvre que chaque chose est toujours à sa place. Que chaque histoire est écrite à l'avance. On essaye de comprendre la souffrance des autres, même si ça semble trop. On essaye de trouver le pouvoir de se sauver des monstres qui désirent nous dévorer. Et un jour, on a l'impression que tout est sauvé. On retrouve l'espoir. On trouve cette personne avec qui on pense pouvoir réussir à se battre. Parce qu'on ne peut pas gagner cette guerre tout seul. Parce qu'on ne peut pas s'arrêter de respirer une seule seconde. C'est la chose qu'on ne peut pas se permettre. Parce que quoi qu'il arrive, nos faiblesses seront utilisées. Parce que chaque minute de notre temps est arrachée jusqu'à ce qu'on se retrouve dans le plus immense des néants. On se retrouve des excuses, on essaie de trouver les bons mots, on essaye de faire grandir l'espoir, mais à chaque fois c'est comme une boucle sans fin. Une destinée dont on ne peut pas se défaire. Un miracle qui nous pousse à abandonner tout ce à quoi on avait confiance auparavant. Même si c'est cruel. Même si ça semble insuffisant. On n'a pas le choix. On doit s'accrocher et ne jamais se séparer de cette personne qui arrive à nous montrer que quoi qu'il arrive, on peut réussir à s'en sortir. On peut réussir à battre les démons à leur propre jeu. On peut réussir à les torturer avec les choses les plus simples, les plus basiques. On attend l'enfer là où le paradis est censé nous accueillir. On s'attend à la mort. On s'attend à la souffrance, là où il n'y a que l'amour. Parce qu'on nous a appris que chaque chose finissait par disparaître. Parce qu'on nous a appris que les signes étaient faux. Que la mort ne nous préviendraient pas. Elle nous prendrait tout simplement. Alors qu'on la supplierait de nous laisser vivre.

On veut croire que tout ira bien. On veut rire et le penser comme si c'était totalement vrai. On veut offrir un sourire au monde et se rappeler à quel point on a de la chance, alors que pendant des années on a laissé la colère et la déception nous détruire peu à peu, comme un poison qui s'écoule lentement dans nos veines. Une maladie incurable dont on ne parvient pas à se détacher. On voit les mêmes mots. Les mêmes histoires. Seuls les noms continuent de changer, encore et encore.« Really ? From what ? » J'ai baissé les yeux. Par réflexe. J'ai continué à me perdre dans le bleu du ciel. Dans le blanc de la neige. J'ai continué à me perdre dans un fil de pensée qu'il n'arriverait même pas à suivre. J'en donnais déjà trop, alors que j'étais sur le point de devenir cette fille qui devait rester forte, quoi qu'il arrive. C'était ce genre de choses dont on ne pouvait pas parler simplement. Ce genre de secret que l'on emportait dans la tombe parce qu'on avait pas la force de faire quoi que ce soit d'autres. On devait se cacher de tout ce qui allait nous détruire au final. De tout ce qui allait nous ramener à la poussière alors que le but était de survivre face à tout ça. L'existence des dieux et des héros n'est positive que pour ceux qui vivent encore dans le noir de l'ignorance. Dans la difficulté de la solitude. On essaye de vivre seul, on essaye de comprendre ce qui n'est pas allé dans le bon sens, jusqu'à ce que tout fonctionne à nouveau. Comme si rien n'avait été détruit. « Humanity, I guess. » Mon ton était froid, sans émotion. Et c'était pas ça, ce que j'étais. J'étais la fille qui avait envie de revenir. La fille qui avait besoin de se tenir occupée à chaque petit moment pour ne pas devenir folle. Alors j'ai décidé de sourire longuement, tout en relevant la tête, puis j'ai regardé ma montre, puis ma maison. Puis son visage. J'ai essayé de comprendre pourquoi est-ce que tout semblait si cruel, et je n'ai jamais trouvé la réponse. Je pense que c'était une de ces questions auxquelles on ne parvient jamais à répondre. C'était ce genre de miracle que j'attendais. Et que je craignais. Je souriais à nouveau. « I should probably go. »
avatar
Invité
this is the wizzarding world of
Invité
informations



Message Posté Jeu 5 Sep - 16:29.


in this world full of people there's one killing me
Full of the profoundest grief, Melusina declared to Raymond that she must now depart from him, and, in obedience to a decree of destiny, fleet about the earth in pain and suffering, as a specter, until the day of doom.




« Humanity, I guess. »

Je ne sais pas ce qui m'a le plus surpris. Sa réponse, ou le ton froid et monocorde qui l'accompagnait. Je l'ai vu fuir, et c'était toujours la même histoire. Celle du gars qui voulait ce qu'il ne pouvait pas avoir. Celle d'un égo qui n'existait que par les défis et les objectifs. Celle d'une ambition qui n'avait pas de fin. Un désir insatiable qui s'installait trop vite pour être contrôlé. J'aurais pas dû essayer de jouer. J'aurais pas dû continuer à la regarder. J'aurais pas dû attendre une réponse de plus. Quelques secondes de répit. Ca ne changerait rien à la fatalité que je portais à bout de bras. Mais la curiosité l'emportait sur le reste. L'énigme dominait tout, et la résoudre devenait un besoin vital. Elle a jeté un coup d'oeil vers sa maison, et j'ai suivi son regard. On était loin du campus étudiant. Peut-être qu'elle n'allait pas à l'université. On était dans un coin perdu du village. On était seuls face au reste du monde. Je savais pourquoi j'avais choisi de venir ici. Mais je me demandais quelle était sa raison à elle.

« I should probably go. »

Je l'ai regardé en souriant. Plus j'y pensais, moins je comprenais le concept de chez soi. Le concept de propriété est inhérent à la nature humaine. Conquérir des territoires, défendre ceux qu'on possède déjà, l'histoire en dit long sur la cupidité des hommes. Mais moi, j'avais jamais réellement su ce qu'était un foyer. Même si j'avais grandi dans cet imposant manoir que le lierre gelé envahissait, c'était pas ma maison. Même si j'avais vécu dans un luxueux appartement londonien, je m'y sentais pas chez moi non plus. C'était comme si, partout où j'allais, j'étais un étranger. Comme si ce sentiment que chaque être défend naturellement ne m'avait jamais été accordé. J'étais attaché à rien. J'avais pas de racines. Ca rendait mon oubli beaucoup plus facile.  Ma mort, beaucoup plus confortable. Aucune culpabilité. La solitude, du début à la fin. C'était toujours comme ça que j'avais vécu. Et même si j'en avais envie, ça ne devait pas changer pour elle. J'ai levé les yeux vers sa maison, toujours avec le même sourire.

« Yeah, you should. »

Puis je me suis retourné pour prendre mon vélo. J'en ai profité pour ouvrir mon portail avec ma baguette. Le manoir était précédé d'une grande allée. De chaque côté, des marronniers tentaient de résister à l'hiver avec un stoïcisme impressionnant. En cette saison, on aurait dit que le temps s'arrêtait. Tout était figé dans la glace. Sauf que le monde continuait à tourner trop vite. J'ai dit au revoir en tournant le dos, mais j'ai continué à peser le pour et le contre. J'ai essayé de construire des barricades, de me trouver des excuses. Je me suis caché derrière des fatalités trop vives et des circonstances pas assez atténuantes. Pour : c'était une énigme. Une délicieuse énigme qui m'occuperait assez longtemps pour pouvoir mourir autre part que dans un lit. Contre : c'était une énigme. Une énigme que je ne résoudrai pas en un jour. Une énigme à laquelle je pourrais m'attacher, et j'en avais l'interdiction. Pour : de toute façon, on allait se recroiser, alors autant en profiter.  Contre : elle allait me détourner de mon but. Pour : Elle était jolie. Contre : Elle était trop jolie. Pour : elle savait jongler. Bon, d'accord, j'étais évidemment biaisé. Mais au final, j'en ai conclus que j'avais rien à perdre. J'ai fait quelques mètres avant de me retourner vers elle. Elle était assez loin, maintenant, alors j'ai du hausser la voix.

« Or  you could join me for this drink you were talking about, you know.  I'd like to hear more about this humanity as a disease thing of yours. »

Qui dit que l'humanité le fait mourir ? Qui parle comme ça ? Une seule personne dans tout ce monde. La seule que j'arrive pas à comprendre. La seule qui finira par me tuer, mais j'avais pas envie de résister. Je ne connaissais même pas son prénom, mais ça faisait partie des règles du jeu. Quand j'étais arrivé ici, mon intention était de faire ce voyage tout seul. Peut-être que je m'étais trompé dans mes calculs. Peut-être qu'il y avait une autre façon de mourir. J'avais pas l'intention de la retenir. J'avais pas l'intention de devenir son ami. J'avais aucune perspective d'avenir, aucune vision claire du futur. Mais elle m'intriguait assez pour que je puisse considérer cette éventualité. J'ai haussé les épaules.

« I've got some pretty good whisky in storage if you'd like.   »

A ma connaissance, il n'y avait rien de mieux que l'alcool pour appâter un anglais chez soi. Mais j'ai continué de faire semblant. De faire comme si ça ne comptait pas. Comme s'il n'y aurait aucune déception, aucun risque, rien. J'ai continué de faire comme si j'aurais raison dans tous les cas.

« It's your call.  I can die with both.  »
 
avatar
Invité
this is the wizzarding world of
Invité
informations



Message Posté Jeu 5 Sep - 23:58.



« Open up my window, I see the sky's still blue. »

« Yeah, you should. » On pense à toutes ces choses qu'on est censées faire. Celles qui semblent logiques. Qu'on ne devrait pas échapper. On pense à toutes ces choses qu'on ne contrôle pas mais qu'on choisit toujours de faire. On pense à tout ce qu'on aurait dû changer, on pense à tout ce qu'on aurait pu dire. Et c'est ça qui nous tue. Les regrets dont on ne peut jamais se défaire. La cruauté de ceux qui nous entourent parce qu'on ignore à quel point chaque décision est une épreuve. On ignore à quel point on se retrouve toujours face à ce dont on avait le plus peur. On laisse la crainte nous diriger et on perd ce qu'on aurait voulu devenir. On perd ce qu'on aurait préféré garder. Et c'est la vie parce qu'au final, on ne peut pas empêcher ces choses d'arriver. On ne peut pas empêcher le temps de passer. On ne peut pas empêcher la douleur de s'installer à l'intérieur de nous comme une maladie dont on ne parvient pas à se débarrasser. Chaque décision que l'on prend finit par façonner la personne que l'on devient, et c'est dans ces moments là que l'on comprend à quel point c'est difficile de réaliser les rêves qu'on aurait voulu depuis le départ. On voit chaque échec comme une fin. Alors que c'est tout simplement le début de quelque chose de plus grand. De quelque chose qu'on ne maîtrise pas encore, parce que c'est bien trop loin. C'est bien trop ridicule. C'est tout ce dont on ne pourra jamais bénéficier. On veut vivre des choses uniques. On veut essayer de réaliser que chaque instant n'est qu'un infini qui ne pourra jamais s'arrêter. On veut essayer de comprendre ce qui se passera lorsque la solitude finira par nous gagner et nous détruire. On essaye de ressentir chaque petit instant, chaque petit moment. Comme si on avait la force de battre le destin. De battre les forces supérieures qui nous ont déjà jeté dans la gueule du loup à maintes reprises. On se dit qu'on peut arranger les choses de façon à garder espoir. Mais tout ce qu'on réussit à faire, c'est se noyer dans un océan de perte. Un océan qui nous montre à quel point on peut se perdre nous-même, en devenant des personnes que l'on aurait jamais dû devenir. En agissant d'une façon dont on n'aurait jamais pu imaginer possible. On fait des erreurs et on a du mal à les assumer parce qu'on comprend assez rapidement qu'il n'y a pas de seconde chance. Pas vraiment. Pas dans la vrai vie.

« Or you could join me for this drink you were talking about, you know. I'd like to hear more about this humanity as a disease thing of yours. » Je me suis arrêtée, et je me suis retournée. J'ai pensé que c'était trop tard parce que j'étais partie. Parce que j'avais eu peur de ma propre ombre. Parce que j'étais terrifiée à l'idée de devenir celle qui n'avait plus la force de se battre aussi fort qu'auparavant. C'était cette seule pensée qui me hantait à chaque minute. « I've got some pretty good whisky in storage if you'd like. » Je suis restée à ma place. « It's your call. I can die with both. » Et j'ai commencé à m'avancer. Parce que j'ai réalisé que de toutes façons, je n'avais rien à perdre. Je n'ai jamais eu quelque chose à perdre. C'était la loi des choses. Celle à laquelle je me pliais un peu plus chaque jour. « Well, if you have whisky, I could I refuse ? » J'ai commencé à avancer, en marchant à côté de lui. C'était ironique de se retrouver dans cette situation-là, où je n'étais plus celle qui se battait pour sauver la mise. « You won't even remember what you wanted to talk about as soon as I get in. You'll see. » On s'est arrêtés brièvement devant la porte, avant qu'il ne l'ouvre. « You don't even know my name, dying man. This should be funny. » C'était immense. Beaucoup plus grand que ma propre maison. Alors j'ai commencé à me balader un peu partout. « Wow, your house is lovely. » Je me suis retrouvée face à la salle de bain rapidement. « I would kill for a bathroom like that. » Puis je suis arrivée à la chambre, tout en regardant les pièces autour de moi. On disait souvent que j'étais sans-gêne. C'était probablement vrai. « Is that your bedroom ? The bed seems comfortable. » Je me suis avancée dans la pièce avant de m'allonger brièvement. « Rectification : the bed is comfortable. » Je suis retournée à la pièce principale, et j'ai rapidement trouvé la bouteille dont il parlait. Je l'ai sortie, en avançant vers lui. J'ai pris deux verres au passage. « Oh, I knew you would hide your whisky here. You're so predictable, old man. » Et j'ai servi jusqu'à ras bord. Après tout, autant en profiter.
avatar
Invité
this is the wizzarding world of
Invité
informations



Message Posté Dim 8 Sep - 17:47.


you talk too much
Full of the profoundest grief, Melusina declared to Raymond that she must now depart from him, and, in obedience to a decree of destiny, fleet about the earth in pain and suffering, as a specter, until the day of doom.




On devient médicomage pour sauver des vies. Mais la vérité, c'est qu'on en voit beaucoup partir. Le piège, c'est qu'il devient très facile de jouer le rôle du dieu. De croire qu'on a le droit de décider qui méritera les plus grands soins, et qui est déjà condamné. J'étais qu'un interne quand j'ai compris que personne n'avait le droit de choisir. J'avais cru que je pouvais expédier un patient sur le point de mourir. Prononcer l'heure de la mort et passer au suivant. Mais mon titulaire m'a demandé de faire tous les examens possibles, de lui administrer même la plus impensable des potions, de lancer tous les sorts qui étaient en mon pouvoir.  J'ai mis du temps avant d'accepter les ordres et d'obéir sans protester. J'ai mis du temps avant de comprendre qu'il s'agissait d'un devoir de conscience. Que c'était la seule façon de ne pas se sentir coupable quand on disait à la famille qu'on avait tout essayé. Est-ce que j'avais tout essayé ? Non. J'avais refusé les traitements. Oui, il y avait un stade 4. Mais il était hors de question que je passe le reste de mes jours cloîtré dans une chambre d'hôpital. La seule potion que je continuais à prendre, c'était celle qui m'avait permis de vivre jusqu'ici. Celle qui retarderait l'échéance, ou la rendrait plus douce. J'avais pas envie d'y penser.

Elle est rentrée dans le manoir sans même y avoir été invitée. J'ai à peine eu le temps de lever les yeux au ciel qu'elle grimpait déjà dans la salle de bain. J'ai rangé mon vélo avant de la suivre en croisant les bras. Elle n'avait vraiment aucune tenue, et ça en devenait parfois vraiment gênant. Comme lorsqu'elle s'est allongée sur mon lit, par exemple.

« Oh yeah, sure, make yourself at home... »

Au bout d'un moment, j'ai arrêté de la suivre. La regarder jouer avec mes affaires avait le don de m'agacer. J'étais le genre d'hommes qui pensait que chaque chose avait sa place, et elle, elle n'avait pas sa place dans cette maison. Elle n'avait de place nulle part. J'oubliais même pourquoi j'avais décidé de l'inviter. Mais c'était ma décision, et je devais l'assumer jusqu'au bout, même si ça me faisait royalement chier. Peut-être que les minutes passeraient plus vite lorsque j'aurais bu un verre. Espérons-le. Finalement, elle m'a rejoint dans le salon. J'ai rien dit quand elle a descendu les escaliers comme un éléphant. Quand elle s'est mise à fouiller dans les meubles. J'ai rien dit non plus lorsqu'elle a trouvé la bouteille et qu'elle a commencé à servir.

«   Oh, I knew you would hide your whisky here. You're so predictable, old man. »

En revanche, quand j'ai vu qu'elle remplissait les verres à ras bord, j'ai haussé les sourcils en signe de désapprobation. Aussi, j'étais un peu vexé de m'être fait traiter de vieux. J'étais encore dans la fleur de l'âge, je n'avais pas besoin du jugement hâtif et peu renseigné d'une gamine rousse. Malheureusement, elle était trop obsédée par l'alcool pour m'accorder la moindre attention. Je lui ai finalement enlevé la bouteille des mains avec un sourire agacé. Je détestais vraiment qu'on touche à mes affaires.

«  I'm not predictable. I just thought it was cruel to not let you witness my greatness in the fine art of picking whisky.  »

Puis mon sourire s'est effacé. Une aussi bonne bouteille ne se consommait pas aussi facilement. Elle se conservait des années durant pour goûter à la plus délicieuse des liqueurs. Je l'ai rangée dans le meuble en marmonnant. Je repensais toujours à ce surnom qu'elle avait trouvé.  

«  I'm not old. »

Lorsque je me suis retourné, elle avait déjà entamé son verre. Cette fille avait un grave problème. Je l'ai dévisagée. J'ai regardé son accoutrement. Son visage. Elle était plus jeune que moi. Beaucoup plus jeune que moi. Récapitulons. Non seulement je venais d'accueillir une gamine chez moi, mais en plus je lui fournissais de l'alcool. Heureusement que la police française n'était pas très regardante, sinon, j'aurais eu de gros ennuies.

« But, then again, neither are you. Are you even majeure ?   »

J'ai bu une gorgée avant de froncer les sourcils. Dans quel merdier est-ce que je m'étais fourré ?

« What's your name anyway ?  »
 
avatar
Invité
this is the wizzarding world of
Invité
informations



Message Posté Jeu 12 Sep - 23:41.



« Are we going down or will we fly ? »

On attend tous quelque chose. Une espèce de solution. Quelque chose qui nous sauvera du cauchemar qui nous détruit un peu plus chaque jour. On attend une solution miracle à un destin qui ne nous sauvera pas. On attend une existence parfaite et on imagine des rêves qui ne pourront jamais se réaliser. On attend tout de ce monde qui nous a fait tant de promesses et qui nous a pourtant tellement déçu. On se dit qu'on prend des coups pour une raison. On se dit qu'on a mal parce que c'est le seul moyen de réussir. On dit que l'expérience nous forge. Et on s'invente des raisons de se battre. On veut s'en sortir. On veut se battre parce qu'on nous a appris à le faire. Parce que quand on se retrouve face à l'adversité, face au vide, et face à la mort, tout ce qu'on peut faire, c'est essayer de devenir ces personnes qui n'ont pas peur de disparaître. Ces personnes qui utilisent le courage comme une arme, comme un moyen de défense. On entend trop d'erreur. On entend trop de personne disparaître dans les abysses pour réellement comprendre à quel point tout ça est dérisoire. On se bat sans raison. On se bat pour un monde qui ne veut pas réellement de notre aide. Il continuera de la rejeter parce que ce n'est pas ce qu'il recherche. Ce n'est pas ce qu'il maîtrise. Alors il fuit, parce qu'il sait que de cette façon, il n'y aura pas de jugement. Il n'y aura pas de fin. On peut continuer éternellement à se retrouver dans des batailles qui n'appartiennent à personne. On se laisse mourir face à un reflet qu'on ne veut pas apercevoir. Face à un cauchemar qu'on ne veut pas entendre. Qu'on ne veut pas essayer de détruire. Auquel on ne veut pas faire face.

« I'm not predictable. I just thought it was cruel to not let you witness my greatness in the fine art of picking whisky. » Je regardais les choses grâce à un autre point de vue. Je voyais tout ce qui allait se passer de bien trop loin. J'assistais à ma propre chute sans pouvoir la ralentir, et c'était stupide d'attendre quoi que ce soit de n'importe qui. J'étais celle qui tombait trop vite. Celle qui n'avait pas le choix. Celle qui mourrait un peu plus chaque jour en affrontant les choses que je ne pouvais pas entendre. Parce qu'il n'y avait que le temps qui filait trop vite. Les minutes qui s'écoulaient et celles qu'on ne rattrapait jamais. Les morts qui continuaient à s'empiler à nos fenêtres mais qu'on choisissait d'ignorer parce qu'on avait pas le courage de découvrir à quel point on avait tout raté. On avait échoué, du début à la fin. On avait choisi de devenir des fantômes qui erraient dans un monde qu'ils ne maîtrisaient pas totalement. Et on vivait sans réellement comprendre dans quel but on s'est retrouvé à cette place. Je le regardais en essayant de savoir ce que je loupais. Et tout ce que je voyais, c'était quelqu'un qui avait abandonné parce qu'il n'a jamais eu aucune raison de croire en quelque chose. Et c'était ça, le plus dur. Découvrir que parfois il n'y a pas de bon choix. Parfois il n'y a pas d’échappatoire. On ne peut pas échapper à tout ce qu'on a créé pour nous écraser. « I'm not old. But, then again, neither are you. Are you even majeure ? » J'ai pris mon verre avant de le boire d'une traite. J'étais habituée à l'alcool depuis bien longtemps. Comme si c'était ça qui m'offrait la capacité de m'enfuir dans un autre monde pendant quelques heures. Comme si c'était ça qui me protégeait contre tout ce que je ne voulais pas savoir. Tout ce que je ne voulais pas comprendre ni connaître. « What's your name anyway ? » J'ai relevé mon regard vers lui, avant de sourire à nouveau. « I'm 21 years old, you idiot. What do you think, that I was 15 ? That would have been weird. Completely weird. » J'ai laissé quelques secondes de silence s'installer, comme pour essayer de comprendre ce que je continuais à rater. « I'm Lexie, by the way. Even if you could have asked nicely. » J'étais cette fille-là. Celle qui donnait sans recevoir, parce qu'on m'avait appris que c'était la seule chose à faire, dans tous les cas. Parce que c'était la seule chose que je pouvais accepter. La seule qui me permettait de cacher la douleur dans un endroit suffisamment obscure. Parce que je n'avais pas envie de l'affronter. Pas encore. Je voulais vivre chaque jour sans me soucier de ce qui me pesait sur les épaules. « So. You're dying. From what ? »
avatar
Invité
this is the wizzarding world of
Invité
informations



Message Posté Lun 16 Sep - 16:58.


led by a beating heart
Full of the profoundest grief, Melusina declared to Raymond that she must now depart from him, and, in obedience to a decree of destiny, fleet about the earth in pain and suffering, as a specter, until the day of doom.




J’ai vu des personnes sombrer dans le regret. Des êtres crouler sous le poids de la mélancholie. Je les ai vus porter sur leurs épaules tous ces rêves qu’ils n’avaient jamais eu le courage de poursuivre. Jusqu’à présent, je n’avais jamais compris le regard sur leur visage. Je n’avais jamais compris combien le temps était un salaud qui nous prend tout ce qu’on a avant même qu’on ait pu en faire l’inventaire. Je me suis toujours dit que j’étais fait pour gagner. Je ne faisais pas partie des perdants. Je ne faisais pas partie des faibles. Je n’ai jamais été vulnérable. J’ai toujours contrôlé avec force tout ce qui m’est arrivé. Et puis j’ai compris que j’avais vécu la vie d’un autre. J’ai compris que toutes mes ambitions n’avaient plus aucun sens. Comme si tout ce que j’avais construit était aussi fragile qu’un château de cartes. La maladie avait tout emporté en un souffle. Je l’ai vue s’enfiler son premier verre de whisky et j’ai regardé le mien. Il était encore plein. J’en ai pris quelques gorgées avant de le poser. Ca faisait des années que j’avais rien bu. Parce que c’était comme ça qu’on faisait, dans mon monde. On ignorait tout le reste. On s’aliénait pour accomplir ses objectifs. Pour se hisser au sommet. J’ignorai comment ça se passait dans le sien, et j’avais pas envie de le savoir. En fin de compte, j’aurais pas dû l’inviter à entrer. J’aurais pas dû flancher. J’ai continué à contempler mon verre en réfléchissant à comment m’en débarrasser. Puis je me suis dit qu’elle partirait d’elle-même. L’avantage de la vérité, c’est qu’elle révèle la vraie nature des gens. Et les gens sont faibles.

« I'm 21 years old, you idiot. What do you think, that I was 15 ? That would have been weird. Completely weird. »

J’ai haussé les sourcils sans véritablement l’écouter. J’étais un type assez observateur. En un coup d’œil, je pouvais en dire plus sur une personne que son propre entourage. Les gens pensent qu’ils sont doués pour cacher leurs secrets, mais il est si facile de remarquer tous ces détails qui les trahissent que ça en devient ridicule. Cela dit, je n’avais jamais été un expert lorsqu’il s’agissait de deviner l’âge des autres. La première fois que j’avais trouvé Sky ici, je lui avais donné la vingtaine sans savoir qu’elle n’était même pas encore majeure. Elle ne savait pas non plus que j’étais revenu. Et c’était tant mieux. Ca éviterait toutes ces discussions que je refusais d’avoir. Ce testament que je refusais de signer. J’avais beau dire que j’avais accepté mon sort, mon courage semblait avoir des limites.  

« I'm Lexie, by the way. Even if you could have asked nicely. »

J’ai écarquillé les yeux en soupirant. Elle ne manquait pas de culot. C’était déjà bien beau que je m’intéresse à elle, si en plus il fallait que je sois gentil… A vrai dire, j’étais un tas de choses. J’étais plutôt charmant. J’étais intelligent, logique, entraîné. Mais gentil ne faisait pas partie de moi. J’étais pas quelqu’un de gentil. Loin de là.

« So. You're dying. From what ? »

Les yeux baissés, j’ai souri. Avec un de ces demi-sourires que les filles trouvent énigmatiques. Ces demi-sourires qui ne cachent rien mais qui disent tout. J’aurais aimé être au moins aussi courageux que j’en avais l’air. J’aurais aimé que ma désinvolture ne soit pas qu’un masque. J’aurais vraiment aimé que tout ce que je dise soit vrai. J’aurais aimé être autre chose qu’un homme, faible et misérable face à un destin trop grand. J’aurais voulu être meilleur que ça. Et j’avais beau être cynique, j’avais beau continuer à me raconter des histoires, j’ai fait ce qu’ils auraient tous faits à ma place, j’ai changé de sujet.

« Yeah, weird, no, you know, just euh… Checking. The last thing I want is to die  a sex offender or whatever it is you rosbif call it. What are you even doing here, in France, speaking English like you’re at home…   »

Fatalité : caractère de ce qui est inéluctable. Alors pourquoi est-ce que je continue de fuir ? J’ai essayé de lui faire porter le chapeau. De dresser mon patriotisme contre tout ce que je ne pouvais pas combattre. Je continuais à baisser les yeux comme si ça changeait quelque chose. De qui je me moquais ? Je trompais personne. Et c’était bien ça le problème. J’ai relevé le regard vers le sien, toujours avec le même sourire.

« But, you know, the very fact that I asked in the first place was me being nice. I could have made a name up for you for all I care.  I could have called you the invador, or the parasite. Drinking my wysky like it’s water and shit. The thing is I remember asking you for your name, yet I only have a prénom. If you’re going to t’incruster chez moi, I’m gonna need a little more information. I know you English people think you can do everything you want but us, French, do have some maners.   »

Non, ce n’était pas ce que j’étais. J’étais pas un lâche, un déserteur. J’étais quelqu’un qui affrontait tout avec une poigne de fer. Ce n’était pas une idée qui allait me faire peur. Ce n’était pas le néant qui me ferait courir. Ce n’était pas l’oubli qui m’emporterait. Ce n’était pas le moment de fléchir. Ce n’était pas le moment de se lamenter. J’étais mourant, mais pas condamné. Je n’étais pas une victime, j’étais le coupable. J’ai conservé le silence quelques instants en contemplant mon verre.

« You wouldn’t know it. It’s a rare condition. It's called blue blood. Basically your own blood kills you. It's not that fun. »

Puis j’ai tout bu d’une traite. Lorsque j’ai senti ma gorge me brûlait, j’ai compris que c’était comme ça que je voulais mourir. Pas dans un lit d’hôpital, drogué à la morphine, mais là, ici, en ressentant toute la douleur et toute l’atrocité de l’agonie. En vivant jusqu’au bout. Je ne sais pas pourquoi j’ai relevé les yeux vers elle, ni pourquoi j’ai ouvert la bouche. Je ne sais pas pourquoi je lui ai parlé de quelque chose qu’elle n’avait même pas demandé. Je sais juste que je l’ai fait.

« I’m a mediwizard. Was. I was a mediwizard. I quit because of, you know, the whole death thing. »

 
avatar
Invité
this is the wizzarding world of
Invité
informations



Message Posté Mer 18 Sep - 23:22.



« Look at the stars, look how they shine for you, and everything you do : yeah, they were all yellow. »

On attend toujours pour quelque chose. Parfois on préfère se dire que l'on attend pour quelque chose de bien plus grand que nous. Quelque chose qui nous permettra de disparaître, quelque chose qui nous sauvera de tout ce qu'on ne peut pas contrôler. On espère qu'on s'en sortira, on espère qu'on pourra récupérer tout ce qu'on n'a jamais pu avoir, mais c'est toujours pas assez. C'est toujours trop peu. C'est tout ça qui se bouscule à l'intérieur de nos têtes, comme un éternel compte à rebours qui refuse de s'écouler. On ne sait plus quoi faire pour récupérer les heures que l'on perd. Les miracles qu'on ne parvient pas à sauver. Toutes ces choses qui s'en vont et qu'on finit par retrouver quand il est trop tard. On perd du temps à utiliser les mots que l'on a jamais su maîtriser, à utiliser les phrases qu'on ne sait pas encore bien contrôler. On perd du temps par rapport à toutes ces choses-là, ces choses qui ne nous parviennent pas librement. On pense à ce qu'on a pu rater, à chaque chose qui a pu nous pousser à tomber. On pense à ce qui ne compte plus autant qu'avant, et à tout ce qui possède encore une valeur. On pense à tout ce qu'on aura jamais plus parce que tout ce qu'on croyait était perdu. On a mal et c'est cette souffrance qui nous écrase peu à peu. On ne contrôle pas cette peine. On ne peut pas la faire disparaître. On ne peut pas fermer nos cœurs à celle-ci. Elle nous engouffre dans un endroit que personne ne connaît. Dans un monde qu'on ne peut pas maîtriser. C'est cette douleur qui nous transperce un peu plus à chaque mot. Un peu plus à chaque coup. Je le regardais sans réellement comprendre comment est-ce qu'il avait pu abandonner, et d'un autre côté, je me disais que c'était logique. C'était plus facile. C'était peut-être la situation que j'aurai dû choisir. Abandonner les sentiments et me rappeler qu'ils n'avaient aucune réelle valeur. Qu'ils finissaient par nous détruire et par nous ruiner en miettes. Parce que quand la souffrance est là, il n'y a aucun moyen de contrôler ce qu'il nous reste. Il n'y a aucun moyen de passer à autre chose. On a mal, et on ne peut pas faire disparaître tout ça. Mais on pouvait apprendre à vivre avec. On pouvait apprendre à se battre contre ce qu'on ne connaissait pas. On pouvait apprendre à s'habituer à tout ce qu'on aurait plus jamais. La paix.

« You wouldn’t know it. It’s a rare condition. It's called blue blood. Basically your own blood kills you. It's not that fun. » J'ai levé les yeux au ciel. Je n'étais pas aussi stupide que ça. J'étais quand même en troisième année d'université. « I’m a mediwizard. Was. I was a mediwizard. I quit because of, you know, the whole death thing. » Mes lèvres se sont pincés en un sourire désolé. Je trouvais ça cruel de voir à quel point les choses pouvaient être arrachés de nos mains. À quel point elles s'en allaient sans qu'on soit capables de les maîtriser. On faisait tout pour s'en sortir et on se retrouvait à la place de ceux qui n'avaient pas la force de continuer. J'ai croisé mes jambes avant de répondre presque instantanément. « Wow, it sounds like the trailer of a movie. They didn't even do that for ''the notebook''. » C'était le genre de phrase qu'on ne devait pas dire, mais que je choisissais quand même de prononcer. Le genre de chose qu'il faut garder pour soi mais que je choisissais une fois de plus d'utiliser. « I know what it is, dumbass. In which stage are you ? » Je savais ce que ça faisait de penser qu'on vivait en sursis. De penser qu'on finirait par ne pas se relever un jour. Je savais quel était ce sentiment de crainte que l'on apprenait à maîtriser pour vivre avec, comme avec un fardeau. Je savais ce que ça faisait de vivre dans une cage dorée sans la moindre possibilité de s'en sortir totalement. On fait des choix que l'on regrette. On fait des choix que l'on apprend à regretter. Et on finit par avoir mal. On finit par connaître ce sentiment qui nous englobe tout entier. Nos cœurs se brisent et on décide de recommencer. Parce que l'humain a cette capacité là. Celle de recommencer quand il pense qu'il n'a pas été assez fort, et c'était peut-être ça, qu'on devrait plus honorer. C'était peut-être ça sur quoi on aurait dû se concentrer. Je le regardais et je ne voyais pas ce qui me poussait à rester. Dans cet endroit précis. Je ne voyais pas ce qui me poussait à choisir cette voie là. Et pourtant je le faisais quand même. « And how old are you, dying man ? »
avatar
Invité
this is the wizzarding world of
Invité
informations



Message Posté Sam 5 Oct - 12:44.


faith all gone
Full of the profoundest grief, Melusina declared to Raymond that she must now depart from him, and, in obedience to a decree of destiny, fleet about the earth in pain and suffering, as a specter, until the day of doom.




« Wow, it sounds like the trailer of a movie. They didn't even do that for ''the notebook''. »


J’ai froncé les sourcils sans comprendre de quoi elle parlait. Puis j’ai levé les yeux au ciel, parce que de toute façon, cette discussion ne mènerait à rien. Dans quelques minutes, elle partirait. Un homme m’a dit un jour qu’on vivait ensemble, mais qu’on mourrait seul. J’avais jamais compris ce qu’il voulait dire jusqu’à ce que je sois confronté à la fatalité à mon tour. La vérité, c’est qu’on sait qu’on va mourir. Dès le début, on sait que rien n’est éternel, que tout ne tient qu’à des soupirs gâchés trop tôt. Mais ça semble si lointain qu’on finit par oublier la peur et l’angoisse. On laisse ça au futur, sans se soucier de tout le temps qu’on perd si facilement. Je me suis toujours dit que j’avais peur de rien. Pas même de la mort. Mais c’était peut-être le plus beau mensonge que je m’étais jamais raconté. Parce que lorsqu’elle m’a heurté de plein fouet, cette vérité obscure, j’ai senti que tout s’écroulait autour de moi. Parce que soudain, tout était fragile. Ma réalité était factice. Ma réalité était un mensonge si beau que j’y avais cru, du début à la fin.


«  I know what it is, dumbass. In which stage are you ? »


Je l’ai fusillée du regard. Elle se permettait de m’insulter dans ma propre maison. Il y avait quelque chose de bizarre chez cette fille. Et ça dépassait son manque de manières et de courtoisie. Ca dépassait ses expressions pathétiques et son sourire faux. J’aurais aimé que ça soit facile de déceler ce que c’était. J’aurais aimé posséder toutes les armes que je pouvais pour me protéger. Mais elle n’était pas comme les autres. Elle était devenue une experte dans l’art de cacher la vérité. Quelque part, elle n’était pas si différente de moi. On portait tous les deux un masque. La différence, c’était que j’enlèverai jamais le mien.


«  And how old are you, dying man ? »


35 ans, 3ème stade. Myochobronchie avancée. Traconométrie sanguine trop basse.  Infection ostéommyochrine généralisée. Chromatide chronique. Kynésioporose nerveuse incurable.  Et c’était que le début d’un diagnostic que je connaissais par cœur. J’avais lu et relu mon dossier à la recherche de la moindre erreur. La moindre donnée qui aurait pu changer tout ce que j’étais. J’étais pas une victime, j’étais pas un martyr. J’étais pas le malade dont on s’occupait. Celui qui perdait l’usage de son corps et de son esprit. Je faisais partie de ceux qui en savaient plus que les autres. Ceux qui  avaient compris que le Soleil brûlait trop. Ceux qui étaient invincibles, parce qu’ils connaissaient tout de la nature humaine. Ils savaient qu’elle n’existait pas. Ca n’avait aucun sens. Mais j’avais fini par l’accepter. C’était pour ça que j’étais revenu, de toute façon. J’ai relevé les yeux vers elle.


« What the hell is the notebook ? »


Il fallait que je me reconcentre sur mon plan. Parce qu’il n’y avait que ça qui comptait. Se tenir à ce putain de plan, ce putain de code. Finir seul, à où tout avait commencé. Fermer la boucle et rendre au monde ce que j’avais jamais mérité. Tout n’était qu’une question d’équilibre, quand on y réfléchissait.


« I’m old enough and  I’m stage three but… How would you, living in your fairytale world with butterflies and rainbows,  know what it is? Oh, let me guess. »


Oui, il y avait un stade 4. Oui, il y avait des traitements expérimentaux. Mais je refusais de vivre de cette façon. Si le monde avait décidé que je devais mourir, c’était qu’il y avait une raison. Ca ne pouvait pas être autrement. J’avais repris un ton froid et assuré. Je l’ai dévisagée quelques secondes, à la recherche de tous les indices possibles. J’ai remarqué la bague qu’elle portait au doigt. J’ai remarqué son sourire forcé et son expression calculée. J’ai remarqué un peu de sincérité, mais trop de secrets. Le reste ne fut que le fruit de déductions logiques. J’avais toutes les clés en mains pour la faire fuir.


«  You’re british so you’re probably from Hogwarts. You’re 21 years old so my guess is you came here to study magic medicine or science. Judging by your annoying enthusiasm, I’d say magic medicine for kids. Every women end up anyway. You’ve got a ring on your finger which means that you’re either married or engaged. I’d say engaged otherwise you wouldn’t bother trying to get my attention so badly, telling me that I’m handsome, are you that desperate ? Probably doubting the whole I’m getting married thing because he’s a/ a douche b/ a cheater c/ Gay ? No, not gay. Compensating the lack of love coming from your fiancé with trying to fill other people’s lives with a lot of annoyance. The only thing I don’t know about you is your full name and I’m still not asking. »


Une pause.


«  And you’re obviously crazy since your drunk my most exepensive whisky bottoms up. »

 
avatar
Invité
this is the wizzarding world of
Invité
informations



Message Posté Mar 10 Déc - 21:59.



« The floating boat is carrying me, and I can live my story differently. »

Le soucis avec les mensonges, c'est qu'ils finissent par devenir de plus en plus gros. Ils continuent de devenir des monstres que l'on ne peut contrôler. On a peur de tout ce qu'on peut avoir. On a peur d'être effrayés par l'adversité. Par la force du destin qui nous pousse à devenir d'autres personnes. Qui nous pousse à changer ce que l'on a pu devenir. Je cachais tout ce que j'avais derrière un camouflage parfait. Parce que j'avais créé mon propre mensonge. Je l'avais préparé de telle façon que personne ne puisse rien changer à ce qui allait arriver. J'étais prête à tout inventer. J'étais prête à prétendre que les bleus n'étaient que des histoires, des chutes. J'étais prête à changer la vérité pour me créer un présent plus supportable. Et ce qui me gênait, c'était qu'au final, c'était toujours possible de voir à travers ce masque que je portais depuis déjà trop longtemps. Le soucis, c'est que personne n'est assez fort pour voir les fissures. Que personne ne s'intéresse jamais à qui que ce soit d'autre pour découvrir qu'il y a quelque chose de caché. On se perd dans nos mensonges et on crée des divinités pour nous rassurer quand il ne nous reste rien à faire. On se perd dans la crainte et la souffrance quand tout n'est plus qu'un énorme souvenir. Et cette mémoire, ce rappel, il nous montre à quel point les visages qui se trouvent autour de nous ne seront jamais assez familiers. Ne seront jamais assez reconnaissables.  Quand j'y pensais, c'était peut-être pour ça que je continuais à me dire que tout allait bien. Je vivais dans le déni parce que je l'aimais. Parce que j'avais honte quand il me disait que je ne valais rien. Parce que j'avais honte quand il me rappelait que je n'ai jamais mérité quoi que ce soit. Je fermais les yeux quand il frappait, parce que ça m'empêchait de me rappeler des images. Ça m'empêchait d'admettre cette réalité trop dure à accepter. J'avais mal parce que je pensais que j'aurai dû changer les choses. Que j'aurai dû être une personne différente. Une personne qui ne commettait pas autant d'erreurs.

« What the hell is the notebook ? » J'ai pris un air offensé. Comment est-ce qu'il ne pouvait pas connaître le meilleur film de tous les temps ? Peu importe. C'était probablement un inculte de plus. « I’m old enough and I’m stage three but… How would you, living in your fairytale world with butterflies and rainbows, know what it is? Oh, let me guess. » Je continuais à sourire. C'était ça, le secret. Continuer à sourire en écoutant les mots qui nous blesse. Continuer à sourire quand il dresse un portrait imaginaire d'une vie qu'il ne connaissait pas. Sourire quand je voyais qu'il ne touchait qu'à peine la vérité. Sourire quand il me classait déjà dans une catégorie sans savoir ce que j'étais. Sans savoir tout ce que je cachais. Mais j'étais habituée. Parce que c'était ce que l'on faisait. C'était comme ça que la nature humaine avait fini par se transformer en ce que nous étions tous aujourd'hui. « And you’re obviously crazy since your drunk my most exepensive whisky bottoms up. »  Peut-être que ce que l'on devenait était pire que tout le reste. Peut-être que se retrouver perdus dans un monde qui n'était plus compréhensible était tout ce qu'on aurait voulu éviter. C'était ça le soucis. Se retrouver seuls au milieu d'une foule que l'on ne comprend pas totalement. « You don't know the notebook ? It's a movie. It's the best movie in the world. You have to watch it. » J'imaginais quelque chose de différent. J'imaginais une image plus belle. Un futur plus brillant. J'imaginais quelque chose de nouveau, alors qu'au final, je me perdais dans les mêmes habitudes, celles qui continuaient à me détruire. Celles qui me rendaient toujours plus faible. « I hate butterflies and flowers actually, but you know, not that it really matters. » J'étais cette fille qui avait attendu quelque chose sans réellement savoir ce que c'était. J'étais cette fille qui avait trop perdu, mais qui ne parvenait pas à établir les pertes. Il n'y avait pas de fin heureuse. Il n'y avait pas de changement. Seulement la dure réalité qui continuait à frapper sans qu'on ne puisse s'en séparer. « But you know what I think ? That you're a bitter old man. I'm perfectly happy in my personal life, thank you, I was just trying to be nice, and what you think you may know or not know about me is not going to change anything. Because there are plenty of things that you'll never know about me, and I'm not complaining. But you're my neighbour so I don't see why we couldn't become good friends in the future. You need a bit of optimism in your life. » Je me suis resservie, et j'ai bu la moitié du verre rapidement. « And I'm not crazy. I just handle very well alcohol, idiot. »
avatar
Invité
this is the wizzarding world of
Invité
informations



Message Posté Mer 11 Déc - 23:22.


this one's for the torn down, the experts at the fall
come on friends get up now, you're not alone at all




Depuis la naissance, on nous demande de croire. On nous demande de croire que le soleil se lèvera le lendemain matin. On nous demande de croire que le monde a été créé en sept jours. On nous demande de croire que les hommes ont construit Babel pour la regarder s'écrouler sous le poids de leur propre vanité. On nous demande de croire qu'un homme a brûlé en essayant de s'approcher du Soleil et que personne n'a té  capable de recoudre ses ailes. On nous demande de croire que des anges veillent sur nous, qu'ils nous sauveront de la perdition avant qu'on ait eu le temps de plonger dans les abysses. On invente des mythes, des légendes, des histoires, et on y croit, parce que la réalité est trop abrupte pour nous suffire. On a besoin de croire qu'il y a autre chose. Mais les hommes sont des histoires, eux aussi. Ils ont un début et une fin. Certains auraient pu considérer que la mienne s'abrégeait un peu trop rapidement. En vérité, j'avais déjà vu tout ce qu'il y avait à voir. J'avais connu le triomphe, puis la défaite. Les lauriers, puis la croix. J'avais vu les saisons défiler avec le même désir ardent de mourir. Rien n'est éternel. Je n'étais pas l'exception qui confirmait la règle.

Elle aussi, était une histoire. Une histoire que je ne devais pas connaître. Parce qu'elle n'était écrite nulle part dans la mienne. Mon plan ne faisait aucune référence à elle, et il fallait que ça reste comme ça. J'avais pas peur de m'attacher, parce que je savais que je ne le ferai pas. Mais si j'étais venu jusqu'ici, c'était pour limiter les dommages collatéraux. Si j'étais venu jusqu'ici, c'était parce que j'étais sûr que je pourrais faire ça seul, sans personne pour venir perturber mon calendrier. Elle n'était pas à l'ordre du jour. Elle n'était pas censée être là. Pourtant, elle était assise dans le salon. Elle s'éternisait. J'avais pas le temps pour ça.  « You don't know the notebook ? It's a movie. It's the best movie in the world. You have to watch it. » J'ai levé les yeux au ciel en soupirant, parce que c'était plus facile que d'admettre qu'elle m'intéressait. C'était plus facile de prétexter l'indifférence, de prétendre que j'étais assez courageux pour faire face à ma propre mort seul. C'était plus facile de me dire que je préférai le silence. Parce que dans le silence, je risquais rien. Dans le silence, il n'y avait personne pour voir combien cette maladie me tuait, parfois. Il n'y avait personne pour contempler l'agonie de celui qui s'enfermait dans le mouroir.  « I hate butterflies and flowers actually, but you know, not that it really matters. » J'ai baissé les yeux parce que je ne savais pas si j'étais censé m'intéresser à elle ou l'oublier. Je ne savais pas si j'étais censé la rejeter ou l'accepter. Après tout, ce n'était qu'une affaire de mois. Ca ne pouvait pas faire de mal.  « But you know what I think ? That you're a bitter old man. I'm perfectly happy in my personal life, thank you, I was just trying to be nice, and what you think you may know or not know about me is not going to change anything. Because there are plenty of things that you'll never know about me, and I'm not complaining. But you're my neighbour so I don't see why we couldn't become good friends in the future. You need a bit of optimism in your life. » J'avais relevé les yeux vers les siens en essayant de déceler les mensonges dans le tas de conneries qu'elle me servait. J'étais pas dupe. Je savais exactement quand on me mentait, quand on me cachait des choses. Je connaissais tous les mécanismes par cœur. J'en avais probablement inventé certains. Elle voulait que je crois à ses histoires alors qu'elle n'y croyait pas elle même. Elle voulait que j'avale un sourire à moitié servi. Elle s'est servi à boire. J'ai soufflé.  « And I'm not crazy. I just handle very well alcohol, idiot. » Je crois que c'est à peu près à ce moment là que j'ai décidé que je m'en foutais. Si elle voulait rester, elle pouvait, c'était pas mes affaires. J'ai décidé de mener ma vie de mon côté, sans me soucier de ce qui pourrait lui arriver. Si elle voulait boire mon whisky, s'inviter chez moi, me raconter sa vie, grand bien lui fasse. Je ne l'en empêcherai pas. Mais j'irai pas la chercher. J'arrêterai de m'intéresser à sa vie. Je serai ce type qu'elle aura connu pendant quelques mois avant qu'il ne disparaisse. C'était tout ce que je lui donnerai. Je me suis levé. « I don't need anyone. I certainly don't need you.  » Mais j'avais toujours le même besoin de partir d'ici, de fuir tout ce qui pouvait ressembler à des racines. Toujours le même besoin de me retrouver seul, d'essayer de trouver un sens à tout ce qui n'en avait pas. De comprendre ce que je recherchais, au juste. Le même besoin de bouger, parce que l'inertie me rendait fou. J'étais venu ici pour mourir, mais j'avais peur de le faire. J'ai mis mon manteau. « Close the door on your way out.  »

 
avatar
Invité
this is the wizzarding world of
Invité
informations



Message Posté Ven 13 Déc - 23:16.



« You don't want to hurt me, but see how deep the bullet lies. »

On pense que le temps est une entité indéfinie, qui nous console et nous détruit. On se rassure en pensant à toutes les illusions que l'on a pu découvrir, et on se perd dans les méandres de notre propre existence. Le monde nous fait souffrir et on pense que le temps peut changer le fait que les miracles finissent toujours par nous détruire. On attend un destin, une promesse qui n'est qu'une illusion. On attend de devenir des héros sans savoir que le monde n'est pas fait comme cela. Il n'y a personne pour nous sauver. Aucun héros qui ne puisse se trouver exactement là où on l'attend. Et c'est là que l'on réalise la faiblesse de ce monde, l'absurdité qui se dessine dans l'obscurité de tout ce qu'on ne peut comprendre. On imagine des centaines d'éloges. On veut entendre les plus belles choses, on veut vivre dans l'illusion que tout continuera à fonctionner parfaitement. Il n'y a pas de providence, aucun sépulcre d'or et d'argent qui puisse protéger la pauvreté de notre âme. Il n'y a pas de destin qui puisse nous attendre. On voit les choses sans réellement les comprendre. Le temps continue de nous manipuler jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien que des empires de poussière. Il ne reste que des ruines de tout ce que l'on a pu voir auparavant. On est terrifiés parce que rien n'est éternel. On est poussés vers la souffrance parce qu'il n'y a jamais eu de réalité pure. Il n'y a jamais rien eu à part le souvenir de tout ce qui resterait impossible. L'espoir était un luxe que l'on ne pouvait plus se permettre. On avait mal sans réaliser pourquoi. On étaient terrifiés de voir ce qui pouvait nous détruire. J'ai toujours attendu quelque chose sans réaliser ce que ça pouvait être. Je pensais que je pouvais cacher ce qui n'allait pas, comme si ce n'était déjà qu'un simple souvenir. Je recevais les coups sans pouvoir les ressentir. Je souffrais sans comprendre comment est-ce que ça pouvait s'améliorer. Le sang continuait à couler. Comme une blessure qui ne s'arrête jamais de saigner. Et le temps ne guéri jamais ces blessures. Il ne les fait pas disparaître. Il ne fait que nous rappeler tout ce que l'on doit encore subir, et il ne fait que nous montrer tout ce que l'on doit encore attendre.

J'ai vu des dizaines de personnes partir et me laisser. Parce que c'était de cette façon que l'être humain fonctionnait. Il abandonnait ses semblables. Il les laissait disparaître alors que c'était bien trop important. Alors que c'était capital. Alors qu'il fallait survivre et oublier le reste. On donne tellement d'espoir dans ces héros fictifs qu'on finit par réaliser le côté dérisoire de la chose. La douleur. La peine de tous les coups qu'on a pu recevoir. Même quand on fermait les yeux pour éviter de voir l'expression du visage qu'il pouvait avoir. C'était peut-être ça, le pire. Toujours essayer de le défendre quand il ne restait plus rien de ce qu'on aurait voulu posséder. Et je le cachais parce que personne ne méritait de savoir ça. Parce que le savoir supposait l'idée d'agir. Parce que le savoir signifiait qu'il fallait se battre. Malheureusement, j'avais déjà réalisé que la plupart des batailles étaient perdues d'avance. Et qu'on ne peut pas toujours gagner, même quand on l'espère sincèrement. Même quand on prie pour la victoire. Même quand on se dit qu'il n'y aura jamais d'autre solution que celle-ci.

Je voyais ce qu'il cachait sans pouvoir dire quoi. Je me disais que d'un côté, j'aurai pu finir comme lui. Seule, et consumée par la rage et la violence. Effrayée de chaque geste. J'aurai pu être dans la pire des situations. Mais au lieu de ça, je sursautais juste, sans que personne ne puisse le remarquer, lorsque quelqu'un élevait la voix. Ou claquait la porte. « I don't need anyone. I certainly don't need you. » J'ai levé les yeux au ciel, parce que d'un côté, c'était ce que je faisais. Je continuais à essayer même quand tout semblait perdu. Parce que ça en valait la peine. Parce que personne ne méritait de mourir tout seul. Et parce que parfois, il fallait tout simplement trouver quelqu'un d'assez fort pour nous remonter à la surface. « Close the door on your way out. » Il a pris son manteau, et il est sorti. Alors au bout de quelques secondes, je l'ai suivi. J'ai marché derrière lui jusqu'à tomber sur les marches de l'entrée. J'ai regardé mes genoux écorchés, et je me suis mise assise sur le bord, pour éviter de me relever. Sauf qu'il ne saurait jamais pourquoi. « Have you tricked your house into hating me ? » J'ai vu qu'il était encore sur le point de partir, alors j'ai repris. « What's bothering you so much with the idea of having friends ? »
Contenu sponsorisé
this is the wizzarding world of
informations



Message Posté .

arthur&lexie ♦ l'écume des jours (flashback & pm)

T H E . H A I R . O F . A . U N I C O R N  :: rps

Réponse rapide

pour répondre plus vite que le vent, t'as vu !

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Sauter vers: