VULNERA SAMENTO FERME SES PORTES ▲
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Apprendre à mieux se connaître, apprendre à s'amuser [PM][Fête]
ϟ you belong to the world, and when it screams your name back, don't pretend you don't hear it.
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Message Posté Jeu 8 Nov - 19:41.



i wanna live like music, rolling down the streets.
hey looking at you i wanna take you to the back of the room..

★ noms des participants: Jeanne Brosac & Eltan J. Symens
★ statut du sujet: Privé
★ date: Le jour avant l'ouverture des JO (la nuit des mondes sorciers)
★ heure: Environ 22 heures.
★ météo: Une belle nuit étoilée.
★ saison: Saison 2.
★ numéro et titre de l'intrigue globale en cours: 2x02 - Effondrement.
★ numéro et titre de l'intrigue en cours: 2x02 - Un nouveau directeur.
★ intervention de dominus: Non merci.
★ récompenses: Non.








Dernière édition par Jeanne Brosac le Jeu 8 Nov - 20:33, édité 1 fois
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Message Posté Jeu 8 Nov - 19:55.
J'entrai dans la boîte de nuit. C'était la première fois. Pas la première fois que je venais dans cette boîte de nuit précisément, non. La première fois que je venais dans une boîte de nuit tout court. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que je ne me sentais pas à ma place. Je restai près de la porte, à contempler la foule qui se pressait près du bar et sur la piste de danse. Je regardais attentivement leur comportement : peut-être saurais-je ainsi quoi faire pour ne pas avoir l'air de débarquer d'une autre planète. Pour ne pas qu'on devine au premier coup d'œil que, oui, c'était la première fois que je venais dans un endroit pareil. Je n'avais pas envie de passer pour l'intrus de la soirée. Je jetai encore un coup d'œil aux personnes présentes. Bon. Au niveau de la tenue, j'avais l'air d'être dans le ton. Ou  au moins, de ne pas faire trop tâche, et c'était déjà ça. Il faut dire qu'il était facile de disparaître dans la masse, de se faire oublier, tant certaines filles, toutes splendides, attiraient bien plus l'attention que moi. Mais j'étais plutôt contente de ma robe bleue marine et du long collier que je portais avec. J'aurais bien vérifié dans un miroir que tout était bien en place, que mon chignon tenait toujours dans un équilibré (je l'espérais) coiffé-décoiffé, et que mon léger maquillage n'avait pas coulé mais... les toilettes se trouvaient de l'autre côté de la salle, et je ne me sentais vraiment pas de traverser la pièce. Pas encore. Le bain de foule, ce serait pour plus tard. Et puis, soyons honnêtes, je savais très bien que si je commençais, je ne sortirais jamais. Ce ne serait jamais assez parfait pour moi, et pourtant, je m'acharnerais à coup sûr à faire mieux. Je me connaissais.

Je serais bien restée près de l'entrée (et de la sortie, par la même occasion) plus longtemps, mais je commençais apparemment à créer un embouteillage. Je m'aventurai donc un peu plus à l'intérieur, indécise quant à l'endroit où je devais aller. Vers le bar ? Non, je ne saurais même pas quoi commander à boire... et il n'y avait rien de mieux que de demander « Euh... vous servez quoi ? » pour passer pour une « bleue »... autant avoir écrit sur le front « Salut, soit sympa, c'est la première fois que je viens ». Non, vraiment, je préférais attendre Eltan pour me diriger de ce côté là. Danser toute seule ne me tentai guère non plus. Je n'étais déjà pas du genre à danser en public alors... Je serais bien allée discuter avec quelques connaissances (de Beauxbâtons, ou même des personnes rencontrées lors de la bataille des gradins), mais elles avaient toutes l'air occupées. Agréablement occupées, d'ailleurs, et je ne voulais pas les déranger. Tout le monde semblait savoir comment agir en boîte de nuit, tout le monde semblait à l'aise. Moi, au contraire, cela devait se voir à trois kilomètres que j'aurais souhaité être ailleurs.

Cependant, cela aurait été dommage de partir maintenant, je m'en rendais bien compte. J'avais déjà franchi un grand pas en osant venir et pénétrer à l'intérieur de ce lieu inconnu et terrifiant. J'avais passé beaucoup de temps à me préparer, et même à ne pas me préparer. Le souvenir des heures passées devant ma garde-robe à trouver une tenue adéquate en témoignait. De toute façon, j'avais beau y penser, je ne pouvais pas revenir en arrière. Je devais retrouver Eltan ici, et je ne pouvais décidément pas lui poser un lapin, quand bien même l'idée de retourner à la bibliothèque était alléchante. Eltan. Je souris à la pensée des lettres que nous nous étions échangées. J'avais vraiment hâte de le voir... même si passer cette soirée avec lui m'angoissait terriblement. Tout d'abord, j'avais peur qu'on ne se trouve pas. Cela pouvait paraître ridicule, mais il y avait tant de monde que c'était tout à fait possible. Et puis, il pouvait très bien me chercher, et tomber par hasard sous le charme d'une magnifique et grande brune, du nom de Veronika : une russe athlétique venue pour représenter son pays aux JO. Il pouvait tout aussi bien me trouver, et faire demi-tour en me voyant, me trouvant décidément trop affreuse. C'était peut-être ce qu'il avait déjà fait d'ailleurs. Peut-être qu'en ce moment même, il me regardait en compagnie de Veronika, tout en sirotant une vodka pur feu (ou une autre boisson que les russes affectionnaient tant et qui ne manquerait pas de plaire à Eltan), et il se moquait de moi, la pauvre fille qui l'attendait encore. Pire encore, il pourrait venir, parler avec moi, et s'ennuyer à mourir. Ça, ce serait affreux. Que je l'ennuie. Que je ne l'intéresse pas du tout. Qu'il me trouve sympa, mais de loin. Par lettres interposées. Qu'il se dise qu'heureusement qu'il est venu pendant les JO, parce que sinon, il aurait fait tout le voyage pour rien. Qu'il pense « Tout ça pour ça ». Je me consolai toutefois en me disant que, si vraiment c'était le cas, il pourrait toujours se consoler dans les bras de Veronika. Il n'aurait pas tout à fait perdu son temps, comme ça...
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Dernière édition par Jeanne Brosac le Dim 12 Jan - 15:27, édité 1 fois
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Message Posté Jeu 6 Déc - 22:01.
Les Jeux Olympiques ne m’intéressaient pas vraiment, pour tout dire. Si j’étais venu, c’était uniquement parce que l’occasion était trop belle pour rendre visite à Jeanne. Nous cherchions une date, et celle-ci était toute trouvée. Alors je n’étais pas arrivé de suite. Elle était mon binôme pour les JO mais nous aurions tout le temps pour qu’elle me fasse visiter les lieux le lendemain. Qui plus est, je n’avais pas besoin qu’elle me guide jusqu’à la boîte de nuit où nous nous étions donné rendez-vous, comme la plupart des personnes présentes pour l’événement. Je savais donc où aller. Et puis, je devinais aisément qu’elle n’avait pas besoin de m’avoir dans les pattes pendant qu’elle se préparerait pour la soirée. J’avais donc décidé de ne transplaner que le soir, pour aller la rejoindre. Ça me laissait également le temps de m’apprêter convenablement. Ce n’était pas un rendez-vous galant, non, mais je tenais tout de même à être présentable. Autant pour la célébration que pour Jeanne.

Je pris donc le temps de prendre un bon bain avant de m’occuper de ma tronche et de revêtir… un costard. Oui, je n’allais pas me pointer en jean et en t-shirt délavé à la soirée. Mais je devais tout de même admettre que je mettais rarement des costards entiers. J’avais même sortis la cravate, c’était vous dire ! Finalement prêt, je sortis à la volée de mon appartement, fermai la porte et allai m’engouffrer dans l’air frais de la soirée déjà avancée sur le chemin de traverse pour transplaner. A Beauxbâtons, je n’eus pas besoin de très longtemps pour trouver la direction à prendre afin de rejoindre le Houdini. Mais bizarrement, en marchant, je me sentis ralentir. Et je mis quelques longues minutes avant de comprendre pourquoi, malgré moi, je n’accélérais pas le pas. Jeanne. Je savais pertinemment, et d’ailleurs je rabâchais, que ce n’était pas un rendez-vous à proprement parler. C’était avant tout une amie. Une amie que j’adorais taquiner, et qui était relativement plus jeune que moi. Simplement je savais très bien que dernièrement, quelque chose me disait que c’était plus que ça. Mais voilà le paradoxe, je n’étais encore il n’y a pas si longtemps en plein bourrage de gueule avec Nosten à cause de qui ? Beth voyons.

Pour faire court, c’était le dawa, autant dans ma tête que dans mon cœur. J’en étais à un stade qui me disait que ma vie était fichue, que le départ de Beth avait signé la mort de ce muscle censé provoquer ce qu’on appelait l’amour. Alors que d’un autre côté, il y avait ce petit espoir, ce petit air de renouveau, cette envie d’aller de l’avant. Ce petit bout de femme française. Cette Jeanne que tout mon être me disait de laisser tranquille autant qu’il me disait de laisser cet air nouveau parler. Voilà pourquoi je ralentissais à mesure que j’approchais du Houdini. Si ce n’était pas un rendez-vous, j’avais l’impression qu’en y entrant, je tirais un trait définitif sur Beth et notre vécu, ce que nous aurions pu faire ensemble. Et la dernière chose que je souhaitais était que Jeanne me récupère pour la soirée en pots cassés. Je ne savais même plus si j’étais en retard ou en avance, je n’avais plus la notion de grand-chose. Juste que je m’apprêtais à dire au revoir à Beth.

Oui, parce qu’il le fallait bien. Simplement, c’était plus difficile que ça n’en avait l’air. Arrivé devant la file de gens attendant d’entrer dans l’établissement, je n’étais toujours pas décidé. Mais je ne pouvais décemment pas poser un lapin à Jeanne. D’autant qu’elle était loin de se douter de ce qu’il se passait dans ma tête, et qu’elle ne devait évidemment pas prendre ça pour un rendez-vous à proprement parler. Je me mis à tourner en rond dans la file, faisant limite les cent pas, les mains dans les poches. Les yeux fixés sur la porte d’entrée, je me mis une gigantesque claque mentale. Evidemment que je devais aller de l’avant ! J’étais totalement stupide de me renfermer sur ce passé, et les hypothèses qui aillaient avec. Alors je finis par franchir le seuil de l’établissement. Il y avait déjà beaucoup de monde, et si Jeanne était déjà là à m’attendre, je la soupçonnais de ne pas trouver sa place. J’étais décidemment un idiot d’avoir pris tant de temps à hésiter de la sorte.

Alors que moi, je n’étais pas réellement perdu. Je ne sortais pas tous les soirs mais par rapport à Jeanne, les boîtes de nuit ne me faisaient pas peur. Déjà que j’avais réussi à lui faire dire oui pour venir ici, il avait fallu que je traîne la patte. Je jetai un regard circulaire sur l’endroit ; l’agitation ne m’aidait pas à y voir clair, et je mis une bonne minute à trouver Jeanne. Dans un coin, rien d’étonnant jusque là. J’esquissai un sourire en la détaillant des yeux. Sa robe lui allait à merveille, et ma poitrine s’emballait à mesure que j’approchai d’elle, alors qu’elle ne m’avait pas encore vu. Elle me tournait même le dos. J’arrivai à sa hauteur et glissai un doigt entre ses côtes pour m’amuser. « On a peur de se mêler à la foule ? » Avec un air malicieux sur le visage, je finis par déposer un baiser sur sa joue, histoire de me rattraper. Entre les chatouilles de bon copain et l’attention censée être plus personnelle, je cafouillais royalement. Je ne savais pas quel message lui faire passer et ça se voyait totalement. Du moins, je me sentais complètement bête. Ça commençait bien.
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Message Posté Dim 13 Jan - 22:37.
Je regardais les autres s'amuser. Danser, bouger dans tous les sens, parfois avec talent, parfois sans... mais ils osaient, ils s'éclataient, se déchaînaient, chantaient à tue-tête, même. Comme s'ils étaient chez eux, entre amis. Comme s'ils ne se conduisaient pas ainsi en public. Comme si personne ne pouvait les voir. Les juger. Je me demandais si j'étais capable de faire ça, moi aussi. D'oublier le regard des autres et d'être moi-même. Juste une fois. Peut-être que l'alcool m'y aiderait... ou peut-être pas. De toute manière, je préférais arriver à dépasser mes peurs seule, et j'étais encore en train de me demander comment y parvenir quand une chatouille entre les côtes me fit sursauter, et fit aussi bondir mon cœur. Je n'eus pas le temps de me retourner pour voir qui c'était : sa voix, que je reconnus immédiatement,  atteignait déjà mes oreilles. A vrai dire, je n'aurais pas eu besoin de le voir, ni de l'entendre parler, pour savoir que c'était lui. Qui d'autre viendrait me chatouiller en pleine boîte de nuit ? C'était son jeu, sa façon de me dire bonjour, en quelque sorte, et ce depuis des années. Et depuis des années, aussi, il arborait les mêmes yeux rieurs, le même air taquin. Je lui souris, sincèrement ravie qu'il soit là... même si je tentais de me persuader que j'étais simplement contente de le voir que parce qu'il venait me tenir compagnie dans cet enfer.

Lorsqu'il se baissa pour m'embrasser sur la joue, mon cœur fit un nouveau bond, plus violent cette fois... et, ce coup-ci, je ne pouvais pas dire que c'était de surprise... « Je n'ai pas peur, je t'attendais. Je n'allais pas commencer à me dévergonder sans toi quand même. » Je lui souris, sachant très bien qu'il connaissait ma timidité, et qu'il savait avoir deviné juste. « Et puis, tu t'attendais vraiment à  me voir danser sur la piste, ou même sur le comptoir, comme cette fille de Beauxbâtons, là, quand tu arriverais ? » Cette image, au début, me fit beaucoup rire, puis, attendant sa réponse, j'imaginai soudain qu'elle pourrait très bien être « Oui »... ce qui, pour le coup, m'aurait beaucoup moins fait rire, il fallait bien l'avouer. L'angoisse me prit soudain à la gorge, m'étouffant. J'aspirais une grande bouffée d'air frais en continuant de sourire. Heureusement que je ne pouvais pas me voir, parce que cela ne devait pas être très beau à regarder. D'ailleurs, peut-être qu'il faisait assez sombre pour qu'Eltan n'ait rien remarqué. J'étais si stressée que je perçus à peine sa réponse, ne reprenant mes esprits que lorsqu'il annonça qu'il allait nous chercher à boire. Je lui aurais bien demandé quelque chose de pas trop fort, mais il était déjà parti. Et, à la réflexion, cela n'aurait sans doute fait que le conforter dans l'idée que j'étais une gamine. Finalement, heureusement que j'avais mis du temps à percuter, même s'il me prenait sans doute désormais pour une abrutie finie. Décidément, il fallait à tout prix que je me réveille, que je fasse quelque chose pour sortir de la léthargie dans laquelle m'avait plongée l'angoisse.

J'observais Eltan passer commande. Son costume lui allait bien... la cravate aussi d'ailleurs, même si cela me faisait bizarre de le voir apprêté ainsi, car ce n'était pas dans ses habitudes. J'étais même étonnée, qu'il se soit ainsi pris au jeu... et aussi heureuse, oui, parce l'idée que j'y étais peut-être pour quelque chose m'avait effleurée. Mais peut-être que ce n'était pas le cas. Peut-être qu'il s'habillait ainsi à chaque fois qu'il sortait en boîte de nuit. C'était peut-être sa tenue attitrée pour ce genre de soirée, celle qu'il remettait à chaque fois. De toute façon, qu'est-ce que cela pouvait bien changer ? Nous n'étions là qu'en tant qu'amis, non ? Alors pas la peine de me tracasser pour ça. Nous allions passer un bon moment, entre amis ; nous amuser, entre amis ; et boire un verre, entre amis. C'était tout ce dont je devais me préoccuper... ou du moins c'est ce que je tentais de me rentrer dans la tête. Je relevai la tête tandis qu'Eltan revenait vers moi, les mains pleines. Il me tendit un vers, en me disant de quoi il s'agissait. Il attendait sans doute que je lui dise qu'il avait bien choisi, que, ça tombait bien, j'adorais ça, ou même que c'était ma boisson alcoolisée préférée. Mais j'eus beau fouiller dans ma mémoire, ce nom ne me disait absolument rien. Plutôt que de le lui avouer, j'optai pour la solution la plus facile, quoiqu'un peu risquée, même si sur le coup elle me parut tout à fait sensée : je portai le verre à mes lèvres, et, tout en continuant de regarder Eltan, tentai d'avaler le contenu de mon verre « cul sec ». … Je faillis tout recracher, et m'en sortis finalement avec une grimace digne d'un record. Magnifique Jeanne, il n'y a pas plus glamour qu'une grimace bien réussi ! J'avais voulu faire la maligne, faire la grande : je m'était ratée... et en beauté ! J'observais Eltan, guettant sa réaction... et m'attendant déjà à ce qu'il rit, car il y avait de quoi. J'étais moi même partagée entre la honte et le rire. « Non, c'est pas ce que tu crois, c'est pas la première fois que je bois de... de... ce que tu m'as apportée. » Bien sûr. C'était juste impossible à croire. « En fait, si. C'est même la première fois que je bois de l'alcool. » Non, c'est vrai ? C'était pas vraiment la surprise du siècle à vrai dire, et je m'en rendais bien compte. « N'empêche, je suis curieuse... c'était quoi ce que tu m'as donnée ? Faut que je me cultive un peu là, ça devient urgent, tu l'as bien vue » Super, j'avais exactement trouvé ce qu'il fallait dire pour paraître encore plus ignare. Et j'avais l'impression que ça ne faisait que commencer…


Dernière édition par Jeanne Brosac le Dim 12 Jan - 15:17, édité 2 fois
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Message Posté Jeu 31 Jan - 18:22.
« Je n'ai pas peur, je t'attendais. Je n'allais pas commencer à me dévergonder sans toi quand même. » J’allais rétorquer un « tu parles » avant de me rétracter. En fait, j’étais encore sous le contrecoup du baiser que je lui avais donné. Je me faisais l’effet d’un gamin intimidé par la première fille qu’il voulait draguer ! Et bien sûr, je tentai de chasser ces pensées étant donné que je n’avais aucune idée de ce que pouvait bien avoir Jeanne dans la tête. Autant ne pas être déçu pour rien. Et puis, je n’étais basiquement pas venu pour me torturer l’esprit. Je devais passer une bonne soirée, en compagnie d’une amie. « Et puis, tu t'attendais vraiment à  me voir danser sur la piste, ou même sur le comptoir, comme cette fille de Beauxbâtons, là, quand tu arriverais ? » Si elle se mit à rire, je la soupçonnai de se donner cette image de fille décontractée qui n’était pas vraiment sienne. Je la connaissais bien et je devinai qu’elle était un minimum stressée par l’endroit où elle se trouvait. Elle ne devait même pas réellement savoir comment se comporter. Alors non, je ne m’attendais pas à la voir danser, et la fille qu’elle désigna, je détournai à peine les yeux pour l’apercevoir. Lorsqu’elle s’arrêta de rire, je fronçai les sourcils ; s’attendait-elle à ce que lui réponde oui ? Que ce genre de fille m’intéressait plus qu’elle ? D’ailleurs, pourquoi ces questionnements ? Elle n’était pas ici dans un but romantique, il fallait réellement que j’arrête de me monter la tête.

Finalement, je lançai un faible « Non, rassure-toi. » si bas que j’imaginai qu’elle n’eut rien entendu. Avec le bruit et l’obscurité, il était assez difficile de nous comprendre réellement, ou du moins assimiler l’état de l’autre. Il nous fallait être assez proches pour entendre parfaitement ce que nous disions. Mais fort heureusement, le coin où nous nous trouvions n’était pas assailli par une musique trop forte. Je m’éloignai après lui avoir dit que j’allais nous chercher à boire. Si je voulais me détendre, il fallait bien ça. Et je voulais par la même occasion que Jeanne se sente un peu mieux. Je la devinai réellement mal à l’aise et ce n’était pas la meilleure des choses de la voir ainsi. Oh bien sûr, je n’allais pas charger ça en alcool fort, juste de quoi la faire un peu déstresser. Si elle n’avait pas l’habitude de boire – ce que je soupçonnais – elle n’allait pas bien réagir à un alcool fort, et ça n’était pas mon but. Posé au comptoir, je passai commande pour deux verres de sangria. C’était fruité, alcoolisé mais pas trop. Je supposai que ça pouvait être tout à fait convenable. Je récupérai les boissons et revins vers Jeanne, après quoi je lui tendis un verre. Elle ne réagit pas à l’annonce de son contenu et sembla hésiter avant de faire cul sec. Cul sec ? Sérieusement ? Bon, ça n’était pas très fort mais pour quelqu’un de non habitué à l’alcool, ce n’était pas ce qu’il y avait de mieux. Au final, elle avala le tout, et ponctua ça par une grimace. Je la dévisageai, incertain de comment interpréter son comportement. « Non, c'est pas ce que tu crois, c'est pas la première fois que je bois de... de... ce que tu m'as apportée. » Je souris en coin ; elle avait déjà oublié le nom de la boisson, et tentait de passer pour une non débutante. Dans mes souvenirs, je ne l’avais jamais vue réellement boire, elle n’allait donc pas me faire croire le contraire maintenant. « En fait, si. C'est même la première fois que je bois de l'alcool. » Je lâchai un petit rire cette fois ; oui, ça crevait les yeux. Et je trouvais ça relativement adorable. Comme si ça m’aidait… « N'empêche, je suis curieuse... c'était quoi ce que tu m'as donnée ? Faut que je me cultive un peu là, ça devient urgent, tu l'as bien vue » Je levai les mains en signe d’innocence, je n’avais rien dit pour la contrarier et je ne me serais de toute façon pas permis de lui faire la moindre remarque sur le fait qu’elle s’y prenait mal. « De la sangria ma grande, tu ferais bien de le noter, je ne te ferais rien boire de plus fort. » Avec un sourire en coin, j’avalai mon verre cul sec histoire de ne pas la laisser de côté avec sa folle décision.

Au moins, nous étions à égalité. Je m’emparai de son contenant et le posai avec le mien sur une table non loin. Je jetai un coup d’œil alentour. La piste de danse était un peu trop remplie à mon goût, et si j’eus dans l’idée de faire bouger Jeanne sans la mettre mal à l’aise, il fallait que cela se fasse ici puisque nous étions un peu isolés. Et puis, bon nombre de présents dansaient également dans leur coin, nous pouvions donc nous le permettre. Je me décidai donc, et enlevai ma cravate, suivie de ma veste, que je laissai sur un fauteuil non occupé derrière moi. Après quoi je défis les deux premiers boutons de ma chemise. Ce serait tout de même plus confortable. Reprenant place en face de Jeanne, je me baissai légèrement, tendant ma main, pour l’inviter à danser. « Me feriez-vous ce plaisir, demoiselle ? » Le tout agrémenté d’un sourire, elle ne pouvait pas dire non. Et même si elle se forçait, elle se décoincerait bien un peu au fil des chansons. Dans le pire des cas, elle se sentirait trop mal à l’aise et me le dirait…
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Message Posté Ven 8 Fév - 20:37.

Eltan souriait, de ce sourire en coin que je lui avais si souvent vu, et qui lui allait si bien... Il s'était même mis à ricaner franchement, ce que je pouvais comprendre. Heureusement, son rire paraissait moins moqueur que bienveillant, et il ne semblait pas me trouver totalement ridicule. Finalement, je n'étais pas mécontente de le faire rire ainsi : au moins, il se souviendrait de cette soirée. Peut-être simplement comme étant la soirée où j'avais failli lui cracher tout mon verre sur les pieds. Mais qu'il s'en souvienne me suffisait... bien que je m'empressai de reléguer cette agréable pensée au fin fond de mon esprit, préférant me concentrer sur ce qu'il me disait. « De la sangria ma grande, tu ferais bien de le noter, je ne te ferais rien boire de plus fort. » Sangria. San. Gria. Sans gris ah. Je pris soin de graver ce nom dans ma mémoire : pas question de refaire deux fois la même erreur. Puis, tandis qu'il buvait lui aussi son verre, je fis mine de fouiller dans des poches que je n'avais pas. « C'est dommage, je n'ai pas de quoi prendre des notes. Mais promis, en rentrant, la première chose que je ferais, ce sera noter tout ce que je viens d'apprendre. Tu pourras même me faire une interrogation surprise, je serai au point ! » Même si c'était censé être une blague, c'était plus ou moins ce que je comptais faire lorsque je serai de retour dans ma chambre à Beauxbâtons, et j'étais quasiment certaine qu'Eltan s'en doutait. Et je savais aussi qu'il était tout à fait capable de me prendre au mot et de me demander, demain, comment s'appelait la boisson que je venais de boire.

Mais pour l'heure, il posait nos verres sur une table non loin de là. Ce qui n'était pas plus mal, parce que j'aurais été bien incapable de dire ce que j'étais censée en faire. En effet, même en voulant prendre exemple sur les autres personnes présentes, je n'aurais jamais deviné la conduite qu'il fallait adopter. Entre ceux qui dansaient le verre à la main (ou la bouteille à la main, à dire vrai), ceux qui le reposaient au bar, et ceux qui agissaient comme Eltan, je n'aurais jamais su seule comment il fallait agir. Je fus cependant distraite de toutes les possibilités effrayantes qui auraient pu s'offrir à moi lorsque je vis Eltan retirer sa veste, puis sa cravate. Mais qu'est-ce qu'il faisait ? Quand je vis qu'il commençait à déboutonner sa chemise, je détournai la tête, soudain gênée. Je ne savais pas vraiment pourquoi je réagissais ainsi, mais je sentis mes joues rosir. Je n'osais même plus le regarder, de peur qu'il me voit l'observer et pense que j'aimais le regarder se dévêtir ainsi. A cette pensée, je rougis de plus belle, tout en continuant à l'éviter du regard. Le sol me semblait tout d'un coup particulièrement intéressant, et je le contemplai un long moment avant de risquer un nouveau coup d'œil vers Eltan. Heureusement, il avait finit son étrange manège. D'ailleurs, il s'était contenté de défaire deux boutons, alors que j'avais presque craint le pire. Ce que je m'empressai d'ailleurs de lui faire remarquer : «  Ah quand même, j'ai cru que tu n'arrêterais jamais de te déshabiller ! » Je lui souris, même si je craignais de comprendre pourquoi il avait voulu se mettre plus à l'aise.

Lorsqu'il s'avança vers moi, l'angoisse commença à monter. Je pouvais deviner ce qu'il allait me proposer. Et je savais que ça n'allait pas vraiment me plaire. Je le vis se baisser légèrement en avant, et tendre la main. C'était vraiment adorable, et je souris malgré moi. Malgré ses lèvres que je virent bouger. Malgré les mots tant redoutés que je fus bien obligée d'entendre. « Me feriez-vous ce plaisir, demoiselle ? » Encore une fois, la formule me fit sourire. Si seulement il ne m'avait pas demandé de danser avec lui, ce serait vraiment parfait. Mais si, c'était bien ce que signifiaient ces pourtant si douces paroles. Et je ne pouvais décemment pas refuser. D'autant plus, qu'au fond, cela ne me paraissait pas si déplaisant que ça. Mais je craignais tout simplement de me rendre ridicule, encore une fois. Pas parce que je ne savais pas du tout danser. Non, je pouvais me mouvoir à peu près correctement... mais je préférais de loin suivre une chorégraphie particulière, ou bien danser la valse ou quoique ce soit d'autre. Au moins, là, j'étais sûre de faire les bons mouvements. Pas forcément exécutés à la perfection, mais dans ces cas-là j'étais certaine de ne pas faire un hors-sujet impardonnable. Alors qu'à cet instant, tandis que je prenais la main d'Eltan, j'avais la terrifiante impression de me lancer dans le vide, d'être en chute libre. Je me faisais l'effet d'être un parachutiste regardant anxieusement les nuages parmi lesquels il allait devoir plonger. Seulement, moi, c'était les autres étudiants que je dévorais du regard, tentant de comprendre comment ils faisaient pour danser sans règles et sans limites. Seulement, moi, je n'avais aucune idée de ce qui m'attendait. Seulement, moi, je n'avais pas de parachute, et j'étais persuadée que je n'allais pas tarder à m'écraser sur le sol. D'ailleurs, je n'avais sans doute plus qu'à espérer tomber, là, tout de suite, maintenant. Si je me tordais la cheville, Eltan allait sans doute renoncer à son idée saugrenue, danser... non ?

Malgré toutes mes prières, je ne fus pas prise d'une douleur foudroyante, je ne me pliai pas en deux et ne fus pas soudain assaillie par d'étranges convulsions. Rien ne se passa, et je fus obligée de me lancer. Enfin, pas avant une dernière tentative, pour le moins désespérée. « Tu es vraiment sûr que tu veux faire ça ? Parce qu'après, il n'y aura plus de retour en arrière possible. Tu ne sais vraiment pas ce qui t'attends. » Mais je savais bien que cela ne me mènerait à rien. Et puis il était trop tard de toute façon, en acceptant sa main, j'avais déjà dit oui.

Alors je fis mes adieux au monde, silencieusement, me préparant véritablement au pire, et je commençai à danser.



Dernière édition par Jeanne Brosac le Dim 12 Jan - 15:20, édité 1 fois
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Message Posté Jeu 11 Avr - 17:08.
Je n’avais pas pu m’empêcher de voir son regard gêné, sa tête se détourner. Je n’en avais rien laissé paraître, j’avais même voulu penser à autre chose. Les vannes, ça allait un moment. Tout ce que j’allais réussir à faire était la mettre encore plus mal à l’aise et faire en sorte qu’elle n’apprécie pas la soirée. Ce qui était loin d’être mon intention. Mais il y avait aussi le fait de ne pas me faire de fausses idées. Après tout, elle s’était certainement détournée parce qu’elle n’avait pas l’habitude qu’on se « déshabille » devant ses yeux. Bon, je ne disais pas par-là qu’elle était tellement innocente qu’elle pouvait en être choquée, elle avait tout de même plus de dix-sept ans, mais je doutais qu’elle en fut très accommodée. Je ne la connaissais pas intimement, mais certaines choses pouvaient être plus ou moins évidentes. Ce qui me conforta dans mon idée que mes pensées étaient complètement déplacées. En plus de ceci, j’étais bon pour me faire de faux espoirs, ce qui ne m’était pas recommandé. Elle pouvait très bien se sentir gêné pour une toute autre raison, ou même tout simplement ne pas vouloir regarder. Dans un cas comme dans l’autre, je n’avais pas envie d’y penser ou ça allait me ronger toute la soirée, même après. Par ailleurs, sa réplique avait été loin de me rassurer. Donc, je n’avais rien dit, et m’étais contenté de lui demander sa main afin de la faire danser.

A mon plus grand soulagement, elle ne répondit pas négativement. Je n’avais pas l’intention de la forcer, de toute façon. Elle posa sa main dans la mienne, mais je sentais bien qu’elle était encore plus nerveuse que le simple fait de se trouver ici. Je savais pertinemment que ça n’était pas son univers, mais elle avait déjà réussi à venir jusqu’ici – et j’étais parvenu à avancer en la rejoignant –, ça n’était pas pour nous arrêter en si bon chemin. Autant s’amuser un peu plus. Si bien sûr, elle parvenait à s’amuser, ce dont je doutais légèrement. Et si j’avais fait une erreur en lui donnant rendez-vous en ce lieu ? Si au contraire ça la bloquait encore plus ? Non pas qu’il y eut quelque chose à réellement débloquer, mais je me comprenais… « Tu es vraiment sûr que tu veux faire ça ? Parce qu'après, il n'y aura plus de retour en arrière possible. Tu ne sais vraiment pas ce qui t'attends. » Je souris, touché par sa nervosité. Si elle n’était pas dans son élément, elle n’hésitait cependant pas à le montrer en s’adonnant à l’autodérision. C’était assez drôle, en fait. Je finis par secouer la tête, m’empêchant de rire. « Oui, je suis sûr. Tu ne peux tout de même pas avoir deux pieds gauches. » Une blague, évidemment. Je la sentais même capable de me répliquer que si, et que c’était horrible. Tout ce qu’il fallait faire pour lui éviter de danser. Mais j’avais surtout glissé là un compliment. Je la savais incapable de ne pas être gracieuse. Elle était tout sauf gourde, sauf évidemment comme dans le cas précédent où elle était tellement mal à l’aise qu’elle déblatérait des âneries et surtout faisait des choses qu’elle ne connaissait pas et qui du coup arrivaient de travers. Mais était-ce réellement important ? C’était une amie, je ne pouvais pas me moquer. Du moins, pas sérieusement, pas méchamment.

Saisissant donc sa main, je l’amenai doucement à moi. Je fis lentement se rapprocher Jeanne et commençai à bouger les hanches. Rien de bien extravagant, simplement histoire d’avoir un certain rythme et de suivre le tempo de la musique. Autant commencer doucement. Je voyais son  regard fuir, peut-être analysait-elle les danses des personnes présentes dans la boite de nuit. Il n’y avait pas de pas à suivre mais elle avait un peu de mal à se mettre dans le bain, je pouvais le voir. Après un moment d’hésitation, je décidai de me placer derrière elle, me collant un peu à son dos sans pour autant être trop prêt. Non seulement ça m’embrouillait l’esprit mais je n’avais aucun droit de l’envahir ainsi. Sans qu’elle ne puisse me voir, je pinçai les lèvres en me décidant à poser une main sur sa hanche. Non, je ne profitais pas d’elle, je l’incitais juste à bouger, et lui montrais comment faire, comment se mettre à l’aise. Bon, mon geste n’aidait sûrement pas en ce sens mais soit. Me retenant de soupirer, je tentai de me justifier. « Voilà, bouge comme ça… c’est pas si compliqué, tu vois. » Ce n’était pas un reproche, je lui faisais ressentir la musique afin de la faire passer dans son corps, si l’on pouvait dire. Ma main toujours sur sa hanche, je lui faisais suivre le mouvement par rapport au son diffusé. Autant vous dire que ça n’avait rien d’exceptionnel et qu’il s’agissait juste de les monter et descendre – plus ou moins – chacune à leur tour, avec un certain mouvement de bassin. Rien de provocant non plus, qu’on se rassure. Mais peut-être qu’à suivre mes directives, elle se sentirait plus à l’aise.
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Message Posté Sam 7 Sep - 1:08.

Je souriais, tentant de paraître détendue... ou au moins pas totalement terrifiée. Je souriais, comme si je trouvais sa plaisanterie sur mes deux pieds gauches drôle. Alors que je me demandais soudain, inquiète, s'il n'y avait pas une part de vérité. Je souriais, pas seulement pour convaincre les autres – et en particulier Eltan – que j'étais à l'aise, mais surtout pour m'en persuader, moi. Je souriais, oui, mais en gardant les lèvres bien serrées, tâchant de ne  pas ouvrir la bouche, tant j'avais peur de rendre tout mon dernier repas sur les belles chaussures d'Eltan. A coup sûr, cela ne manquerait pas de gâcher la soirée, et il penserait que c'était dû au peu d'alcool que j'avais ingurgité. Alors, oui, je souriais, mais c'était sans doute le pire sourire jamais vu dans cette discothèque. On devait même voir depuis l'autre côté de la salle – malgré la pénombre, les flash lumineux et la foule présente sur la piste – que je n'étais absolument pas dans mon élément.

Tenant toujours ma main dans la sienne, Eltan se rapprocha légèrement de moi et commença à danser. Comme ça. Je ne dis rien, mais j'étais impressionnée. Surprise qu'il se lance aussi facilement, qu'il n'ait pas besoin d'écouter la musique, de regarder attentivement les autres pour pouvoir les suivre, de se concentrer. Il dansait simplement - un balancement des hanches, rien de bien compliqué, à priori – mais naturellement. Librement. Ce que j'étais bien incapable de faire. Je tentai de le suivre, de bouger comme lui et d'oublier que je dansais. Je tentai de paraître ce que je n'étais pas. Spontanée. A vrai dire, je ne trompais personne : agissant comme en pilote automatique, réfléchissant plus que ce qu'il ne le fallait et trop peu à la fois, j'avais l'impression d'être un robot, un pantin en bois, comme si mes muscles raidis m'empêchaient de me mouvoir correctement.

Je devais véritablement paraître pitoyable, puisqu'Eltan se rendit vite compte de ma détresse et vola à ma rescousse. Enfin, si on veut. Il changea soudain de place, se mettant derrière moi. Je voulu lui demander ce qu'il faisait, dire quelque chose enfin pour briser mon silence gêné qui n'arrangeait rien. Mais c'est à cet instant qu'il posa une main sur ma hanche, geste qui d'abord me tétanisa, créa comme une barrière invisible afin que les phrases que j'avais soigneusement préparées ne puisse pas franchir mes lèvres, m'obligea à rester immobile, la bouche ouverte, incapable de dire quoi que ce soit. Je ne passai pas par toutes les couleurs, personne n'observa sur mon visage un étrange dégradé, du blanc au vert en passant par un  peu ragoûtant bleuâtre. Non, ignorant toutes les étapes habituelles, mes joues se teintèrent immédiatement d'un magnifique rouge vif. Difficile alors de faire comme si de rien n'était, comme si je trouvais ce geste tout à fait normal, comme si... comme si cela ne me faisait rien, comme si je n'avais pas soudain du mal à reprendre mon souffle. J'entendis à peine ce qu'il me disait, sentant simplement une certaine impatience, voire même une exaspération dans sa voix. Il devait en avoir assez de moi, de cette pauvre fille qui ne savait pas danser. Je n'osais même pas le regarder, persuadée de trouver sur son visage des yeux levés vers le plafond et un sourire narquois : une simple main sur la hanche, et voilà qu'elle s'émeut ! C'est ce qu'il devait se dire, intérieurement, regrettant déjà son geste.

Je chassai cette image de ma tête, me concentrant de nouveau sur la danse, ou sur ce qui était censé en être une. J'écoutai attentivement les paroles, m'accrochant à elle pour oublier ce contact qui me mettait inexplicablement dans tous mes états, m'y agrippant comme un naufragé à une bouée de sauvetage. Je me répétai, inlassablement, « amis, amis, nous sommes amis, amis, amis, nous sommes amis, amis, amis, ... », pensant que cela allait m'aider. Peut-être qu'ainsi mon cœur arrêterait de s'emballer à la simple pensée de cette main. « amis, amis, nous sommes amis, amis... » La comptine s'arrêta. Est-ce que... est-ce que j'avais dit ce dernier mot à haute voix ? Est-ce que je voulais tant y croire que j'avais fini par le dire tout haut, assez fort pour qu'Eltan l'entende ? A cette idée, je ne pus pas m'empêcher de rire. Pas bien fort, pas très longtemps, et plutôt discrètement, mais suffisamment pour qu'Eltan me croit définitivement folle (et surtout si je n'avais en fait rien dit à haute voix...). Je me justifiai vaguement « Par Merlin, j'ai vraiment du mal ce soir. » Et puis, tout devint plus simple. J'avais ri, je me rendais compte du ridicule complet de la situation... ne pas prendre cette soirée trop au sérieux, trop à cœur, c'était sans doute ce qui me manquait. Depuis le début.

Je ne savais pas combien de temps j'avais dansé sans penser à rien, sans me demander toutes les cinq secondes qui me voyait, qui riait de moi, qui se moquait. Sans tenter de deviner à chaque instant ce que toutes les autres personnes présentes pensaient, comment elles trouvaient ma robe et ma coiffure, si elles aimaient ma façon de danser. Je ne savais pas si j'avais oublié mes inquiétudes quelques secondes seulement ou plusieurs heures. Je ne savais pas si je m'étais amusée avec Eltan le temps d'une chanson ou de plusieurs, je n'avais même pas eu l'impression de changer de rythme, d'entendre de nouvelles paroles. Toutefois, que cet instant paisible ait duré le temps de dire « ouf » ou celui de lire un roman, il devait s'arrêter, et maintenant. Apparemment. Comment cela a-t-il pu arriver ? Aucune idée. Peut-être que j'ai recommencé à penser, à ce moment là, et que ce fut fatal. Peut-être qu'en retrouvant son état normal, en recommençant à se poser mille et une questions, à douter, mon cerveau a-t-il eu un « bug » passager, comme les étranges machines moldus. Oui, c'est sans doute pour cela que mes pieds se sont soudain emmêlés. Je trébuchai donc, me retenant faiblement à Eltan mais tombant tout de même, dans une figure presque irréelle que je ne pensais même pas possible.

Je restai immobile quelques secondes, sur le sol. Sonnée. Je n'avais mal nul part, si ce n'est à mon orgueil. J'avais beau tenter de me raisonner, de me dire qu'il faisait noir, que nous étions à l'écart, qu'il y avait à la fois beaucoup de bruit et beaucoup de personnes très occupées par elles mêmes et leurs amis... j'étais persuadée que tout le monde m'avait vue tomber. Certaine que tous les yeux moqueurs étaient fixés sur moi, les doigts recourbés pointés dans ma direction. Je me relevai, ne regardant même pas Eltan, quand bien même il voulait m'aider. Je me relevai, seule, tentant de sauvegarder une prestance qui n'avait jamais existé. D'une main toujours un peu tremblante, je touchai mes cheveux, vérifiant que mon chignon était encore plus ou moins en place. Comme si je n'avais pas déjà tout gâché, comme si mon seul souci pendant cette soirée était l'état de ma coiffure. « Il fait chaud, non ? Très... très chaud même. Pas étonnant avec tout ce monde. ». Je ris, ou ricanai, ou émis un son rauque qui devait marquer mon soi-disant amusement. « Je crois que... oui, je vais aller prendre l'air, un peu. Pas longtemps. » Faux. Enfin, si, je comptais bien prendre l'air, mais un bon moment. Je commençai à m'éloigner, puis me retournai quelques secondes, le temps d'ajouter : « Je reviens vite. » Encore une fois, faux. J'avais toujours cette manie, quand je mentais, d'en rajouter trois tonnes, de répéter encore et encore, comme pour m'en convaincre moi même. La vérité, c'est que je fuyais. Je fuyais cette soirée dans laquelle je n'aurais jamais dû mettre les pieds, je fuyais ces inconnus qui me dévisageaient et me jugeaient, qui me critiquaient et me détestaient, je le sentais bien.

Et surtout, je fuyais Eltan. Eltan que j'avais invité inconsciemment, Eltan sur qui j'avais presque craché, Eltan que j'avais failli entraîner dans ma chute, Eltan que j'avais humilié en l'accompagnant. La chaleur, la foule, la musique, la lumière, les cris, tout devint deux fois plus insupportable, et j'accélérai le pas, ignorant la douleur qui se réveilla dans ma cheville droite. Fuyant plus vite vers la sortie, vers la délivrance. Lâchement. Lorsque j'arrivai dehors, le froid vif me mordit les joues, les bras, les jambes. Quelques personnes fumaient et parlaient. Je ne voulais pas qu'ils me voient, à vrai dire je ne voulais subir le regard scrutateur de personne. Mais j'hésitai encore à partir, à rentrer. Je pouvais demander à quelqu'un de prévenir Eltan que je rentrais ou même partir immédiatement. De toute façon, il ne devait même pas m'attendre vraiment, il avait sans doute trouvé quelqu'un d'autre avec qui danser : les filles ne manquaient pas, et celles qu'il trouverait lui ferait beaucoup moins honte. Pourtant, je restai devant la discothèque, décidée à ne plus y rentrer mais pas encore à retrouver à ma chambre. Parce que, même si je m'étais répétée, encore et encore, que nous n'étions qu'amis, que je ne serai jamais qu'une amie pour lui, pire, la cousine de son amie ; même si j'étais persuadée qu'il me trouvait ridicule, qu'il m'en voulait même de lui avoir gâché la soirée... malgré tout cela, j'espérais encore. J'espérais qu'il m'avait suivie, qu'il ne m'avait pas cru. J'espérais qu'il en avait quelque chose à faire.

J'étais donc ce genre de filles : j'étais de celles qui espèrent et attendent. Même si elles ont à la fois honte et terriblement peur. De celles qui se font avoir, généralement. De celles qui s'assoient sur un banc, à quelques pas d'une discothèque, sous le regard narquois des passants bien plus lucides qu'elles. De celles qui disent ne pas se faire d'illusions, mais qui s'en font quand même. De celles qui savent que, plus tard, de retour dans leur maison tellement plus agréable, elles regretteront. De celles qui recommenceront.

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